Arrivé discrètement, il est pourtant l’une des recrues qui alimentent le plus les débats depuis. Maik Nawrocki n’a pas signé au Racing pour être titulaire dès cette saison. Toutefois, l’état actuel de l’effectif l’a particulièrement exposé durant cette préparation. Mais quelles sont au juste les forces et faiblesses de notre défenseur polonais ?

Son profil avait été présenté dans nos colonnes lors de sa signature. Depuis, il a participé aux matchs face à Charleroi, Famalicão, Villarreal et Sunderland. Avant de revenir sur ces prestations, penchons-nous sur son portrait robot statistique, tel qu’il ressort de sa dernière saison pleine, à Hanovre en 2. Bundesliga.
Un droitier pour l’axe gauche ?
Premier point qui interpelle : bien que droitier, Maik Nawrocki a essentiellement évolué au sein de l’axe gauche de la défense à trois d’Hanovre l’an passé — 17 apparitions à ce poste précisément. Ce n’est pas la configuration la plus naturelle pour un droitier, mais ce n’est pas non plus un cas isolé. Christopher Wooh avait aussi parfois dépanné à gauche, et été convaincant. On se souvient du passage inattendu et réussi du gaucher Massadio Haidara dans l’axe droit de la défense lensoise il y a quelques saisons. La preuve qu’un profil « inversé » peut fonctionner. Pour autant, le Malien présentait à l’époque la particularité d’être un latéral repositionné plus bas. Ainsi, il disposait d’une belle pointe de vitesse et d’une certaine mobilité. Des caractéristiques dont ne semble pas disposer le Polonais.
Une forte tête
S’il y a bien une qualité qui ressort chez Maik Nawrocki, c’est son jeu de tête. On pouvait l’imaginer à la vue de son gabarit (1,90 m). Cela se confirme statistiquement. D’après les données Fotmob, il se situait l’an passé dans les 10% de défenseurs centraux de 2. Bundesliga les meilleurs dans les duels aériens remportés (91e centile). Il s’est aussi distingué par son apport offensif avec trois buts et trois passes décisives. Et la nature de ses buts (tous inscrits de la tête, sur corner ou sur centre) vient directement appuyer cette qualité aérienne. Fotmob le classe d’ailleurs au 99e centile (top 1%) sur les buts marqués et au 97e centile (top 3%) sur les occasions créées, toujours comparé aux autres défenseurs centraux du championnat.
Pas embêté avec ses pieds
Mais le colosse polonais a aussi brillé par la passe, ce qui corrobore un autre aspect de son jeu : sa qualité de relance. Contrairement à ses buts, ses trois passes décisives sont d’ailleurs issues d’ouvertures et de jeu combiné au sol. L’an passé, il affiche 89,6% de réussite dans ses passes courtes, et surtout 55% de réussite sur ses passes longues. Un chiffre solide pour un défenseur. Il fait partie du top 15% des défenseurs de 2. Bundesliga sur les passes progressives. Cela confirme sa capacité à faire avancer le jeu depuis l’arrière plutôt que de se contenter de sécuriser le ballon.
Une fragilité physique difficile à ignorer
Après deux belles saisons au Legia Varsovie, son recrutement par le Celtic Glasgow en 2023 devait marquer une étape importante dans sa carrière. Rapidement blessé, il enchaîne au contraire deux saisons avec très peu de temps de jeu et des pépins à répétition. La saison passée, en prêt à Hanovre, lui a permis de se relancer : les notes du journal de référence en Allemagne, Kicker, l’ont même désigné meilleur défenseur du club sur l’exercice. Cependant, même sur cette saison de référence, Maik Nawrocki n’a disputé que 17 matchs sur 34 possibles. Deux raisons à cela : un temps d’adaptation à son arrivée, avec de grands débuts seulement à la 10e journée, puis une lésion musculaire qui lui fera manquer sept matchs en décembre et janvier. Les blessures aux postes de défenseur central ont été un vrai problème pour le Racing l’an passé. Ce point de vigilance s’applique donc pleinement au Polonais, dont le profil « verletzungsanfällig » (sujet aux blessures), selon la presse allemande, reste sa principale zone d’incertitude.

Une taille qui peut aussi être un handicap
Si son gabarit est un atout pour les duels aériens, il peut aussi se traduire par un manque de réactivité et de vivacité face à des attaquants toniques. Ce point pourrait s’avérer d’autant plus délicat à gérer lorsqu’il joue sur le côté gauche de la défense. On se souvient par exemple des difficultés rencontrées par Nidal Čelik l’an passé, lorsqu’il était opposé à des vis-à-vis rapides et techniques.
Que retenir de ses premières minutes en sang et or ?
Point crucial : il convient de nuancer le jugement quant aux performances du Polonais jusqu’ici. Nous parlons des premiers pas d’un joueur qui intègre tout juste un nouveau collectif, qui plus est dans le cadre de matchs de préparation. Ceci étant dit, Maik Nawrocki s’est malheureusement distingué en mal dès sa première apparition. Face à Charleroi, on retient ses relances approximatives et un penalty concédé après une mauvaise passe en retrait de son compatriote Michal Skóraś.
Face à Famalicão, les observateurs ont retenu son penalty manqué lors d’une séance aussi longue qu’anecdotique. Mais il a réalisé un match correct dans l’axe, entourés des jeunes Kemtchoum et Sagnan. La victoire (3-1) contre Villarreal s’est dessinée dans la douleur, toute l’équipe lensoise ayant souffert en première mi-temps. Pour autant, le Polonais, positionné en axial gauche, a fait son match. Il s’est montré solide dans les duels. À noter toutefois qu’il a pris très peu de risques dans ses relances, face au pressing espagnol. Enfin, il a retrouvé un rôle d’axial lors de la défaite (0-2) face à Sunderland. Lors de cette rencontre, c’est toute l’équipe qui a livré une mauvaise prestation. Le défenseur polonais a été correct dans les duels face à une belle opposition mais a manqué de sérénité dans ses relances. Le Racing a énormément subit le pressing anglais et la défense a eu beaucoup de difficulté à relancer proprement.
Sera-t-il l’axe gauche titulaire pour les premiers matchs de la saison ?
Maik Nawrocki a disputé le dernier match en tant que central en raison du forfait d’Ismaëlo Ganiou. Mais au retour de la pépite lensoise, le Polonais redeviendra-t-il titulaire dans l’axe gauche ? Alors qu’aucun remplaçant désigné à Malang Sarr n’a été recruté, Matthieu Udol, redescendu dans l’axe gauche en cours de match, et le jeune Souleymane Sagnan sont deux autres options. La question se posera face à Paris. Sagnan pourrait être victime de son inexpérience au plus haut niveau, sachant que la défense est déjà composée par deux autres jeunes issus de la Gaillette (Antonio et Ganiou). Quant à l’option de faire redescendre Matthieu Udol, elle présente un inconvénient majeur : elle prive automatiquement Lens d’un des meilleurs latéraux de Ligue 1.
Le choix de titulariser provisoirement Maik Nawrocki pourrait donc s’imposer comme le plus logique… en attendant une recrue à ce poste d’axial gauche.

