CULTURE SANG & OR

Theo

L’amour flou

Le début du nouveau cycle entamé par le RC Lens partage avec la fin du précédent son illisibilité. Le thermomètre des supporters lensois n’a plus aucune allure. Il passe d’un climat glacial après des annonces de départs importants à une température bouillante suite à une victoire en match amical. Il n’y a pas à dire, entre le Racing et sa fanbase, c’est l’amour flou. tourner la page Tout d’abord une étrange fin de saison. Puis le départ de deux figures emblématiques. Avant la nomination d’un jeune entraîneur ambitieux. Le tout dans un vent de rigueur entrecoupé de rumeurs folles. Le supporter lensois ne sait plus sur quel pied danser. Pour autant, la passion reste intacte. En atteste le besoin irrépressible de trouver des images des deux premiers matchs de préparation des Sang & Or. Bon nombre d’entre nous auraient bien volontiers échangé la retransmission des matchs des Bleus contre un résumé des rencontres face à Courtrai et au Red Star. Au-delà de l’enthousiasme naturel lié à l’approche d’une nouvelle saison, cette excitation traduit d’autres choses. Tout d’abord, la curiosité qui émane de la nomination de Will Still. Un entraîneur talentueux et protagoniste. Mais aussi le besoin de tourner la page. Les émotions ressenties pendant ces quatre années sous Franck Haise ne seront pas oubliées. Une nouvelle dimension, mais laquelle ? Mais la déception de son départ, qui plus est pour un club comme l’OGC Nice, doit-elle être effacée. Après une saison 2022-23 incroyable, celle qui a suivi s’est avérée éreintante. Était-il dès lors possible de retrouver de la fraîcheur en conservant la même structure ? Le RC Lens a grimpé en flèche et a fini par se cogner. Et au soir de Lens-Montpellier, nous étions tous sonnés. Avec les départs de Franck Haise et d’Arnaud Pouille, le RC Lens a perdu des éléments de grande valeur. Mais il s’agissait peut-être d’un mal nécessaire. Joseph Aloïs Schumpeter estime que la crise économique est une bonne douche froide qui doit permettre une relance par la suite. Le RC Lens en a assurément traversé une. Reste désormais à savoir si celle-ci va déboucher sur un nouveau cycle tout aussi vertueux que le précédent. Nuance est mère de sÛreté Dans les hauts comme dans les bas, il est capital de faire preuve de nuance. À date, nous n’avons que très peu de certitudes sur les contours de ce Lens new look. Prenons le temps de le voir se dessiner, ses nouveaux leaders s’affirmer, son nouveau Still s’imposer. Attendons au moins que les mouvements soient officiels avant de les juger. La critique objective que l’on peut faire au Racing de ces derniers mois, c’est le bruit des coulisses. Ils se sont mis à rugir comme Bollaert un soir d’octobre face aux Anglais du nord de Londres. Mais ces nuisances se sont estompées, et le RC Lens prends désormais un nouveau chemin. Au-delà des officialisations, le meilleur juge sera le terrain. Cela tombe bien, car dans à peine plus d’un mois, le Racing Club de Lens jouera son premier match de la saison en barrages de la Ligue Europa Conférence.

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Quelle attaque pour le RC Lens ?

Depuis l’ouverture du mercato, une foule de rumeurs circule sur l’attaque du RC Lens. On nous parle du départ d’Elye Wahi, de l’arrivée de Georges Mikaudatze, voire de l’association des deux joueurs… À l’aide de Data’Scout, nous nous sommes penchés sur des profils pertinents pour chacun de ces scénarios. Contexte Il est encore tôt pour connaître et analyser l’allure qu’aura le RC Lens version 2024-25. Néanmoins, la première conférence de presse de Will Still, fin juin, est venue apporter quelques éléments de réponses. L’effectif a été bâti pour évoluer à trois derrière et le jeune entraîneur souhaite s’appuyer sur ces fondations. Il ambitionne d’avoir une équipe intense et capable de presser « différemment » de ce qui était proposé jusqu’ici. Comment ? Cela reste à voir. On sait également que le RC Lens souhaite recruter George Mikaudatze. Le talentueux buteur a tout d’abord était désigné comme la cible idéale en cas de départ d’Elye Wahi. Au regard de la concurrence, rien ne nous permet d’affirmer que le Franco-Géorgien posera ses valises à la Gaillette. Mais le Racing serait bel et bien dans la course pour recruter auprès du FC Metz, qui descend en L2, l’un des avants-centres les plus convoités sur le marché. Plus fou encore, certaines sources ont évoqué la possibilité d’associer les deux attaquants à la pointe de la formation de Will Still. Cependant, cela tranche fortement avec la volonté de rigueur financière exprimée par les dirigeants lensois il y a un mois. Face à ces options multiples et dans un contexte incertain, nous avons fait le choix de ne pas en faire. Ainsi, le talentueux Data’Scout a été mis à contribution afin de nous proposer des profils d’attaquants compatibles avec trois scénarios différents. Et SI ? mIKAUDATZE ARRIVE pour anticiper le départ de wAHI Annoncé comme le remplaçant potentiel d’un Elye Wahi que le RC Lens ne conserverait pas, George Mikaudatze présente un profil différent. Data’Scout les présente ainsi : « Le Géorgien est un attaquant complet, qui aime combiner avec les joueurs proches de lui et qui un instinct du but exceptionnel. Il me fait beaucoup penser à des joueurs comme Alexandre Lacazette ou Wissam Ben Yedder. » « La saison lensoise de l’international espoir français n’a pas été aussi faste d’un point de vue statistique. Néanmoins, on voit clairement que c’est un attaquant de profondeur, qui a besoin de prendre l’espace, son profil est plus proche de joueurs comme Loïs Openda ou Nicolas Jackson. » D’un point de vue financier comme sportif, ce scénario semble crédible et cohérent. Toutefois, le graphique ci-dessus démontre que les deux joueurs ont des profils dissemblables. Dans cette hypothèse, où l’on pourrait aussi imaginer d’autres départs sur le front de l’attaque, le board lensois pourrait être tenté de recruter un autre joueur, différent du Franco-Géorgien, pour sa rotation. Ce dernier doit être un attaquant de profondeur accessible financièrement. Voici les deux profils proposés par Data’Scout. « Il a un profil assez proche de ce que peut proposer Elye Wahi. Il réalise une belle saison en Championship avec 16 buts en 30 matchs. J’apprécie les joueurs qui brillent en seconde division anglaise car c’est un championnat exigeant. Les équipes disputent 46 matchs par saison on y retrouve une intensité physique semblable à ce qui se pratique en Ligue 1. Un joueur qui brille là-bas aura donc un temps d’adaptation théoriquement réduit à l’impact physique de notre championnat. » « Emmanuel Latte Lath est un modèle d’attaquant de profondeur. Son objectif est de prendre la défense de vitesse pour crucifier le gardien. Malgré un impact plus limité balle au pied, son transfert pourrait se négocier autour de six millions d’euros. Pourquoi alors ne pas l’imaginer dans la rotation ? » « Une piste que je considère aussi tout à fait pertinente pour remplacer l’ancien Montpelliérain. Mathias Kvistgaarden présente un profil similaire et pourrait être recruté aux alentours de six millions d’euros également selon moi. C’est un attaquant qui aime prendre la profondeur et qui n’est pas mauvais balle au pied, il pourrait vraiment faire mal aux défenses de Ligue 1. Le risque étant qu’il vient de terminer sa première saison pleine au Danemark. Il offre donc moins de garanties quant à son niveau réel dans un grand championnat. » Et si ? Mikaudatze ne vient pas et Wahi s’en va Sur le papier, c’est le scénario le plus inquiétant. Pour autant, Data’Scout nous démontre à travers ses propositions que le Racing pourrait tout de même y trouver son compte. « Pour moi on est sur le remplaçant le plus proche du profil d’Elye Wahi. Il a inscrit 11 buts et délivré 6 passes décisives au Danemark cette saison. Mais comme pour Mathias Kvistgaarden, ceci est à relativiser avec le fait qu’il s’agisse de sa première saison pleine. » « Franculino Djú est un buteur très rapide avec une finition clinique, c’était un prospect ultra populaire quand il évoluait encore au Benfica Lisbonne. Il a des qualités athlétiques vraiment impressionnantes, il impose un duel physique constant à ses adversaires, et il peut même évoluer sur l’aile si besoin. Il est complet et peut exploser s’il trouve le bon contexte et le bon coach pour le faire progresser. Selon moi, c’est un pari à prendre mais qui peut très vite s’avérer payant. » « Cucho Hernández est le joueur le plus huppé de la liste. Il sera donc le plus compliqué à attirer. Transfermarkt l’évalue à 13 millions d’euros mais son transfert devrait selon moi se négocier à un montant situé entre 15 et 20 millions d’euros. Mais on est sur le meilleur avant-centre de MLS, un profil qui martyrise les défenses depuis deux ans et demi. Il semble être arrivé au bout de son aventure américaine et est prêt pour briller en Europe. La concurrence peut être rude mais je n’ai pas entendu grand-chose pour le moment, donc il y a moyen de griller tout le monde ! » « Buteur complet, clinique devant les cages, capable de combiner avec ses partenaires, à l’aise balle au pied et pas mauvais dans les airs, il a le total package de l’avant-centre capable d’éclabousser le championnat de sa classe.

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Opposition de Still ?

La nomination de Will Still comme entraîneur marque le début d’un cycle au RC Lens. Impossible d’échapper au jeu des comparaisons avec son prédécesseur, Franck Haise. Après quatre belles années marquées par un projet de jeu bien identifié, peut-on parler d’opposition de Still ? L’état providence de Still et la main invisible de Haise Will Still, 31 ans, succède à Franck Haise, 53 ans. Le Normand pourrait être le père de l’Anglo-Belge. Et cela se ressent dans leurs modes de management respectifs. L’ex-entraîneur du Stade de Reims écoute la même musique que ses joueurs. Il chausse les crampons et participe aux séances d’entraînement, qu’il aime très animées. Il est adepte d’un langage percutant lors de ses causeries d’avant-match. Ses discours après les rencontres, où il aime réunir ses joueurs dans le rond central, ont contribué à sa célébrité. Son système managérial pourrait être assimilé au concept d’État providence. Soit un modèle où l’interventionnisme des dirigeants est capital pour que l’ensemble puisse fonctionner. De son côté, le management de Franck Haise ressemble davantage à la théorie de la main invisible. Chère à Adam Smith, cette dernière part du principe que la liberté laissée à chacun des individus qui composent un organisme permettent à ce dernier de se réguler et de prospérer. Le néo-coach niçois aime souligner l’importance pour ses joueurs d’être « en mesure de s’adapter et de faire eux-mêmes le bon choix ». Les décisions de chacun doivent ainsi contribuer à la réussite de l’équipe. De plus, on observe que, contrairement à Will Still, Franck Haise ne parle que très rarement avant les matchs. Il préfère laisser les piliers du vestiaire s’exprimer. Le calme du plus âgé tranche bien évidemment avec l’énergie et la fougue du plus jeune. Mais nous avons préféré nous attarder sur une autre différence notoire : leur système préférentiel. Changer le système ? Will Still et Franck Haise le revendiquent, ils ne sont pas dogmatiques. Pour autant, sur ses 59 matchs officiés en tant qu’entraîneur principal du Stade de Reims, le coach de 31 ans a aligné 48 fois une défense à quatre (le plus souvent en 4-2-3-1 et en 4-3-3). Le Normand a quant à lui dirigé 168 matchs de l’équipe professionnelle du RC Lens, avec sur toute la période, trois rencontres seulement (réception de Lille, déplacement à Clermont puis accueil d’Angers lors de la saison 2022-23) où le RC Lens a évolué avec une défense à quatre. Cette différence majeure se traduit aussi dans les profils les plus utilisés par chacun. Franck Haise accorde une importance particulière à ses pistons. Ils doivent être capables de multiplier les courses à haute intensité tout au long du match, pour à la fois bloquer les attaques adverses sur l’aile et porter le surnombre lors des contre-attaques. Sur les postes de milieux offensifs, il aime s’appuyer sur des joueurs capables de répéter les efforts défensifs et de combiner dans le cœur du jeu, ce qui permet au bloc de rester haut. Will Still aime de son côté avoir à sa disposition des profils explosifs et percutants. Dans son système, les milieux offensifs se transforment souvent en ailiers, pour étirer la défense adverse. On retrouve néanmoins des points communs dans les profils nécessaires à la réussite de ces projets de jeu. Comme par exemple l’importance d’avoir un milieu « box to box » qui casse des lignes, ou un avant-centre impliqué dans le pressing. Ce qui nous amène à penser que le natif de Braine-l’Alleud pourrait finalement s’inscrire dans une forme de continuité. iNTENSITé et verticalité Lorsqu’on leur demande qui les a influencés, Will Still et Franck Haise donnent deux noms : Jurgen Klopp et Pep Guardiola. Comme 99% des coachs sur terre, nous direz-vous. Mais ces choix révèlent des similitudes dans leurs projets tactiques. On retrouve chez l’Allemand l’importance accordée à la verticalité, l’intensité, le pressing. Tandis que l’Espagnol s’est distingué par sa capacité à former des triangles dans des zones précises pour créer un décalage. Il a aussi inspiré la terre entière par sa propension à faire évoluer ses joueurs dans des rôles inhabituels. Ce dernier point peut s’illustrer par le replacement progressif de Florian Sotoca d’un poste d’avant-centre à celui, sous les ordres du Normand, de milieu offensif excentré généreux dans ses interventions défensives. Pour l’Anglo-Belge, on peut citer l’évolution de Marshall Munetsi, talentueux milieu défensif zimbabwéen qui a par la suite brillé dans un rôle de numéro 10. Lorsque l’on s’attarde sur les sorties médiatiques des deux hommes, on retrouve des éléments de langages similaires. Will Still dit qu’il « déteste faire deux fois la même séance ». Et Franck Haise insiste auprès de son staff pour toujours trouver de nouveaux échauffements et « casser la routine ». On note également que la notion de jeu et de spectacle sont omniprésentes dans leurs discours respectifs. Enfin, lorsqu’ils sont interrogés sur les spécificités de leur système, les techniciens tiennent à souligner l’importance de son animation par les joueurs plutôt que le dispositif en lui-même : ils n’ont pas de cadre rigide et adaptent leur équipe à des joueurs en constante évolution. Ce sont cette audace et cette recherche de plaisir qui ont fait de leurs formations des équipes ambitieuses et agréables à regarder, en remportant l’adhésion des joueurs et des supporters. Des onze capables de se sublimer dans les grands rendez-vous et de réaliser des performances marquantes face aux gros du championnat. Quand les résultats n’ont plus correspondu à ses ambitions, Will Still a semble-t-il fini par se dire qu’il devait viser plus haut. « Je sais que Reims montre une belle image, mais à un moment, ça va me saouler de montrer une belle image (…) Si on veut passer un cap, et gagner ce genre de match, il faut arrêter de commettre ces erreurs », disait-il, agacé par des imprécisions, après une défaite à Bollaert en décembre dernier. Le voilà à Lens, justement, avec des moyens supérieurs à ceux dont il disposait en Champagne. La suite du mercato nous en dira donc plus sur le nouveau Still que Will pourra donner à ce RC Lens version 2024-25. Pour autant,

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Jouez Messieurs !

Depuis trois semaines, on ne cesse de parler du Racing Club de Lens. Le problème, c’est que la saison est terminée. Malgré sa 7ème place, le RC Lens est en effet en passe de devenir le nouveau champion de France des coulisses. Les départs des dirigeants sont actés et une réorganisation sportive se dessine. Chaque minute qui passe nous rapproche désormais du terrain et du moment où nous pourrons enfin dire : jouez messieurs ! Photo FIFA 50 minutes inside la gaillette Il y a encore peu de temps, nous pouvions nous targuer d’être le club préféré des français. Depuis quelques mois, nous sommes devenus le club préféré des insiders. Chaque jour, des rumeurs fusent sur les réseaux sociaux. Et pour cause, l’actualité a été riche du côté de la Gaillette. Il y a d’abord eu les polémiques (Mike Mode, Kevin Danso). Puis « la révolution » avec une vague de départs parmi les dirigeants. (Frédéric Hébert, Arnaud Pouille et Franck Haise, pour ne citer qu’eux.) Ces épisodes, déjà éprouvants en eux-mêmes lorsqu’on supporte le RCL, sont encore plus difficiles à vivre lorsqu’ils virent au feuilleton sur la toile. Ces événements ont également mis en lumière un élément important : le club ne maîtrise plus sa communication. Depuis des mois, chacun des mouvements autour du RC Lens fuite bien avant qu’il n’y ait une communication officielle. Ces informations sont parfois déformées, interprétées, amplifiées par les personnes qui choisissent de les relayer. Cette perte de contrôle couplée à une recherche permanente d’exclusivité sur les réseaux sociaux contribue à fragiliser l’équilibre d’un club longtemps cité comme un modèle de stabilité. Changement de cap Même lorsque le club communique officiellement, il lui arrive de commettre des erreurs. La conférence de presse tenue par Joseph Oughourlian et Pierre Dréossi a eu le mérite de présenter une nouvelle organisation. L’actionnaire a aussi indiqué entrer dans une nouvelle ère, avec une politique de rationalisation financière et sportive. En off, il s’est aventuré à communiquer un objectif de vente chiffré à 111 millions d’euros. Celui-ci a été recontextualisé depuis, mais le mal était fait. Face aux requins du monde du football, était-il judicieux de communiquer un tel chiffre ? Une nouvelle fois, on peut se demander si la communication était maîtrisée. L’équipe dirigeante est donc constituée. Malgré sa volonté de serrer la ceinture, l’homme d’affaires arménien a affirmé viser le top 7 de la Ligue 1. Tous les regards se tournent désormais vers les choix sportifs. Et c’est à ce moment que semble enfin pointer une éclaircie. Elle porte le nom de Will Still. Place au jeu Le technicien anglo-belge n’a que 31 ans. Il est décrit comme proche de ses joueurs, et reconnu pour un mode de management « omniprésent ». Il intervient énormément pendant les séances et les matchs pour accompagner et guider ses ouailles. Des caractéristiques qui sont donc compatibles avec l’idée de lancer des jeunes dans le grand bain. Will Still aime s’adapter à ses adversaires mais fait le plus régulièrement évoluer ses équipes dans une défense à quatre. Son schéma préférentiel requiert des ailiers percutants, dribbleurs, provocateurs… Si on lit entre les lignes, on retrouve certains éléments qui ont pu être reprochés à l’encadrement sportif ces derniers mois. Même s’il est important de nuancer le propos : nous avons mangé du caviar sous Franck Haise. Depuis quatre années, nous avons vu évoluer l’une des meilleures versions de l’histoire du RC Lens, tant sur le plan du jeu que des résultats. Ceci étant dit, un peu de nouveauté ne ferait pas de mal et aiderait grandement les supporters à tourner la page. Certes le projet n’est plus aussi clinquant qu’à l’entame de la saison passée. Nous n’avons plus autant de moyens financiers. Pour autant, si les planètes s’alignent à nouveau, le RC Lens est en mesure de repartir sur des bases tout aussi saines qu’excitantes. Et qu’est-ce qui empêcherait alors Will Still de construire une équipe aussi enthousiasmante que le Reims de la première partie de saison ? En l’espace d’un mois, les supporters lensois sont tous tombés de plusieurs étages. Mais ces mauvais coups font malheureusement partie du football moderne. Et comme le joueur au sol après une intervention rugueuse, nous nous relèverons, et nous repartirons de plus belle. Jouez messieurs !

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Mercato : quels profils pour animer l’attaque lensoise ?

Saison terminée, Fréderic Hébert débarqué, le Racing a officiellement entamé la restructuration de son effectif. Parmi les incertitudes et rumeurs, Culture Sang et Or se mue en direction sportive par intérim. Et ouvre le dossier des milieux offensifs. Nos premières décisions ont été de nommer @RCLStats au poste de data analyst et @Garyncha en responsable du recrutement. Le premier nous a permis de dresser un bilan statistique de la saison écoulée. Le second a activé son réseau sur le continent américain, où le RC Lens a déjà trouvé pas mal de recrues ces dernières saisons, afin de nous proposer des joueurs qui pourraient répondre aux manques observés. Un rendement inégal des milieux offensifs Dans le 3-4-2-1 mis en place par Franck Haise, le manque de qualité globale et de constance chez les animateurs de l’attaque est un sujet qui est revenu tout au long de la saison. Cette année, le Normand a principalement utilisé cinq joueurs* pour occuper les deux postes en soutien de l’avant-centre. Grâce à l’exploitation des données Opta par RCLStats, nous pouvons tirer un bilan statistique de la saison de nos milieux offensifs. Ce bilan comprend l’ensemble des 43 matchs disputés par le Racing Club de Lens (34 en L1, huit en coupe d’Europe et un en Coupe de France). En voici la structure : jOUEUR * Oscar Cortès et Ayanda Sishuba ont été exclus du comparatif au regard de leur faible temps de jeu. 7 Florian Sotoca 10 David Pereira da costa 11 angelo fulgini 28 Adrien Thomasson 27 Morgan Guilavogui Florian Sotoca et le désert lensois Le constat est clair : il y a un fossé entre Florian Sotoca et ses concurrents au poste de numéro dix excentré. Le Narbonnais est de loin le milieu le plus décisif, et a passé, en toute logique vu son rendement, presque deux fois plus de temps sur le terrain que son premier poursuivant. Celui-ci n’est autre que David Pereira Da Costa. Le Portugais a connu une fin d’année 2023 difficile. Si bien que très peu de monde croyait en lui à la mi-saison. Mais le joueur formé à la Gaillette est revenu en forme début 2024. Ainsi, l’ensemble de ses 5 buts et 2 passes décisives concernent la phase retour. Peut-on se contenter de six bons mois pour un titulaire au sein d’une équipe qui joue l’Europe ? Adrien Thomasson, Angelo Fulgini et Morgan Guilavogui ont de leur côté subi des critiques presque toute la saison. Certes, il ne faut pas oublier les débuts très satisfaisants du premier, les buts face à Séville du second et les bons passages du troisième. Néanmoins, leur bilan lissé sur l’ensemble de la saison est largement insuffisant. À eux trois, ils ont été impliqués sur 18 buts lensois. En comparaison, le seul Florian Sotoca l’a été à 26 reprises. uN manque de percussion… Le constat statistique rejoint ainsi l’impression visuelle laissée par la saison : malgré le nombre, la concurrence à ce poste manque de densité. Mais se pose la question du choix des profils retenus pour cette saison 2023-2024. Parmi les soutiens pour Elye Wahi ou Wesley Saïd, on retrouve une majorité de joueurs travailleurs, disciplinés, qui se mettent spontanément au service d’un collectif bien huilé. Cela correspond parfaitement au projet de jeu défini par Franck Haise. Pour autant, pour faire mal à ses adversaires, toute équipe doit aussi surprendre par un peu de folie individuelle, et varier ses attaques. Or, sur les cinq joueurs mentionnés, seul David Pereira Da Costa semble, par intermittence, capable de faire des différences balle au pied. À tel point que le nom du très jeune Ayanda Sishuba, qui a fêté ses 19 ans en février, et qui a fait valoir sa qualité de dribble dans toutes les catégories de jeunes, est venu s’immiscer dans les débats. On peut aussi citer Oscar Cortès, 20 ans. Présenté comme un « dynamiteur » à son arrivée, le Colombien n’aura disputé que 44 minutes sous le maillot lensois, avant d’être prêté aux Glasgow Rangers six mois plus tard. Ces deux joueurs présentent l’avantage d’offrir des profils différents. Pour autant, à l’entame de la saison, ce sont deux néo-professionnels sans aucune expérience de la Ligue 1. … Visible dans les datas Il semble manquer dans cet effectif un joueur technique capable de prétendre à une place de titulaire dans une équipe française du top 7. Mais ce constat est-il visible d’un point de vue statistique ? L’excellent compte DATA’Foot nous offrait un graphique éloquent à la fin du mois d’avril. Ce dernier recensait la propension à percuter des ailiers de Ligue 1. David Pereira Da Costa n’y figure pas en raison d’une position moyenne trop axiale. En revanche, Florian Sotoca, Adrien Thomasson et Angelo Fulgini se classent parmi les ailiers qui effectuent le moins de courses progressives et éliminent le plus petit nombre d’adversaires par dribble dans cette L1. Il y a donc bien un manque à ce niveau. Même s’il est important de nuancer le propos. En effet, grâce à sa capacité à avancer en bloc, et à faire participer de nombreux joueurs à l’animation offensive, le RC Lens est la troisième équipe de Ligue 1 en termes de création de grosses occasions. L’élimination par le dribble n’est pas une fin en soi, et le ballon avance toujours plus vite quand on le donne que quand on le porte. Florian Sotoca est d’ailleurs, toujours selon DATA’Foot, le quatrième meilleur joueur de Ligue 1 en termes de création par la passe. Si on se fie aux rumeurs du mois d’avril qui entouraient le mercato du RC Lens, les dirigeants ont pris conscience du besoin. Parmi les joueurs supposés être dans les petits papiers du Racing, on retrouvait deux joueurs reconnus pour leur qualité de dribble et leur capacité à éliminer : Rafik Guitane et Alex Daho. Quels critères pour notre nouvel animateur ? Avec Garyncha à la tête de notre celle de recrutement, nous avons exploré d’autres pistes. Passionné et doté d’une grande capacité d’analyse, il dispose d’une connaissance approfondie des continents nord et sud-américain. Malgré les rumeurs,

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Rennes-Lens, « L’imprévisiblico »

Le RC Lens a rendez-vous ce soir au Roazhon Park pour y disputer l’avant-dernier match de sa saison. Comme le Racing, le Stade rennais a connu des hauts et des bas cette année. Présentation d’une rencontre aussi capitale qu’imprévisible avec le concours de @ROUGEmémoire. Les montagnes russes Les supporters rennais avaient beaucoup d’ambition à l’entame de la saison. Et pour cause, comme le souligne Fabrice de ROUGEmémoire, la direction sportive avait annoncé la couleur. « Dès juillet, notre directeur technique Florian Maurice a dit qu’on visait le top 4. Certes, cela faisait deux saisons que nous terminions quatrièmes. Pour autant, j’ai trouvé cette déclaration présomptueuse. » On peut ajouter à cette annonce ambitieuse le recrutement de joueurs talentueux et reconnus en France à l’intersaison. Pendant l’été, Rennes s’est notamment renforcé avec l’arrivée d’Enzo Le Fée et Ludovic Blas. Mais ces ambitions ont vite été douchées par un mauvais début de saison. Si le RC Lens s’est signalé par un départ particulièrement catastrophique avec un point en cinq matchs, au bout des dix premières journées, les deux adversaires du soir partageaient le même rythme de relégable avec 1,2 point par match. Une défaite face à un Olympique lyonnais au fond du gouffre scelle le sort de Bruno Génésio un soir de novembre. Les Rouge et Noir changent de coach et on pense alors qu’ils ont touché le fond. La nomination de Julien Stéphan est suivie d’une série de bons résultats ainsi que d’une nette amélioration dans le jeu. De plus, Alidu Seidu et Azor Matusiwa, bien connus des suiveurs lensois, viennent garnir les rangs bretons pendant l’hiver. Des équipes proches Un élan d’optimisme envahit les supporters rennais jusqu’à l’élimination de la Ligue Europa fin février. Cette dernière coïncide avec un nouveau coup de mou en championnat. Tout cela mène aujourd’hui le Stade rennais à une huitième place en championnat, avec 45 points. L’équipe de Julien Stéphan est à quatre points de la sixième place, détenue par le RC Lens. La comparaison entre les ambitions affichées à l’été 2023 et ce résultat brut pousse ROUGEmémoire à dire que « cette saison sera décevante quelle qu’en soit l’issue. »   Un début de saison délicat, des passages euphoriques, un coup de mou qui coïncide avec une élimination en coupe d’Europe… Oui les championnats de Rennes et Lens se ressemblent. On peut même étendre la comparaison au fait qu’Arnaud Kalimuendo, tout comme Elye Wahi, ait été pris en grippe par une partie du public à certains moments de la saison. ROUGEmémoire partage ce point de vue. « Les Lensois vivent un peu la même saison que nous. On a vécu de tellement belles choses l’an passé que certains supporters font automatiquement la comparaison et sont déçus cette année. Il ne faut pas oublier qu’en Ligue 1 sur la ligne de départ, on doit déjà placer quatre équipes devant Lens et Rennes. On ne peut jamais étalonner une saison normale par rapport à une année extraordinaire. Je pense que si Lens se qualifie pour une coupe d’Europe, son championnat sera réussi. » Mystère et suspense C’est là tout l’enjeu du match de ce soir. Entre une équipe de Rennes aussi flamboyante offensivement qu’inconstante défensivement et un RC Lens irrégulier, en difficulté face aux gros mais qui n’a toujours pas perdu le fil de sa saison. ROUGEmémoire confirme que son équipe favorite manque de régularité derrière. Il ajoute que les Rennais ont une propension à « faire des cadeaux et encaisser des buts dès qu’ils sont mis en danger. » Un nouveau point commun entre deux équipes qui figurent parmi les plus imprévisibles du championnat. Elles ont déçu quand on les pensait inarrêtables. Mais Lens et Rennes se sont relancés alors qu’on les croyait enterrées. Elles ont remporté des matchs au contenu médiocre et perdu des rencontres abouties. L’explication principale réside dans le fait que des erreurs grossières ou maladresses dans les deux surfaces ont influé sur les résultats tout au long de la saison. Car même si Franck Haise nous a habitués à nous focaliser sur le contenu, la perception d’un match dépend en grande partie de son issue finale. Cette phrase n’a jamais eu autant de sens au moment de cet « imprévisiblico ». Peu importe le contenu de ce match, en cas de victoire, ou même de nul qui serait un pas intéressant vers la sixième place, on ne retiendra que ce résultat. Comme on ne se souviendra que du classement final Racing à l’issue d’une saison 2023-2024 éreintante.

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Lens-Clermont : une histoire de dynamiques

Bollaert-Delelis attend de pied ferme les Auvergnats… mais surtout les Lensois. Après une série de déconvenues, la victoire est impérative ce soir face aux derniers de Ligue 1. Présentation de la lanterne rouge et du match à l’aide de @SpaceCf63. Clermont va mal … Lens-Clermont, duel entre équipes en mal de points. Sur les cinq derniers matchs, les Clermontois suivent un rythme d’un point par journée… ni plus ni moins que le RC Lens. Malheureusement pour le Clermont Foot, cette vitesse de croisière est une accélération par rapport à l’ensemble de la saison. Les Auvergnats affichent une moyenne typique de relégué, à 0,75 point par match. @SpaceCf63 le reconnaît, c’est très décevant, même sans pouvoir compter sur deux internationaux qui ont quitté le club, Mateusz Wieteska et Saîf-Eddine Khaoui : « Avec la perte de deux cadres l’été dernier, on se doutait que ce serait difficile. Mais peut-être pas à ce point. Le mercato n’a pas été à la hauteur et on a vendu notre meilleur élément en janvier… » Il parle du défenseur Alidu Seidu, parti à Rennes. En plus de la perte de ces joueurs clés, il estime que l’entraîneur Pascal Gastien « fait la saison de trop ». Le technicien a souvent perdu ses nerfs cette année. On se souvient notamment du match aller où, hors de lui, il avait été exclu. Et lorsqu’on lui demande quelle est la plus grosse faiblesse de son équipe, le supporter clermontois pointe justement des failles mentales. « Le manque de combativité et l’absence de révolte sont flagrants. L’an dernier, on ne lâchait rien, on était difficile à battre et on encaissait peu de buts. Cette saison, c’est le contraire. »  Alors, si on essaye de trouver quelques rayons de soleil dans la saison auvergnate, @SpaceCf63 se mue en Évelyne Dhéliat. Et nous présente une météo digne de celle de Douchy-les-Mines un matin glacé de novembre. « Malgré quelques résultats positifs de temps à autre, on ne constate pas de réelle amélioration dans le jeu. L’équipe est capable de faire un très gros match (contre le PSG à l’aller par exemple) et de s’écrouler complètement ensuite. C’est assez inexplicable. Nous sommes derniers, presque condamnés à la Ligue 2, donc difficile de trouver ne serait-ce qu’un seul motif de satisfaction. » Lens dans une mauvaise passe De quoi nous rendre optimistes ? Eh bien non, car nos amis messins tenaient à peu près le même discours la semaine dernière. A suivi un véritable naufrage à Saint-Symphorien. Après la défaite à domicile face à Nice, où l’on a senti des lacunes dans l’envie de se dépasser, les joueurs nous en devaient une. Trois matchs plus tard, ils n’ont fait qu’augmenter leur dette. Bollaert-Delelis ne demande qu’une chose : retrouver une équipe conquérante. Cela passera par le retour sur le terrain d’une notion si chère à Franck Haise : le plaisir. Inutile d’être psychologue pour constater une certaine usure mentale chez les Artésiens. Un début de saison catastrophique, une remobilisation qui a demandé beaucoup d’énergie, une campagne européenne éprouvante et soldée par une forte déception. Ajoutez à cela un certain déséquilibre entre des joueurs usés par l’enchaînement des matchs, ceux qui paraissent en manque de rythme, et d’autres qui réalisent tout simplement une mauvaise saison, et les ingrédients sont là pour entamer le moral du groupe. Baisse de régime excusable, donc ? Oui mais non. Franck Haise l’a reconnu en conférence de presse : « On n’en fait pas assez. » Ce discours fait écho aux « il en manque » des matchs précédents. Les joueurs ont le droit d’être moins bons. Mais cette lassitude, cette incapacité à réagir observées en Moselle doivent être laissées au vestiaire. Cela pourrait-il passer par une modification du système ? Un changement d’hommes ? Les quatre remplacements et le passage au 4-3-3 tentés à la 60e minute face à Metz n’ont pas empêché le bateau sang et or de tanguer. Cycle qui se termine aujourd’hui ? Quel est l’une des plus grandes sources de plaisir (et d’ailleurs d’apprentissage) chez les petits comme les grands ? Le jeu. Quoi donc de mieux que de s’amuser avec ses dix meilleurs copains dans son propre jardin pour enfin retrouver le sourire ? Arrêtons les calculs et les projections. Il faut renouer avec la simplicité. Ainsi reverra-t-on sur le terrain de la vitesse, des courses et de l’intensité, qui sont les fondations indispensables. Côté clermontois, @SpaceCf63 reconnaît « qu’il y a encore un mini-espoir pour le maintien. Pour samedi, le coach a dit qu’on venait pour gagner. Espérons que vous serez dans un très mauvais jour. » L’Auvergnat le dit lui même, l’issue du match dépendra avant tout de la forme des Lensois. Enfin, ce n’est pas un hasard si Franck Haise a lancé un appel aux supporters. « Ceux qui aiment le club, je leur dis de continuer à le soutenir parce que les joueurs en ont besoin. » Tous ont passé un weekend bien pourri il y a une semaine. Il ne faut pas pour autant occulter ce qu’il y a eu de positif cette saison, par exemple ces moments où la situation paraissait très compromise, comme après la défaite à domicile face à Metz en septembre. Qu’importent le bilan des dernières journées et les bruits de couloir. Le Racing Club de Lens a toujours son destin entre les mains pour se qualifier pour la deuxième fois consécutive pour une Coupe d’Europe. Dans les passages difficiles, il est un refrain qui revient souvent dans les travées de Bollaert : « Dans le malheur ou dans la gloire ». Ce soir, joueurs comme supporters, il faudra être là dès le début. Et aussi pendant toute la rencontre, pour qu’à la fin du match, il ne reste que la joie et l’espoir dans les yeux des Lensois.

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FCM – RCL  : « Collectivement, on frôle le néant  »

En perte de vitesse depuis trois matchs, Lens s’en va défier une équipe de Metz qui est en difficulté depuis le début de la saison. Néanmoins, à six journées de la fin, les Messins sont encore à la lutte pour le maintien tandis que les Sang et Or sont toujours en course pour l’Europe. Présentation du match avec @sociosfcmetz. Deux équipes à la relance Dans une saison qui ne semble pas vouloir lui laisser de répit, le RCL connaît une nouvelle phase de turbulences. Entre les secousses en coulisses, la mauvaise dynamique comptable et surtout les contenus décevants depuis trois matchs, ce n’est pas le Racing le plus fringuant qui se présente ce soir à Saint Symphorien. En face, avant même d’entamer le championnat, le promu s’attendait à une saison compliquée. Et le déroulement du mercato estival a été très loin de rassurer @sociosfcmetz : « Nos deux joueurs clés, George Mikaudatze et Youssef Maziz, n’ont pas été correctement remplacés. Le premier cité est revenu après six mois sans jouer, dans un groupe en manque de confiance qui doit retrouver un semblant d’équilibre dans l’animation offensive. Le second était notre seul milieu créateur. Un vrai numéro 10 était attendu, mais ce dernier n’est jamais arrivé. On savait dès le départ que l’effectif n’était pas à la hauteur. On ne compte que sur la force mentale du groupe pour avancer, ou même résister. »   Pour autant, la saison de Metz n’est pas terminée. Les Grenats ne sont qu’à trois points de Lorient, en position de barragiste, et cinq de Nantes, premier non relégable. Le supporter messin le concède, « d’un point de vue numérique, nos espoirs ne sont pas enterrés. » Lorsqu’on lui demande s’il perçoit d’autres motifs d’espoirs, il mentionne « la bonne saison d’Alexandre Oukidja, un temps en deçà, mais qui nous évite plusieurs corrections. » Il salue aussi « l’état d’esprit du capitaine Mathieu Udol. Il vit lui aussi une saison difficile mais ne baisse pas les bras. Cela fait plaisir de le voir enchaîner une saison complète après s’être fait quatre fois les croisés. » Trop de manques pour inquiéter Lens ? Et sinon ? « Nous avons gagné deux rencontres depuis la mi-saison – Nantes (2-0) et Clermont (1-0). Mais avant cela, Metz a tout simplement réalisé la pire série de son histoire dans l’élite avec sept défaites consécutives et un seul point en dix rencontres. Pourquoi ? Parce que notre équipe est plus faible, voilà tout. Elle n’a pas su faire le poids contre ses concurrents directs. » Le supporter mosellan semble résigné :  « Pour aller plus loin sur l’effectif, il nous manque aussi cruellement un milieu de terrain expérimenté et capable d’organiser notre jeu. Danley Jean Jacques, (23 ans), Lamine Camara (20 ans) et Joseph Nduquidi (19 ans) n’en ont pas été capables jusqu’à présent. Seul Kévin N’Doram (28 ans) sort du lot, mais il est souvent blessé. C’est un gros point noir qui, je pense, nous coûte notre saison. Il nous manque aussi un coach avec de nouvelles idées qui provoquerait un électrochoc. Laszlo Bölöni est dépassé par la situation et enchaîne les mauvais choix. Semaine après semaine, rien ne s’améliore, la tactique semble inexistante, hormis celle consistant à mettre le bus derrière et espérer un contre chanceux. Chacune de ses prises de parole après les matchs est un calvaire à entendre pour les supporters. Collectivement, on frôle le néant. » Mais dans le football, l’incertitude de ce sport et le pessimisme quasi superstitieux qui accompagnent les avant matchs de nombreux supporters lensois incitent à la prudence. Tout comme le scénario du match aller. À l’époque, la réception de Metz représentait une aubaine pour enfin briser la spirale négative du mois d’août… Trente et un tirs lensois et deux tirs messins plus tard, le Racing repartait avec zéro buts marqués et surtout zéro point. Un scénario, plusieurs issues Aujourd’hui, le même type d’opposition attends les hommes de Franck Haise. @sociosfcmetz confirme : « Les joueurs sont différents, mais la tactique reste la même. On reste sur deux défaites en ayant encaissé neuf buts, j’imagine qu’on va resserrer fort derrière. Je vois une rencontre fermée, assez similaire à l’aller, même si j’ose espérer une moins grosse domination lensoise. » Côté lensois en avant match, Andy Diouf et Franck Haise ont souligné la nécessité de présenter un bloc équipe compact. En effet, les Sang et Or ont pris la mauvaise habitude de concéder des situations franches après des erreurs individuelles ou des mauvaises lectures de situation. @sociosfcmetz prévient : « Attention à ne pas vous faire surprendre par les contres messins, souvent emmenés par Georges Mikautadze. De notre côté, il faudra verrouiller comme a pu le faire Le Havre la semaine dernière, et jouer tous les coups à fond en attendant une erreur des Lensois. » Néanmoins, il reste pessimiste et s’attends à une victoire lensoise, ou au mieux un match nul : « Si on fait une belle entame avec un bloc haut et qu’on parvient à en planter un, peut-être qu’on pourra accrocher le nul. » On peut donc aisément imaginer une domination territoriale lensoise et des Grenats qui cherchent à les contrer. Au-delà des faits de jeu, les clés du match sont claires. Le RC Lens doit faire preuve de justesse à l’approche de la surface messine pour espérer prendre l’avantage. En parallèle, les Sang et Or devront se montrer sérieux dans le marquage préventif et bien lire les situations de contre pour éviter de se faire transpercer par une équipe de Metz qui n’attend que ça.   Il ne nous reste plus qu’à attendre les coups de 23h pour savoir quel goût nous laissera cette rencontre à la sauce Bölöni – Haise. Encore merci à Mounir et Arnaud pour leurs contributions.

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« Un match illisible »

Aujourd’hui, le RC Lens fait le court déplacement jusqu’à la Decathlon Arena pour y défier le LOSC. Un match pour la suprématie régionale, qui revêt aussi des enjeux européens. Zoom sur l’adversaire du soir avec le concours de Lucas (@LuluTSR). UnE équipe dominatrice Lille est en course pour l’Europe pour la deuxième saison consécutive, ce qui coïncide avec le mandat de leur entraîneur Paulo Fonseca. Le Portugais est l’un des hommes forts du club nordiste. Il a établi des principes de jeux clairs qui ont fait de son équipe l’une des plus dominatrices de Ligue 1 depuis deux saisons. Pour autant, Lucas souligne la situation complexe à l’arrivée du technicien : « Lille vient de finir 10e du championnat. De plus, le club sort d’un mercato estival où plusieurs joueurs clés sont partis, comme Sven Botman. Paulo Fonseca arrive dans ce contexte avec un projet de jeu ambitieux. Ce dernier va rapidement être remis en question avec une défaite 7-1 face au PSG dès la 3e journée ». Mais Lille va se relever et réaliser une excellente saison sur le plan du jeu. D’un point de vue comptable, la saison est bonne. Mais pour Lucas, « c’est la frustration qui domine, avec cette quatrième place qui nous échappe suite à un match nul en J38 après avoir mené au score chez un Troyes déjà relégué. » Comme beaucoup de supporters lillois, Lucas a des attentes élevées à l’entame de la saison 2023-24 : « Malgré les rumeurs, le maintien de Paulo Fonseca et donc sa capacité à continuer à faire grandir l’équipe a été acté assez rapidement. Nous avons conservé Jonathan David, et la fin de saison d’Edon Zhegrova était prometteuse. Personnellement, j’étais assez emballé par le recrutement de Hákon Haraldsson. » Le milieu kosovar avait notamment impressionné et délivré une passe décisive au match aller à Bollaert-Delelis (1-1). Le collectif lillois avait toutefois dégagé moins de force, moins de maîtrise que lors du précédent affrontement sur cette même pelouse. Comme la saison passée, le LOSC aime prendre le jeu à son compte. C’est ainsi, après le PSG, la deuxième équipe de Ligue 1 en terme de possession moyenne (56%). Cela est notamment dû à la qualité du milieu de terrain lillois et au système mis en place par le coach portugais. Ce dernier permet de créer des surnombres et des décalages dans le cœur du jeu. Cette structure avait l’an passé poussé Franck Haise à proposer une composition surprise, avec une défense à quatre. Le retrait d’un défenseur central avait permis de mettre davantage de densité au milieu de terrain et considérablement gêné la formation lilloise en première mi-temps. un manque d’efficacité chronique Cette année, de nouveaux joueurs se sont affirmés : « Edon Zhegrova représente le danger numéro un. Angel Gomes a beaucoup progressé et a un rôle majeur dans la conservation et l’utilisation du ballon. Enfin, Lenny Yoro est la révélation de la saison et le pilier de la défense », déroule Lucas. Mais malgré le maintien de son coach et l’avènement de nouvelles têtes, Lille empoche moins de points que l’an passé. Le club nordiste prend 1,65 points par match contre une moyenne de 1,76 points l’année précédente. Les Dogues sont ainsi à portée de fusil des Artésiens, avec seulement un point d’écart. D’après Lucas, cela peut s’expliquer par « le manque d’efficacité, qui reste le gros point noir. On en manque beaucoup trop à l’image de Jonathan David en début de saison. » Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la bonne période lilloise depuis le début de l’année coïncide avec le retour en forme de son attaquant canadien. On peut aussi relever la perte d’un élément clé à l’intersaison : André Gomes. Le milieu de terrain portugais était le véritable maître à jouer du LOSC l’an passé. Il a été remplacé par Nabil Bentaleb, dont l’intégration a été fortement retardée par des problèmes de santé. La consistance de ses performances depuis janvier a elle aussi joué son rôle dans le regain lillois. Reste cependant un problème à régler pour Paulo Fonseca : trouver sur l’aile gauche le pendant à Edon Zhegrova . En effet, après une superbe saison, Remy Cabella est rentré dans le rang, et le jeune Hákon Haraldsson tarde à éclore. Un match indécis À l’image de la course à l’Europe, c’est dans l’indécision la plus complète que nous nous avançons vers le match de ce soir. D’un côté, nous avons Lille qui impressionne par sa capacité à dominer ses adversaires. Une équipe qui semble avoir résolu ses problèmes d’efficacité offensive. La troisième meilleure équipe du championnat à domicile. Et de l’autre, un RC Lens emballant jusqu’à Fribourg, enterré après Monaco, retrouvé face à Lyon et Brest, puis décevant contre Nice. Deux équipes intenses, candidates à l’Europe et aux dynamiques globalement positives. Deux fins tacticiens qui aiment être protagonistes des matchs qu’ils disputent. Même si le bilan tend vers le positif, Lucas résume l’avis des deux camps en évoquant des formations « capables du meilleur comme du pire. » Rajoutez à cela les incertitudes liées aux divers faits de jeux, et vous obtenez une rencontre absolument illisible. En toute objectivité, Lucas s’aventure à pronostiquer « une victoire lilloise deux buts à zéro. » La récente déception niçoise couplée à la solidité des Dogues à la maison pourrait en effet légèrement faire pencher la balance. Néanmoins, ce soir, ce n’est pas seulement un match pour l’Europe qui se tiendra à la Decathlon Arena. C’est un derby, un combat de boxe, une bataille de tranchées. Peu importe les guerriers présents sur le terrain, les plans de jeux ou encore les faits de matchs. Les Lensois devront se montrer vaillants et résilients pour percer les lignes adverses et rester imperméables face aux assauts lillois. Car un derby, ça ne se joue pas, ça se gagne.

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Lens – Brest  :  «  Un sommet d’intensité  »

C’est LA belle histoire de la saison. Le Stade Brestois, censé lutter pour le maintien, est à la bataille pour la Ligue des champions. Ainsi, les Bretons débarquent à Bollaert-Delelis dans la peau du dauphin du PSG. Dans l’attente du choc de ce soir, Lucas et Pierre du compte @ty_zefs nous éclairent sur les raisons de cette success story made in Ligue 1.  Une saison historique Pour comprendre la saison exceptionnelle de Brest, il faut remonter au 3 janvier 2023, jour de la nomination d’Eric Roy au poste d’entraîneur. À ce moment de la saison, les Brestois sont dans une inconfortable position de relégable. Ils se dirigent alors tout droit vers la Ligue 2 avec un rythme de 0,76 point par match (13 points en 17 rencontres). Cette moyenne va presque doubler sous la coupe de l’ancien coordinateur sportif Sang et Or (1,48 point par match). Pierre explique qu’Eric Roy « a tout de suite identifié la priorité numéro une : rassembler ce groupe pour lui redonner confiance, le tout en insufflant des principes de jeu simples en apparence et efficaces. Cette solidarité et ce groupe restreint qui se connaît par cœur sont le ciment de cette réussite historique. » Brest se maintient logiquement en Ligue 1. Vient alors le mercato estival. Une période redoutée par ceux qu’on surnomment les Ty Zefs – littéralement « petits zéphyrs ». À juste titre, puisqu’ils perdent l’un de leurs meilleurs joueurs : Franck Honorat. De plus, les dirigeants brestois disposent d’un budget très limité pour recruter. Pourtant, il s’agit là encore d’un virage parfaitement négocié. Lucas détaille : « nous avons prolongé des piliers comme Marco Bizot et Kenny Lala. Puis, nous avons fait un recrutement très malin (500 000 € dépensés) avec les arrivées de Martin Satriano (prêt), Jonas Martin (libre), et Bradley Locko au poste de latéral gauche, qui est une véritable pépite ».   intensité et projections Lucas explique également que la réussite du SB29 réside dans « sa capacité à ne pas prendre de buts cette saison. Avec 18 buts encaissés, Brest est la deuxième meilleure défense de Ligue 1 derrière Nice (17 buts). » Mieux encore, depuis la reprise en 2024, les joueurs du Finistère n’ont concédé que trois buts en sept matchs, dont deux contre le PSG. Les supporters lensois se souviennent parfaitement de la première journée de championnat au stade Francis Le Blé. Les Sang et Or Lens avaient à l’époque subi l’impact de leurs adversaires dans les duels et les seconds ballons, mais aussi la capacité des hommes d’Eric Roy à se projeter rapidement vers le but adverse. Ces principes ont par la suite dicté la saison brestoise. Pierre se souvient de la déclaration de Luis Enrique, entraîneur du PSG, suite à son match face aux Ty Zefs. Il avait désigné Brest comme « l’une des meilleures équipes d’Europe dans l’intensité. » Un collectif et des hommes clés Le Stade Brestois brille avant tout par son collectif. Lucas observe ainsi qu’il « y a 11 buteurs différents sur les 35 marqués ». Certaines individualités viennent néanmoins sublimer les performances du club. C’est le cas de Lilian Brassier que Pierre le classe parmi « les joueurs métamorphosés depuis le changement de coach, tout comme Mahdi Camara qui réalise une superbe saison. » En plus du gardien Marco Bizot, qui a déjà fait des misères au RC Lens par le passé, il y a un autre joueur sur lequel Lucas et Pierre s’arrêtent : Pierre-Lees Melou. Pierre ne tarit pas d’éloges à son sujet : « il est indispensable depuis son arrivée. C’est la véritable plaque tournante de cette équipe, il est capable de sortir de son rôle de sentinelle traditionnel pour être fréquemment décisif (3 buts amenant la victoire cette saison, plus que tout autre joueur brestois, et décisif à la J21, J22 et J24). » Lucas explique ensuite qu’il « a démarré au poste de milieu offensif avant d’être replacé dans un rôle de sentinelle dans le milieu à trois brestois. Cela lui permet de briller à la fois à la récupération mais aussi dans sa capacité à se projeter et donner des bons ballons. » À l’image du RC Lens la saison passée, la stabilité du onze brestois témoigne des certitudes affichées dans le jeu. Ainsi, au moment d’annoncer l’équipe qui débutera ce soir, les compositions de Pierre et Lucas ont dix joueurs en commun (voir ci-dessous). UNE HISTOIRE DE MOMENTUMS Brest sort d’une victoire plus laborieuse face au Havre « qui a joué avec un bloc bas qui nous a considérablement gêné » décrit Lucas. Difficile d’imaginer les hommes de Franck Haise adopter cette stratégie. Pierre et Lucas décrivent Lens comme « une équipe très engagée, qui ne baisse jamais les bras, qui aime presser haut et imprimer un rythme d’entrée ». Au regard de l’enjeu et des caractéristiques des deux équipes, le match de ce soir sera sans aucun doute un sommet d’intensité. Son déroulé reste lui très incertain. Pierre en pointe l’une des clés : « la gestion des temps faibles. En effet, Brest est absolument inoffensif dans le premier quart d’heure (0 but cette saison), et Lens voudra probablement imprimer un rythme d’entrée, surtout à la maison. En revanche, Brest attaque très fort les secondes périodes, et finit plutôt bien également. » Franck Haise a d’ailleurs relevé la capacité de son équipe à gérer les moments clés lors de la victoire référence (trois buts à zéro) sur la pelouse de Lyon dimanche dernier. Ce soir, le RC Lens retrouve donc un Stade Brestois sur une série d’invincibilité historique (13 matchs d’affilée) et dauphin du PSG. Une position occupée par le Racing à l’issue de la saison passée. Interrogé à ce sujet en 2021, Franck Haise déclarait : « Je préfère être un requin qu’un dauphin ». Un banc de prédateurs a justement été aperçu aujourd’hui aux abords du bassin minier. Les dauphins sont prévenus.

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