Quel Lens dans 24 heures au Mans ?

Florian Sotoca, buteur au Mans en 2019 déjà
Photo Icon Sport

On avait quitté Bollaert complètement désabusés samedi dernier, au terme d’un non-match ayant vu des Merlus pourtant pas très frais dévorer tout cru des Lensois réduits à l’état de mollusques. Déprimant…  Et puis, on a éteint jeudi soir la télé carrément survoltés, à avoir vu les Sang et Or lentement mais sûrement détricoter le jeu des Cousus, pour leur faire perdre le fil et leur tailler un joli et inattendu costard. Grisant !

Quatre jours ont séparé ce Lens amorphe et sevré d’envie de conquête face à Lorient, au troisième acte seulement d’une longue et exigeante Ligue 1, de ce Lens humble et résilient, auteur d’un magistral hold-up sur le terrain du Slavia Prague, au premier jour d’une enivrante Ligue des Champions. Va-t-il falloir s’habituer à ça avec le Racing collection 2026/2027 ? À une équipe-caméléon capable de tous les paradoxes ? À une formation cyclothymique soufflant sans cesse le chaud et le froid ?

Docteur Töppmöller

Notre petit cœur de supporter ne l’espère pas. Et compte sur le cardiologue en chef Dino Töppmöller pour faire en sorte de prendre soin de notre palpitant. En trouvant notamment le bon stimulateur cardiaque pour une défense trop souvent à l’arrêt (avec, en plus d’Ismaëlo Ganiou, Jean-Clair Todibo en pacemaker ?) et mieux servir les pistons, en injectant aussi un peu plus de créativité et de piment dans les veines du cœur de jeu, et enfin en prévenant l’infarctus de la motivation qui guette certains joueurs lors de rencontres présentant moins d’enjeux…

Le premier électrocardiogramme est programmé dimanche à 17h15 sur la pelouse du Mans. Des Manceaux qui pointent pour l’instant à la 13e place du général, avec deux nuls (2-2 face à Brest, 1-1 à Nice) et une défaite (Rennes, 3-2), pour un maigre butin de deux points. Les Sarthois ont donc besoin d’ouvrir leur compteur de victoires, qui plus est à domicile, et de rassurer leurs supporters sur leur capacité à demeurer à cet échelon qu’ils ont lorgné depuis seize ans. Outre les couleurs, le MUC partage en effet avec le RC Lens cette expérience du purgatoire, avec même une longue plongée dans les abysses du National il n’y a pas si longtemps que ça.

Un défi physique au Mans

La mission maintien ne s’annonce pas simple pour eux. Le budget de 25 millions d’euros n’a pas offert aux Sarthois le luxe de folies dans les emplettes estivales. Le recrutement d’éléments d’expérience comme Djibril Sidibé ou Habib Diallo a été prioritaire pour encadrer une fougueuse jeunesse sarthoise. Preuve en est, selon nos confrères de Ouest France, Le Mans est l’équipe de Ligue 1 qui cumule pour le moment le plus de courses à haute intensité. C’est quelque part la marque de fabrique de Patrick Videira, qui aime voir ses joueurs imposer un défi physique de tous les instants, étouffer le porteur de balle et multiplier les relances rapides. Le milieu de terrain lensois ne va pas s’ennuyer…

Ni la défense. Quand bien même ils ne sont pas parvenus à transformer leurs réalisations en victoires, les attaquants sarthois ont déjà inscrit cinq buts et affichent un plus qu’honorable 46 % de tirs cadrés. Une fois encore, les nerfs des arrières du Racing seront mis à rude épreuve.

« Pourquoi tant d’amour ? »

Dernier conseil avant de se quitter, et en guise de petit apéro pour ce dimanche : foncez voir et écouter « Pourquoi tant d’amour ? », le très joli documentaire de 30 minutes proposé depuis cette semaine par La Voix du Nord. L’occasion, surtout pour les jeunes, de comprendre l’indulgence des plus anciens dans les temps durs. La vie du Racing n’a pas toujours été un long fleuve sang et or tranquille. Et c’est tant mieux : ce sont souvent les épreuves qui nourrissent, testent et renforcent la passion !

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