Le départ de Pierre Sage, dans un contexte un peu tumultueux, nous livre une fois de plus quelques vérités sur le football moderne et le contexte lensois. Le RC Lens en sortira-t-il grandi ? L’été pourrait être long pour les supporters artésiens.

De nombreux chantiers en perspective pour le trio dirigeant du Racing. Photo CSO
Un Racing qui se fait respecter
Les jours se suivent et ne ressemblent pas en Artois. Les émotions sont multiples. Après la folie de la Coupe de France, succèdent moult questionnements quant aux personnes (joueurs et staff) présentes à la reprise prévue le 9 juillet. Le divorce est désormais consommé entre Pierre Sage et le RC Lens. Dont acte. Mais une chose demeure : l’institution. Et le trio dirigeant composé de Joseph Oughourlian, Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca n’a pas l’intention de déroger à cette règle, sorte de leitmotiv auquel les différents acteurs du club devront adhérer. À défaut, le chemin de la sortie leur sera indiqué sans ménagement. Notre gouvernance n’a pas attendu un accord avec un autre club (Crystal Palace ?) pour acter cette séparation. Elle n’a que peu goûté aux déclarations du coach où l’indécision a frôlé le ridicule et confiné à l’irrespect envers le club qui lui a redonné une exposition (méritée).
Certains diront que c’est le football moderne, que le football « il a changé », comme dirait notre numéro 10 national, coutumier des sorties médiatiques dont le désormais ex-entraîneur lensois a repris les codes ces derniers jours. Il est vrai qu’il est aujourd’hui difficile d’avoir une vision romantique du football, mais les valeurs artésiennes, que vantait Pierre Sage (sic) et dont il semblait être la fière incarnation il y a encore peu, doivent s’ériger en obstacles aux fossoyeurs de ce sport.

Un nouveau chapitre à ouvrir après le départ de Pierre Sage. Photo CSO
Le syndrome du plafond de verre
Depuis son retour en Ligue 1, le Racing Club de Lens s’est imposé comme l’un des modèles de gestion les plus stables. Joseph Oughourlian a à cœur de pérenniser le club dans l’élite en faisant des choix raisonnés en termes d’investissements et de masse salariale. Avec les conséquences que cela engendre. Au fil des saisons, une réalité s’impose : Lens semble se heurter à un plafond de verre.
Le récent départ de son entraîneur vers un club anglais de milieu de tableau, semblant ne faire rêver que dans les faubourgs du sud de Londres, illustre parfaitement cette situation. Lorsque l’offre salariale anglaise permet de multiplier les revenus par deux, trois ou davantage, l’aspect sportif passe parfois (souvent) au second plan. Lens ne perd pas seulement un technicien ; il s’incline face à une puissance économique contre laquelle il lui est presque impossible de lutter. Espérons que cela ne fasse pas un « effet domino » avec le départ d’autres joueurs, parfois cadres, de l’effectif. Le Racing est dans la constante obligation de se renouveler, de dénicher de nouvelles pépites à l‘instar de ce qui avait été réalisé l’été dernier avec les arrivées de Mamadou Sangaré et Samson Baïdoo entre autres. Charbonner, encore et encore.

S’appuyer sur les pépites de la Gaillette, une nécessité économique . Photo CSO
Quel visage à la reprise ?
La période estivale laisse la part belle aux rumeurs plus ou moins fondées émanant parfois d’insiders cherchant à faire le buzz. Respirons en carré, ne nous laissons pas aller à commenter ces dernières à l’emporte-pièce. Faisons confiance à l’équipe dirigeante. Parmi elles, l’arrivée du duo Cahuzac-Pantaloni aurait la faveur des pronostics. Elle mettrait en avant la filière corse initiée par Jean-Louis Leca. Le passé récent nous a habitués à des « coups » réalisés en toute discrétion. Espérons simplement que la nomination du nouveau coach interviendra sous peu afin de pouvoir constituer sereinement l’effectif qui jouera la prochaine Ligue des Champions et éviter les atermoiements de l’intersaison 2023-2024, qui avaient handicapé les Lensois, les contraignant à véritablement démarrer leur saison un mercredi 20 septembre 2023, à Séville.
Aujourd’hui, le véritable défi du Racing Club de Lens n’est plus d’atteindre les sommets, mais de trouver les moyens d’y rester en dépit des contraintes financières évoquées. Quel sera alors le nouveau visage qui impulsera cette dynamique à la tête de l’effectif ? Réponse (espérée) dans quelques jours. À défaut, l’été risque d’être long en Artois.

