Lens accueille ce samedi une équipe de Monaco encore engagée en Ligue des Champions. Pourtant, ce sont bien les Sang et Or qui abordent la rencontre en position de favoris. Pour faire le point sur la situation actuelle du club princier, Damien du collectif @LaDiagonale a accepté de répondre à nos questions.

Photo CSO
La dégringolade de l’ASM
CSO : Les hommes de Pierre Sage ont été très convaincants lors du match aller. Côté Monégasque, est-ce que cette rencontre a eu des conséquences ?
La Diagonale : C’est un match qui a fait mal car c’était une grosse désillusion à domicile contre une équipe qu’on pensait encore être un concurrent direct à l’ASM pour l’Europe. S’est ensuivi une défaite à domicile contre le PFC (0-1), marquant déjà la fin d’une longue période d’invincibilité en 2025 au stade Louis II. Je pense qu’il nous a surtout fait réaliser que ce Monaco-là n’était qu’une somme d’individualités à la motivation très aléatoire et non une équipe et un collectif porté vers un objectif commun comme pouvait l’être Lens.
Comment décrirais-tu l’évolution de l’AS Monaco depuis ce match ?
En un mot, la dégringolade. Après cette claque, il y en a eu une autre au retour de la trêve sur le même score, contre Rennes (1-4). Et Monaco, à l’exception de quelques coups contre Paris (1-0) ou Galatasaray (1-0), s’est enfoncé. Les défaites contre des concurrents directs à l’Europe comme Marseille (0-1) ou Lyon (1-2) ou des équipes plus faibles comme Brest (0-1) ont aussi contribué au net recul de l’ASM au classement.
Le mois de janvier a été le moment le plus chaud, avec une défaite contre Lorient (1-3) et une raclée contre le Real Madrid (1-6), un jeu en pleine déliquescence et une rupture consommée entre les supporters et la direction. Le mois de février donne le sentiment d’un léger mieux, en partie grâce la qualification pour les barrages de la LDC fin janvier, qui a sans doute égayé un peu l’état d’esprit du groupe.
Une équipe encore à la peine
L’ASM est une équipe qui joue l’Europe presque chaque saison. Monaco n’est qu’à trois points (avant le match de Nantes) d’une qualification européenne, mais connaît une saison mouvementée. Où vois-tu terminer ton équipe à la fin de l’année ?
Lamine Camara continue de jouer à un niveau satisfaisant et son retour de la CAN a sans doute aussi contribué à apporter un peu plus de stabilité au milieu. Jordan Teze a franchi un palier par rapport à la saison dernière et a donné satisfaction au milieu de terrain, plus qu’en défense ou sur un côté. Après une première moitié de saison ratée, Denis Zakaria paraît monter en puissance, ce qui ne peut que faire du bien.
Je nous vois finir cinquième au mieux. Dans l’état actuel des choses et avec toutes les absences, Monaco est une équipe de ventre mou et n’a aucune marge par rapport à des équipes comme Angers ou Lorient.
Quels joueurs te semblent être les principales locomotives de l’équipe depuis le début de l’année, ceux qui ont vraiment franchi un cap ?
Folarin Balogun pourra sans doute postuler au poste de meilleur joueur en fin de saison. Son doublé contre Paris mardi soir porte son total à dix buts TCC cette saison, soit son meilleur total depuis sa signature en 2023. Il est bon dos au but, c’est un point d’appui utile dans le jeu et il peut faire mal dans la profondeur. Mais il manque encore d’efficacité et peut avoir de gros loupés devant le but.
Une défense qui pose question
À l’inverse, y a-t-il un secteur de jeu ou un profil qui pose davantage question ?
La défense reste le gros problème. Sébastien Pocognoli a peut-être trouvé un peu plus de stabilité avec une charnière à trois et Denis Zakaria lors des dernières semaines, mais on sent que l’ensemble reste fragile parce que les individualités sont en grande difficulté. Et parce que le gardien ne fera jamais de miracle.
Maghnes Akliouche est aussi un sujet. Je suis sans doute un des moins virulents à son encontre car quand l’animation monégasque n’avançait pas ces derniers mois, il était souvent le seul à créer un peu de danger. Mais il est clair que ça reste insuffisant et moins bon que la saison précédente.
Il y a aussi une énorme déception avec Mika Biereth. Le Danois est clairement passé n°2 derrière Balogun dans la hiérarchie. Il n’a certes pas perdu son flair de buteur, mais il enchaîne les prestations erratiques.
Trouves-tu que l’équipe s’est renforcée à la suite du dernier mercato hivernal ?
Pas vraiment. Les blessures de Mohammed Salisu et Takumi Minamino (rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche pour les deux) ont obligé les dirigeants à se pencher sur des renforts en défense et sur la ligne offensive. Simon Adingra apporte un profil d’ailier différent, davantage dans la percussion, le dribble, le un contre un. En revanche, avec Wout Faes, difficile d’y voir une plus-value. Il fait le nombre, on va dire…
Comment juges-tu la dynamique actuelle de l’équipe : en progression, en transition, ou dans l’attente d’un déclic ?
Les résultats sont toujours aussi irréguliers, il n’y aucune dynamique. Un bon résultat, dans un gros match qui plus est, est souvent suivi d’une énorme déception dans une affiche a priori plus abordable. L’équipe n’a aucune continuité, y compris dans le jeu, en partie à cause des blessures et des suspensions (à ce titre, elle faire preuve d’une régularité remarquable depuis le début de la saison), donc aucune dynamique ne peut-être enclenchée. Monaco a pris sept points sur les trois derniers matches de Ligue 1. Certes, c’est mieux, mais entre temps, nous avons été éliminé de la Coupe de France par Strasbourg et avons perdu contre Paris en Ligue des champions. C’est donc une équipe toujours souffreteuse.

Des incertitudes avant samedi
Dans quel état d’esprit penses-tu que Monaco aborde ce match contre Lens : prudence ou ambition ?
En conférence de presse, Sébastien Pocognoli a présenté ce match contre Lens comme étant « très important. » Mais il est placé entre deux matches de C1. Par ailleurs, il y aura encore beaucoup d’absents (avec Vanderson et Aleksandar Golovin suspendus, en plus des habituels blessés) donc je n’ai pas l’impression que l’ASM considérera une défaite à Lens comme étant très grave. On sait qu’on ne joue plus le même championnat aujourd’hui. Mais comme ça ne coûte pas plus cher de dire qu’on a de l’ambition, alors…
Quel secteur de jeu sera selon toi la clé du match ? Penses-tu Monaco capable de prendre le dessus sur certains aspects ?
Cela dépendra grandement des choix opérés par l’entraîneur lors de cette rencontre. Est-ce qu’il optera pour un système en miroir de celui des Lensois, en 3-4-2-1 avec Denis Zakaria en défense, ou est-ce qu’il restera à quatre derrière ? Est-ce qu’il fera aussi souffler certains joueurs comme Maghnes Akliouche, qui était incertain avant Paris, ou Folarin Balogun ? Avec un système à une pointe, je pense que ce sera difficile pour notre attaquant de faire face à trois centraux adverses. Mais je pense que notre milieu sera moins offensif qu’à l’aller (Mamadou Coulibaly était le seul milieu défensif aligné). On aura donc sans doute moyen d’avoir davantage de maîtrise dans cette zone du terrain et on subira un peu moins les vagues lensoises.
Pour conclure, si tu devais intervertir deux joueurs des effectifs actuels, lesquels choisirais-tu et pourquoi ?
J’allais répondre que j’échangerais sans hésiter Robin Risser contre Philipp Köhn, mais j’avais oublié que Paul Pogba avait encore sa licence de footballeur et un contrat chez nous. Du coup, Pogba contre Sangaré.

