CULTURE SANG & OR

Rêvons confiants

On vivait jusque-là une saison exceptionnelle, on était tous là à se dire qu’il fallait en profiter le plus possible, tant le futur dans le football peut paraître incertain. Il l’est toujours, mais depuis ce weekend, Wesley Saïd et Facundo Médina ont prolongé au Racing club de Lens jusqu’en 2026, nouveau message empreint de puissance. Du coup, on se dit que finalement, sans renier l’humilité qui nous caractérise, on pourrait peut-être se projeter avec encore plus de confiance, que s’autoriser de la sérénité est désormais à notre portée. Et que ce RCL n’a peut-être pas fini de nous surprendre. Le meilleur est-il encore devant nous ? Pour cela, il faudrait un titre. Ou a minima une qualification en Coupe d’Europe. La plus prestigieuse ? Les perspectives sont de plus en plus belles, et chaque mois, le kiffe passe un palier. Tout avait démarré à l’aube de la saison 2017/2018. Arnaud Pouille est nommé DG du RC Lens, remplaçant l’historique Gervais Martel. Les Sang et Or perdent leurs sept premiers matchs de la saison, en L2. Casanova est débarqué, Siko sauve le navire. Montanier arrive, échoue aux portes de la Ligue 1. Repart au front, se retrouve fragilisé. Franck Haise monte en scène. Pour la suite que l’on connaît. On est sur une partie de Football Manager in real life

El Dia de Facundo (crédits : rclens.fr)

Mais alors ? Qu’est-ce qu’on fait désormais ? Même les plus optimistes sont dépassés par les événements. Jamais, ô jamais, une telle croissance, à cette vitesse, n’avait été imaginée, voire fantasmée. Les dirigeants, le staff, toutes les parties prenantes au sein du club, ont réussi à créer un ensemble homogène qui surfe sur une irrésistible dynamique. Le raz-de-marée Sang et Or couche tout sur son passage, et cela ne semble pas être un épiphénomène météorologique. Voir ce groupe manifester autant d’enthousiasme sur le terrain, mais aussi en dehors, c’est la quintessence de l’esprit lensois. Les joueurs célèbrent ensemble les prolongations de Jean-Louis, de Massadio, de Wesley et désormais de Facundo. Avec une telle sincérité. Impossible d’isoler un joueur dans ce groupe, ils sont tous des chouchous en puissance. On ne saura jamais si la vidéo dans le vestiaire qui a permis au club d’annoncer la prolongation de Facundo Médina était prévue, mais la séquence qui montre Seko bafouillant devant son smartphone, gros plan sur la tronche d’un Pereira Da Costa qui ne sait quoi répondre, est en tout point symbolique de ce qui se passe dans ce groupe. 

Le mercato en mode prolongations

Les récentes prolongations en appelleront-elles d’autres ? Désormais, on les attend. Et il y a de quoi être optimiste. Les extensions des baux de Jo Gradit, Flo Sotoca, David Pereira Da Costa ou encore de l’explosif colombien Driver Machado. C’est en tout point bonnard. L’objectif du staff était de graver dans le marbre un ADN Sang et Or. Désormais, ils le pérennisent. Il y a quelques années, on se disait à demi-mot, après quelques pintes en avant-match et emmitouflé sous le manteau, que oui un jour ce club retrouverait sa place, et alors, le monde nous l’envierait de nouveau. La prophétie se réalise. La folie qui entoure le RC Lens ne pouvait éternellement rester cantonnée à la Ligue 2, où la passion s’est vécue brute, nue de succès sportifs, en tout point authentique et sincère, pendant plus de dix ans. Exclusive par la force des choses. Car les vrais savent, il n’y avait rien de plus beau qu’un stade Bollaert qui fêtait la Sainte-Barbe contre Chambly en plein hiver. Aujourd’hui, la beauté de ce que représente le RC Lens est différente, plus que mise en lumière, mais se préserve de tomber dans une forme de caricature. Le Racing Club de Lens brille de mille feux, et devient un phénomène viral. Le club des gens modestes prend sa revanche, baigne dans le bonheur absolu, mais surtout, se pérennise. A tous les niveaux. Profitons, rêvons, mais désormais, soyons confiants.

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