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Le match des Racings : Jetzt geht’s los !

Le match des Racings se profile dimanche. Celui de Lens, le nôtre, se prend à rêver d’une qualification en Coupe d’Europe. Celui de Strasbourg, le leur, souhaite valider un maintien qui ne devrait pour autant pas leur échapper. Lens et Strasbourg, une relation de respect assez surprenante, entre deux clubs historiques qui se ressemblent mais que tout oppose. Présentation de l’adversaire du week-end, club historique du football français, qui nous rappelle les grands Valérien Ismaël et Olivier Dacourt, venus faire le bonheur de Bollaert il y a une vingtaine d’années. Un grand merci à Maxime, du site racingstub.com pour avoir répondu à mes questions. Jetzt geht’s los (ndlr : “on y va” en Alsacien).

Salut Maxime (@athor sur Twitter), peux-tu te présenter ?
Maxime, 33 ans, supporter du RCS depuis le milieu des années 90, l’époque des Sauzée, Mostovoi, Zitelli, Vencel et consorts, avec quelques jolis parcours européens en prime. Je suis également l’un des responsables de racingstub.com, un site qui existe depuis 2003 et qui se veut être à la fois un lieu d’échanges entre supporters et une base de données la plus complète possible sur l’histoire du Racing. À ce titre, on dispose par exemple aujourd’hui de l’ensemble des fiches de matchs joués par le club depuis 1933, mais également des fiches sur les joueurs depuis cette période ainsi que des centaines d’articles historiques (donc certains ont été compilés dans un livre sorti récemment). Le site tient aujourd’hui avec une poignée de bénévoles, présents depuis pas mal d’années, mais on cherche toujours à se renouveler, avec de nouvelles personnes motivées et passionnées par le Racing et son histoire.

Racing et 1906, ça fait deux sacrés points communs entre nos deux clubs (clubs fondés en 1906) ! Raconte-nous la création du RC Strasbourg !
Le club a été fondé à l’automne 1906, alors que l’Alsace faisait partie intégrante de l’Empire allemand, depuis la défaite de 1870. À l’origine, il s’agit plus d’une bande de gamins de 13 ans qui jouent dans leur quartier du Neudorf (d’où le nom originel de 1. Fussbal club Neudorf), et qui participent à un championnat scolaire, avant de rejoindre la ligue d’Allemagne du sud en 1909. Un premier tournant a lieu en 1914 quand le club s’installe au jardin Haemmerlé, le site de l’actuel stade de la Meinau, en lieu et place du FC Frankonia, le club rival. Sur cette histoire, je ne saurais que conseiller de lire cet article (https://racingstub.com/articles/18509-aux-racines-du-racing) qui interroge et recontextualise cette période.

À la sortie de la guerre, lorsque l’Alsace redevient française, les dirigeants du FC Neudorf décident de marquer leur attachement à la France en adoptant la couleur bleue et le nom du club le plus populaire d’alors, le Racing Club de Paris. Durant les années 20, le désormais RCS commence à s’imposer comme une place forte du football alsacien, avant d’être le premier à acquérir le statut professionnel en 1933 et de devenir réellement le club qui compte dans la ville (l’historique AS Strasbourg avait refusé le professionnalisme) et dans la région.

©rcstrasbourgalsace.fr

Nos deux Racing se ressemblent autant qu’ils s’opposent. Deux ferveurs régionales, communautaires, et deux villes aux typologies complètement opposées. Il semble y avoir un fort respect entre nos deux clubs, et qui ne date pas d’hier. C’est lié à quoi selon toi ?
Effectivement, on peut avoir l’impression qu’il y a un respect mutuel voire un lien entre les deux clubs. Ces dernières années, on voit même certains, notamment sur les réseaux sociaux, parler d’une amitié entre les supporters des deux clubs. Pour être honnête, cela me surprend un peu. Il n’y a certes jamais eu de rivalités sportives, Strasbourg et Lens n’ayant jamais été adversaires en finale de coupe et ne se sont jamais réellement tiré la bourre en championnat, ce qui n’a pas créé d’antagonisme (même si personnellement, je n’ai pas encore digéré le Lens-Boulogne de 2009 qui nous prive indirectement de montée), mais de là à y voir une source de rapprochement… On peut évoquer la similitude entre les publics, mais l’extraordinaire dynamique autour du public strasbourgeois est assez inédite et récente, alors que la ferveur lensoise est plus réputée.

Par contre, sur l’aspect communautaire et de club représentatif de sa région, je te rejoins, les deux Racing sont réellement des emblèmes de leur environnement, le bassin minier pour Lens et l’Alsace pour Strasbourg. Supporter l’un de ces clubs, c’est aussi mettre en avant une culture propre à ce territoire et exprimer un attachement fort. De ce point de vue, effectivement, je pense que la comparaison est fondée.

Club centenaire, le RC Strasbourg était en première ligne pendant la seconde guerre mondiale, et comme de nombreux alsaciens, a dû déménagé dans le sud-ouest, à Périgueux !
Un peu comme durant ses premières années, le Racing est un témoin et un acteur de l’histoire de l’Alsace. En 1939, au moment où la région est annexée par l’Allemagne, une grande partie des activités et de la population est évacuée, principalement dans le sud-ouest. À l’époque, on assiste à un véritable choc des cultures, d’abord linguistique, entre des Alsaciens qui ne parlent, pour certains, qu’en dialecte, et des locaux s’exprimant avec un fort accent, mais également sportif, avec des amateurs de football au pays du rugby. C’est dans ce contexte qu’une poignée de jeunes vont relancer le Racing à Périgueux, avec l’aide de l’entraîneur de l’équipe. Durant cette courte période, le RCS délocalisé va réaliser un bel exploit en coupe de France, en éliminant Bordeaux, mais également devenir champion de Dordogne ! Un cas rare, voire unique, d’un club vainqueur d’un championnat dans une autre région que celle dont il est issu. A ce sujet, je renvoie vers cet article très complet sur cette période : https://racingstub.com/articles/18383-14-janvier-1940-premier-acte-de-resilience-du-racing

Le RC Strasbourg, champion de Dordogne 1940 ! ©Sud-Ouest

Les années 1970, c’est l’âge d’or du RC Strasbourg avec notamment le titre en 1979 ! Quelques années plus tard, Arsène Wenger se fait remarquer au centre de formation du club, avant de partir pour Cannes, puis Nancy et Monaco. Peux-tu nous raconter cette période faste ?
Si on peut considérer la période 1977-1980 comme un âge d’or du club, avec le titre de 1979 en point d’orgue, les années 1970 sont bien moins glorieuses que peuvent l’être les années 1930 et 1960 par exemple. Durant cette période, le club a connu deux relégations en D2 en 1971 et 1976, ainsi qu’une fusion totalement ratée avec le club des Pierrots Vauban (en devant le RPSM, Racing Pierrots Strasbourg Meinau entre 1971 et 1976). Mais à compter de 1976/1977, le Racing s’est reconstruit avec le coach Elek Schwartz, ancien sélectionneur des Pays-Bas notamment, et le président Alain Léopold, avec, sur le terrain, pas mal de jeunes joueurs du cru (Gemmrich, Specht, Wagner, Ehrlacher…). Dès l’année suivante, avec Gilbert Gress comme entraîneur, le Racing, promu, termine 3ème, avant donc de décrocher le titre avec cet effectif ayant grandi ensemble, ainsi que quelques renforts bien sentis. Malheureusement, comme souvent dans son histoire, quand on pense que tout va bien au RCS et que l’avenir semble glorieux, des querelles internes viennent tout mettre par terre. Après le départ de Gress en 1980, le club traverse la nouvelle décennie dans un relatif anonymat, avant un rachat par Daniel Hechter qui a failli se conclure par un dépôt de bilan au début des années 1990.

Sur le cas particulier d’Arsène Wenger, il a été un joueur amateur reconnu dans la région au moment où il a rejoint le Racing pour encadrer la réserve. Après quelques matchs avec l’équipe première, il a pris en main l’équipe deux avant de s’envoler vers Cannes et entamer la carrière que l’on connaît. Là encore, si le Racing avait été correctement dirigé et structuré à l’époque, peut-être que Wenger aurait pu s’installer sur la durée à Strasbourg.

La moustache de Raymond est championne de France / ©beyondthelastman.com

Entre 1997 et 2006, le club adopte un nouveau blason avant de revenir à l’historique. Peux-tu nous raconter les dessous de ce changement d’identité visuelle ? A une période où de nombreux clubs historiques du football français voient leurs écussons quelque peu travestis… Je pense notamment au FC Nantes, aux Girondins de Bordeaux et au Stade de Reims.
Ahh, sujet sensible cette histoire de blason et de nom. En 1997, le club a été vendu aux Américains d’IMG McCormack, qui ont placé Patrick Proisy à la présidence. L’ambition était de faire du Racing un club européen, en attirant des stars comme Klinsmann ou Baggio (on a eu Mario Haas et Per Pedersen à la place), mais aussi en développant l’aspect marketing, avec un logo plus moderne. Résultat, on a eu une horreur sur les maillots durant ces années-là. En 2002, changement de présidence, avec un conglomérat d’actionnaires locaux, et Marc Keller comme manager général. Et alors que les supporters demandent le retour au blason historique, ce dernier fait le choix de conserver l’actuel. Il faut attendre 2006 et l’arrivée de Philippe Ginestet, au terme d’un long feuilleton de passation de pouvoir, qui a notamment vu le départ mouvementé de Keller, pour retrouver le blason. À l’époque, il s’agissait un peu d’une décision destinée à acheter la paix sociale avec les supporters, mais l’essentiel était là.

Par la suite, à l’été 2011, au moment du dépôt de bilan, il ne restait plus grand-chose du club, si ce n’est son blason et son nom, Racing Club de Strasbourg, avec lesquels on a pu repartir. Mais en 2012, au moment où Marc Keller revient, est accolé à ce nom la mention Alsace, en échange d’une subvention exceptionnelle de la Région. Une sorte de naming institutionnel qui ne passe pas chez les puristes et les intégristes (dont je fais partie). Seul compte le RCS, et non le RCSa.

Des années Proisy à la chute avec Jafar Hilali ? Raconte-nous cette terrible période d’instabilité sportive et extra-sportive.
Il faudrait un livre en plusieurs tomes pour raconter tout ça tellement il y a de petites histoires, d’anecdotes, d’épisodes pathétiques ou tragi-comiques. En gros, entre 1997 et 2009, le Racing a, sur le plan sportif, alterné entre des phases de tranquillité en D1 et des saisons catastrophiques avec des descentes parfois rocambolesques (cette série magnifique de 11 défaites consécutives pour finir la saison 2007/2008 !). En coulisses, après la période IMG McCormack et la gestion folklorique que Patrick Proisy et Claude Le Roy paient encore aujourd’hui devant les tribunaux, on a eu une courte période d’accalmie avec une gestion tranquille par un groupe de locaux, qui s’est déchiré au grand jour après la victoire en coupe de la ligue 2005. Derrière, c’est Philippe Ginestet qui a dirigé le club et enchaîné les échecs sportifs, comme économiques et stratégiques, comme l’abandon du projet de nouveau stade, Eurostadium, mal ficelé.


Arrive 2009 et la vente, officiellement, à un duo de financiers basé à Londres, l’Estonien Roman Loban et un certain « M. Jafar ». En effet, Julien Fournier, arrivé comme président délégué, ne connaît pas son nom. On apprend ensuite qu’il s’agit d’un autre financier, Alain Fontenla, et que Roman Loban a déjà décidé de quitter le navire. Les promesses de renfort au mercato de janvier 2010 ne sont pas tenues, Julien Fournier ayant dénoncé les velléités de magouilles de l’avocat suisse Ralph Isenegger, conseiller lors de la vente et qui voulait gérer le sportif. Torpillé de l’intérieur et désastreux sur le terrain, le Racing tombe en National pour la première fois de son histoire, et Fontenla s’écarte au profit de celui qui semble être le véritable propriétaire, Jafar Hilali. Ce dernier est d’ailleurs un habitué de racingstub.com puisqu’il s’exprimait alors anonymement sur le forum, en vantant la qualité de la gestion de Fontenla. Dès lors, la saison en coulisses sera rocambolesque, entre les menaces de Hilali envers Fournier, envers les supporters, envers les joueurs, envers la presse, envers l’environnement. Il existe des dizaines d’histoires folles, mais on peut citer celles autour du dernier match de la saison, encore décisif sportivement, que Hilali voulait faire jouer à huis clos (demande évidemment retoquée par la Préfecture), arriver en hélicoptère au stade (alors qu’il n’a jamais assisté à un match à la Meinau) et accrocher lui-même une banderole « voilà, c’est fini ». À l’été 2011, le club dépose le bilan après encore quelques histoires pathétiques, Hilali ayant réellement décidé de faire souffrir l’environnement du club jusqu’au bout.

C’est alors Frédéric Sitterlé, un entrepreneur alsacien, qui chapeaute le club reparti en CFA2, en promettant d’injecter de quoi le faire fonctionner, avec un budget largement supérieur à ce qui se fait à ce niveau. Mais au printemps 2012, le château de cartes s’effondre et on se rend compte que Sitterlé n’a jamais versé d’argent, qu’il s’est empêtré dans des histoires de conventions entre la nouvelle SASP et l’Association support, et qu’il s’est mis à dos tout l’environnement du club. Sous la menace d’un nouveau dépôt de bilan, le club est alors finalement repris par un groupe d’actionnaires menés par Marc Keller.

Et ce retour incroyable des bas-fonds ? Gouffre qui nous a plus que pendu au nez récemment.
La remontée peut paraître fulgurante vue de l’extérieur, même si effectivement, faire CFA2-L1 en 6 ans est extraordinaire, cela n’a pas non plus été toujours facile. Comme indiqué précédemment, la première saison de CFA2 a été très animée en coulisses, même si sportivement, tout allait bien. À niveau, il faut d’ailleurs saluer le boulot énorme de François Keller, entraîneur de la réserve avant le dépôt de bilan, qui était resté bénévolement durant la période d’incertitude de l’été avant d’être nommé coach de l’équipe première et de monter une équipe entière en une semaine. En CFA, on décroche notre montée au terme d’un sprint final héroïque, en éliminant un à un nos adversaires, jusqu’à une ultime victoire face à Raon l’Etape, longtemps leader et qui a cédé la première place lors de ce match.

Ensuite, durant la première saison de National, les résultats sont rapidement mauvais, l’équipe n’a pas été renouvelée, la faute à des prolongations automatiques de contrat de joueurs n’ayant plus vraiment le niveau. En fin de saison, le Racing est relégué sportivement et ne doit son salut qu’au renoncement de Carquefou ainsi qu’au feuilleton Luzenac. Strasbourg a en effet été inscrit en National, puisque Châteauroux (qui devait descendre) avait été repêché prématurément en L2 par la LFP, qui considérait que Luzenac ne pouvait pas monter. Or, dans le même temps, la FFF considérait que Luzenac était monté sportivement, et a donc admis le Racing en National. S’en sont suivi deux saisons plutôt pénibles dans le jeu mais avec la montée en L2 au bout, sous la houlette du légendaire Jacky Duguépéroux. Enfin, en deuxième division, l’entraîneur Thierry Laurey a dépassé toutes les attentes puisqu’au lien d’assurer le maintien comme demandé, il est allé chercher le titre et la montée en L1. Par rapport à certains clubs à l’actionnariat obscur ou incompétent (coucou Nantes, Saint-Etienne, Bordeaux…), ça fait du bien de voir ça à Strasbourg.

Thierry Laurey, avec François Keller, les hommes du renouveau sportif / ©republicain-lorrain.fr

Ce retour en L1 depuis la CFA 2, personnifié, peut-être à tort vu de l’extérieur, par la présidence de Marc Keller au club, et sa gestion « raisonnable » ?

On peut dire que ce retour relativement rapide en L1 doit beaucoup à Marc Keller, qui a su construire un environnement sain autour du club, en réunissant derrière lui les politiques de tout bord, les actionnaires, les sponsors et partenaires, et les supporters. C’est peut-être l’une des rares fois dans toute l’histoire du club qu’une telle unité s’observe. Et bizarrement, quand le climat est apaisé autour d’un club, cela fonctionne. À côté de ça, la gestion financière du Racing est optimale, avec des budgets raisonnables et équilibrés, basés sur les recettes « naturelles » du club, c’est-à-dire les droits TV, les sponsors et la billetterie. Les ventes de joueurs viennent en bonus, ce qui n’oblige pas le Racing à brader ses meilleurs joueurs. Avant la double crise que l’on connaît (Covid et Mediapro), le club avait constitué des fonds propres de plus de 15M€, ce qui permettra justement de passer cette période difficile sans trop de problèmes.

À côté de ça, la direction a également des projets liés aux infrastructures, qui sont aujourd’hui loin des standards du foot professionnel. D’abord le stade, qui va connaître une importante rénovation avec un agrandissement à 32 000 places, projet, financé par les collectivités, qui sera livré en 2024-2025, mais également la construction d’un vrai centre d’entraînement (jusqu’à il y a peu, les joueurs utilisaient les vestiaires du stade), et l’agrandissement du centre de formation, deux projets financés en propre par le club. Tout ça participe à la volonté de consolider les fondations du Racing pour lui permettre de s’installer durablement en L1. Par rapport à certains clubs à l’actionnariat obscur ou incompétent (coucou Nantes, Saint-Etienne, Bordeaux…), ça fait du bien de voir ça à Strasbourg.

©ligue1.com

En vue du match de dimanche, parlons de l’actualité du RC Strasbourg. Comment se passe cette saison de votre côté ?
La saison actuelle est très particulière au niveau sportif. On a fait le choix de rester dans la continuité, avec un recrutement limité en nombre cet été, pour poursuivre la dynamique qui existait avec l’arrêt de la L1. Mais durant le stage de préparation, dix joueurs ont contracté le Covid et tout le travail physique a été interrompu, les « rescapés » ne pouvant s’entraîner normalement. Résultat, les premiers matchs ont été calamiteux. Pour tenter d’apporter un coup de boost, le club a recruté Habib Diallo lors du dernier jour du mercato, pour 10M€, soit le plus gros transfert de l’histoire chez nous. Cette arrivée combinée au retour en forme des joueurs ont fait que l’équipe a redressé la barre à partir de la 10ème journée et s’est éloignée peu à peu de la zone rouge. Toutefois, cela reste toujours assez irrégulier dans les résultats, et le jeu proposé nous laisse beaucoup sur notre faim.

L’objectif pour la fin de saison sera donc d’assurer le maintien sans trop trembler, ce qui est tout à fait dans nos cordes, mais également de se projeter sur le grand chantier de cet été. En effet, le Racing va aborder un tournant, avec de nombreuses fins de contrat de joueurs mais aussi et surtout de Thierry Laurey. La question est donc de savoir si on part sur un vrai nouveau cycle sous la houlette d’un autre coach, ou si on fait le choix de la continuité avec une sixième saison pour Laurey avec un effectif régénéré.

Le RC Strasbourg devient un club qui compte dans la formation – post formation en France (entre autres, Fofana, Sissokho, Caci, Simakan).
Le renouveau du centre de formation est ma grande satisfaction actuellement. Au moment du dépôt de bilan, il faut bien se rendre compte qu’on repartait de zéro à ce niveau, tous les jeunes avaient été libérés, et les autres clubs pros du secteur se sont allégrement servis dans le vivier alsacien. En 2014, quand François Keller a quitté l’équipe première, il a pris la tête du centre de formation avec la volonté d’en (re)faire l’un des centres de premier plan en France, tout en s’appuyant sur des méthodes un peu plus innovantes. Mais étant donné que le club n’avait pas le statut professionnel, il ne disposait pas de l’agrément de la FFF, indispensable pour pouvoir signer des contrats aspirants et stagiaires, ainsi que des accords de non-sollicitation (ANS). Du coup, le Racing ne pouvait pas encore rivaliser avec les autres clubs sur les plus jeunes. Le choix a donc été fait de s’appuyer sur la post-formation, avec des joueurs plus âgés et non conservés par d’autres centres de formation ou carrément pas passés par des centres. Le premier exemple est celui d’Ihsan Sacko, non conservé à Valenciennes et qui a fini par percer chez nous avant d’être vendu 2M€ à Nice (sa carrière a depuis connu un gros coup de frein), mais on peut aussi citer les grosses réussites, plus récentes de Youssouf Fofana et de Mohamed Simakan.

Le RC Strasbourg a massivement investi dans son nouveau centre de formation / ©dna.fr

Depuis 2017, le centre de formation du Racing a obtenu son agrément fédéral et peut désormais fonctionner normalement. Comme partout ailleurs, il y a un effet de latence entre la mise en place de la politique de formation et les résultats. Ainsi, la première génération pour laquelle le club a pu profiter de l’agrément est celle des 2004. La grande majorité des meilleurs éléments de la région dans cette classe d’âge est aujourd’hui à Strasbourg, avec certains habitués des équipes de France de jeunes (Risser, Diarra, Kanouté…). On trouve également quelques beaux potentiels chez les 2002 et 2003, dont certains ont déjà signé pro ou vont le faire prochainement, mais l’équipe première pourra réellement bénéficier de tout ce travail de formation d’ici deux à trois ans.

Ecrit par Antoine (@l2F_bm)

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