Michaël Cuisance : profil du gaucher relancé

En s’offrant Michaël Cuisance pour 3,5 millions, le RC Lens ne recrute pas seulement un nom passé par le Bayern et l’OM. Il met la main sur un gaucher relancé, devenu l’un des moteurs du Hertha Berlin. La question qui agite Bollaert : quel joueur les Sang et Or récupèrent-ils vraiment ? Décryptage d’un profil taillé pour le onze de Dino Toppmöller.

Michaël Cuisance au RC Lens

Certaines clubs choisissent leurs joueurs en fonction de leur palmarès, leur expérience. D’autres regardent ce qui se passe sur le terrain, peu importe le prestige. La venue de Michaël Cuisance, officialisée le 26 juin, illustre cette philosophie. Le milieu de 26 ans s’est engagé jusqu’en 2030 en provenance du Hertha Berlin. Première recrue d’un mercato lensois lancé après la qualification en Ligue des champions, il débarque avec une étiquette d’ancien grand espoir. Aujourd’hui, c’est un autre Cuisance, plus revanchard, qui pose ses valises en Artois.

Un gaucher, un pied, une signature

Cuisance a d’abord un beau pied gauche. De ceux qui débloquent des situations. Le 27 juin 2020, il expédiait une frappe de trente mètres en pleine lucarne face à Wolfsburg pour son premier but en Bundesliga, sous le maillot du Bayern. Le geste résume le joueur : une qualité technique de premier ordre et le goût de la prise de risque.

Sur le papier, le profil est limpide. Milieu central de formation (1,81 m), l’Alsacien est avant tout un joueur de projection, capable d’évoluer en relayeur, en meneur de jeu ou décalé sur l’aile droite. De quoi donner à un entraîneur plusieurs solutions avec un même élément de l’effectif.

La carte d’identité du joueur

27 Michaël Cuisance
Nom complet
Michaël Bruno Dominique Cuisance
Naissance
16 août 1999 à Strasbourg (Bas-Rhin) – 26 ans
Nationalité
France
Taille / pied
1,81 m – pied gauche
Poste
Milieu central, aussi meneur de jeu ou ailier droit
Formé à
Strasbourg, SC Schiltigheim, AS Nancy-Lorraine
Arrivé de
Hertha Berlin (D2 Bundesliga)
Numéro au RC Lens
27
Contrat
RC Lens jusqu’en 2030
Transfert
≈ 3,5 M€ + 1,5 de bonus et un pourcentage à la revente

Sources : RC Lens, L’Équipe, Transfermarkt.

Ce que dit la saison berlinoise

C’est au Hertha que Cuisance a livré ses deux meilleures saisons, et les chiffres sont parlants. En 2024-2025, il a marqué 7 buts et adressé 7 passes décisives toutes compétitions confondues. En 2025-2026, il a ajouté 3 buts et 5 passes en 31 matchs de championnat, tout en récupérant les responsabilités à fort enjeu : penaltys et coups de pied arrêtés.

Les données physiques disent l’essentiel de sa renaissance. La saison dernière, Cuisance a été le meilleur dribbleur du Hertha (1,5 dribble réussi par match), mais aussi l’un des joueurs qui courent le plus et qui multiplient le plus de courses à haute intensité de toute la D2 allemande. Le club a fini 7e, en nette progression. On ne parle plus d’un talent à confirmer, mais d’un moteur de l’entrejeu, désireux de s’exprimer en Ligue 1 mieux qu’il ne l’a fait jusque-là.

Les trois forces que Lens récupère

La technique et la projection. Balle au pied, le gaucher casse les lignes et se projette vers l’avant pour surgir au bon moment dans la surface. Cette qualité ne date pas d’hier : dès 2018, elle lui valait d’être élu joueur de la saison par les supporters de Mönchengladbach. Déjà avec le 27 dans le dos, le numéro qu’il portera à Bollaert.

Le volume de jeu. Là où l’espoir du Bayern était parfois jugé tendre, le Cuisance version 2026 est un coureur qui est présent sur les points chauds. Cette capacité à répéter les efforts en fait un profil moderne, précieux pour presser haut et soutenir les attaquants.

La polyvalence et les coups de pied arrêtés. Relayeur, numéro 10 ou ailier droit : il offre plusieurs vies tactiques. Et son habileté sur les penaltys et les corners au Hertha en fait un atout immédiatement utile, dans un effectif qui a perdu Adrien Thomasson et cherche des certitudes sur balle arrêtée.

Les zones d’ombre à surveiller

Le pari lensois n’est pas pour autant sans questions. D’abord, le niveau : Cuisance n’a plus disputé un match de première division depuis son prêt à la Sampdoria, début 2023. Ses deux belles saisons l’ont été en deuxième division allemande, et la hauteur de la marche vers la Ligue 1, puis la Ligue des champions, n’est pas négligeable.

Ensuite, la discipline : à Osnabrück, son intensité avait un revers, avec six avertissements et deux expulsions sur une saison. Enfin, le précédent marseillais invite à la prudence. Prêté à Marseille en 2020-2021, il n’avait pas convaincu (30 matchs, 2 buts). Le staff de l’OM avait laissé filtrer sa déception face à un manque d’investissement. Le joueur avait quitté la France, pour ensuite naviguer entre clubs étrangers. À 26 ans, l’Alsacien doit prouver n’est plus le même joueur qu’à 21.

Toppmöller, le détail qui change tout

Dans ce dossier, un nom revient : Dino Toppmöller. Le nouvel entraîneur du Racing, arrivé après le départ de Pierre Sage à Crystal Palace, connaît bien Cuisance. Les deux hommes se sont côtoyés au Bayern Munich, où l’Allemand était adjoint. Un repère humain qui a pesé dans le choix du joueur et qui doit accélérer son intégration.

Le timing s’explique. Qualifié pour la Ligue des champions, Lens devait compenser les départs parmi ses milieux et offensifs (Adrien Thomasson, Wesley Saïd, Allan Saint-Maximin) sans casser sa tirelire. Pour 3,5 millions d’euros, le club récupère un joueur dans sa meilleure période, qui n’a pas caché son ambition : « Je veux retrouver la Ligue des champions dans ma carrière », confiait-il il y a trois ans. C’est chose faite.

Le chiffre
300 000

C’est la somme déboursée par le Hertha Berlin pour acheter Cuisance à Venise en 2024. Deux ans plus tard, Lens le récupère pour plus de dix fois ce montant. Toute la valeur ajoutée d’une reconstruction réussie tient dans cet écart.

Reconstruit, pas recyclé

« Il a connu Mönchengladbach et le Bayern sur son talent, mais c’est son travail qui l’a mené à Lens », glisse un proche du joueur dans L’Équipe. La formule pourrait être gravée à La Gaillette. Car on aime ces trajectoires-là : tomber au fond du trou en Italie, se relever en Allemagne, et revenir plus dur qu’avant. La « mentalité charbonneur », Cuisance ne l’a pas apprise dans le bassin minier, mais il en a la matière. Le talent, on le connaissait. Le travailleur, on l’a découvert. Aux Sang et Or, désormais, de transformer le gaucher relancé en cadre d’une saison européenne. À voir, maintenant, à la lumière de Bollaert.

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Questions fréquentes sur Michaël Cuisance

Qui est Michaël Cuisance ?

Michaël Cuisance est un footballeur français né le 16 août 1999 à Strasbourg, qui évolue au poste de milieu de terrain. Formé à Nancy, révélé au Borussia Mönchengladbach puis passé par le Bayern Munich et l’Olympique de Marseille, il s’est engagé au RC Lens en juin 2026, en provenance du Hertha Berlin.

Combien a coûté Michaël Cuisance au RC Lens ?

Le transfert est estimé à environ 3,5 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 1,5 million de bonus et un pourcentage à la revente. Pour comparaison, le Hertha Berlin ne l’avait acheté que 300 000 euros à Venise en 2024. Son salaire à Berlin était estimé par divers médias à un peu plus de 80 000 euros mensuels.

Jusqu’à quand est-il sous contrat avec le RC Lens ?

Michaël Cuisance s’est engagé avec le RC Lens jusqu’en 2030, soit pour les quatre prochaines saisons. Il était lié au Hertha Berlin jusqu’en 2029.

Quel est son palmarès ?

Avec le Bayern Munich, Michaël Cuisance compte trois titres de champion d’Allemagne (2020, 2021, 2022), une Coupe d’Allemagne (2020) et surtout la Ligue des champions 2020, remportée face au PSG. En sélection, il a disputé la Coupe du monde U20 2019 avec l’équipe de France.

À quel poste joue-t-il ?

Michaël Cuisance est un milieu central de formation. Gaucher, il peut aussi évoluer en meneur de jeu (numéro 10) ou être décalé sur l’aile droite, comme il l’a fait au Hertha Berlin. Il a démontré ces deux dernières saisons son explosivité et sa polyvalence pour récupérer, dribbler, passer et frapper.

Quel numéro portera-t-il au RC Lens ?

Cuisance portera le numéro 27. C’est celui qu’il avait déjà au Borussia Mönchengladbach, où il fut élu joueur de la saison en 2018. Ce numéro était libre depuis le départ de Juma Bah en 2025.

Pourquoi a-t-il signé à Lens ?

Trois raisons se conjuguent : le projet sportif d’un club qualifié en Ligue des champions, ses retrouvailles avec l’entraîneur Dino Toppmöller, qu’il a connu au Bayern Munich, et sa volonté affichée de retrouver la Ligue 1 et la Ligue des champions après plusieurs saisons à l’étranger.

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