L’or, le sang et le charbon
Douze ans après les avoir quittées, le Racing renoue avec les trois bandes. Mais ce retour d’Adidas n’a rien d’un caprice marketing. Du maillot « Sang et Or » à celui né sur les terrils, c’est toute l’identité lensoise qu’on rhabille. Décryptage d’un mariage qui sent bon le charbon.
Il y a des retrouvailles qui ressemblent à des évidences. En accueillant Adidas après cinq saisons sous le signe de Puma, le RC Lens ne change pas seulement de logo sur la poitrine. Il rouvre un vieux carnet de famille.
Adidas, le troisième acte
La marque aux trois bandes connaît déjà le chemin de Bollaert. Elle y était de 1975 à 1994, puis de 2011 à 2014. Troisième acte, donc. Et cette fois pour cinq ans, jusqu’en 2030-2031. Douze ans après leur dernière collaboration, le club du bassin minier ne joue plus dans la même cour. Et il l’assume.
Reste qu’un contrat, aussi confortable soit-il, ne fait pas vibrer une tribune. Ce qui nous parle, c’est ce que racontent les maillots. Le domicile, dévoilé le 1er juin, ne cherche pas à réinventer la roue.
Une dominante or. De fines rayures ton sur ton. Des finitions rouges aux manches et au col. Et la mention « Sang et Or », répétée en filigrane sur tout le maillot et jusque dans le col. Trois mots qui valent un blason. Le slogan du club dit tout : « On a ça dans le sang ». Pas besoin d’en rajouter quand l’identité tient en une couleur.

Le charbon brodé dans le tissu
Le maillot extérieur, présenté le 6 juin dernier au sommet des terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle, lui, pousse le symbole jusqu’au bout.
Un fond noir et anthracite. Des motifs géométriques en relief qui dessinent la silhouette des terrils. Un col type polo et des bandes vertes, la toute première couleur de l’histoire du club. Le trèfle adidas Originals en guise de signature. Enfin, un détail qui dit tout : à l’intérieur du col, un graphisme reprend les deux terrils dressés au-dessus des corons.
Adidas a même installé sa boutique éphémère là-haut, entre ciel et terrils. La « mentalité charbonneur » revendiquée jusque dans le tissu. Voilà un maillot qui n’a pas honte d’où il vient.

Des maillots devenus étendards
On pourrait hausser les épaules, n’y voir qu’une opération de communication bien ficelée. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel.
À l’heure où tant de clubs gomment leur histoire pour séduire des marchés lointains, Lens fait l’inverse. Il plante son maillot dans la terre noire qui l’a fait naître. Le marketing, ici, ne trahit pas l’identité, il la prolonge.
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Alors oui, ce ne sont que des maillots. Des bouts de tissu qu’on enfilera pour aller à Bollaert, qu’on portera en terrasse, qu’on offrira aux enfants. Mais ce sont aussi des étendards.
Et quand on les regarde de près, on comprend que le Racing n’a pas seulement changé d’équipementier. Il a, encore une fois, choisi de se raconter. Avec les trois bandes, certes. Mais surtout avec ce qu’il a toujours eu dans le sang.
