CULTURE SANG & OR

Antoine

Le jeunisme, reflet d’une société impatiente

De quoi provient le jeunisme ? Que nous dit-il sur l’évolution du sport ? Des montagnes de cracks à l’identité dévoyée des clubs de football, plongée dans cette thématique qui animent tant de supporters et d’observateurs, avec Adrien Mathieu, journaliste au magazine Le Point et fondateur du podcast Formation Football Club. Photo RC Lens On s’y perd, tant la quantité est importante. Chaque année, les observateurs – professionnels ou amateurs, dont l’excellent @RCLAcademy – mettent la focale sur des dizaines de jeunes joueurs, affublés de la terminologie « crack ». Des promotions 2006, 2007 et bientôt 2008. Comme si on parlait d’étudiants sortant d’école pour entrer sur le marché de l’emploi. Uruguayen, Canadien, Anglais, Français, Nigérian, évoluant à River Plate, Molde, Arouca, ou déjà dans les équipes de jeunes de mastodontes du football tels que Manchester City ou le FC Barcelone, la profusion de ces nouveaux noms alimentant quotidiennement la chronique de la galaxie football est tout bonnement vertigineuse. « La diffusion sur les réseaux sociaux de compilations de jeunes joueurs font des millions d’impressions, tout en n’étant que des montages de deux minutes », explique Adrien Mathieu. Pourtant, « ce n’est pas parce qu’il y a une performance ponctuelle que l’on peut affirmer quoi que ce soit » sur le potentiel d’un footballeur. L’exposition de ces jeunes garçons, collectivement et individuellement, est aujourd’hui certainement égale voire supérieure à celle des joueurs adultes qui évoluaient dans les années 1990. Il est facile de suivre les compétitions internationales de jeunes, qu’elles soient de sélections ou de clubs. Les supporters du RC Lens ont eu l’opportunité de découvrir la Youth League cette saison, y compris grâce à des retransmissions en ligne. « Cette compétition apporte énormément de choses, car elle permet aux jeunes de la formation française de se confronter à leurs homologues européens. Le parcours du FC Nantes dans la Youth League est admirable, tout comme celui du RC Lens, qu’il ne faut pas banaliser ». Mbappé a-t-il cassé les codes ? Parmi ces jeunes à éclosion supersonique, il y en a un qui a immédiatement pris de vitesse le monde du football sur le terrain, mais aussi en dehors. « Moi tu ne me parles pas d’âge ». Cette punchline, prononcée par Kylian Mbappé dans Intérieur Sport quelques semaines avant le Mondial en Russie, en mai 2018, et un an après son arrivée au PSG, est a posteriori assez fascinante. À l’époque, le natif de Bondy, sûr de sa force (« Vous n’êtes pas contents ? Triplé » est issu du même documentaire), souhaitait faire passer le message au monde du football que ses 18 ans n’étaient en rien un obstacle. Qu’il assumait son talent, et que sa relative inexpérience du très haut niveau n’allait en rien altérer sa capacité à faire exploser les défenses adverses lors des moments décisifs où, souvent, l’expérience parle. Des paroles rapidement suivies d’actes, puisqu’il sera dans la foulée l’un des meilleurs joueurs de l’équipe de France sacrée championne du monde. Cette sortie médiatique pourrait avoir inconsciemment influencé certaines analyses. « Cette phrase de Mbappé a cassé les codes », estime Adrien. « Ce qui est sûr c’est qu’il y a des joueurs qui sont prêts de plus en plus jeunes. Mais a contrario, ce n’est pas parce qu’à 17 ans tu n’es pas prêt que tu seras condamné à être une pipe. Des joueurs comme Giroud ou Valbuena, Lees-Melou, Jonathan Gradit, Florian Sotoca ou Adrien Thomasson ont explosé tardivement. Tout le monde n’a pas un chemin linéaire et c’est aussi ce qui fait la richesse du football. Il faut être assez prudent avec les jeunes joueurs ». Récemment par exemple, Anis Hadj-Moussa, 22 ans, est réapparu dans les radars. Le jeune Franco-Algérien, formé au RC Lens qui ne l’a pas conservé, a intégré la sélection des Fennecs, dirigée par Vladimir Petkovic, grâce à de prestations de haute volée en Eredivisie avec son club du Vitesse Arnhem. Simon Banza, qui a mené l’attaque Sang et Or lors de la remontée en Ligue 1, est actuellement deuxième meilleur buteur du championnat portugais avec 19 unités en 20 matchs. Des cracks passés au travers des filets du RC Lens ? Ou tout simplement des joueurs qui ont eu besoin de temps ainsi que d’un contexte différent pour prendre leur envol ? C’est certainement l’angoissante projection que se font les supporters lensois qui réclament la titularisation d’Ayanda Sishuba depuis des mois. Photo So Foot Adrien tempère : « Comme pour tout, l’analyse ne doit qu’être multifactorielle. Il faut prendre en compte les statuts, l’intégration dans un groupe, l’acceptation par le vestiaire, l’expérience, la stabilité émotionnelle du jeune joueur au moment où il est lancé, son accompagnement par le coach, l’entourage. Le danger, c’est le fait de vouloir trop vite mettre des jeunes joueurs en avant. Il faut savoir respecter la pyramide des âges qui est très importante dans l’équilibre d’un vestiaire. Tu peux voir Strasbourg avec BlueCo qui a vendu tous les joueurs de plus de 23 ans. Et le remplacement de Matz Sels par un jeune gardien très inexpérimenté ». Le contre-exemple du RC Strasbourg pourrait-il, si on suit la logique d’Adrien Mathieu, provoquer une méfiance face aux effectifs trop jeunes ? Les supporters alsaciens feront-ils entendre leur ras-le-bol de voir un onze uniquement composé de jeunes, sortis de la couveuse par un propriétaire n’ayant que la notion de trading en tête, et a fortiori obtenir le retour de cadres souvent désignés comme valeurs sûres ? Beaucoup de supporters sont capables d’accorder de la patience à de jeunes joueurs, en songeant à leur potentiel et à l’indispensable temps de maturation. Mais qu’est-ce qui peut expliquer que les plus doués soient mis sur un piédestal ? Certains, parfois, sont érigés comme la solution miracle aux défaillances du collectif, plombé dans l’esprit des supporters par des individualités plus âgées, des joueurs qu’on estime coupables de vivre dans le confort d’une place de titulaire. « Il y a du bon et du moins bon dans le jeunisme. Mais ce que l’on peut noter également, c’est que dans ce football moderne, il y a une perte d’identité de plus en plus marquée, et la tendance va en s’accélérant. Les

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Failles sismiques

Les sols ont tremblé samedi soir en Artois. Et les hommes sont tombés. La déception est à peine diluée dans les médiocres résultats de la concurrence. Le RC Lens a manqué une vraie occasion de breaker. Au-delà du résultat, c’est la manière de saborder soi-même qui frustre. Photo Icon Sport Au RC Lens, on gagne ensemble et on perd ensemble. Et certainement que les premiers à regretter le match de samedi soir, ce sont eux, les joueurs. Ceux qui n’ont pas répondu présent. On pense bien évidemment à Facundo Medina, impeccable depuis le début de la saison, et qui s’est soudainement liquéfié ce samedi soir. On pense aussi à Papy Mendy, passeur presque décisif au profit de son ancien club en début de seconde période. Et enfin, on ne peut oublier la prise de lutte gréco-romaine de Kodir Khusanov dans la surface de réparation, qui permet à l’adversaire du soir, sans génie aucun, de breaker à 3-0.  Le derby dans 10 jours Le score aurait symboliquement dû être de -3 à 0, tant les hommes de Franck Haise ont réussi à se saborder tout seul, à intervalle régulier et avec une certaine homogénéité dans la forme. Failles sismiques. Les stats sont effrayantes : trois grossières erreurs individuelles amenant trois frappes cadrées générant autant de buts. Une déception en rien atténuée par le chef-d’œuvre d’Elye Wahi à l’approche de la 80e minute, qui a eu le mérite de réveiller de minces espoirs, raccrochés aux souvenirs des remontadas vertes de la décennie 2000. Le RC Lens a encore manqué le coche face à cet adversaire qu’on aurait pourtant aimé pousser vers le fond. Un rival relancé comptablement, et il ne nous reste qu’à espérer que cela s’arrêtera là.  Les matchs nuls de Monaco, de Brest et Lille, ainsi que la défaite de l’erratique patient marseillais, ont pour effet un compactage encore plus prononcé de la partie haut du classement. Finalement, le RC Lens peut se dire que dans son malheur, il aurait pu perdre plus gros. Mais la dynamique est stoppée net, comme c’est souvent le cas avec le jeu des séries. Pour autant, il s’agit de garder la raison. Perdre ainsi embête, mais peut également servir d’électrochoc. Avant cette défaite, les Sang et Or présentaient le deuxième bilan de L1 sur la séquence J6-J25. Aux joueurs de se nourrir de cette frustration, alors que Franck Haise devrait récupérer les forces vives de son côté gauche, pour aller reprendre les points donnés samedi soir. Ce sera à Lille, dans une dizaine de jours.

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Nouvelle École

Ce club t’attrape par le col, nouvelle école. Des jeunes talents, nouvelle école. Ils s’passent la balle et goal, nouvelle école. Alors que les hommes de Franck Haise avaient fini l’année 2023 sur les rotules, un vent de fraîcheur semble depuis balayer certaines incertitudes. L’effectif regorge de jeunes talents. Et se projeter devient même sacrément kiffant.  Photo Icon Sport Les connaisseurs auront la ref. Nouvelle École, grand classique du rap français que beaucoup de jeunes darons de la génération 1990 ont écouté en boucle sur leur Discman. À l’époque, l’amour du bon son nous faisait prendre la voiture ou le train jusqu’à la FNAC du coin. Nouvelle École colle parfaitement à cette transition douce qu’opère le RC Lens depuis quelques mois, mine de rien. Une transition illustrée par l’émergence d’un Neil El Aynaoui sorti d’à peu près nul part, qui a tout du joueur du futur qui se conjugue au présent. Et il est loin d’être le seul garçon à nous promettre des lendemains heureux. La prochaine colonne vertébrale du club artésien est d’ailleurs peut-être déjà dans les murs de la Gaillette. Nouveau cycle ? Car Neil n’est pas le seul à avoir un destin d’astronaute. À ses côtés, Andy Diouf a déjà montré de quoi il était capable. De manière trop sporadique pour prétendre à une place de titulaire indiscutable comme l’ancien Nancéien, qui semble déjà presque indéboulonnable. David Pereira Da Costa, hyper décisif depuis qu’il a musclé ses épaules, semble être le parfait partenaire pour faire briller Elye Wahi, recrue la plus chère de l’histoire d’un Racing ayant changé de dimension l’été dernier, et dont les prestations montent en puissance à mesure que son entente avec le natif d’Almada se parfait. Sur le poste de piston, Jhoanner Chávez brille par une neutralité en tout point remarquable, si l’on considère sa fraîche arrivée dans l’effectif de Franck Haise. Il est à parier que lui aussi devrait monter en puissance et devenir un joueur référencé en vue de la saison prochaine. Derrière, le mutant ouzbek Abdukodir Khusanov, venu tout droit de Biélorussie à l’été 2023, offre une assurance que l’on a rarement vue dans les travées de Bollaert-Delelis à tel âge. Dans l’ombre, Ayanda Sishuba attend son heure. L’avènement progressif de ces joueurs talentueux, parfaitement accompagnés par les vieux briscards en nombre tout aussi conséquent – Sotoca, Samba, Gradit, Aguilar, Haidara, Mendy –, est aussi le marqueur du lancement d’un nouveau cycle savamment dilué sur deux intersaisons. Nouveau cycle également initié par le départ du « joueur fanion » Seko Fofana, en attendant les adieux probables d’autres cadres hautement symboliques de ce RC Lens renaissant. Frédéric Hébert et son collaborateur Romain Peyrusqué planchent sur les contours de l’effectif pour la saison à venir, et le duo – également talentueux – pourra s’appuyer sur l’existant afin de pérenniser cette « structure de jeu ADN » qui colle si bien au club et à sa région. D’un point de vue plus cynique, tous ces jeunes talents – dont les contrats sont aussi longs que les dents – ont une autre vertu : offrir au RC Lens un portefeuille d’actifs que l’on pourrait comparer à une assurance vie. Vivre le moment présent ? Toujours. On n’oublie pas que dans le football, tout va très vite. Mais tout de même, ce RC Lens nous offre d’heureuses projections qu’il est difficile d’ignorer, considérant que les étoiles de la Ligue des Champions sont de nouveau à portée de main.

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Thèse, anti-thèse, Franck Haise

Il semblait cousu de fil blanc que ce n’était qu’une question de temps. Mais nous n’en étions pas certains. Étage par étage, la fusée artésienne s’est mise en action. D’abord défensivement, puis dans sa maîtrise du milieu. Jusqu’à sa pointe haute. Elye Wahi, dernier module de la mission spatiale lensoise, a été décisif lors des trois dernières sorties en L1. Photo RC Lens Il est difficile d’expliquer des dynamiques de forme, et dans un sens, on préfèrera toujours émettre des hypothèses en ouvrant le débat plutôt que balancer de grandes affirmations empreintes d’émotions. Nous ne sommes que des observateurs, passionnés certes, mais complètement amateurs. L’excellent article publié dans La Voix du Nord au sujet de la progression de David Pereira Da Costa doit nous pousser à encore plus d’humilité lorsqu’il s’agit d’analyser la progression d’un joueur. Dans ce cas bien précis, on apprend que la blessure à l’épaule, que tout kinésithérapeute considère comme hyper handicapante pour la pratique du sport de haut niveau, aura permis au Franco-Portugais de passer du temps en salle, seul, à ruminer les raisons de sa stagnation et trouver les leviers adéquats pour passer ce cap tant attendu. Qui l’aurait imaginé ?  En fait, la seule radicalité doit s’appliquer à la nuance. Nous sommes tous des peintres, au sens propre comme au figuré, et le pantone doit être notre principal outil dès lors que l’on parle de football. Nous sommes aussi des philosophes – de main courante. Pour chaque thèse apportée, il s’agirait de trouver son antithèse. Affirmons qu’il est impossible d’affirmer. Cela rend l’exercice infiniment plus intéressant que de hurler avec les loups quand les résultats deviennent moins bons. De plus, lire le déroulé d’un match de football et analyser une saison dans son entièreté sont deux démarches bien différentes. Et c’est bel et bien ce qui est en train de se passer avec le RC Lens depuis quelques semaines. Dans les récentes défaites, à Freiburg et contre Monaco, il était difficile, voire impossible, de tirer un quelconque positivisme, tant les frustrations l’emportaient sur une analyse froide et objective. C’est pourtant un Franck Haise en totale décontraction qui s’est présenté en conférence de presse d’avant-match vendredi. RC Lens mature, OL yaourt nature La machine RC Lens, bien qu’orpheline de deux de ses moteurs principaux et handicapée par un terrible début de saison, semblait condamnée, de l’aveu même de son coach, à un exercice 2023-24 des plus compliqués. Le département engineering a su trouver les bons réglages au cœur de la tempête et devant la répétition des matchs, bonus Ligue des champions. Et c’est un Racing serein et confiant, à l’image de son coach, qui a récité une agréable partition de son répertoire footballistique en clôture de la 24e journée. Ce matin, on a le sentiment que l’équipe est en train de retrouver sa vitesse de croisière, fort de son homogénéité et riche d’une expérience européenne toute fraîche, mais sûrement déjà impactante. Un RC Lens mature face à un OL yaourt nature, pour citer Walid Acherchour. Et un succès qui permet de se projeter encore un peu plus haut. Le bilan affiché par les Sang et Or depuis la sixième journée, deuxième de Ligue 1 derrière le PSG, parle de lui-même.  Aujourd’hui, lundi 4 mars 2024, le RC Lens se réveille avec une victoire claire et nette face à l’OL, au Groupama Stadium. Six points sur six face à ce rival – qui, encore aujourd’hui, hante notre salle des trophées ? Ce n’était plus arrivé depuis la saison 1997-98. Les Rhodaniens, qui ont récemment fait tomber l’OM, le LOSC ou encore l’OGC Nice, se sont pris ce qui s’apparente à une leçon de football pendant une grande partie de la rencontre. Le match n’a pas été parfait, et le poteau de Mangala aurait pu inverser les dynamiques. Ou pas. Parce que là encore, il est impossible de l’affirmer ou l’infirmer. Mais à travers le prisme de cette nuance que l’on s’impose dans la projection à court terme, il s’agira aussi de souligner la surprenante faiblesse de l’adversité, qui s’est parfois comportée comme une petite équipe de seconde division face à un ogre impitoyable, en étant complètement replié dans ses trente mètres. Là aussi, ne nous laissons pas éblouir par ce score large et sans appel obtenu face à une équipe qui n’a pas mis les ingrédients que mettront certainement nos prochains adversaires venus du Finistère. Sans avoir besoin de rappeler que ce sont ces mêmes Brestois qui nous avaient retournés le 13 août 2023, en ouverture du championnat.

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Romain Peyrusqué, ne lui parlez pas d’âge

Il n’y a pas que sur les terrains que les acteurs du football sont de plus en plus jeunes. À tout juste 27 ans, Romain Peyrusqué est déjà un membre important de la direction sportive du RC Lens. Partons à la découverte du « gars sûr » de Frédéric Hébert. Photo LinkedIn Une vie, un destin. Quand les trains passent, il faut savoir monter à bord. Une allégorie aussi simpliste que pertinente lorsqu’il s’agit de parler de la fulgurante évolution de Romain Peyrusqué. À seulement 27 ans, le Palois pourrait en témoigner directement.  « J’ai d’abord joué au rugby jusqu’à l’âge de 13 ans, mais j’ai eu un cancer et j’ai dû arrêter. Je devais me rediriger vers un sport avec moins de contacts pour éviter les problèmes de santé. J’ai donc choisi le football. En trois ans, j’ai atteint un bon niveau, jusqu’à jouer en catégories de jeune à Mont de Marsan », explique-t-il à Sud Ouest. Ce fan de l’ovalie se découvre une passion pour le football lorsque, travaillant pour un groupe de distribution de produits culturels, il met la main sur Le Cas Mourinho, biographie du Special One écrite par Thibaud Leplat. « Je suis rentré à la maison, et je ne l’ai pas lâché de la nuit. J’ai décidé que je serai entraîneur. » Dans Le Parisien, il confie que « Sacchi, Sarri ou Jardim, qui sont des références sans avoir effectué une grande carrière de joueur, ont eu des parcours inspirants. » Jeune diplômé et projet de rachat du FC Rouen Mais comment ce jeune homme originaire d’une famille du sud-ouest plus habituée à fréquenter les stades de rugby que les enceintes de football a-t-il pu atterrir si jeune dans un club de football professionnel ? La réponse tient en un nom : Mickael Bouilly, que le Béarnais a connu sur les bancs du STAPS de Rouen. L’entraîneur des gardiens de but, historique du Paris FC – nonobstant une parenthèse internationale en compagnie de Vahid Halilhodzic à la tête de la sélection algérienne, puis brièvement du club turc de Trabzonspor –, offre alors à Romain Peyrusqué l’opportunité de venir collaborer au club francilien. En 2017, ce dernier accepte le rôle d’assistant proposé par son ancien collègue universitaire et intègre le staff de Fabien Mercadal, avant de passer adjoint chargé de l’analyse vidéo de Mecha Bazdarevic la saison suivante. À 21 ans, il devient le plus jeune adjoint de France, mais aussi le plus jeune entraîneur européen titulaire de la Licence A UEFA, qui lui permet d’entraîner des clubs de deuxième division européenne. « Je l’ai obtenue à 20 ans. Mais je ne fais pas tout ça pour battre des records. Je suis passionné par tous les aspects du coaching, et le management » commente-t-il dans le Parisien. Une passion dévorante, qui occupe une très grande partie de son quotidien. « Je regarde plein de matchs, je réalise des montages, j’adore déceler le projet de jeu des équipes. Sur mon temps libre, je lis beaucoup de livres en anglais ou en espagnol sur le coaching. J’économise de l’argent pour partir dès que je le peux en formation à l’étranger. » Et Mecha Bazdarevic de conclure : « Il a trouvé sa place parmi nous grâce à son travail et ses compétences, on sent qu’il a envie d’apprendre. On est là pour l’accompagner, c’est un gamin qui ira loin. » Des compétences techniques qui semblent accompagnées d’un certain goût pour l’entreprenariat. Alors adjoint de René Girard au Paris FC, le Béarnais se positionne pour racheter le FC Rouen, club formateur de Franck Haise et alors pensionnaire de N2. Lors de la saison 2022-23, Romain Peyrusqué s’éloigne du vestiaire après une saison passée dans le staff de Thierry Laurey pour prendre le poste de directeur du recrutement, rapportant directement à Frédéric Hébert. Désormais, le jeune duo Hébert-Peyrusqué collabore à La Gaillette, avec pour objectifs de combler le vide laissé par le départ d’un autre dirigeant jeune et ambitieux, et de continuer à grandir dans ce cadre stable mais exigeant que lui offre le RC Lens.

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« Il faut développer l’accompagnement psychologique »

Si l’on insiste pour mettre en contexte les performances des footballeurs, une dimension est trop souvent négligée parmi les facteurs expliquant les performances collectives et individuelles : la psychologie. Lydie Huyghe, psychologue clinicienne à l’Institut Neurosport de Liévin, nous éclaire sur quelques outils qu’elle emploie. Photo Huffington Post « Il est nul ! « Une chèvre ! » « Erreur de casting… Faut le vendre ! ». Toutes ces expressions sont monnaie courante dans le supportérisme, et s’entendent régulièrement dans un stade de football. Mais l’expression violente de la frustration du supporter a un impact sur la psychologie du joueur ciblé. Depuis les tribunes, on se rend rarement compte du niveau de pression que subissent les joueurs de football de haut niveau. « Ils ne font pas du sport comme vous et moi. Ils exercent une discipline sportive. Toute la vie d’un sportif de haut niveau est régentée par la performance. Il faut bien dormir, il faut bien manger. Il faut s’interdire ceci, cela. Tout cela met une pression qui vient s’ajouter à celle que se met le sportif lui-même, et qui s’ajoute à celles mises par le club, l’entourage, les supporters, sans parler des réseaux sociaux qui sont venus s’ajouter au mille-feuilles », nous explique Lydie Huyghe. La parole commence à se libérer. Il n’y a qu’à se rappeler des déclarations de Jonathan Clauss, qui avouait sur le site de SoFoot qu’il s’interdisait de pleurer à une époque. Se l’autoriser enfin, « ça m’a fait un bien fou », reconnaissait-il. Plus récemment, c’est Thierry Henry qui a accepté de dévoiler une réalité cachée derrière son accumulation de titres. « J’ai longtemps menti, parce que la société n’était pas prête à entendre ce que j’avais à dire. J’ai été en dépression pendant ma carrière, et je n’ai rien fait pour en sortir. » L’émission de la chaîne Youtube The Diary of a CEO, diffusée le 8 janvier, a été largement commentée à sa sortie. Faisant l’effet d’une bombe, elle pourrait servir à nourrir le mouvement de libéralisation de la parole. « Il y a beaucoup plus de dépressions que l’on ne l’imagine », poursuit Lydie. « Je vois beaucoup de jeunes sportifs qui viennent me voir. C’est un milieu par essence impitoyable. Si vous ne faites plus l’affaire, ou quelqu’un de meilleur arrive à votre place, tout s’arrête du jour au lendemain. Sur l’accompagnement de la performance, la France est plutôt bien structurée avec de nombreux centres. Mais à mes yeux, il faut encore développer l’accompagnement psychologique. » Travail sur le long terme Le RC Lens est connu pour ses méthodologies de travail innovantes. Dans la préparation physique, tactique mais aussi mentale. Depuis quelques saisons déjà, des cours de yoga sont proposés aux joueurs ainsi qu’à l’ensemble du staff. « C’est génial ce que fait le RC Lens à ce niveau. Intégrer des séances de yoga aux entraînements sans que ce soit une obligation. C’est Anne Lejot, qui est aussi professeure à l’université des sports de Liévin, qui a mis cela en place. C’est un outil qui permet d’apporter quelque chose d’autre aux joueurs qui en ont besoin. » La fin de la phrase est clef. Parce que non, tout le monde n’a pas besoin de séances de yoga, voire même d’un suivi psychologique. Ces pratiques vont chercher des réponses à des problématiques intimes, et sont à individualiser. Lydie Huyghe nous présente sa spécialisation, et les bénéfices que peuvent en retirer ses patients : « Je suis psychologue clinicienne, et j’utilise beaucoup d’outils qui sont très utilisés au Canada et aux États-Unis, comme le neurofeedback ou le neurotracker ». Ces termes scientifiques, Lydie Huyghe nous les explique avec pédagogie. « Tout commence avec un entretien d’introduction avec le sportif. Parfois, la demande vient de l’entraîneur, qui connaît son joueur et la problématique, et sur laquelle il n’arrive pas à intervenir. Parfois, l’initiative vient du joueur lui-même. À partir de la problématique, on identifie les outils qu’on va utiliser. Pour être concrète, il y a l’exemple type du joueur de football très bon à l’entraînement et qui n’arrive pas à répéter ses performances en compétition. On fait ici face à l’anxiété de performance, conséquence d’une perturbation, d’une inhibition. Pour vous donner quelques notions, sachez que dans notre organisme, nous disposons de deux systèmes nerveux : le central, ou le cerveau ; et l’autonome, à savoir les nerfs. Le système autonome est, lui, divisé en deux catégories : le sympathique et le parasympathique. Le sympathique, c’est celui qu’on active, qui va permettre de réagir rapidement, de se mettre en action sur le terrain pour un joueur de football. Parfois, il arrive que le système soit un peu trop actif, sans que cela ne soit souhaité. Cette suractivité peut générer des effets connus de tous, comme les mains moites, qui peuvent aller jusqu’à la tachycardie. » Et le parasympathique, donc ? « C’est la pédale de frein. Pour les sportifs qui vont rencontrer une anxiété de performance, on va utiliser le biofeedback et passer par le système parasympathique. L’objectif est que les exercices réalisés en partenariat avec le joueur, et parfois l’entraîneur, aient des effets sur le long terme, si possible de manière pérenne. » Photo So Foot Cette pérennisation est, comme dans tout travail de fond, la clef. Le risque étant de chasser le naturel avant qu’il ne revienne au galop. « L’outil biofeedback n’a rien de magique. Si on traite le psychisme, il faut également traiter le physiologique. Ce n’est pas parce que l’on a compris que l’on a un problème que le problème se règle de lui-même. Si vous avez un comportement qui est ancré dans vos habitudes depuis plusieurs années, le changement ne peut s’opérer instantanément. Le sportif peut ressentir un soulagement momentané, mais le processus demande du temps. » Lydie Huyghe parle également de la récupération permise par le sommeil. « Quand un joueur fait une performance, il faut aussi apprendre à redescendre émotionnellement. Il est très fréquent que les sportifs de haut niveau fassent des nuits blanches après une rencontre à haute charge psychologique ». Un constat que les supporters comprendront facilement. Celui qui lit ces lignes se souviendra de la difficulté de trouver le sommeil après la retentissante victoire contre Arsenal,

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Sport (avant tout) collectif

La logique de rotation était attendue. Elle a même légèrement dépassé les attentes puisqu’à Reims, Franck Haise a procédé à une large revue d’effectif, changeant huit joueurs sur les onze qui avaient pataugé contre Fribourg. Un turnover qui vise à pérenniser la dynamique collective, fondamentale dans la réussite du RC Lens à moyen terme. Photo RC Lens Pour analyser objectivement les choix faits pour ce Lens-Reims, on préfère éviter le piège que tend l’omniprésente culture de l’instant. Les joueurs de rotation, appelés « finisseurs » par un Franck Haise qui use de la sémantique rugbystique, sont par définition moins en jambes que les titulaires, peuvent faire défaut sur un match et avoir une influence négative sur un résultat ponctuel. Pourtant, prendre ce risque est obligatoire afin de mieux préparer les succès futurs. Le remaniement de ce week-end, en plus d’être comptablement positif, permettra peut-être d’accrocher la qualification à l’Europa Park Stadion, puis de faire plier l’AS Monaco à l’heure du goûter d’anniversaire des Red Tigers. Sur un but d’un titulaire reposé, ou d’un finisseur remis en jambes. Cet état d’esprit collectif ne s’improvise pas, il se crée sur le long terme, et surtout, il s’entretient. Justesse technique défaillante La force de ce RC Lens, c’est de pouvoir compter sur un groupe qui s’homogénéise mois après mois. Et si son entraîneur a un dogme, c’est bien celui d’offrir le maximum de temps de jeu à l’ensemble des joueurs de l’effectif. Peut-être moins par choix que par obligation, même si l’on s’accordera à dire que les deux sont forcément liés. À Reims, Kodir Khusanov a montré qu’il se rapprochait du niveau attendu pour entrer dans le onze de départ. Salis Abdul Samed et Nampalys Mendy sont des valeurs sûres, Jhoanner Chávez affiche déjà de la cohérence, quand Saïd a retrouvé sa blouse de chirurgien des surfaces. Adrien Thomasson et Angelo Fulgini, s’ils n’ont pas brillé de mille feux, faisaient partie de l’équipe qui aurait dû repartir d’Auguste-Delaune avec les trois points, si Morgan Guilavogui n’avait pas vu sa frappe déviée du tibia par Abdelhamid. Menés assez logiquement au score après 40 minutes de bagarre désorganisée, à la suite d’un des très rares mouvements collectifs des Rémois, les hommes de Franck Haise ont eu l’excellente idée de vite recoller au score. Une égalisation qui arrive sur la première action de jeu, et le premier tir cadré des Sang et Or, venant illuminer un obscur premier acte. La deuxième mi-temps laisse quant à elle de vrais regrets. Si le niveau technique était parfois abyssal ce dimanche après-midi, le goût de l’effort et la refus de renoncer ont permis aux Lensois de graduellement prendre le match à leur compte. Et la domination aurait pu être encore plus forte, si l’arbitre avait eu l’humilité de reconnaître son erreur manifeste à la suite de l’affreux tacle d’Okumu sur Frankowski, pourtant mis en lumière par une VAR dont plus personne ne comprend le rôle. Un nouveau dossier arbitrage, une semaine après l’attentat de Zeze sur David Pereira Da Costa. Pour une équipe loin d’être au niveau techniquement, chahutée dans les duels, le point du nul a été préservé, à défaut de convertir une troisième fois de suite un déplacement en victoire. La faute à une justesse technique largement défaillante : en témoigne l’« air finition » du piston équatorien Chávez, pourtant régulièrement présent dans la zone de vérité. Le RC Lens poursuit son bonhomme de chemin, le podium étant toujours en ligne de mire alors que la concurrence pour l’Europe, ces prochaines semaines, va se présenter sur notre route.

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La vie c’est pas Football Manager

On aurait pu penser que la trêve imposée par la sortie prématurée du Racing en Coupe de France nous offrirait un peu de repos. Que nenni. Les débats se poursuivent autour d’un mercato jugé pas assez actif au regard d’ambitions souvent fantasmées. Commençons par ces dernières. L’ambition du RC Lens pour cette saison 2023-24 a été annoncée à de si nombreuses reprises. À l’aube de l’exercice en cours, le club artésien affichait un budget de 115 M€, gonflé par la qualification directe en Ligue des Champions. Faut-il encore rappeler que la valeur communiquée d’un budget ne présage en rien de l’issue d’une saison de football ? Il semblerait que oui. La métrique qui amène le plus d’indices sur les forces en présence serait plutôt la masse salariale. Sur ce critère, le RC Lens se classerait 8e de Ligue 1. « Il s’agit de rester le meilleur outsider possible », clamait d’ailleurs Arnaud Pouille. De plus, l’ensemble de la direction s’accordait à vouloir représenter dignement les couleurs lensoises à travers l’Europe, ce qui a été fait. Alors, pourquoi s’inventer des objectifs irréalistes sans arrêt ? La passion ne peut être la sempiternelle excuse. Les plus enflammés qui rêvent d’une Ligue des champions chaque saison feraient peut-être mieux de profiter de la saison hivernale pour aller faire un plongeon dans les rivières fraîches qui essaiment la région. Un retour à la vitesse grand V Il en va de même concernant les affirmations sur le mercato. Le RC Lens avait rapidement identifié sa priorité : un piston gauche. Il fallait en effet pallier l’absence prolongée de Deiver Machado, celle tout aussi incertaine de Massadio Haïdara, et le manque de certitudes apportées par un Faitout Maouassa aux abonnés absents avant sa double titularisation de début 2024. Jhoanner Chávez est arrivé début janvier, comblant ce manque identifié critique. Mais ce ne serait pas assez. Il manque un milieu de terrain, mais aussi un joueur offensif. Et pourquoi pas un défenseur et un gardien remplaçant ? Tout cela en oubliant qu’un joueur dans une mauvaise passe est tout à fait susceptible de rebondir au cours d’une saison. L’élémentaire complètera qu’un transfert ne se concrétise qu’avec un accord tripartite club, club et joueur. Nous ne sommes pas dans un monde virtuel où les cartes Sorare ou FUT se vendent entre deux cafés. Et recruter avant de vendre – cet hiver comme cet été – reviendrait à remettre en cause un des principes fondamentaux du RC Lens et de Franck Haise : la constitution d’un groupe restreint dans lequel chaque joueur se sentirait concerné tout au long de la saison.  Nul n’est prophète en son pays. Pas même la direction du RC Lens, qui fait pourtant globalement ses preuves en termes de compétence de gestion depuis plus de quatre ans. Si l’effectif du Racing, comme celui de 99,99% des clubs, est tout à fait perfectible, il est bon de rappeler qu’il n’y a aucune urgence, et que le RC Lens est actuellement dans les temps de passage qu’il a lui-même savamment définis. L’immédiateté du monde virtuel n’a pas d’équivalent dans celui dans lequel nous vivons tous. Et si le RC Lens a retrouvé son statut d’antan à vitesse grand V, rappelant parfois une partie de Football Manager, il semblerait que ce ne soit encore pas assez.

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Smells Like Team Spirit

Ok, on a perdu. Ok, c’est la deuxième défaite d’affilée. Ok, il y a aussi l’élimination en Coupe de France. Mais ce serait faire fi de l’état d’esprit qui continue d’animer ce groupe, qui dans la difficulté, continue de ne jamais rien lâcher. À ce niveau, ils sont irréprochables. Les jours d’allégresse reviendront. Faisons-nous-en la promesse. Jamais, ô non jamais, un supporter lensois ne devrait siffler Elye Wahi lors de sa sortie du terrain. Le postulat est ferme, et l’on se félicitera de la réaction de la Marek. Avant le match, et au moment du remplacement de l’ex-Pailladin. Si, comme l’immense majorité de ses coéquipiers, Wahi pèche dans la finition, il ne doit jamais être la cible expiatoire d’un public lensois qui s’est outrageusement embourgeoisé au fil des dernières saisons. Parce que le buteur lensois se bat contre l’adversité, mais aussi contre cette situation qui l’a vu propulsé en recrue historique d’un club populaire qui retrouve tout juste son lustre d’antan. Il n’a pas choisi le prix de son transfert, ni son salaire. Mais il a choisi le RC Lens pour poursuivre le tortueux chemin de sa carrière de footballeur.  Irréprochables dans l’état d’esprit Contre le PSG ce dimanche soir, le milieu de terrain du RCL comportait un joueur du championnat suisse et un ancien capitaine de N1, Faitout Maouassa, qui démarre sa saison en janvier en peuplant le couloir gauche, rapidement relayé par Jhoanner Chávez, arrivé le week-end dernier dans une région qui pour lui a tout du Pôle Nord. Alors que les joueurs de Luis Enrique ont assez logiquement eu la mainmise sur la rencontre, la jeune garde lensoise n’a jamais baissé la tête. À dix contre onze, elle n’a aucunement abdiqué et aurait même pu renverser des Parisiens vraisemblablement trop faciles. On peut effectivement regretter le pénalty manqué de Frankowski, sans pour autant présager de ce qui se serait passé en cas d’ouverture du score prématuré. « Con el diario del lunes, todos podemos hablar* », déclarait récemment Facundo Medina.  Une défaite n’est jamais encourageante. Parce que perdre un match en jouant bien rapporte zéro point, et n’assure en rien les victoires futures. Si depuis deux matchs, on retrouve les ingrédients que l’on avait pour habitude de consommer, il s’agira désormais de sanctionner les belles promesses entrevues lors des trois prochaines rencontres ; à Toulouse, à Nantes, et enfin domicile contre le RC Strasbourg. Le Racing, qui profite de la neutralisation quasi-constante de ses adversaires, n’est pas du tout décroché des places européennes. Loin de là. La pyramide de Maslow appliquée au football mettrait l’état d’esprit à sa base. De Jean-Louis Leca à Elye Wahi, de Romain Peyrusqué à Arnaud Pouille, it smells like team spirit. *avec des si.

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El numero trece, Jhoanner Chávez

El Coca. Province de l’Oriente. C’est l’autre nom de Puerto Francisco de Orellana, ville de naissance de Jhoanner Chávez et nouvelle recrue du RC Lens. À la découverte du dragster équatorien, nouveau piston gauche qui portera le numéro 13. Photo Edouard Solvet À 17 ans, Jhoanner Chávez quitte ses terres natales pour rejoindre l’ Independiente del Valle, club longtemps resté mineur dans le football équatorien jusqu’à l’arrivée aux manettes de Michel Deller en 2007. L’homme d’affaire va permettre à l’IDV d’accéder à la première division pour la première fois de son histoire dès 2009 et de grandir de manière fulgurante. Dans le même temps, le club troque ses couleurs rouge et blanc rappelant celles de l’Independiente argentin pour le noir et bleu de l’Internazionale milanais. Rapidement après son accession en Serie A, le club basé à Sangolqui, à quelques kilomètres au sud de Quito, se pérennise parmi les grands clubs du pays, et finit par remporter le championnat en 2021. A son palmarès s’ajoutent deux Sudamericana (équivalent de l’Europa League) en 2019 et 2022, ainsi que la Recopa en 2023 (finale entre le vainqueur de la Libertadores et de la Sudamericana). Mais surtout, l’IDV se distingue par une politique de formation d’excellence et un réseau de scouting unique par l’intermédiaire de ses quelques soixante écoles de football IDV et sa centaine de centres de détection disséminés sur l’ensemble du territoire équatorien. De nombreux talents sont récemment sortis du club, comme Moisés Caicedo, aujourd’hui à Chelsea après un passage distingué par Brighton. En 2022, l’IDV remporte la Copa Milo Mitad del Mundo, un tournoi U18 durant lequel brille Kendry Paez, considéré comme la future grande star du football équatorien, et qui a déjà signé un pré-contrat avec le club anglais de Chelsea. Photo Independiente del Valle Sebastian Machado, journaliste sportif équatorien que nous avons eu au téléphone tard ce lundi soir, se montre dithyrambique à son sujet : « Il va très très vite ! Il a une vitesse assez folle, un bon contrôle de balle et est très fort sur les transitions ». Jhoanner Chávez serait-il ce dragster qui faisait défaut à l’effectif du RC Lens ? Le board, qui a récemment souligné la problématique de rajeunissement d’un effectif qui commence à avoir de la bouteille, a donc jeté son dévolu sur l’international équatorien, dont le compteur affiche déjà trois sélections avec la Tri, l’équipe d’Équateur de football. Sebastian, ravi de voir un jeune Équatorien rejoindre la Ligue 1, poursuit : « En plus de sa qualité de vitesse, c’est un joueur qui pénètre beaucoup les lignes adverses. Il est très souvent aux abords de la surface de réparation, mais est aussi capable de revenir fort sur les transitions défensives. Sa qualité de passe est également très intéressante. » Quand on le questionne sur sa capacité à s’adapter au football européen, Sebastian Machado nous explique que son profil est vraiment adapté au football moderne. « Il ne restera pas derrière, il ira de l’avant, et jouera sur sa vitesse qui a peu d’équivalence. » Total Football Analysis Et l’aspect défensif ? « Ici en Amérique du Sud, on a énormément de joueurs avec de vraies qualités offensives qui ne savent pas défendre. Je trouve personnellement que ce n’est pas le cas avec Jhoanner. Pour moi, il est vraiment complet. » Le jeune joueur, qui mesure 1,82 m, est d’ailleurs dans le radar de la sélection nationale. Ses dernières sélections remontent à octobre 2023, alors que l’Équateur affronte la Bolivie et la Colombie de Deiver Machado. Pour le dernier rassemblement international, le club de Bahia a décidé de ne pas le laisser rejoindre la Tri, provoquant le retour en sélection d’un autre piston gauche passé par la L1, Anibal Chala. « Chávez sera en concurrence avec Pervis Estupinan, qui joue actuellement à Brighton. Je le vois numéro deux dans la hiérarchie », complète notre interlocuteur.  Photo Olé Quand on l’interroge sur son passage raté à Bahia, Sebastian Machado nous répond que le problème était avant tout collectif: « Je ne sais pas comment vous percevez la politique sud-américaine du City Group depuis l’Europe, mais il faut vraiment remettre les choses dans leur contexte. Sur le continent américain, le club phare du City Group est New York City FC. En Amérique du Sud, ils ont pris le contrôle de l’Esporte Clube Bahia mais aussi du Montevideo City Torque en Uruguay. À mes yeux, l’EC Bahia est moins avancé dans son développement que le RB Bragantino, le club de Red Bull au Brésil. » Au sein du club brésilien, une source qui a souhaité rester anonyme nous apporte un complément informatif : « Chavez a été recruté comme une grande promesse du football sud-américain, après avoir remporté la Copa Sudamericana avec l’Independiente del Valle contre le Sao Paulo. Mais à l’EC Bahia, il ne s’est jamais adapté. Il n’était pas heureux, il montrait beaucoup de nostalgie envers son pays d’origine. Il disait qu’il était triste. Il a été prêté à son club afin qu’il retrouve de la confiance. Il a démontré un grand potentiel, mais les supporters de Bahia n’ont pas apprécié son comportement, le fait qu’il expose ses états d’âme sur les réseaux sociaux… Certains ont pensé qu’ils pouvaient se reprendre mais la rupture était consommée ». Pris en grippe par le bouillant public de l’Itaipava Arena Fonte Nova, le jeune Équatorien retrouvera des couleurs au pays, et la sélection nationale fin 2023.  En dépit de ce passage raté dans la ville de Salvador, Jhoanner Chávez, qui était promis à un avenir européen depuis ses premiers exploits avec l’Independiente del Valle, rejoint tout de même le Vieux Continent. Après avoir recruté Abdukodir Khusanov, lui-même pisté par le City Football Group et la galaxie Red Bull, le RC Lens met la main sur un nouveau grand talent qu’il faudra accompagner. Une recrue idoine qui répond autant aux problématiques sportives du présent qu’aux projections de gestion de l’effectif à moyen terme.

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