CULTURE SANG & OR

Double écart

Eh oui ! Ce n’était pas faute d’avoir prévenu ; l’appétit vient en mangeant. Gavé de belles choses, le supporter lensois devient exigeant, à juste titre. Et c’est humain que de s’habituer au confort. D’abord le feu, puis l’habitat sec, l’eau chaude, le placard rempli, et les trois points hebdomadaires. L’Histoire a montré que l’être humain aspire à continuellement améliorer sa condition de vie, et la nature propre de notre espèce ne sait accepter une dégradation de cette dernière. Même ponctuelle. Visiblement, c’est pareil avec le football (oui, j’ai osé le parallèle). 

(crédits : goal.com)

Outre le résultat, c’est la manière qui plaît tant aux supporters du RC Lens depuis que Franck Haise a pris les rênes de l’équipe première. Et il n’a pas été habitué à voir ses favoris jouer “en marchant”. En zone mixte, le coach lensois parlait d’un “écart du chemin qui fait partie de la vie d’une saison”, rappelant de manière imagée qu’une saison est faite de hauts mais aussi de bas. Même au RC Lens. Néanmoins, tous les acteurs s’accordent sur le constat de la suffisance, qui s’est parfois muée en insuffisance, notamment en seconde période. C’est un fait, on n’a pas reconnu le RC Lens du début de saison, qui a présenté une copie bien en deçà des standards physiologiques et techniques auxquels il nous a habitués. Les artésiens conservent toutefois un autre écart, celui qui le maintient encore au-dessus d’une mêlée composée de clubs qui seront certainement prétendants à l’Europe au long court.

Cleansheet !

C’était frustrant. Plusieurs fois, on s’est étonné à taper du poing sur le canapé en grommelant, étouffant un juron afin de préserver la nécessaire paix dominicale qui régnait dans le foyer familial. Les passes mal ajustées, légion sur la pelouse de la Beaujoire ce dimanche, ont rendu ce FC Nantes – RC Lens assez moche, sans pourtant être inintéressant. La première mi-temps, globalement maîtrisée par les Sang et Or, laissait à croire que Seko Fofana et ses hommes attendaient le moment idoine pour planter une mortelle banderille. Frankowski, autour d’une première demi-heure de qualité, semblait même vouloir retrouver son costume de joueur décisif. Les Canaris, qui revenaient d’un catastrophique voyage dans le lointain Caucase, étaient attendus au tournant. Mais le physique a tenu, preuve que des joueurs professionnels sont aussi capables d’enchaîner un match tous les trois jours.

Sadio, homme du match ?

Au rang des satisfactions, on peut noter la solidité de l’arrière-garde lensoise. Danso et Médina ont été accompagnés par un Massadio Haïdara impeccable dans son rôle de défenseur central droit. Le franco-malien a parfaitement bloqué Moses Simon, en comptant sur les bons retours d’un Jimmy Cabot agressif dans les duels. Le RC Lens enchaîne un second “cleansheet” dans un stade où seuls le PSG et nos voisins ont réussi à ramener les trois points sur les derniers mois. Le RC Lens enchaîne, signe le meilleur départ de son histoire en L1, prolonge sa série d’invincibilité. Et si un petit coup de pompe physico-psychologique était forcément attendu après ce démarrage en fanfare, on ne peut que se réjouir qu’il intervienne juste avant une trêve internationale qui permettra à une grande partie de l’effectif de souffler. Parce qu’à la reprise, il s’agira d’au moins maintenir cet écart… comptable ! Bonnes vacances les gars. 

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