Le vent du nord est revenu souffler sur la France

C’est fait ! Après 120 ans d’existence du club et au bout de la 109e édition de la Coupe de France, le Racing a posé son nom au palmarès. Une délivrance pour le peuple et une fête grandiose. La nuit de vendredi à samedi a été une nuit d’enfer. Et une nuit d’enfer c’est terrible.

Gervais et Joseph
Photo Culture Sang et Or

Après quatre années de guichets fermés, l’on a découvert que l’on pouvait être 50 000 Lensois au Stade de France et simultanément 38 000 au Stade Bollaert-Delelis. Et probablement plusieurs dizaines de milliers devant la quarantaine d’écrans géants qui ont été déployés dans les Hauts-de-France. Tout cela sans même compter la grande majorité des supporters qui se sont agglutinés dans les bars ou réunis chez eux avec leurs proches. Nous savions déjà que le peuple lensois dépassait largement le nombre d’habitants à Lens et la capacité du Stade Bollaert-Delelis. Mais c’est combien de centaines de milliers de personnes que le fameux « peuple lensois » ?

À Saint-Denis comme à la maison

Cette fameuse foule sang et or souvent caricaturée et parfois même par les entraineurs et joueurs du Racing. A la fin du match, Pierre Sage déclarait : « On a la chance dans ce métier de pouvoir rendre les gens heureux. Et quand on connait notre Région et les difficultés qu’ils rencontrent… ». Difficile d’éviter le pathos et l’image du supporter qui a trimé et qui mériterait plus qu’un autre d’être récompensé par un trophée. Le peuple lensois a une ferveur unique et porte en lui l’identité singulière du Bassin minier. L’interprétation des « Corons » de Pierre Bachelet par la Garde républicaine restera un moment unique où notre identité s’est mariée à celle de la République. Peut-être était-ce là que le vent du nord soufflait sur la France.

Avant cela, le cortège des supporters, tout en fumigènes et chants, avait remonté les rues de Saint-Denis en direction du stade. L’on ne voyait que des maillots lensois aux abords de l’enceinte. On ne pouvait pas perdre. Pas maintenant. Pas le jour où il y avait simultanément deux stades en sang et or.

Gagner sans dominer

Car match il y a eu et les Niçois n’ont pas été dominés. Ils ont eu la possession (58%) et les « expected goals » (1,39 pour Nice et 1,27 pour Lens selon Flashscore). Mais si en L1 les Lensois ont fini deuxièmes et les Niçois barragistes, c’est que les Artésiens sont réalistes offensivement et défensivement, tandis que les Azuréens ne le sont pas. Thauvin et Saint-Maximin ont dynamité la défense niçoise. Les intendants ont retrouvé Wahi dans la poche du short de Ganiou. Il l’y avait rangé dès le premier ballon envoyé en profondeur. Et puis Sima, monsieur Coupe de France, a éteint les derniers espoirs des Aiglons, nous permettant de vivre sereinement les dernières minutes.

Pour l’éternité
Photo Culture Sang et Or

Place à la fête

Gervais Martel pouvait désormais lâcher ses larmes dans les bras de Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca, puis se faire accompagner par Joseph Oughourlian jusqu’au podium de la célébration.

La nuit alors ne faisait que commencer. Le week-end aussi. Pendant ces journées nos téléphones portables vibreront régulièrement au rythme des photos et vidéos qu’on échangera avec nos proches. Nous nous créerons des souvenirs et des anecdotes qu’on racontera pendant des dizaines d’années. Certains diront dans quelques années qu’ils étaient à Saint-Denis. D’autres à Bollaert-Delelis. Ou devant tel ou tel écran géant. Nous nous rappellerons pour toujours où et avec qui nous étions ces 22 et 23 mai 2026. Et un jour, quand le Racing en gagnera une deuxième, nous serons peut-être les blasés qui diront : c’était mieux en 2026, c’était plus festif, c’était la première, celle qu’on attendait tant.

En 2026, la benne est devenue un bus à impériale
Photo Culture Sang et Or

Désormais, le week-end est fini. Nous allons pouvoir nous reposer. Et régulièrement nous rappeler que notre club a gagné ce trophée. C’est étrange, nous avons vécu tellement d’années avec cette idée qu’il manquait à notre palmarès, qu’il allait falloir trouver le moyen de le remporter, peut-être à la prochaine tentative, éventuellement à la suivante… Il faudra encore quelque temps pour intégrer ce simple fait : le Racing Club de Lens a gagné la Coupe de France en 2026.

Nous sommes tous si fiers d’appartenir au peuple lensois. Nous savions qui nous étions. Nous le savons aujourd’hui encore plus. Des gens passionnés qui à la vue de ce blason deviennent légèrement fous sur les bords, à crier notre joie, à chanter jusqu’à en perdre la voix.

Merci aux joueurs. Merci à Pierre Sage et son staff. Merci Jean-Louis Leca. Merci Benjamin Parrot. Merci Joseph Oughourlian. Et merci à tous les salariés du club.

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