Montagnes russes

La semaine que nous venons de vivre restera assurément dans les annales, mais il est difficile de décrire le mélange de sentiments qui nous anime aujourd’hui. Retour sur ces derniers jours forts en émotions pour le RC Lens.

Pierre Sage siffle la fin de la récré
Photo CSO
Alors peut-être

Mardi soir, alors que certains se rendaient à Bollaert-Delelis et que d’autres allumaient leur télévision, nous nous préparions tous au meilleur comme au pire. Il faut dire qu’il y avait de quoi être anxieux, après le match fort en rebondissements à Toulouse quatre jours plus tôt, et le quart de finale encore plus stressant contre l’Olympique lyonnais le 5 mars, où nous avions bien cru voir nos espoirs de Coupe s’évanouir en toute fin de match. Par chance – même si la chance n’est sûrement pas le facteur prépondérant dans cette histoire –, dans les deux cas, l’issue nous a été favorable. Mais à trop jouer avec le feu, on peut finir par se brûler les ailes. Alors, à chaque fois que Lens remet son destin en jeu, entre les mains du sport et de tout ce qu’il peut avoir d’hasardeux, les genoux tremblent et la gorge se noue.

Lors de ce second Lens-Toulouse, pour changer, la torture psychologique nous a été épargnée grâce à un enchaînement de trois buts en moins d’une demi-heure, simplement terni par une maladresse sans conséquence. Un quatrième but lensois à la 74e a définitivement scellé le score. Nous y sommes, Lens est en finale de Coupe de France, pour la quatrième fois de son histoire seulement ! Le Racing retrouvera donc Jonathan Clauss, Elye Wahi et Salis Abdul Samed vendredi 22 mai, au Stade de France, mais pas Franck Haise, qui a quitté le Gym fin 2025.

Douche froide en Bretagne

Si le coup de sifflet final du match s’est soldé par un envahissement de terrain des plus bouillonnants, la fin de la rencontre contre Brest n’a pas suscité les mêmes émotions. Pourtant, nous aurions pu exulter aussi : d’abord menés 3-0 avant la mi-temps, les Sang et Or parviennent à revenir à 3-2 en à peine cinq minutes, et arrachent le point du match nul dans les touts derniers instants. Un scénario qui rappelle la remontada contre le TFC une semaine auparavant, mais qui ne s’est pas soldé par une victoire cette fois. Malgré cet exploit, pas si fréquent, le nul est vécu par beaucoup comme une défaite.

Et pour cause : tout cela n’aurait tout simplement pas dû être nécessaire dans un match censément à notre portée. Il aura fallu quatre changements agressifs très tôt en deuxième période pour redonner des couleurs à l’équipe. « J’ai eu des mots très durs à la mi-temps, et je me suis senti un peu trahi », a avoué Pierre Sage en interview d’après-match. « On a rompu un pacte. Je ne me suis pas senti respecté. J’ai donné, et je n’ai pas eu le retour que j’attendais. »

Lens joue à se faire peur

Quand on regarde le parcours des Lensois cette saison, il est vrai qu’une tendance se dessine, et qu’elle ne fait pas plaisir à voir. Entre le 20 septembre et la veille de match contre Marseille le 24 janvier, nous avons empoché quarante et un points sur quarante-cinq possibles. Une performance XXL. Après notre déconvenue contre Marseille, nous nous étions demandé comment les joueurs, si peu habitués à la défaite cette saison, allaient réagir. Résultat : trois victoires d’affilée. Nous étions rassurés.

Mais ensuite, les choses se sont corsées. Le rouge et le jaune ont refait leur apparition avec un peu trop de régularité sur le tableau de chasse. Même si ce sont nos couleurs, nous nous en serions bien passés. D’abord, une défaite contre Monaco – après avoir mené 2-0 –, puis un nul à Strasbourg, suivi par un enchaînement victoire/défaite jusqu’à ce nul péniblement arraché au stade Francis Le Blé. Sur cette séquence, nous nous retrouvons avec vingt points sur trente-six possibles. Sans avoir calé, la machine ne tourne clairement plus sur le même rythme. Et pendant ce temps, le Paris SG garde une vitesse à peu près constante, qu’il devient de plus en plus difficile de suivre, et surtout de dépasser, avec de tels soubresauts.

En rouge, la progression de Lens ; en bleu, celle du Paris Saint-Germain
Photo CSO

L’équipe a pris un coup à la fin du mois de février, c’est une évidence. Que s’est-il passé ? Le mental a-t-il flanché ? L’absence de Samson Baïdoo, depuis le 7 février, a-t-elle eu une incidence sur le moral des troupes ou sur leurs prestations, la défense étant moins sereine ? La place de leader du championnat et toutes les attentes assorties ont-elles fini par peser trop lourd sur les épaules des joueurs ?

Pour Florian Thauvin, « le sujet est clos. Il n’y a plus de course au titre. » C’est probablement vrai, à quatre journées de la fin, alors que notre calendrier s’annonce plus compliqué que celui du PSG, et qu’une confrontation directe sûrement bien préparée par les Parisiens nous attend juste avant la dernière journée du championnat. La Coupe de France est désormais plus accessible que le titre, mais nul doute aussi que c’est un défi de taille qui s’annonce pour un effectif assez secoué ces dernières semaines. « Jamais deux sans trois », dit-on. Ça, c’est fait : Lens a perdu ses trois finales de Coupe de France. Espérons que la malédiction est enfin derrière nous.

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