Lens reçoit Lorient avec un compte à régler

Le 14 mars, le RC Lens quittait le Moustoir battu et laissait filer l’occasion de passer devant le Paris Saint-Germain. Moins de six mois plus tard, le FC Lorient se présente à Bollaert-Delelis, samedi à 17h15, pour la 3e journée, en mauvaise posture au classement. Le Racing doit se racheter, après son faux pas à Strasbourg.

Lens Lorient 3ème journée de Ligue 1 2026-2027 au stade Bollaert

Lens-Lorient en novembre 2025
Photo Icon Sport

La défaite à Lorient nous avait laissé un goût d’inachevé, les Sang et Or semblant à côté de leurs pompes, les bonnes intentions et l’esprit de conquête envolés avec le vent breton. Personne n’ira parler de rivalité entre l’Artois et le Morbihan. Ce qui se joue samedi est plus simple. Le Racing reçoit l’avant-dernière équipe à l’avoir fait trébucher en déplacement en 2025-2026. Et il le fait après avoir laissé trois points en Alsace.

Une semaine avant cette désillusion à Strasbourg, Bollaert avait offert un spectacle rare pour une reprise. Cinq buts passés à l’AJ Auxerre, un public debout, une entrée en matière conforme au statut de dauphin du PSG. Et puis, le déplacement suivant est venu rappeler que rien n’était acquis.

Effacer la Meinau

Oublié le 100e but de Florian Thauvin en Ligue 1, l’avantage durement acquis en première période… Un joueur capable de donner le tournis à ses adversaires, Gessime Yassine, a renvoyé Lens à ses chères études, grâce à un doublé. Dino Toppmöller n’a pas cherché à enjoliver les lacunes collectives : manque d’agressivité au pressing, pertes de balle évitables, occasions non converties. Trois points après deux journées, septième place. « Y a rien qui va mal ». Mais à Bollaert, on n’a plus pour habitude de voir Lens laisser filer deux matchs de suite.

Retour sur cette défaite l’hiver dernier. Le 14 mars, 26e journée, le RC Lens se déplace en Bretagne avec la possibilité de prendre le fauteuil de leader. Il repart battu 2-1. Bamba Dieng avait ouvert le score sur corner. Odsonne Édouard avait égalisé, avant qu’Aiyegun Tosin, entré en jeu, ne surprenne le Racing à la 65e minute. Le compte rendu officiel du club dit tout du reste : dix-neuf tirs lensois contre six, sept corners, et pas un but de plus. Lorient restait alors sur dix matchs sans défaite au Moustoir.

En déplacement, c’est plus compliqué pour les Merlus. Quelques mois auparavant à Bollaert, devant 37 373 spectateurs, ils avaient encaissé trois buts, signés Édouard Odsonne, Wesley Saïd et Samson Baidoo. Ce soir-là, le Racing déroule. Samedi, il faudra confirmer cette habitude.

Alexandre Dujeux, un Ardennais aux commandes des Merlus

Le Lorient de septembre 2026 n’est plus le même. Le banc a changé de locataire quand, le 9 juin, le club morbihannais a nommé Alexandre Dujeux pour deux saisons, plus une en option. L’homme a 50 ans, il vient des Ardennes. Il arrive d’Angers où il avait passé plus de trois ans : adjoint en 2023, puis entraîneur principal, une montée en Ligue 1 dès 2023-2024 et deux exercices bouclés dans l’élite.

Comme joueur, il a aligné plus de 400 matchs professionnels du côté du Red Star, de Châteauroux, du Havre, de Troyes, d’Ajaccio et de Tours, après une Coupe Gambardella gagnée avec Auxerre en 1993. Successeur d’Olivier Pantaloni, parti à l’OGC Nice, il a pu, par un hasard du calendrier a d’ailleurs son sens de l’humour, s’étalonner dès la première journée. Lorient est reparti de l’Allianz Riviera avec un 0-0 qui a dû le satisfaire.

Loïc Féry et Laurent Koscielny ont mis en avant les qualités humaines de ce nouveau coach au moment de l’annonce. Dans son staff figure Jérémy Morel, qui connaît la maison mieux que personne.

Un été vendeur, comme souvent à Lorient

Le vrai chantier lorientais se trouve dans le vestiaire. Le FCL a encaissé environ 16,4 millions d’euros de ventes cet été et n’en a réinvesti qu’une fraction, même en comptant deux arrivées de dernière minute. Rester très parcimonieux dans le recrutement, c’est le modèle de la maison depuis longtemps, et il coûte cher en joueurs de talent.

Le départ qui fait mal s’appelle Pablo Pagis. L’attaquant de 23 ans, auteur de 10 buts et 4 passes décisives en 28 matchs de Ligue 1, a filé au Paris FC pour 15 millions d’euros. Le RC Lens faisait partie des clubs intéressés, tout comme Lyon et Strasbourg. Ajoutez les départs libres de Laurent Abergel vers Nice et de Bamba Dieng au Red Star Belgrade, celui de Darlin Yongwa à Norwich, de Sambou Soumano à Reims et le retour de Joel Mvuka à Bodø/Glimt, et vous obtenez une équipe amputée de plusieurs de ses repères.

Pour compenser, Alexandre Dujeux a surtout reçu des prêts : Noah Mbamba en provenance du Bayer Leverkusen, Nosa Obaretin de Naples, Isak Jensen d’AZ Alkmaar, Souleymane Faye du Sporting Portugal. Le milieu Gabin Bernardeau, arraché à Nice pour un million, est l’un des rares à être arrivés pour de bon. Le club a attendu la toute fin du marché, lundi soir, pour boucler ses deux derniers dossiers : le latéral gauche slovène Srdjan Kuzmic, 22 ans, venu de Viborg, et un attaquant dont le nom résonne un peu différemment dans l’Artois.

Une équipe qui a le ballon mais pas les buts

Deux journées, un point, un seul but marqué lors d’une défaite à domicile contre Troyes (1-2), 14e place. Le bilan comptable lorientais est maigre à ce stade, mais il ne dit pas tout. Contre les Aubois, les Merlus ont eu 64% de possession en première période et se sont pourtant retrouvés menés 2-0 à la pause.

C’est le même constat qu’à Nice une semaine plus tôt. Lorient tient le ballon, avance, se crée des occasions et rate le dernier geste. Avec près de neuf ballons sur dix qui trouvent leur destinataire, le FCL pointe dans le peloton de tête du championnat à ce chapitre. Avec 0,5 but par match, il figure dans les trois derniers.

Pour le Racing, l’information est utile. Lorient est une équipe qui cherche à jouer, ce qui laisse des espaces. Mais c’est aussi une équipe qui n’a rien à perdre lors de ce déplacement chez un « gros » du championnat. Il lui manquait un finisseur. Elle est allée le chercher à la dernière minute, et à Lens, on connaît son nom.

Ibrahima Baldé, enfant de la Gaillette

Il a signé lundi soir. Il pourrait rejouer à Bollaert samedi, cette fois du côté des visiteurs. Ibrahima Baldé a 23 ans. Passé par le Red Star, il a rejoint la Gaillette et y a signé son premier contrat professionnel en 2021. Franck Haise avait essayé de lui faire une place dans le groupe pro cet été-là. Mais les blessures et un prêt à Annecy en ont décidé autrement. Bilan lensois : quatre apparitions en Ligue 1 en 2021-2022, moins d’une heure de jeu cumulée, puis un départ en 2023.

Ce qu’il a fait ensuite mérite de s’y intéresser. Arrivé à Rodez à l’été 2024, il y a inscrit 26 buts en 85 matchs de Ligue 2. Il est devenu le meilleur buteur de l’histoire du club aveyronnais à ce niveau. Surtout, il sort d’un mois d’août énorme : cinq buts en quatre journées, dont un triplé à la Beaujoire contre Nantes. Il a quitté la Ligue 2 en tête de son classement des buteurs. Laurent Koscielny, qui a piloté le dossier, a salué l’arrivée d’un profil suivi de longue date.

Baldé disait avoir hâte de découvrir le Moustoir. Il retrouvera peut-être d’abord Bollaert, quatre jours après sa signature, face au club qui l’a formé. Un attaquant dans cette situation n’a pas besoin qu’on le motive : il pourrait démontrer que les Sang et Or ont eu tort de ne pas lui faire plus confiance.

Bollaert et le Moustoir se ressemblent plus qu’on ne le croit. Ce sont deux stades plantés dans des villes ouvrières rasées puis rebâties, l’une sur le front de la Grande Guerre et au dessus d’une mine de charbon, l’autre lors de bombardements en 1943 et en bord de mer. Deux publics qui savent ce que recommencer veut dire. Samedi soir, s’il doit y avoir un vainqueur, l’un des deux repartira avec les trois points, et l’autre avec des doutes plein la tête.

Ce qu’il faut retenir

Quand et où se joue RC Lens – FC Lorient ?


Le samedi 5 septembre à 17h15, au Stade Bollaert-Delelis, pour la 3e journée de Ligue 1 2026-2027. La rencontre est diffusée sur Ligue 1+.

Qui est Ibrahima Baldé, la dernière recrue du FC Lorient ?

Un attaquant de 23 ans formé au RC Lens, où il a signé son premier contrat professionnel en 2021 et disputé quatre matchs de Ligue 1 en 2021-2022. Arrivé de Rodez le 1er septembre, dernier jour du mercato, il était alors le meilleur buteur de Ligue 2 avec cinq buts en quatre journées. Il pourrait retrouver Bollaert dès samedi sous le maillot lorientais.

Qui entraîne le FC Lorient cette saison ?

Alexandre Dujeux, nommé le 9 juin 2026 pour deux saisons plus une en option. L’ancien entraîneur d’Angers SCO remplace Olivier Pantaloni, parti à l’OGC Nice.

Quel est le bilan récent entre le RC Lens et le FC Lorient ?

En 2025-2026, le Racing s’était imposé 3-0 à Bollaert le 2 novembre 2025, avant de s’incliner 2-1 au Moustoir le 14 mars 2026, malgré 19 tirs tentés, une défaite qui l’avait empêché de prendre la tête de la Ligue 1.

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