Après sa large victoire à Lyon, le Racing termine sa saison avec un objectif en tête : gagner un trophée. La prestigieuse Coupe de France tend les bras aux Sang et Or. Analysons le plan lensois.

Photo CSO
Un arsenal complet et une équipe gonflée à bloc
Nombreuses et nombreux furent surpris de voir l’équipe alignée par Pierre Sage chez des Gones qui avaient pourtant une troisième place, synonyme de qualification directe pour la Ligue des Champions, à aller chercher. On se dit alors que Pierre Sage, qui a besoin de préserver des éléments clés de son effectif, pour qui il n’y a plus rien à jouer en championnat, fait une petite fleur à ses potes lyonnais. Et que l’enjeu de la finale prend le pas sur tout le reste. Soit.
Le coach sang et or voit beaucoup plus loin et ne saurait jeter à la poubelle ne serait-ce qu’une seule rencontre de championnat, même « sans enjeu ». L’exigence et l’ambition interdisent ce genre de considération. Non, le technicien a décidé de faire confiance à l’ensemble de son effectif, de concerner tous les joueurs qui ont œuvré, chacun à leur échelle, à la réussite de cette saison. Rappelons le discours façon sulfateuse après la rencontre à Brest, presque injuste, accusant certains d’entre eux de l’avoir « trahi ». L’homme est dur. Mais pas rancunier : au contraire, il aligne lors de cette 34e journée des joueurs incriminés à Brest. Et ils lui rendent bien. Saïd et Sotoca, alors qu’on les pensait cuits ou finis, ont sorti une première mi-temps de haut niveau pour assommer les espoirs lyonnais.
Pierre Sage n’est pas qu’un romantique qui aime ses joueurs. C’est aussi, cette saison nous l’a prouvé, un fin tacticien. L’enchaînement des derniers matchs de championnat, contre Nantes, Paris et Lyon a été un véritable laboratoire tactique. Trois objectifs semblent alors se dessiner : fédérer tout un groupe avec beaucoup de confiance, tenter des positionnements inédits et sonder l’état de forme de chacun. Le pari est réussi. Il y a évidemment les résultats, avec ce dernier 4 à 0 infligé à l’OL avec un onze largement remanié. La manière est aussi au rendez-vous, avec des combinaisons alléchantes, même dans la défaite, sévère, contre le PSG, où le Racing a dominé dans le jeu. Sur le terrain, le Racing est prêt et dispose maintenant plusieurs cordes à son arc pour affronter son adversaire de vendredi, rapace devenu galinette cendrée.
Ciel dégagé pour un décollage réussi ?
À l’approche de cette finale de la Vieille Dame, les feux sont au vert sur le terrain mais aussi dans l’analyse du contexte. Lens termine fort alors que l’OGC Nice, concurrent du soir, disputera les barrages pour ne pas descendre en Ligue 2 la semaine prochaine. Terrible désillusion pour le club de la Côte d’Azur, alors qu’il semblait avoir son destin entre les mains, pour au final concéder un triste 0 à 0 chez lui face à la lanterne écarlate, Metz. Cette saison niçoise ressemble à s’y méprendre à celle du RC Lens 2007-2008, équipe remodelée pour jouer les premiers rôles qui finira par descendre en Ligue 2 et perdre une finale de Coupe de la Ligue. On espère que la comparaison sera exacte et que la finale de vendredi aboutira à une victoire du favori. Une chose est sûre : Nice doit encore disputer deux matchs de barrage pour sauver sa peau dans l’élite, décisifs pour l’avenir du club tout entier, ce qui viendra assurément entamer la motivation et la confiance à la veille du match au Stade de France.
Les planètes semblent alignées pour que le Racing glane la première Coupe de France de son histoire. En plus de cette place de dauphine, ce serait magnifique, presque inespéré au vu de la puissance de frappe financière de rivaux comme Lyon, Lille, Monaco, Marseille, Rennes ou même Nice. Le succès de ce Lens-là est le fruit d’un travail minutieux, avec les bonnes personnes mises au bon endroit. Il ne faudra pas laisser passer cette occasion rêvée de garnir l’armoire à trophées.
C’est tout un peuple qui s’apprête à vivre une semaine et une soirée exaltantes. Il sera au rendez-vous comme toujours, et viendra amener un poids supplémentaire dans la balance des prédictions. Attention toutefois à ne pas jouer le match avant l’heure et ne pas plier sous la pression de l’enjeu. Ceux qui se méfient auront toujours en tête le match perdu 3 à 0 face à Lille, point noir de la saison tant l’équipe semblait à côté de ses pompes, alors que les attentes du public étaient tout autres. Que cela serve d’avertissement. Nous irons, nous Lensoises et Lensois, mettre le feu dans la capitale pour vivre le moment de toute une décennie, et écrire l’une des plus belles pages du Racing. Allez Lens !

