CULTURE SANG & OR

Aruna Dindane : «Quand je donne ma parole, je la respecte.»

Aruna Dindane était l’invité de l’épisode 21 de l’émission Culture Sang et Or. Ancien attaquant du RCL, Aruna c’est pour rappel 132 matchs au RC Lens, 39 buts.


Aruna, quel est ton meilleur souvenir de Lens ?

Mon meilleur souvenir, ça va rester la finale de coupe de la ligue, même si on a perdu, ça reste le niveau le plus haut auquel on est arrivés donc ça restera mon meilleur souvenir.


Que deviens-tu aujourd’hui ?
En ce moment je suis en formation à Limoges dans le domaine de l’économie du sport. Parallèlement je m’occupe d’une association de football en Côte d’Ivoire. 


Tu es dans le domaine du recrutement ? Tu observes les pépites ?

Non, je travaille plus pour la défense des footballeurs ivoiriens. On connaît la situation des footballeurs en Afrique qui n’est pas évidente. Tous les joueurs là-bas n’ont pas la chance de pouvoir venir en Europe. On essaye donc de les aider et de les accompagner pour qu’ils puissent vivre de façon décente.


Quel est le joueur qui t’a le plus inspiré dans ta carrière ?

Sur toute ma carrière, je ne vais même pas parler d’un attaquant, et je vais parler de Lens. Le joueur qui m’a le plus marqué, impressionné c’est Hilton. Le fait de le voir encore jouer aujourd’hui est impressionnant. Je ne savais pas qu’il allait jouer jusqu’à cet âge-là. C’est vraiment un joueur atypique, très intelligent. Il avait un très bon timing et arrivait à prendre tous les ballons. Je me souviens de l’avoir vu jouer contre Jan Koller qui mesurait plus de 2 m. Il lui prenait tous les ballons de la tête. Jan Koller je le connais bien aussi pour avoir joué avec lui à Anderlecht. Il avait aussi un bon timing mais moi j’étais là sur le terrain et je voyais Hilton prendre le ballon ! Hilton mesure 1,78 m ! Il avait en plus une bonne relance. Vraiment il m’a impressionné comme défenseur.

Ici avec V.Hilton et S.Keita (©ALAIN JULIEN/AFP)


Comment as-tu vécu la transition entre la saison 2006-2007 et la saison 2007-2008 (début des années difficiles) ?

Ça a été aussi difficile pour moi. Les deux premières saisons se sont bien passées et la troisième… ça va commencer à moins bien se passer. La quatrième saison je me blesse donc ça a été assez difficile. C’est dommage car nous avions vraiment du potentiel pour arriver derrière Lyon qui, à l’époque, était le PSG d’aujourd’hui.


Est-ce que le match à Troyes perdu 3-0 est le match qui a marqué le début de la fin à Lens ?

Oui tout à fait. Nous étions à un point de la ligue des champions et nous avions largement la place pour remporter ce match. Si on rejoue ce match dix fois on le gagne neuf fois. Et nous l’avons perdu. La descente de Lens a commencé là-bas et c’est vraiment dommage car nous avions vraiment tout pour y arriver.


Parlons de l’époque Guy Roux. Y a-t-il des choses qui t’ont étonné avec lui ?

Moi ce qui m’a marqué, c’est qu’on n’avait pas le droit de manger la salade avant le plat de résistance (rires). Plus sérieusement il n’est pas resté longtemps donc il ne faut pas non plus lui attribuer tous les échecs du club. On avait largement la possibilité de se maintenir et on ne l’a pas fait.


Quand en 2008 le club est descendu en ligue 2, beaucoup de gens ont cru que tu allais partir et finalement tu es resté. Pourquoi ce choix ?

Il est vrai que j’ai toujours pris des décisions à contre-courant. Je suis resté à Lens pour me soigner et espérer rejoindre rapidement le terrain. Je suis fidèle.


Parlons de ce transfert à Marseille qui ne s’est pas fait. Tu étais à Anderlecht et tu as finalement choisi Lens comme destination en France. Peux-tu nous parler de ce choix ?

Je suis assez effacé et timide dans la vie mais j’ai beaucoup de valeurs. Quand je donne ma parole, je la respecte. J’avais donné ma parole à Gervais qui s’était déplacé jusqu’à chez moi en Belgique. Ça a fait la différence. Et je ne regrette pas d’être venu à Lens.

Ici avec Didier Drogba (©abidjanpeople)

Si je répète les propos de Grégoire Margotton « Pas pour Dindane, pas pour Dindannnnneee, exceptionnel ! » est-ce que ça t’évoque quelque chose ?

Lens-Saint Etienne, 2007-2008. Nous étions menés à la mi-temps et nous avions tous été touchés dans notre amour-propre. Il fallait donc réagir en deuxième mi-temps. On a réussi à le faire, c’était vraiment magnifique. On ne pouvait pas accepter que quelqu’un nous fasse ça à Bollaert et donc il fallait réagir.


Quel est ton plus beau but à Lens ?

J’ai mis quelques buts importants mais j’avoue que c’est celui marqué contre Nancy. Pourquoi ? Parce que c’est mon premier but en championnat


Lens a affronté Marseille cette semaine. Aruna tu as fait pas mal de matchs contre Marseille, est-ce que c’était un rendez-vous spécial d’affronter cette équipe ?

C’était toujours un match différent quand on jouait contre Marseille. Quand tu es joueur et que tu rencontres Marseille tu as toujours envie de les battre. Ça a toujours été un match spécial. En ce qui concerne le match nul contre Marseille, je suis assez satisfait il ne faut pas oublier d’où l’on vient. Un point c’est toujours bon à prendre.

A.Dindane et S.Keita (©mondialsport)

Que penses-tu du début de saison de Florian Sotoca ?

Il faut qu’il continue parce que le plus important pour un attaquant c’est la combativité et il l’a. Après, le reste, l’efficacité, ça viendra. Un jour un grand monsieur m’a dit : « Pour un attaquant le plus important ce n’est pas de marquer. Le plus important c’est de se créer des occasions.»


Un avis sur Seko Fofana, ton compatriote ivoirien ? Est-ce que tu connais bien ce joueur ?

Malheureusement non car je ne suis pas souvent ici. Mais je sais néanmoins que c’est un joueur d’avenir et qu’il a bien fait de venir à Lens. Il fera de bonnes choses. Il va encore progresser et pourquoi pas s’installer en sélection ivoirienne.

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Retranscription | L’équipe Culture Sang et Or


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