Défaite à domicile, Udol et Titraoui sortis sur blessure, Sagnan expulsé, une animation offensive pauvre… C’est à se demander si les Lensois n’avaient pas déjà la tête à Prague, où les attend un Slavia qui marque beaucoup de buts.

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Les matchs avant Ligue des Champions
Le 16 septembre 2023, Lens s’inclinait à domicile contre Metz (0-1). Quatre jours après, le club démarrait la Ligue des Champions par un nul prometteur à Séville. Plus globalement lors de cette saison 2023-2024, presque tous les matchs de Ligue 1 qui précédaient une rencontre de la Ligue des Champions avaient été décevants. Victoire contre Strasbourg et Clermont, certes, mais surtout des nuls contre Le Havre, Lorient et Montpellier — trois fois sur le score de 0-0 — et donc cette défaite contre Metz. C’est peut-être cela d’avoir une équipe inexpérimentée : les joueurs ne peuvent s’empêcher de penser au prochain match et à la petite musique de la compétition continentale.
Car une raison, il faut bien en trouver une pour expliquer le triste spectacle offert samedi au public de Bollaert. Les Artésiens n’ont pas maîtrisé la rencontre, et dans leurs rares temps forts, ils ont développé un jeu stéréotypé qui n’était pas en mesure de déséquilibrer la défense des Merlus. Parfois même, on se serait cru revenu au temps de Will Still, quand les ailiers et pistons accumulaient les centres, sans qu’aucun ne soit précis ni tendu, donc dangereux.
Ne pas oublier de « faire du Lens »
Après trois matchs, le Racing de Dino Toppmöller semble régresser offensivement. Voilà le plus inquiétant. L’attaque avait su se montrer audacieuse durant la préparation, généreuse dans l’effort face à Paris, prodigue en buts contre Auxerre. Depuis, elle cafouille. Le secteur défensif ne va pas mieux, tantôt désorganisé, tantôt inconsistant dans les duels. Aussi, l’expression « faire du Lens », pendant ces 90 minutes face à Lorient, a-t-elle été galvaudée.
Et pourtant, faire du Lens, faire de Bollaert-Delelis une forteresse, est une obligation : cela attire même les investisseurs. À ce sujet, cette semaine ont été présentés à la presse l’Américain Tim Leiweke et le local Jean-Paul Lempereur, nouveaux actionnaires minoritaires. Ils investissent dans les infrastructures, et notamment celles à venir autour du stade. Avec son vocal fry et ses sourires avenants de circonstance pour un businessman américain, Tim Leiweke aura chanté les louanges de la région ouvrière et des supporters sang et or. Malin pour donner une bonne image de soi et ne pas effrayer les suiveurs du Racing.

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Passer un cap sans s’oublier
Le Racing doit ainsi maintenir son cap entre développement financier et ancrage local. Faire du Lens, quoi qu’il arrive, même avec les dollars d’un spécialiste des ligues sportives nord-américaines. Pareil sur le terrain : faire du Lens, même avec des noms ronflants comme ceux de Thauvin, Hazard, Haidara et dorénavant également Todibo. Garder en tête qu’il existe un chemin étroit entre le besoin de nouveaux investisseurs et de grands joueurs d’un côté ; et de l’autre côté l’exigence de conserver son identité — et notamment l’identité de jeu — et ses valeurs de combativité pour continuer à surperformer.
Après cette contre-performance, qui a dû piquer l’orgueil des joueurs eux-mêmes, le match sur le terrain du Slavia arrive à point nommé. Les Tchèques, qui ont démarré fort cet été, entreront sur la pelouse avec plus de certitudes. Alors un bon nul – ou mieux encore – pourrait, comme il y a trois ans à Séville, lancer la saison du Racing.

