Les Corons, l’hymne que le RC Lens chante à la mi-temps

Bollaert, samedi 19 février 2005. Pierre Bachelet nous a quittés le mardi précédent. Ce soir-là, les tribunes entonnent « Les Corons » à l’unisson, d’un bout à l’autre de l’enceinte. Sans que personne ne l’ait décidé, le Racing se découvre un hymne. Un hymne qui, paradoxalement, ne contient pas le moindre mot de football.

Les Corons hymne du RC Lens
Tribunes de Bollaert chantant Les Corons, hymne du RC Lens – Photo CSO

Une chanson de variété déposée en 1982

Si vous cherchez l’origine exacte des Corons, elle se trouve à la Bibliothèque nationale de France. Une notice range le titre parmi les chansons françaises accompagnées de piano. Voix et piano, dépôt légal 1982. On est loin de Bollaert.

On y lit surtout une paternité que beaucoup d’articles écorchent. La musique est bien de Pierre Bachelet, mais les paroles sont de Jean-Pierre Lang. Certes, Bachelet compose et interprète Les Corons. Cependant, il n’écrit pas le texte. Ce sont pourtant ces paroles-là que le stade reprend depuis quatre décennies.

Il y est question de charbon, de fosses, de gueules noires et d’un père qui rentre le soir. Aucune ligne sur le football, ce qui n’a jamais empêché les supporters lensois de s’approprier la chanson. Le club date cette adoption des années 1980. Personne ne l’avait programmé. Le public a entendu une chanson à la radio, y a reconnu ses pères et il l’a entonnée dans les tribunes.

Le soir où tout Bollaert a repris en choeur

Ce qui se joue le 19 février 2005 relève d’un autre ordre. Bachelet disparaît le 15. Quatre jours plus tard, ce ne sont plus quelques rangées éparses qui chantent, mais le stade Bollaert en entier. Le club s’en souvient encore vingt ans après, lorsqu’il en cite le premier vers, « Au nord, c’étaient les corons… ».

Ce soir-là, la chanson reste la même, mais elle prend pourtant une autre dimension. Elle devient un rituel que le stade adoptera définitivement. Il aura fallu pour cela que celui qui la chantait ne soit plus là pour l’entendre.

À la mi-temps plutôt qu’ au coup d’envoi

C’est le détail que la plupart des récits inversent, alors que le club l’écrit sans ambiguïté : « Depuis 20 ans, Les Corons sont diffusés et chantés en chœur à la mi-temps de chaque rencontre des Sang et Or à Bollaert-Delelis. » La confusion vient des grands soirs européens, ceux où l’hymne monte avant l’entrée des équipes et fait le tour des télévisions étrangères. Le rendez-vous habituel, lui, se joue au milieu du match.

Le moment choisi n’a rien d’anodin. Un chant d’avant-match sert à se donner du courage, quand un chant de mi-temps arrive après un premier verdict, qu’on mène ou qu’on soit mené au score. Bollaert chante de la même façon dans les deux cas.

En février 2025, pour les vingt ans de la disparition de Pierre Bachelet, Marine, artiste artésienne et lauréate de la Star Academy, interprète le titre sur la pelouse, à la mi-temps de la rencontre face à Strasbourg. Une chanson née de la variété française, bien loin des tribunes mais que celles-ci ont adoptée au fil des années, puis célébrée au micro par une voix du pays. Le club accompagne, met en scène et honore la chanson de Pierre Bachelet.

Un hymne conjugué au passé

Les hymnes de stade parlent en général au présent ou au futur. On y promet de ne jamais marcher seul et de suivre l’équipe partout. À Bollaert, on chante à l’imparfait. Le texte ne dit rien de ce que le Racing va devenir. Il raconte ce que le bassin minier était : les fosses, le charbon, les corons alignés, les hommes qui descendaient dans les mines. Lors des matchs du Racing, les supporters consacrent deux minutes pour honorer des gens qui ne jouaient pas au football.

Le Racing s’est trouvé un hymne le soir où il a perdu celui qui le chantait. Depuis, à chaque mi-temps, Bollaert l’entonne à sa place.

🎧 Écouter les Corons, hymne du RC Lens – Repris lors de la finale de la Coupe de France au Stade de France, le 22 mai 2026

Ce qu’il faut retenir des Corons, hymne du RC Lens

Pourquoi le RC Lens chante-t-il Les Corons ?

Parce que la chanson raconte la vie du bassin minier dont le club est issu. Les supporters lensois l’ont adoptée d’eux-mêmes dès les années 1980, et elle est devenue un rituel collectif le 19 février 2005, quatre jours après la disparition de Pierre Bachelet, quand tout le stade Bollaert en a repris les paroles.

À quel moment du match Les Corons est-il chanté à Bollaert ?

À la mi-temps de chaque rencontre à domicile, et non au coup d’envoi, comme l’écrit le RC Lens lui-même. Les reprises d’avant-match existent, mais elles restent réservées aux grandes affiches.

Qui a écrit Les Corons ?

Les paroles sont de Jean-Pierre Lang et la musique de Pierre Bachelet, qui interprète le titre. La chanson a été déposée en 1982, selon la notice de la Bibliothèque nationale de France.

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