Que la fête soit belle !

Le Racing Club de Lens s’apprête à vivre, nous l’espérons, un grand moment de son histoire, dans un Stade de France qui va revêtir les couleurs sang et or en grande majorité. Plus de 40.000 Lensois sont attendus dans l’enceinte dyonisienne. Ce n’est pas simplement l’histoire d’un club, ni d’une finale. Cela va bien au-delà.

Vers une nouvelle soirée de rêve à Bollaert-Delelis et au Stade de France ?
Photo CSO

8 mai 1999 – 22 mai 2026 : une éternité

Cette occasion historique, pour le RC Lens, de remporter un trophée qui manque à son palmarès rend fière une région entière et permet de partager des instants uniques en famille, entre amis. Le football, ce sont des moments de joie, parfois de malheur, où l’on fait vivre et transmet sa passion, au fil du temps. À l’image de notre histoire minière, toujours dans les esprits, c’est bien cette transmission qui sera présente en filigrane lors de cette soirée. Car toutes les générations présentes dans les tribunes n’ont pas vu Lens gagner un titre.

Il y a 27 ans, le 8 mai 1999, grâce à une frappe magique de Daniel Moreira, le Racing s’impose face à des valeureux (et malheureux) Messins, qui voyaient à nouveau un titre leur échapper face à un même adversaire. Le Racing venait alors d’ajouter deux lignes à son palmarès en l’espace d’une année.

Daniel Leclercq, lorsqu’il brandit la Coupe de la Ligue, adresse un long regard et pointe le doigt, reconnaissant, vers le peuple lensois venu en masse supporter son équipe. J’y étais… J’avais tout juste 17 ans, et plein d’étoiles dans les yeux ! Je partageais ce jour-là un moment fort avec mon papa. J’espérais revivre un jour ce moment de grâce.
Les années qui ont suivi nous ont offert à tous les deux des moments magiques, des soirées inoubliables de Coupe d’Europe, cette épopée de 2023, cette victoire en 2002 face au grand Milan… Mais aussi ce sombre Lens-Bordeaux de 2008, qui scella la relégation en Ligue 2.

Nous étions toujours, père et fils, alors en Delacourt 0, fidèles à nos rendez-vous. Il n’était pas question de rater un match. C’était notre moment. Parfois sans un mot, mais avec des regards qui en disent long.

Eric Sikora, présent lors du dernier titre du Racing, espère passer le flambeau à une nouvelle génération
Photo CSO

Le RC Lens comme outil de transmission

Alors aujourd’hui, quel bonheur de pouvoir partager à nouveau ce moment avec mon papa ! J’ai désormais 44 ans, lui 72. Nous allons au stade à pieds avec une allure plus raisonnée, un pas parfois moins alerte mais toujours avec le même plaisir.

Et je suis à mon tour papa. Ce moment, je vais désormais le partager également avec mes deux filles.
Ma « plus grande » a exactement l’âge que j’avais lors de cette finale de Coupe de la Ligue. Je me retrouve dans la situation de mon père il y a 27 ans, désormais intercalé entre trois générations. J’espère qu’elles en garderont un souvenir aussi ému que moi et qu’elles pourront se remémorer ce moment inlassablement. La boucle serait alors bouclée. Nous n’aurons pas besoin de parler,  on devinera dans le regard de chacun l’émotion et le bonheur de pouvoir partager cette aventure ensemble.

Le Racing nous fait ce cadeau. Le « Tous ensemble » n’est pas un vain chant. Il parle à tout un peuple de supporters qui saute à l’unisson pour encourager son équipe. Mais au sein de ce peuple, il y a de multiples cellules amicales, familiales présentes qui échangent, (re)nouent des liens, se rapprochent… Emportez-nous ! Enivrez-nous !

Un mot sur cette rencontre qui suscite tant d’attente. Face à l’OGC Nice, Lens se présente comme favori, ce qui n’était pas forcément le cas lors de ses trois premières finales de Coupe de France, toutes perdues. Les Azuréens traversent une mauvaise passe, barragistes en L1 alors que le maintien semblait à portée de main, et secoués en interne par des turbulences, entre la mise en vente du club et la contestation des supporters. On connaît cependant le football : cela commence à 0-0, et à 11 contre 11, et à partir de là tout est possible. Les joueurs de Pierre Sage, cette saison, nous ont montré qu’ils prenaient au sérieux tous leurs adversaires. Cette dernière rencontre ne doit pas faire exception.

Nous serons là pour toi, Racing ! Tous les quatre parmi des dizaines de milliers au stade et des centaines de milliers partout dans le bassin minier et bien au-delà ! Le Racing rassemble. Il a rempli en vue de cette finale le Stade de France et Bollaert-Delelis. Il est une famille. N’est-ce pas Papa ? Fiers d’être Lensois !

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