CULTURE SANG & OR

LES « BILENS » SAISON 2021/2022… EPISODE 4 : LES JOURNALISTES

Avant-dernier épisode de notre série bilan. Qu’ils soient de la presse papier, de la télé ou de la radio, ils sont toujours les mieux placés pour nous donner les meilleures infos et analyses. De sport ou d’autre horizons, ils sont aussi des fins connaisseurs de notre Racing. Suiveurs avertis et passionnés sans failles, ils nous livrent leur « bilens ».

CSO : Quel est pour vous le joueur lensois de la saison ?

Hugues Honoré : Seko Fofana. Présent partout dans la moitié de terrain adverse, capitaine exemplaire dans sa débauche d’énergie, décisif à des moments cruciaux, il a été le moteur de cette équipe.

Samuel Duhamel : Seko Fofana. Pour moi c’est l’emblème du RC Lens de cette saison. Par sa position, par son capitanat, par son influence offensive. C’est un joueur que la France du foot envie au RC Lens

Gregory Lallemand : Jonathan Gradit. Parce qu’il incarne un peu cette équipe, à la fois travailleuse et fière, combattante et folle, humble et pleine de caractère. Le joueur le plus régulier pour moi, qui n’est pas pour rien non plus dans la sélection de Jonathan Clauss en bleu. Et puis, je le trouve vraiment sous-côté. C’est un peu injuste à mes yeux. Même si j’imagine qu’il s’en fout.

Crédit Photo: Baptiste Fernandez/Icon Sport

CSO : Quel est pour vous le plus beau but de la saison ?

Samuel Duhamel : Sotoca contre Clemont. C’est un but extrêmement compliqué à mettre. Je commentais ce match et quand il récupère le ballon en renard on ne s’attendait pas qu’il réussisse ce geste technique. C’est un symbole pour récompenser sa saison.

Hugues Honoré : La frappe du gauche de Frankowski à Marseille. Superbe enchaînement, et la lucarne à la fin.

Gregory Lallemand : Kalimuendo face à Troyes au match aller (4-0). Parce qu’il y a tout le Racing de cette saison dans cette action. Inspiration géniale de Kakuta, le joueur made in Gaillette, dans le cœur du jeu qui réalise une passe cachée extraordinaire. Percussion de Fofana, le roc, plein axe qui décale en deux touches pour Saïd, le pari réussi du staff. Clauss qui pète les reins en débordant comme un dingue et qui glisse, comme souvent, un caviar dans la boîte. Et Kalimuendo, en poison, qui claque le ballon au fond avec froideur. Cette première mi-temps avait été incroyable de rythme, de niveau technique et de plaisir. Générosité, sens du collectif, ambition dans le jeu, partage des émotions avec le public… Tout est là.

Crédit Photo: Icon Sport

CSO : Quel est pour vous le plus beau match de la saison ?

Gregory Lallemand : Le match à Marseille (2-3). Parce que ça puait le football dans tous les duels ce soir-là. Les Marseillais étaient en feu et avaient envoyé du jeu. Mais ils avaient trouvé encore plus cinglés qu’eux. Sotoca, ce soir-là, c’était Bergkamp. Chaque déviation était parfaite. Celle pour Frankowski, sur le bijou du deuxième but, inscrit du mauvais pied, est belle parce que c’est travaillé à l’entraînement. Même les deux buts de Payet avant la pause n’ont pas changé la donne : le Racing était là pour attaquer chaque ballon avec l’envie d’aller porter le danger. Il y avait une justesse technique assez dingue, aussi, tout au long de la partie. Ce jour-là, Lens débute sans Clauss titulaire et Haise réussit son coup tactique. Quand Clauss entre, il fait péter le couloir gauche marseillais en quelques minutes, toujours avec un Sotoca hyper inspiré. Le Vélodrome était beau ce soir-là. Le parcage lensois avait assuré lui aussi. Lens a quand même gagné deux fois à Marseille en deux saisons. Comme il l’a fait à Monaco aussi. Quand on y pense, c’est quand même assez impressionnant la crédibilité acquise par Lens, en si peu de temps. Les Sang et Or ont regardé toutes les grosses cylindrées du championnat dans les yeux cette saison. Et en ont battu beaucoup. Ce match à Marseille a été grandiose et symbolique de cette nouvelle ambition, une ambition assumée : celle de jouer partout pour gagner. Tout ça un dimanche soir devant la France du foot exaltée dans son canap’. Le foot quoi.

Samuel Duhamel : Lens-Troyes. J’avais été bluffé par leur performance. Je pense que c’est le plus beau match de Lens au 21eme siècle ! Une performance collective rarement vue.

Hugues Honoré : La victoire à Marseille. C’était sans doute le match le plus intense qu’ont livré nos Lensois, face à un excellent adversaire, dans une ambiance de folie.

Crédit Photo: REUTERS/Eric Gaillard

CSO : Quel est pour vous la révélation de la saison ?

Samuel Duhamel : David Pereira Da Costa. Il a pris la place de Gael Kakuta et ça fait l’unanimité. Je pense que même Kakuta se dit que ça va être compliqué d’aller chercher « le petit ».

Hugues Honoré : David Pereira Da Costa. Il finit titulaire, préféré à Gaël Kakuta… alors il ira loin.

Gregory Lallemand : J’aurais pu parler de David Pereira Da Costa, évidemment. Mais je vais évoquer Christopher Wooh, que Lens a arraché à Rennes ou Marseille. Le gamin a appris à l’ombre des trois titulaires au poste, s’est parfois cassé les dents, mais a répondu présent dans l’état d’esprit. Et puis, encore plus intéressant, il est monté en régime, a joué des matchs de feu dans des stades où t’as pas trop le droit de foirer (Rennes, Marseille, Paris, …) Je l’ai trouvé très très très prometteur. Il a 20 ans et va encore progresser évidemment. La base de travail est ultrasolide. Et, dans la tête, c’est costaud. Quand je l’avais rencontré pour « RC Lens, Secrets de transferts » (instant promo perso), j’avais eu face à moi un joueur intelligent, posé, qui sait où aller et comment le faire. Il va monter en régime, je pense. Encore un très bon coup du board lensois qui ne se trompe quand même pas souvent depuis quelques années…

Crédit Photo: Anthony Dibon/Icon Sport

CSO : Quel est pour vous le tournant de la saison ?

Hugues Honoré : Le premier Lens-Lille. C’est assez tôt dans la saison, mais pour moi, hormis la joie de gagner enfin un derby, on prend conscience à ce moment-là que le groupe peut faire encore mieux que la saison précédente.

Gregory Lallemand : Le match à Strasbourg. Ce jour-là, Lens est dans le match, doit, à mon sens, bénéficier d’un penalty sur une main alsacienne en première période. Et se fait taper sur un jugement arbitral qui, si ce n’est pas une erreur, manque de sensibilité foot pour moi. Idem pour le match aller d’ailleurs… Et je ne parle pas de ce match à Nantes où Lens, qui mène 2-0, fait certes absolument n’importe quoi en deuxième mi-temps mais où la décision d’accorder le premier but aux Nantais, sur une main offensive de Kolo Muani, me semble pour le moins contestable. Ni du pénalty refusé à Ganago face à Brest lorsqu’il est percuté à retardement par le gardien adverse. Il parait que ça s’équilibre sur une saison. La balance me semble un peu tronquée au final. Ce n’est pas pour ça que Lens n’est pas européen, soyons clair. Mais il a peut-être manqué ce petit coup de pouce du destin, ou ces faits de jeu qui font basculer la saison du très bon côté. Même si personne, en Artois, ne se plaindra de cette septième place, je pense…

Samuel Duhamel : Lens-Lille. Ça faisait très longtemps que Lens n’avait pas gagné. Derrière ça va sentir bon pour la saison car il ont réussi quelque chose de grand.

Crédit Photo: L’équipe

CSO : Quel est pour vous le joueur à ne pas laisser partir en fin de saison ?

Hugues Honoré : Jonathan Clauss. On veut un Lensois en équipe de France en Coupe du monde, ce serait un signe de la dimension qu’a prise le club.

Gregory Lallemand : Samuel Duhamel, trop important pour le CSO.

Samuel Duhamel : Kevin Danso. Il est monté en puissance sur les derniers mois. Pour cela va être un élément MA-JEUR de la saison prochaine. Il va continuer à monter en puissance avec Lens et avec sa sélection.

Crédit Photo – Icon Sport

CSO : Quel est pour vous le mot pour définir la saison ?

Gregory Lallemand : Plaisir.  

Samuel Duhamel : « Harmonie ». Harmonie dans le groupe, harmonie entre joueurs et supporters. Quand il y a de l’harmonie, quand c’est beau, ça gagne. C’est ce qu’on a vu en fin de saison.

Hugues Honoré : Audacieuse. Cette équipe ne gagne pas tout le temps, elle a pris trop de buts par phases, mais elle essaie toujours d’aller de l’avant, de mettre le bazar dans l’organisation de l’adversaire, on ne sait jamais trop ce qu’elle va inventer, même à 10 contre 11. Bravo à eux, ils nous ont fait vibrer.

Crédit Photo: RCLens.fr

Un énorme merci à nos professionnels; Hugues Honoré-AFP (@hhonore), Samuel Duhamel-RTL/M6 (@SamuelDuhamel) et Gregory Lallemand- La voix du Nord (@GregLallemand) avec lesquels c’est toujours un plaisir d’échanger.

Propos recueillis par Matthieu L.

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