CULTURE SANG & OR

Eric Chelle : «Daniel était comme un papa pour moi et je suis content que le club et les anciens lui aient rendu cet hommage. »

Eric Chelle était l’invité de l’épisode 23 de l’émission Culture Sang et Or. L’ancien capitaine du RCL parle de son actualité, de Raphaël Varane et bien évidemment de Daniel Leclercq.


Ancien capitaine du Racing Club de Lens, Eric Chelle que deviens-tu ?

Après ma carrière de footballeur, que j’ai arrêté en 2014, je suis devenu entraineur. Je me forme pour devenir entraîneur, et cette année je passe le BEPF pour entrainer en Ligue 1, Ligue 2 ou partout dans le monde.


Et là tu es du côté de Martigues où ça ne se passe pas trop mal cette saison…

J’entame ma 4ème saison à Martigues. Deux premières années compliquées puisqu’on a été rétrogradés administrativement. Il a fallu reconstruire un groupe à base de jeunes.

Cette année on commence bien, car j’ai fait revenir des anciens joueurs formés au club et avec les jeunes, ce n’est pas trop mal.


Et il y a un point commun avec Lens à Martigues…

Les « Sang et Or » !


Qu’est-ce que ça faisait de porter le brassard au RC Lens ? Tu as toujours dit que c’était un honneur.

Oui, j’ai toujours dit que c’était un honneur. Je ne me suis jamais considéré comme un grand capitaine du Racing. J’ai fait une bonne carrière, j’en suis fier, mais je suis un joueur moyen de L1. J’ai joué à Valenciennes où c’était extraordinaire, mais Lens c’était stratosphérique.


D’autant que tu as d’abord joué en CFA et il a fallu gravir les échelons par division.

Oui, j’ai commencé le foot à 15 ans avec ma première licence à cet âge avant d’arrêter pour le basket et pour finir par revenir dans le football car mon voisin, qui était coach de l’équipe 3 qui évoluait en District, m’avait donné une paire de crampons pour que je vienne jouer avec eux.

J’ai donc joué pendant 1 an où je me suis régalé, car on était tous des copains et après une bonne saison on m’a mis en réserve. Ensuite, je me suis vite retrouvé en Ligue 2 et comme il n’y avait plus personne au club, ils ont fait jouer les jeunes.

Mon premier match se déroulait à Nîmes et j’ai débuté avec le brassard de capitaine à 20 ans. Le club a ensuite coulé et je suis arrivé à Valenciennes après quelques jours d’essais. Au début, je ne voulais pas revenir et je l’avais dit à Daniel Leclercq, car il faisait trop froid dans le Nord !

Enfin, je suis arrivé à Lens où j’ai pu découvrir les infrastructures d’un très grand club. J’ai eu la chance de jouer et d’être capitaine dans ce grand club. On peut tout m’enlever, mais on ne pourra pas m’enlever le fait d’avoir porté le brassard de ce grand club et que je suis dans l’histoire du Racing Club de Lens.

J’aurais aimé que l’histoire se termine d’une meilleure manière, parce-que la dernière année a été compliquée, mais je n’en garde que de très bons souvenirs. Je quitte le Racing, car il y a un phénomène à mon poste. Là où j’en veux à Laszlo Boloni c’est que même si je ne joue pas j’aurais pu aider le club à se maintenir.

Petite anecdote, en janvier, quand Laszlo arrive au club, je suis remplaçant à l’entrainement, c’est-à-dire que pendant que les autres s’entrainent, moi je suis avec Fred Mankowski et on se fait des passes. Ensuite il y a un stage à Séville, et pendant une semaine je suis en doublette avec Fred Mankowski à faire des passes. On revient du stage, car on a un match de Coupe de France à Paris et en sortant de l’aéroport Laszlo Boloni vient me voir et me dit « Eric tu n’es pas dans le groupe pour aller jouer demain à Paris, donc quand on atterrit que souhaites-tu faire ? Tu veux venir avec nous ou rentrer chez toi ? ». Je lui ai dit que je préférais rentrer chez moi, car il y a des choses que je ne comprends pas. Quelques temps plus tard, il revient me voir et me dit qu’il compte sur moi, car j’étais en contact avec un autre club de Ligue 1. Lui ne souhaite pas me voir partir et j’ai ensuite un échange avec Gervais Martel qui me dit : « Non tu ne partiras pas, le coach compte sur toi, il me l’a dit, donc tu ne partiras pas ».

A la suite de ça, je reste avec tout ce que cela comporte avec l’envie d’apporter quelque chose. Je savais que je n’allais pas jouer tous les matchs, car j’avais 34 ans et il qu’il y a un jeune de 18 ans qui est un phénomène mondial que tout le monde regarde. On sait qu’un jour, quand on a 34 ans, il y a un jeune qui va arriver et prendre notre place. On le sait, ça fait partie du football. Mais j’en veux à Laszlo, car je n’étais pas considéré après m’avoir dit que l’on comptait sur moi. Un jour, j’arrive dans le bureau du coach et je lui ai dit que je ne reviendrais plus dans son vestiaire, que désormais je m’entrainerai et jouerai avec la réserve. A l’époque, l’entraineur est Olivier Bijotat. Je me suis régalé. Il y avait une belle équipe de petits jeunes et c’est à partir de là que j’ai décidé de devenir entraineur.


Toi qui as vu débuter Raphael Varane, que penses-tu aujourd’hui de Loic Badé qui est beaucoup comparé à Varane ?

C’est dur pour lui d’être comparé à Raphael, même si c’est un beau joueur, car Raphael à 16 ans il était déjà…

Vous ne l’avez pas vu quand il est arrivé, lors du premier match que je le vois jouer en réserve il met un but du milieu de terrain face à Dunkerque en amical. Badé c’est fort, mais je préfère qu’il se concentre sur sa carrière. Je lui souhaite d’avoir une carrière à la Raphael Varane et il va très certainement s’en approcher, mais faut qu’il se focalise sur son jeu. Mais Raphael c’est pour moi quelque chose de grand, il a déjà tout gagné et il aurait même dû avoir un ballon d’or. Raphael fait partie de l’histoire du football mondial, c’est extraordinaire tout ce qu’il a accompli.


Est-ce que tu penses que dans 3 ou 4 ans Raphael Varane pourrait finir sa carrière au Racing ?

Je pense que oui. Il est chez lui à Lens quand il revient et il vient souvent. Connaissant un peu sa famille, ça ne m’étonnerait pas qu’il revienne. La vérité est qu’aujourd’hui ce n’est plus le petit que vous connaissiez, c’est une star du football. Mais oui, ce n’est pas impossible de le revoir sous le maillot lensois.


On sait que tu étais proche de Daniel Leclercq, un terrain à La Gaillette porte son nom, est-ce un bel hommage ?

Bien sûr que c’est un bel hommage ! Mais si ça ne tenait qu’à moi j’aurais rebaptisé le stade et La Gaillette. Daniel était comme un papa pour moi et je suis content que le club et les anciens lui aient rendu cet hommage. Moi je n’étais pas capable de m’exprimer… Et je suis content pour Patricia (l’épouse de Daniel Leclercq) et je suis content que les gens continuent de penser à lui.

J’espère, un jour, être à son niveau en tant que coach. C’est-à-dire avoir beaucoup d’envie et d’exigence, je suis avec mes joueurs comme il était avec nous. J’espère pouvoir ramener un titre de champion au Racing Club de Lens comme lui a pu le faire.

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Retranscription | L’équipe Culture Sang et Or

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