CULTURE SANG & OR

Le rideau sur l’écran est tombé

« C’était la dernière séance et le rideau sur l’écran est tombé. » La saison du Racing Club de Lens s’est achevée hier sur la pelouse de Bollaert-Delelis. Les Sang et Or ont été à l’image de la partition générale de cette année. Brillants et dominateurs en première période, les jambes flageolantes en seconde. L’essentiel est néanmoins conservé avec une nouvelle qualification européenne.

Photo Culture Sang et Or

Il régnait une atmosphère particulière au coup de sifflet final dans les travées de Bollaert-Delelis. Un mélange paradoxal de déception et de satisfaction. Une envie de communion avec son équipe, mêlée d’une certaine retenue, comme deux êtres refusant le premier pas. La Fédération Française de la Loose avait cru bon de nous rappeler la fameuse 96ème et le coup de poignard amiénois. C’est encore une 96ème minute qui nous poignarde avec le pénalty d’Alexandre Lacazette à Décines qui nous prive d’Europa Ligue. Ce poignard n’est cependant pas une lame si tranchante, plutôt un léger canif. En effet, ce n’est pas tant la victoire lyonnaise qui nous crucifie que l’incompréhensible baisse de régime et les défaillances individuelles des cadres. Comme une copie de la partition en Forêt Noire. Heureusement, les matchs de championnat ne se terminent pas par des prolongations.

On dit souvent que pour comprendre le présent et préparer l’avenir, il faut connaître son passé. Alors replongeons-nous dans la saison post-titre de 1998. Après l’euphorie d’une performance historique, le Racing doit composer avec le départ de son meilleur buteur Anto Drobjnak, comme cette saison avec Loïs Openda. Au milieu de terrain, nous sommes orphelin de notre leader technique Stéphane Ziani. Cette saison, on regrette l’absence de Seko Fofana. Les clés du jeu sont confiés à un jeune espoir venu de Châteauroux, Stéphane Dalmat, qui aura du mal à porter sur ses épaules le poids de la responsabilité et du montant de son transfert. Cela nous fait évidemment penser à la saison d’Andy Diouf et d’Elye Wahi.

Malgré tout, les Sang et Or réussiront l’exploit de Wembley. L’Europe aura les yeux écarquillés devant les 8 000 supporters lensois plus bruyants que 70 000 anglais. Lens a redécouvert l’Europe après des décennies de pain noir, faisant chavirer Bollaert et les parcages européens dans une atmosphère incandescente.

En 1999, le Racing a fini sixième, la frappe croisée de Daniel Moreira au Stade de France nous offrant le ticket européen. Cette année, la septième place nous permet de goûter à nouveau aux saveurs continentales.

Photo Made in Foot

La vie est faite de plaisirs simples. Dans notre région encore plus qu’ailleurs. Bollaert, par ses plaisirs minuscules et le bonheur de notre routine au stade, est l’un de ces plaisirs. Aujourd’hui commence notre période de manque. Ces quelques mois sans la frite que l’on mange assis sur les gradins et l’embrassade que l’on donne à notre voisin inconnu lors d’un but.

L’important dans cette intersaison sera de retrouver de la sérénité en coulisses, et surtout, de faire l’éloge de la simplicité. Avec quatre directeurs sportifs en trois ans, des rumeurs incessantes, des discours ambigus sous la forme de « je dois me poser et réfléchir », le club et les supporters naviguent dans un certain déséquilibre. L’être humain aime être équilibré, notre oreille interne veille constamment à nous maintenir debout et droit. Le Racing doit ménager son oreille interne et retrouver cette unité entre la direction, le secteur sportif et les supporters.

Bonne trêve à tous et à toutes, et vive le Racing Club de Lens.

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