CULTURE SANG & OR

« Banza, tout roule pour lui »

Simon Banza est-il en train de franchir un palier au Portugal ? Le natif de Creil, passé par Chantilly puis formé au Racing, est en train de vivre le deuxième prêt de sa carrière. Après être allé allumer les filets luxembourgeois, le voici qu’il entre en fusion à la pointe de l’attaque de Famalicão, club du nord du Portugal. Prêté avec option d’achat, le franco-congolais reste suivi par une partie de la commu Sang et Or. Alex Ribeiro, fondateur de la plateforme informative Trivela, nous apporte un éclairage sur l’actualité du désormais troisième meilleur buteur de la Liga Bwin.

Banza, une fame au Fama ? (crédits : 24hfootnews.com)

Salut Alex, est-ce que tu peux déjà nous présenter le club de Famalicão ? Un club qui, après quatre saisons en première division portugaise dans les années 90, a plongé, et était il y a encore une dizaine d’années de cela au 6e échelon national ? 

Famalicão c’est un club situé dans le nord du Portugal, à quelques dizaines de minutes des Braga, Porto, et Vitoria SC (Guimarães). C’est un club pas trop médiatisé finalement. A part quelques saisons en D1 et quelques jolis parcours en coupe, ce n’est pas un club qui a particulièrement marqué le foot portugais par le passé. Malgré tout, ils ont une jolie base de supporters assez fidèles, ce qui était déjà le cas dans les divisions inférieures. Il y a trois ans maintenant, ils ont réussi à accéder en D1 à la surprise générale, malgré un effectif un peu bancal et assez vieillissant. C’est à ce moment-là que Idan Ofer a commencé à investir dans le club. 

Tu viens de l’évoquer. Famalicão est contrôlé par le businessman israëlien Idan Ofer depuis Juillet 2018, lui qui détient également 32% de l’Atletico de Madrid. On sait que Jorge Mendes n’est pas loin. Quel est son projet ? (cf. Marcos Paulo)

Dans un premier temps, il a laissé partir la quasi-totalité de l’effectif qui avait permis au club de monter en D1 pour reconstruire de zéro. Sous la tutelle de Mendès et de ses contacts, l’équipe première s’est reconstruite avec une base très, très, très limitée (une dizaine de joueurs sous contrat) et énormément de joueurs en prêt, des jeunes joueurs qui viennent de clubs où Jorge Mendes a aussi des contacts (Wolves, Atletico de Madrid…). Je pense notamment à Pote (aujourd’hui au Sporting, meilleur buteur de la Liga l’an passé) ou Gustavo Assunção, qui sont arrivés respectivement des Wolves et de l’Atletico. Du coup, Famalicão devient une équipe qui hype parce qu’on retrouve beaucoup de jeunes joueurs prometteurs, souvent internationaux espoirs, qui viennent y disputer leur première saison en pro. En plus, l’équipe s’oriente très clairement vers le mix Portugal – Amérique du Sud avec des joueurs brésiliens et uruguayens. En général on aime ça au Portugal parce que ce sont souvent des profils techniques et des joueurs agréables à voir jouer.

« Il fait beaucoup de bien à l’attaque du Famalicão »

Pour parler plus globalement du projet du club, je pense que l’idée est de grandir en faisant du trading: acheter des jeunes joueurs pas trop chers et les revendre quelques millions en plus. Le club y parvient déjà plutôt bien, en réalisant des ventes sympas avec Pote au Sporting, Manuel Ugarte au Sporting, Gonçalo Assunção qui est prêté avec OA à Galatasaray. D’autres ventes devraient suivre prochainement : le gardien Luiz Junior et l’ailier Ivan Jaime.

C’est donc un club où il y a énormément de mouvements chaque année, des joueurs qui arrivent, des joueurs qui partent. Une vingtaine d’opérations par mercato estival… Difficile d’y trouver de la stabilité mais c’est peut-être amené à changer avec le temps.

Simao Banza tape la pose ! (crédits : record.pt)

Simon Banza, qui désirait du temps de jeu au RC Lens, a surpris en atterrissant à Famalicão, petite ville située au nord de Porto. Et ses débuts sont plutôt fulgurants. Peux-tu nous parler de ses performances ? 

En ce qui concerne Banza, pour le moment tout roule pour lui. Il fait beaucoup de bien à l’attaque de Famalicão, et il est peut-être ce qu’il leur a manqué l’an passé : un joueur pour finir les actions. Depuis le départ de Toni Martinez à Porto il y a un an et demi, Famalicão peinait à trouver son buteur, il n’y avait personne qui était capable de mettre plus de 10-12 buts dans la saison. Banza peut être ce profil là. Maintenant il va lui falloir continuer dans le temps et confirmer tout au long de la saison.

« Le championnat portugais est un bon tremplin »

En tout cas, il apporte quelque chose, c’est indéniable, Famalicao a beaucoup de joueurs de ballon cette saison (Brazao, Ivan Jaime…), et lui est là pour apporter de l’efficacité dans la surface de réparation. C’est pour cela que ça matche bien.

De nombreux joueurs français ont réussi à faire carrière au Portugal, on pense notamment à Mangala, Aly Cissokho ou encore Moussa Marega. Est-ce que tu penses que Banza pourrait suivre une trajectoire similaire ? 

Oui je pense que le championnat portugais est un bon tremplin dans la mesure où beaucoup de clubs de top championnat viennent y faire leur recrutement. L’an passé, l’attaquant de Portimonense Beto a marqué beaucoup de buts, avant que l’Udinese ne vienne le chercher. L’année d’avant, Edmond Tapsoba a enchaîné les bonnes performances et Leverkusen l’a récupéré… Des exemples, il y en a plein. Hormis Benfica, Porto et le Sporting, les clubs Portugais vendent leurs joueurs à des prix « corrects », parce qu’ils vivent de la vente des joueurs et n’ont pas véritablement de marge de manœuvre. C’est ce qui poussent les recruteurs européens à être super attentifs à ce qu’il se fait dans des clubs comme Famalicão.

(crédits : compte Twitter de Simon Banza – @simbnz)

Maintenant, il faut rester prudent. Banza a fait un bon début, mais on en a vu beaucoup des attaquants marquer 9-10 buts en Liga. Il faut réussir à confirmer par la suite avant de pouvoir prétendre à plus haut, que ce soit un des trois ou quatre top club portugais, ou à l’étranger.

Petite question bonus, comment va Adel Taarabt au Benfica ?

Et pour Taarabt, ça devient de plus en plus compliqué. Il a perdu sa place. Il a toujours son toucher de balle mais c’est plus difficile de répéter les efforts surtout que João Mario est arrivé et performe dans son registre. Il se contente de quelques bouts de matchs.

Un grand merci à Alex Ribeiro pour sa disponibilité et la qualité de ses réponses. Vous pouvez le suivre sur Twitter (@AlexRibeiro_FR) ou via son site Trivela (@Trivela_FR)

Retranscrit par Antoine

Vous souhaitez partager l'article ?
Retour en haut