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L’histoire de la formation lensoise | Partie 1/4

La formation fait partie intégrante de l’identité du RC Lens. Les grands succès historiques, titres ou places d’honneur, se sont construits sur une base de joueurs formés au club. Si on devait comparer le football à un environnement naturel, il apparaît évident que le RC Lens ne sera jamais au bout de la chaîne alimentaire. Comme de nombreux clubs, la capacité de reposer sur un réservoir de jeunes joueurs est essentielle pour exister. Former pour renforcer son groupe professionnel, et réaliser des transferts pour combler un déficit, ou investir pour l’avenir. Un double objectif, sportif et extra-sportif. Dans le contexte de la Ligue 2, la Gaillette aura permis au club de se maintenir à flot économiquement, quand l’apport sportif était plus éparse. Désormais en L1, le RC Lens peut se projeter avec plus d’aisance, pour enfin exploiter son potentiel immense dans un secteur qui a fait ses preuves depuis si longtemps. Cette série d’articles vise à vous faire découvrir les grands noms qu’a fait émerger le RC Lens.

Première Partie : les premières étoiles de la formation lensoise

Aux commencements du Racing Club de Lens, ou Racing Club Lensois, son nom originel, la majorité de l’effectif est issue des classes ouvrières et minières. Rien de surprenant, le football est encore un sport amateur, et loin de ce qu’il est aujourd’hui. Les mouvements de population liés à l’histoire font que, dans le bassin minier, on retrouve de très nombreux joueurs d’origine polonaise, issus de familles arrivées en Artois des régions polonaises de Posnanie ou Silésie. Deux noms ressortent, quand on se replonge dans les archives de la formation lensoise. Tout d’abord, il y a celui d’Edmond Novicki, dit Mickey. Novicki, né à Krapkowice en 1912, dans l’actuelle Pologne (ex-Empire Allemand) arrive en France et joue son premier match avec le RC Lens à 19 ans, en 1931. Attaquant, il aura l’honneur de jouer pour l’équipe de France à 2 reprises, inscrivant même 1 but. Avec Raymond François, il est le premier joueur du RC Lens à avoir disputé une rencontre avec la sélection nationale. Originaire de Aniche, Raymond François semble avoir démarré sa carrière à 16 ans. C’est dix ans plus tard, à l’âge de 26 ans, qu’il goûte aux joies de la sélection avec l’Équipe de France. Les deux comparses ont également fait partie de l’équipe qui a remporté le premier titre de l’histoire du club en 1937 (D2). Un autre joueur polonais démarre sa carrière avec le RC Lens à cette époque ; il s’agit d’Ignace Kowalczyk, né en Allemagne de parents polonais. Ignace Kowalczyk fut également sélectionné en Bleu après son départ du club en 1933, et joua la Coupe du Monde 1938 qui se déroula en France. Il portait alors les couleurs du FC Metz.


Le début du professionnalisme

C’est en 1934, sous la présidence de Louis Brossard, que le RC Lens accède au professionnalisme en intégrant la seconde division. Le club se structure, et déménage dans ce nouveau stade qui prendra le nom de Bollaert en 1936, à la mort de Félix Flavien Aimé Bollaert, président du Conseil d’Administration des mines de Lens. En deuxième division, Lens est alors emmené par deux joueurs, Ladislas Smid et Anton Marek, joueur autrichien qui donnera bien plus tard son nom au célèbre poumon de Bollaert. Ladislas Smid dit “Siklo”, milieu de terrain hongrois né à Budapest, n’a que 19 ans quand il arrive à Lens. Il peut être considéré comme le premier grand joueur post-formé par le RC Lens, bien que cela puisse paraître anachronique.


L’une des premières légendes à avoir été formée par le RC Lens est encore aujourd’hui connue de beaucoup. Il s’agit de Stefan Dembicki, dit Stanis, aussi précédé de l’éloquent surnom de briseur de filets, tant sa frappe de balle était réputée surpuissante. Franco-polonais né dans la Ruhr, Stanis passe quasiment toute sa carrière au RC Lens. Son nom résonne encore dans les mémoires lensoises, près d’un siècle après sa première apparition pour le RC Lens. C’est lui qui détient le record de buts en un match : 16 inscrits lors d’une rencontre de Coupe de France contre le club amateur d’Auby-Asturies lors de la saison 1942-1943. Cette saison, qui se déroule sous occupation allemande, le RC Lens remporte d’ailleurs le Championnat de France Division  – Zone Nord. En 1948, évoluant alors en Ligue 2, le RC Lens réussit l’exploit d’atteindre la finale de la Coupe de France, éliminant tour à tour des pensionnaires de D1 comme Saint-Étienne, Rennes, le Stade Français, puis Colmar (D2) en demi-finale. Stanis se signalera par son doublé inscrit lors de la fameuse finale, perdue 3-2 contre le voisin Lillois.


Un autre nom peut être sorti, il s’agit de Marcel Ourdouillé. Originaire d’Isbergues, il rejoint le RC Lens en 1938, âgé de 25 ans, en provenance de Dunkerque. Il connaîtra une seule sélection en équipe de France; lors d’un match Belgique – France à Bruxelles, remporté 2-1 par les Diables Rouges, et qui se déroule en décembre 1945, au sortir de la guerre. Marcel Ourdouillé faisait partie de l’équipe du RC Lens qui perdit la finale de la Coupe de France contre le LOSC en 1948.

Stanis représentant l’Artois et le RC Lens
L’après-guerre

Mineur de fond, et fils de mineur, Stanislas Golinski (1946-1948) est originaire de Montigny-en-Gohelle. En 1946, alors âgé de 22 ans, Golinski joue son premier matchs professionnel avec les Sang et Or, pour s’imposer comme le patron de la défense centrale. Il participe lui aussi à la finale de Coupe de France perdue contre le LOSC en 1948. Il fera ensuite les beaux jours du Nîmes Olympique. Karl Gunnar Andersson, meilleur buteur de l’histoire de l’OM (198 buts), dira qu’il lui était impossible de jouer contre Golinski, tant ce dernier était fort.

Jean Levandowski, né à Loos-en-Gohelle, évolue au poste d’attaquant et débute au RC Lens en 1949. Décrit comme un joueur puissant, il est rapidement adoubé du surnom de Nouveau Stanis, comme quoi, déjà à l’époque, les parallèles entre joueurs existaient. Lors de sa seconde saison (1950-1951), Levandowski inscrit 21 buts en 32 matchs. Malheureusement, une grave blessure contractée lors d’un match contre le Racing Club de Paris lui contraint d’arrêter sa carrière. Levandowski a inscrit 31 buts en 50 matchs avec le RCL.

Stanislas Golinski

François Ludwikowski dit Ludo, né à Rouvroy, joua pendant 4 saisons au RC Lens entre 1949 et 1953 avant de rejoindre l’AS Monaco, où il connaîtra sa seule sélection en Bleus. François Ludo est un lointain parent d’une autre légende Sang et Or d’ascendance polonaise ; Eric Sikora. Jean Mankowski a également débuté sa carrière professionnelle avec le RC Lens à cette période. Ailier droit, il joue par la suite pour le Stade Rennais, Valenciennes puis Amiens, ville de naissance de son fils Pierre Mankowski, qui évoluera lui aussi par la suite au RC Lens.

A suivre prochainement, la partie 2…

En attendant, vous trouverez ci-dessous un lien vers le podcast Formation Football Club (@FormationFC_), créé par Adrien Mathieu (@Mth_Adrien), et auquel participent Antoine et Grégory Lallemand. Ce podcast couvre principalement la formation lensoise depuis l’inauguration de La Gaillette, tout en approchant succinctement ce qui a été réalisé dans le passé. Cette série d’articles vise à vous faire découvrir les grands noms qu’a fait émerger le RC Lens. Il est à retrouver > ICI

Article écrit par Antoine

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