CULTURE SANG & OR

Quelle année !

On ne va pas se mentir, on a connu des années plus paisibles… 

Cette année fut particulièrement mouvementée pour le Racing. Rappelez-vous : le 9 mars, Lens-Orléans, 50ème minute du match, Florian Sotoca s’empare du ballon pour le poser sur le point de penalty. Il ne sait pas à ce moment-là que le penalty qu’il s’apprête à tirer est l’un des plus importants de l’histoire du racing. Le stade est vide. Pas de bruit, pas de pression. Il marque. Lens bat Orléans 1-0. L’effet papillon, que l’on ignore à ce moment-là, sera surpuissant : 6 mois plus tard, Lens est en ligue 1 et bat le PSG sur le même score.

Florian “The king” Sotoca

Certes le sport reste anecdotique dans un tel contexte sanitaire, mais soyons réalistes, c’est quand même kiffant comme progression. La saison s’arrête donc. Mais au contexte sanitaire déplorable se sont ajoutés les risques financier et culturel. Tandis que les théâtres et les musées fermaient, les projecteurs de Bollaert-Delelis s’éteignaient pour une durée indéterminée. Nous avons donc logiquement mis entre parenthèses nos pratiques culturelles « vivantes ».

La culture des tribunes, le plaisir de nous retrouver à Bollaert-Delelis au sein d’un groupe social qui partage des valeurs et une histoire communes. On s’en passera. Car on sait ce qui est important à Lens, et l’hommage aux mineurs présents lors de la Sainte-Barbe dans un stade vide nous l’a encore rappelé. Ainsi, le peuple lensois a résisté en maintenant ses actions solidaires à destination des enfants et des personnels soignants. Il nous parait loin le temps où le stade vibrait (même si beaucoup de clubs ne connaîtront jamais l’ambiance de Bollaert-Delelis avec une jauge limitée à 5000). De là à dire que les matchs de Ligue 2 en hiver nous manquent il y a un monde. Nous n’avons pas non plus la nostalgie des matchs insipides où il fallait prendre impérativement les trois points pour revenir à notre vraie place, en Ligue 1. Nous ne regrettons pas non plus l’époque où le mercato de janvier devenait le principal espoir d’un automne morose. Mais une chose est sûre, Bollaert-Delelis nous manque et manque aux joueurs, surtout à ceux qui l’ont connu bouillant. Paradoxalement, d’un point de vue plus sportif, nous avons retrouvé nos valeurs, celles du terrain. 

Ce Racing, immortel, a réussi à compenser cette perte de repères en retrouvant un niveau sportif séduisant pour nous, supporters, qui avons tant été sevrés de beau jeu et d’émotions positives. Chapeautée par une direction sereine et emmenée par un staff discret et efficace, notre équipe nous séduit par les valeurs qu’elle transmet. Par son jeu direct et vers l’avant, et emmenée par un étincelant Gaël Kakuta, enfant du Racing, qui n’a de cesse de chercher à réaliser le geste efficace, cette équipe montre sa volonté de transformer chaque possession de balle en une occasion de marquer. Mieux encore, les joueurs sont solidaires et paraissent heureux de faire partie de cette équipe et de porter ce maillot. Difficile de ne pas s’enthousiasmer en voyant Florian Sotoca se battre de manière incessante sur tous les duels. Difficile aussi de ne pas imaginer Bollaert se lever quand nos ailiers débordent, ou retenir son souffle quand Jonathan Gradit s’apprête à effectuer les quelques pas qui le séparent de l’adversaire afin de remporter un duel. Oui cette équipe nous séduit et ce, même lorsqu’elle perd. Après tout, on ne leur en veut pas de perdre du moment qu’ils ont essayé de gagner. 

Quelle année ? A part un cataclysme, nous parviendrons à atteindre notre objectif de maintien. Et, nous pourrions même (et ce serait quelque chose d’unique dans l’histoire récente du club) adapter rapidement nos objectifs et les revoir à la hausse en cours de saison. Si nous avons l’occasion de retrouver cette équipe à Bollaert-Delelis cette saison en étant positionnés aux alentours de la 8ème place, ce stade pourrait à nouveau s’enflammer et retrouver la ferveur d’un passé qui nous semble tellement lointain. Mais nous savons d’où l’on vient et plus que jamais nous devrons rester humbles.

C’est dans notre culture.

Mathieu Fardel

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