CULTURE SANG & OR

Nicolas

Son 9 mai 1998: Hervé Arsène

Toujours installé dans la région, Hervé Arsène est attaché viscéralement au Racing Club de Lens et à Daniel Leclercq. Acteur du titre en 1998, le Malgache a accepté de revenir pour Culture Sang et Or sur cette saison historique avec une pensée particulière pour Marc Vivien Foé et Daniel Leclercq. Je m’appelle Hervé Arsène, je suis né à Hell-Ville Nosy-be à Madagascar le 30 Octobre 1963 et je suis arrivé au RC Lens en 1987. Lors de cette saison 97/98, le match que je retiens particulièrement est le match d’ouverture de la saison, Lens/Auxerre à Bollaert. On remporte ce match 3-0 malgré l’absence de quelques cadres dont Jean Guy Wallemme… Cela a donné le ton de cette saison historique. On a formé un collectif soudé mais le joueur prépondérant c’était Anto Drobnjak par son efficacité devant le but. Le tournant de la saison est selon moi la victoire au stade Louis 2, face à Monaco. Habituellement, le Racing ne réussit pas en principauté. Mais on gagne 1-0 avec un but de Stéphane Ziani malgré des adversaires comme Fabien Barthez, Ludovic Giuly ou encore Ali Bernabia. Le 09 mai, je l’ai vécu sereinement car je n’ai pas pour habitude de faire attention à l’environnement du match malgré la pression qui entourait cette journée. L’attitude de Daniel Leclercq a également facilité ce détachement. L’enjeu était énorme et pour lui il n’y avait rien de spécial dans sa manière d’aborder l’évènement, c’était la routine. Avec toujours l’exigence et la recherche de la performance. Bien qu’il y ait toujours une part de doute, on avait un entraîneur qui joue toujours la gagne et par conséquent son attitude a déteint sur nous. On était confiant sur l’issue. Gagner ce titre est une joie personnelle et collective immense mais la plus grande joie était de rendre heureux les supporters. Cette foule à l’arrivée à l’aéroport et la durée du trajet vers Bollaert au retour d’Auxerre puis la traversée jusqu’à l’hôtel de ville au milieu de des supporters, c’est inoubliable. C’est pour cela qu’on joue au foot, pour rendre heureux les supporters. Le mot qui restera de cette saison c’est PREMIER. Il y aura un deuxième titre de champion de France pour le Racing, mais celui-là c’est le premier et ça restera pour toujours. En évoquant ce titre, je ne peux pas conclure sans parler de nos deux disparus. Marc Vivien, c’est la tristesse d’avoir perdu un ami, un frère, un coéquipier si jeune. C’était terrible de le voir s’écrouler devant ses enfants, sa femme et ses parents…Paix à son âme. Daniel c’est un ami, c’est mon père comme il a dit à sa femme Patricia. Il a su me galvaniser à 34 ans pour progresser dans mon jeu. En me demandant d’aller au-delà de moi-même afin d’aller chercher la performance, la persévérance. Il a eu la récompense qu’il mérite amplement, 2 titres coup sur coup. Bravo ! Que Dieu l’accueille dans son royaume car c’est un croyant. Pour conclure sur mes années Sang & Or, je peux dire que je suis très fière d’avoir porté haut le maillot Lensois et d’avoir représenté Madagascar étant le premier Malagasy à jouer en L1 et le premier Malagasy forme à Madagascar à être champion de France.C’est un record imbattable car il y aura toujours un deuxième, désolé mais le premier c’est moi !

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9 mai 1998, récits de supporters 2/3

Je vous parle d’un temps que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître…. 09 mai 1998-09 mai 2023, nous fêtons les 25 ans du titre de champion de France. Une journée gravée dans la mémoire de ceux qui l’ont vécu, et dans l’inconscient collectif des plus jeunes. Alors que le Racing vit une saison historique, nous avons voulu donner la parole aux témoins de cette journée, vous les supporters. Les tempes sont grisonnantes mais les yeux s’éclairent et deviennent pétillants en évoquant ce souvenir marquant. Nous espérons que la lecture de ces quelques lignes vous fera sourire. Des lignes remplies de joie, de convivialité et d’un bonheur partagé. Après les membres de l’équipe de Culture Sang et Or, place à vos témoignages.  Nando De Colo, 10 ans en 1998 Être supporter du Racing Club de Lens, c’est de la fierté. Et ce titre est vraiment synonyme de fierté, la fierté de toute une région ! Dans cette saison inoubliable, je retiens 2 matchs : – La victoire 3-0 contre Paris, une démonstration ce jour-là dans une ambiance incroyable, avec le but tout en puissance du regretté Marc-Vivien Foé. – Et la victoire 5-4 contre Cannes dans un match dingue. On mène rapidement 4-0 et on retourne aux vestiaires à 4-1. Pourtant Daniel Leclercq voit des attitudes négatives et déclara à ses joueurs « vous allez perdre le match ». Cannes revient à 4-4 et il faut un pénalty de Stéphane Ziani pour gagner la rencontre. On ne serait pas train d’évoquer nos émotions du titre sans cette victoire à l’arrachée ! Comme beaucoup Tony Vairelles est pour moi le joueur symbole de cette saison. Il a marqué toute une génération de supporters. Le soir du titre, j’étais à la maison et j’ai regardé le match à la télé avec mon père. Pas de fête dans les rues de Lens, j’étais trop jeune ! Frédéric LANIAK, 17 ans en 1998  Bonjour à tous. Je m’appelle Frédéric, j’ai 41 ans. J’ai vécu mon 1er match à Bollaert le 20 août 1994 lors d’un Lens/Martigues. Je suis abonné en Marek depuis la saison 1995-1996. Bien qu’habitant dans l’Oise, je continue à me rendre à chaque match à domicile. Le titre est synonyme de magie et était totalement inattendu. Je me souviens de la plupart des matchs mais deux en particulier m’ont marqué. Le match du titre à Auxerre bien sûr. Et également le Lens-PSG de mars avec la victoire 3-0, dans un Bollaert de feu comme le récent Lens/Monaco que l’on vient de vivre. Au niveau des joueurs, je retiens surtout Stéphane Ziani. Le 09 mai 1998, j’avais la chance d’être à l’Abbé Deschamps avec mon père et mon grand-père. 3 générations réunies, c’était beau. Au coup de sifflet final, je me retourne et je vois mon grand-père qui pleure. C’était la 1ère fois que je le voyais pleurer, j’en ai pleuré également. Ces moments restent gravés.  Pierre, 17 ans en 1998 Je m’appelle Pierre, j’ai 42 ans. Je suis abonné en Delacourt 0 et expatrié dans l’Essonne depuis 2006. Le titre représente pour moi quelque chose d’inoubliable. Dans cette saison, je retiens comme beaucoup le 3-0 contre le PSG et la victoire à Metz. Mais le match marquant est pour moi celui qui inaugure la saison. On sort d’une saison pénible lors de laquelle nous n’étions pas loin de descendre. Et pourtant dès le premier match contre Auxerre on sent un énorme changement à tous les niveaux. Le stade est tout beau tout neuf, la Marek est assise et les escaliers vides. Notre arrière gauche est un inconnu (qui provoque le 1er but), les matchs amicaux ont été très convaincants, Philippe Brunel est devant Tony Vairelles. Et surtout quelle intensité !  Quelle technique et la vision du jeu de Ziani ! Quel pressing de Drobjnak pour servir Ziani sur le 2ème but ! Quelle solidarité du groupe dans les temps faibles avec toujours cette volonté de jouer à chaque instant ! En sortant du stade, j’ai senti que ça allait être une belle saison. C’est difficile de ressortir une seule individualité, tant c’est le collectif qui a fait de cette saison une réussite. Je citerais néanmoins Stéphane Ziani. Une seule saison sous le maillot du Racing, mais quelle saison ! 11 buts, 7 passes décisives en championnat, un doublé en 1/2 finale de coupe de France. Au-delà des chiffres, cette aisance technique, cette capacité à aller chercher le ballon dans ses 30m et remonter le terrain balle au pied, tête haute et tout le stade serein, son but de la tête contre Châteauroux malgré son mètre soixante-sept, son coup d’envoi de la 2ème mi-temps avec Vairelles contre le PSG… Pas souvenir d’un milieu de terrain de cette qualité et aussi efficace. Le soir du 09 mai, j’ai regardé le match devant la télé en famille. Puis nous sommes allés les accueillir à l’aéroport de Lesquin et ensuite faire la fête dans les rues de Lens. C’était la joie pour tous les habitants de la Région y compris ma mère. Elle ne s’intéresse pas au foot mais se souvient encore de cette soirée. 1998, plutôt que la coupe du monde, c’est surtout le titre du Racing Club de Lens !  Franck, 26 ans en 1998 Bonjour, Franck 51 ans aujourd’hui et supporter Lensois depuis toujours. Ce titre de champion de France 1998, c’est un vrai rêve qui se réalise, une saison inoubliable. Toute l’équipe de Daniel Leclercq était extraordinaire, mais si je dois retenir un seul joueur, c’est Anto Drobjnak. Il ne reste qu’une saison mais quel talent ! Notamment avec ce doublé contre Metz qui nous permet de prendre la tête du championnat. Pour l’anecdote, le 09 mai c’est l’anniversaire de ma mère. Je suis arrivé chez elle avec mon décodeur Canal sous le bras. Et quel beau cadeau d’anniversaire ! Après le match, on a continué la fête dans les rues de Lens jusqu’à l’accueil de nos héros à Bollaert au bout de la nuit !

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9 mai 1998, récits de supporters 1/3

Je vous parle d’un temps que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître…. 9 mai 1998 – 9 mai 2023, nous fêtons les 25 ans du titre de champion de France. Une journée gravée dans la mémoire de ceux qui l’ont vécue, et dans l’inconscient collectif des plus jeunes. Alors que le Racing vit une saison historique, nous avons voulu donner la parole aux témoins de cette journée, vous les supporters. Les tempes sont grisonnantes mais les yeux s’éclairent et deviennent pétillants en évoquant ce souvenir marquant. Nous espérons que la lecture de ces quelques lignes vous feront sourire. Des lignes remplies de joie, de convivialité et d’un bonheur partagé. Aujourd’hui, nous commençons les témoignages avec les membres de l’équipe de Culture Sang et Or. Hugues, journaliste et chroniqueur CSO, 20 ans en 1998: Le soir du titre, j’ai 19 ans, je suis avec mon père et mon frère devant Canal+ chez des amis à Carvin. J’ai le souvenir d’un match très stressant, moins fluide que ceux des journées précédentes. L’ambiance est pesante après l’ouverture du score par Auxerre. On est six ou sept à se ronger les sangs dans ce salon, pas très optimistes. Le but de Lachor nous fait hurler de joie. Puis le stress descend de quelques crans, parce que l’AJA n’est pas très dangereuse. Fin du match, on se serre dans les bras les uns des autres. Quelqu’un dit : « On va à Lens?!» Et nous voilà en voiture. On parcourt le centre-ville à pied depuis la place du Cantin. Partout il y a un bruit phénoménal de cornes de brume, de tambours, de gens qui chantent, qui crient. Je recroise des amis de lycée que je n’avais pas vus depuis près de trois ans. On ne sait rien du programme des festivités, alors après minuit on rentre. J’admire aujourd’hui la persévérance de ceux qui sont restés à Bollaert jusqu’à trois heures du matin.  Thomas, chroniqueur CSO, 14 ans en 1998 En 1998, cela fait bientôt 4 ans que le RCL est entré dans ma vie… depuis un Lens Martigues vécu à Bollaert. Avec le recul, je me sens extrêmement chanceux d’avoir démarré ma carrière de supporter avec autant de bonheur. Par une qualification en coupe d’Europe en 1994 puis ce fameux samedi 09 mai 1998 ! A peine levé je ne pense qu’au match. Je me souviendrai à vie de ce mélange de stress, d’excitation, cette envie d’être plus vieux de 24h.  J’étais concentré uniquement sur ce Lens/ Auxerre, je ne me souviens plus avoir suivi Metz/Lyon lui aussi décisif dans la course au titre. Ce but de Lachor me libère. Un peu seulement…Les vagues auxerroises qui se succèdent sur les cages de Gus me crispent. Et vient la délivrance ! Ce bonheur!!  J’ai 14 ans, mon oncle qui m’a fait découvrir Bollaert me téléphone et me dit qu’il passera me chercher quand ils auront fini leur repas!! En fait ils ne viendront jamais, je m’endormirai dans le canapé avec ces images de joie plein la tête. Mon drapeau Sang et Or trônera fièrement tout le dimanche sur le devant de la maison. A jamais fier d’être Lensois Guillaume, chroniqueur CSO, 20 ans en 1998: Dans la semaine précédent le match, avec des amis, on a essayé d’avoir des places pour Auxerre. A l’époque, pas de portable, donc on faisait chauffer les téléphones fixes pour appeler la billetterie de l’AJA ! Résultat, rassemblement d’une trentaine de supporters dans un médiathèque municipale d’une petite commune du 59 pour regarder le match en intégralité sur l’ancien Kiosque (Foot+), pas envie de se taper le multiplex de Canal+. Ce détail a son importance car à l’époque, la diffusion sur Kiosque était décalée d’une trentaine de secondes pour permettre de zapper quand il y avait un but dans un autre match. Je ne vous fais pas le tableau de l’ambiance à la mi-temps avec ce 1-0.  1 semaine après la finale de la Coupe de France, le sentiment qu’on allait tout perdre était omniprésent. Et puis… Un supporter présent dans la médiathèque qui écoutait le match à la radio sur des écouteurs se met à hurler : « But de Lachor », ben oui il avait 30 secondes d’avance. Sauf que personne ne l’a crû et beaucoup lui ont demandé de se taire vertement, puis on a vu Déhu envoyer Lachor dans la profondeur, et tout le monde s’est approché de la télé, les yeux écarquillés… Le rêve devenait réalité ! La fin de match fût laborieuse pour nos cœurs avec cette pression intense de voir Auxerre égaliser. L’homme aux écouteurs avait fini par ranger son matériel sous la pression et le stress du groupe. S’en suivit au coup de sifflet final une liesse dans cette petite salle et direction Lens avec la 205 Junior ! Dès Carvin sur l’ancienne route Lille-Lens, les premiers bouchons, avec en mémoire, à chaque pâté de maison, des familles complètes dans la rue avec les enfants, les drapeaux et les écharpes. Un concert de klaxon sans discontinuer de Carvin jusqu’à Lens. Puis vint ensuite cette nuit magique à déambuler dans Lens et à tous converger vers le temple vers 1h du matin pour attendre encore 1h ou 2h l’arrivée des joueurs. Pour l’anecdote, mon jeune frère s’endormira même en pleine milieu de la Xercès avant d’être réveillé par la clameur à l’entrée de nos héros… Mathieu, rédacteur CSO, 16 ans en 1998 : J’avais 16 ans. J’ai regardé le match à la télé. C’était l’effervescence dans la rue. Tout le monde regardait. Les portes de chaque maison étaient ouvertes. Les gens passaient regarder un bout de match puis allaient regarder la suite chez quelqu’un d’autre. A la fin du match c’était la fête dans la rue mais ça ne suffisait pas. Les jeunes qui avaient le permis décidèrent de partir sur Lens. Nous avons pris la route en cortège. Le klaxon de la Fiat Uno a lâché au bout de 3 kilomètres. On sentait la folie s’emparer de la région. Nous nous sommes retrouvés à Bollaert avec cette foule immense. Visiblement, sans réseaux sociaux et

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Bollaert-delelis sur un air de Ducasse

Malgré une météo capricieuse, le printemps est là. La nature reprend vie, les oiseaux chantent et les ducasses commencent à fleurir sur les places de nos villages et villes du bassin minier. C’est la saison où les pilotes fanfaronnent au volant des auto-tamponneuses, où les émois adolescents se font autour d’une barbe à papa. Notre Racing lui s’adapte à l’air du temps en se mettant lui aussi en mode ducasse, prompt à asséner des patates de forain à ses adversaires.

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La trêve n’arrête pas les rêves

Nous avons tous connu cette sensation désagréable, plongé dans un sommeil profond et paradoxal, notre esprit navigue au gré de nos rêves. Soudainement, on trébuche et on bascule dans le vide. Nous nous réveillons alors en sursaut à la recherche de notre équilibre. La signification de ce rêve serait un signe de notre inconscient pour nous montrer que nous ne sommes pas capables de maitriser la situation que nous vivons. En réalité, pour les supporters lensois que nous sommes, cette sensation est récurrente à chaque trêve internationale. Bollaert chaque quinzaine, les parcages ou les bars lors des rencontres à l’extérieur sont nos repères spatio-temporels. L’attente autour des matchs de notre Racing rythme notre vie, nous apportant un équilibre affectif et émotionnel. En être privé, c’est ressentir un manque que ne peut combler l’équipe de France. Un élan toujours présent A ce déséquilibre provoqué par le manque des matchs des Sang et Or s’ajoute une certaine crainte : voir l’élan brisé après 2 victoires consécutives avec 7 buts marqués contre 0 encaissés avant la trêve. La dynamique allait-elle être toujours présente ? Un Loïs Openda retrouvé contre Clermont et Angers allait-il être encore « on fire » malgré un temps de jeu réduit en sélection ? A ces interrogations multiples, la réponse des hommes de Franck Haise fut limpide. Une demi-heure ébouriffante de maîtrise collective a éteint le Stade Rennais, prétendant à l’Europe. Prouvant aux chroniqueurs et commentateurs ayant la conclusion trop hâtive qu’il fallait compter sur Lens dans la course à l’Europe. D’un théâtre des rêves à l’autre « J’aurai toujours un immense attachement pour cet endroit. J’y ai versé beaucoup de sang et de larmes. Regardez-le aujourd’hui, il doit faire envie à tous les clubs du pays. Les fans savent qu’ils ont leur équipe et que toute leur vie tourne autour d’Old Trafford. Ils font partie d’une histoire sans fin, ils sont le théâtre des rêves ! » Ces mots prononcés par Sir Bobby Charlton parlant d’Old Trafford pourraient être utilisés pour désigner notre Bollaert. Si le champion du monde 1966 avait pu être présent dans les tribunes du Roazhon Park , il aurait pu également retrouver les heures glorieuses de Manchester United. Tant notre couteau suisse Florian Sotoca avait des allures de David Beckham en caressant son ballon pour trouver la tête de Lois Openda réincarné en Teddy Sheringham d’un soir. Des tréfonds de la Ligue 2 aux sommets de la Ligue 1 dans une histoire sans fin pour le plus anglais des clubs de l’élite. Un sommeil rempli de gloire A l’opposé de la chute, rêver de s’envoler est un symbole de légèreté, une libération face aux contraintes de la matière et du sol. Après une décennie de cauchemar, le Racing Club de Lens est devenu une formidable raison de rêver. Pour paraphraser Théoden, il ne s’agit pas de courir à la ruine et à la fin du monde. Mais plutôt vers la gloire et un titre. Quoi de mieux pour fêter un 25ème anniversaire que de souffler une seconde bougie à l’Abbé Deschamps ?

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Entre déception et espoir

Un lendemain de derby est souvent synonyme de gueule de bois. Celle-ci peut être joyeuse comme elle le fut à 3 reprises la saison dernière, avec l’enivrant goût de la victoire. Ou amère voire nauséeuse en cas de défaite. Au sortir du score de parité de samedi, c’est une impression mitigée avec un goût doux et amer à la fois nous restant en bouche. Un Bollaert main dans la main avec son Racing Un reproche est souvent fait au monde des tribunes, celui d’être décorrelé des évènements se passant sur le terrain. Reproche que l’on ne pourra pas faire aux tribunes de Bollaert pour ce derby. Rarement l’ambiance n’a autant collé au ressenti du rectangle vert. Bouillonnant et réussissant à étouffer le LOSC dans le 1er acte. Crispé et sur le reculoir en 2nde devant la domination lilloise avec l’angoisse du couperet de la défaite. Heureusement évitée par la grâce de Brice Samba.  En parallèle, le 11 de Franck Haise était au diapason du spectacle des tribunes, magnifié par les tifos organisés en Marek/Xercès, Delacourt et Trannin. A l’opposé d’un triste parcage lillois, à mille lieux de ce qu’ont pu montrer les Nantais, Parisiens, Lyonnais et Auxerrois cette saison. On avait alors retrouvé le Racing de la 1ère partie de saison, étouffant son adversaire sous une pression constante, logiquement récompensé par l’avantage au score à la mi-temps,et qui finira malheureusement par s’avérer insuffisant, face à un adversaire dont il faut saluer le niveau. Des adversaires coriaces et un championnat indécis Certes le Racing tourne au ralenti, certes le Racing marque le pas après une douloureuse élimination en coupe de France mais l’on oublie un facteur dans cette baisse de résultats : la valeur des adversaires. Il ne faut pas galvauder la valeur d’un FC Nantes. Sous la houlette d’Antoine Kombouaré qui s’avère être une véritable équipe de coupe, son titre l’année dernière et son parcours en Europa Ligue sont là pour en témoigner. Le partage des points à la Mosson peut également s’avérer frustrant. Mais depuis le retour de Michel Der Zakarian sur le banc de la Paillade, c’est 3 victoires et 1 match nul. Enfin, il est difficile de l’admettre, mais le LOSC affiche un niveau impressionnant depuis plusieurs semaines. Quasi victorieux au Parc, et avec Jonathan David qui affichera ses plus de 20 buts à la fin de la saison, le tueur de surface qui manque cruellement au Racing. Mais rappelons-le, le football se joue sur le temps long, et Lens n’est pas encore dans cette cour financière à pouvoir recruter un facteur X.Cependant au sortir de cette journée, le Racing est 3ème avec Monaco uniquement départagé par le nombre de buts marqués et toujours avec 5 points d’avance sur Rennes et 6 sur le club des Flandres. Place au vrai tournant de la saison Après cette semaine démentielle et haute en intensité, Franck Haise et ses hommes retournent aux « affaires courantes » avec le déplacement à Clermont et la réception d’Angers. Cela fait sans doute moins rêver, le côté chatoyant semble absent. Mais c’est bien un vrai tournant de la saison qui décidera sans doute de la position en fin de saison. 2 victoires avant le sprint final et le Racing serait sur les bons rails. Alors que les concurrents à l’Europe comme Monaco et l’OM vont devoir s’écharper contre les Rémois d’un Will Still on fire.  Voyons le verre à moitié plein et gardons l’image du Racing conquérant pour une fin saison qui s’annonce grisante.

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Serrer les dents

Le tracé strident d’une craie sur le tableau noir, la fraiseuse du dentiste, l’absence de coups de sifflets de Monsieur Bastien, l’aboiement aigu d’un caniche, nombreux sont les bruits désagréables dans une vie, qui nous provoquent des frissons dans l’échine et nous hérissent les poils. A l’opposé, certains sons nous procurent du bonheur avec un shoot d’émotions instantanées. Les rires de nos enfants en plein jeu, la douce musique d’un chicotage, une Décathlon Aréna silencieuse (pléonasme), l’harmonieux son du sifflet d’un arbitre français accordant un pénalty flagrant, ou refusant un but avec faute de main. En cette fin de période hivernale précédant le printemps, les Sang et Or sont plus abonnés à une playlist dépressive de Vianney qu’à un best of revigorant d’AC/DC. Cependant, le temps n’est pas à broyer du noir, mais à un constat lucide de la situation actuelle du Racing. Sur la pointe finistérienne, la poursuite des vents contraires Bien que précédée par la prolongation de la Perceuse Jonathan Gradit et la signature de l’enfant de Gayant Angelo Fulgini, la rencontre face à Brest a connu un avant match pesant. Marquée par les blessures successives et longue durée d’Alexis Claude-Maurice et Wesley Saïd, et handicapantes pour un secteur offensif lensois en manque d’efficacité. A cet allongement des présents à l’infirmerie, s’est ajoutée une parodie d’arbitrage à Francis Le Blé. Naturellement, à la lecture de ces quelques lignes, on pourra ressortir l’argument du supporter/rédacteur partial. Sauf que les erreurs manifestes ont été confirmées par des spécialités comme Saïd Ennjimi relevant 3 manques flagrants : un pénalty oublié, un but accordé malgré une faute de main, une expulsion oubliée après un tacle par derrière. Le procès médiatique et café du commerce peut grossir le trait en parlant « du complot, Lens Dérange » …Le recul pointera le manque criant de compétence au niveau de l’arbitrage français et d’une VAR, soi-disant miraculeuse, qui s’avère défaillante. Franck Haise toujours partisan d’un certain stoïcisme et de prise de hauteur se montrant particulièrement agacé, déjà lors du match à Troyes, de ces décisions défavorables à répétition. La logique du bateau qui tangue Dans un monde hystérisé par les réseaux sociaux, après les #Lensdérange #Lecomplot, nous ne sommes pas à l’abri de voir fleurir des #Haisedémission. Mais cette série négative est somme toute logique. Comme le répétaient Franck Haise et ses hommes, le Racing surperformait. Le manager général artésien l’a bien rappelé en conférence de presse, les statistiques montrent que les résidents de Bollaert continuent avec la même intensité sur le terrain. Multipliant la répétition des courses et dominant globalement leurs adversaires. Seulement, un manque d’efficacité dans les 2 surfaces, un manque de justesse sur les coups de pied arrêtés expliquent ce ralentissement logique. Chaque club est confronté à une période creuse et ne peut, hors mastodonte parisien, tenir le rythme infernal qui prévaut depuis le début de saison. Marseille l’a connu en automne, Nice superforme après avoir déjoué une demi-saison, les exemples sont légion dans cette ligue 1. Serrons les dents Au sortir de cette séquence de ralentissement, un regard sur le classement s’impose. Hormis, le PSG qui s’échappe en tête du classement et les monégasques talonnant désormais à 2 longueurs, le Racing reste encore solidement accroché aux places européennes et plus qu’en avance sur ses temps de passage des saisons précédentes. Durant cette période, joueurs, staff, supporters ont conscience qu’une saison peut être marquée par des hauts et des bas. Travail, entraide, solidarité, tels sont les 3 maîtres mots pour serrer les dents tous ensemble. Il en faut parfois peu pour faire redémarrer une machine.

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Vivre l’instant présent

Le monde actuel est ainsi fait, il est en mouvement constant. A l’heure du bruissement et de la frénésie des réseaux sociaux, il ne sait vivre sans polémiques, prise de recul et surtout sans le plaisir de goûter l’instant présent. Pourtant ce Racing Club de Lens est une formidable raison d’être heureux et de savourer cette temporalité immédiate. Victorieux avec sérieux et efficacité des Auxerrois, les Sang et Or finissent la moitié du championnat avec 44 points, à la place du dauphin et surtout avec une formidable série de 10 victoires en 10 rencontres dans l’antre de Bollaert. Néanmoins, les réseaux sociaux gazouillent d’une petite musique sur une ambiance au stade qui serait morose. Bollaert : une palette de couleurs et de mentalités Avec 30000 abonnés, l’antre artésienne est un modèle de fidélité que bon nombre de clubs nous envient. Chaque partition des hommes de Franck Haise est jouée devant un stade à guichets fermés. Et plus que dans n’importe quel autre stade, Bollaert est une explosion de diversité avec un but commun : l’amour du Racing Club de Lens. S’y mélangent des groupes ultras, les musiciens du kop, des personnes âgées, des jeunes, des familles. Chacun y est unique avec chacun sa façon d’être et de montrer sa passion. Cela peut être en chantant et levant les mains pendant 90 minutes. Ou en étant fébrile toute la rencontre avec l’explosion du coup de sifflet final. Cela peut être des parents qui emmènent fièrement leurs enfants comme une tradition familiale, un pèlerinage en terre sainte. Avec un père regardant avec émotion son fils ou sa fille enfiler son 1er maillot Sang et Or, comme il a pu le faire lui aussi dans ses jeunes années. Bollaert est multiple, Bollaert est divers, on doit l’intégrer et tout simplement l’aimer tel qu’il est. Le droit à la contemplation remplace l’explosion des frustrations L’être humain a aussi cette propension à invoquer le fameux « c’était mieux avant ». On en vient à comparer la rencontre de samedi en invoquant la rencontre Lens/Bordeaux en Coupe de France. Cela peut nous sembler loin mais rappelons-nous certains glorieux anciens qui ont jadis foulé la verte pelouse de Bollaert. Revivons les arabesques de Moussa Maazou, les envolées lyriques de Guirane N’Daw. Quand le spectacle n’était alors pas sur le terrain, celui-ci était dans les tribunes. Ce qui faisait Lens, ce qui maintenait le club en vie, c’était l’atmosphère de Bollaert. Avec des poussées cathartiques comme lors de ce quart de finale de Coupe de France ou l’extraordinaire atmosphère qui a enveloppé les barrages à Charléty, Troyes et contre Dijon. Bollaert était alors entré dans une explosion décuplée suite à des années de frustration. Aujourd’hui, cette frustration laisse place à la contemplation. Si Lens est régulièrement mis en avant sur la scène médiatique, c’est pour la qualité du jeu offert par Franck Haise et ses disciples. Cette contemplation se ressent dans les travées de notre stade qui fête en 2023 ses 90 ans. Ainsi en tribunes, on se surprend à s’arrêter quelquefois de chanter pour contempler. Ébahi devant la symphonie du jeu lensois. Après des années de frustration, le peuple sang et or est légitime à goûter à ce plaisir de la contemplation. Soyons heureux et hauts les cœurs Ouvrons les yeux ce lundi 16 janvier pour regarder le classement de cette Ligue 1. Suite à la défaite parisienne dominicale contre Rennes, le Racing Club de Lens est revenu à 3 points du leader. Imaginons simplement qu’à la mi-championnat, mathématiquement, les Sang et Or sont dans la course au titre. Alors, dans les travées de Bollaert ou dans les parcages visiteurs, en hurlant à se casser la voix ou en bouillonnant intérieurement. Peu importe, soyons heureux de vivre ces moments, vivons l’instant présent. Et accrochons-nous à ce doux rêve de gloire et à cet exquis parfum de victoire. 

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RC Lens Greats Balls of Fire

« You shake my nerves and you rattle my brain  Too much love drives a man insane You broke my will, oh what a thrill Goodness gracious, great balls of fire » Parti rejoindre les étoiles du Rock n’Roll, les paroles de Jerry Lee Lewis semblent coller à la peau du Racing Club de Lens, comme les sentiments orgasmiques que nous procure cette équipe chaque week-end. Ce sentiment de plénitude et de sérénité qui nous enveloppe et qui nous fait sentir léger. Une défense de fer…. L’époque actuelle à l’heure des compils You Tube « amazing skills » retiendra comme fait majeur de cette rencontre contre le Téfécé, le fantastique triplé de Lois Openda. Mais le fait majeur est le chiffre noté à côté de notre adversaire : 0. Zéro, comme le nombre de but encaissé. Comme contre Marseille, Montpellier, Lyon, Nantes et Troyes. Il faut bien écarquiller les yeux pour prendre la mesure de la performance des hommes de Franck Haise. Toulouse, terre de rugby, nous rappelle que l’essentiel repose sur les fondamentaux « la touche, la mêlée ». Lens peut s’appuyer sur ce fondamental qu’est la défense pour bâtir ses fondations. ….et des adversaires étouffés Malmené à Marseille, bousculé par Toulouse en 1ere mi-temps, le Racing se montre cruel, car il distille un poison douloureux dans la tête de ses adversaires : l’espoir. Espoir qui se retrouve vite confronté à cet étouffement imposé par l’intensité physique du onze Sang et Or. L’espoir laissant place à son antonyme, le désespoir. Les minutes s’écoulent et telle une proie se débattant dans les spires d’un boa constrictor, l’issue est irrémédiable et évidente. Car oui, Racing Club de Lens rime avec évidence. Auparavant, un score nul et vierge à la mi-temps d’un match contre un promu était suivie par une désillusion.. Pas avec ce Racing de la décennie 2020, qui conjugue esthétisme, solidité et performance. Il suffira d’un signe …. Le football est souvent apparenté à une religion avec le culte du Dieu Ballon Rond, où l’on aime et déchire les idoles que sont nos joueurs. Sur les terres du bassin minier, l’imprégnation du Racing Club de Lens est évidente, Bollaert est notre temple païen, être supporter devient notre sacerdoce et Les Corons notre chant évocatoire. Et le football est fait de signes, de superstitions, de croyances qui accompagnent la destinée victorieuse. Zidane qui commence toujours par la jambe gauche, Laurent Blanc embrassant le crâne de Fabien Barthez… Ce vendredi soir, Lois Openda inscrivant le 1er triplé de sa carrière professionnelle après avoir été mis sur le banc. Steven Fortes foulant la pelouse de Bollaert comme pour gagner les minutes de présence. Un dernier match de la saison à Auxerre comme en 1998.  Trop tôt pour voir des signes ? Peut-être, mais il n’est pas trop tard pour rêver.

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