CULTURE SANG & OR

Antoine

“Mamadou Camara va beaucoup progresser au RC Lens”

Le RC Lens a accueilli il y a quelques jours Mamadou Camara, jeune sénégalais issu de la célèbre académie AS Dakar Sacré-Coeur. Et on ne peut pas dire que le jeune milieu de terrain ait manqué ses débuts, lui qui a inscrit le but égalisateur lors du match de reprise contre le Standard, ce mercredi après-midi. Nous sommes allés à la rencontre de Doudou, qui travaille au sein de l’AS Dakar Sacré-Coeur, et qui connaît forcément Mamadou Camara depuis de nombreuses années. Bonjour Doudou, est-ce que tu peux nous présenter l’Académie Sportive Dakar Sacré-Coeur ?L’AS Dakar Sacré-Coeur est un complexe sportif créé en 2005, et qui est actif sur trois secteurs : le football avec l’équipe pro et le centre de formation, le sport loisir avec une école de foot dans laquelle transitent près de 1000 enfants, mais également 8000 participants adultes. Enfin, il y a le club solidaire, qui permet au club de s’impliquer dans des projets RSE (responsabilité sociale et environnementale). » C’est clairement visible sur l’écusson, l’AS Dakar Sacré-Coeur est un partenaire de l’Olympique Lyonnais. Peux-tu nous en parler ?« Le partenariat avec l’OL est en vigueur depuis 2015. C’est stratégique de pouvoir avoir avec un partenaire de luxe comme l’OL, qui est un des clubs les plus prestigieux en Europe et qui a construit son succès notamment sur la qualité de sa formation. L’OL dispose d’une option pour recruter nos jeunes joueurs. Mais si dans un cas précis il n’y a pas de manifestation d’intérêt, il y a toujours la possibilité pour nous de discuter avec d’autres clubs. » Peux-tu nous parler spécifiquement de Mamadou Camara ?« C’est un milieu défensif qui peut jouer vers l’avant. C’est-à-dire, avec le foot moderne, les milieux défensifs peuvent devenir de temps à autres des milieux offensifs. Il a cette intelligence pour se projeter vers l’avant. Il est en plus très à l’aise balle au pied et a des aptitudes offensives qu’il peut exploiter. Je pense qu’au RC Lens, il va beaucoup progresser à tous les niveaux. » Peut-il devenir un joueur important du RC Lens et plus tard de la sélection sénégalaise selon toi ?« Pour l’avoir vu jouer depuis 3-4 ans depuis qu’il est gamin, je pense qu’il a les qualités pour s’imposer à Lens, peut-être pas cette saison mais à partir de la saison prochaine. Oui, je pense qu’il peut s’imposer et devenir un élément important de votre équipe. Il a tout pour devenir un des joueurs les plus techniques que connaîtra le Sénégal. Il sera également un élément majeur de la sélection sénégalaise. Même si avec le foot il y a beaucoup d’aspects qu’on ne maîtrise pas et qui nous empêchent de prédire quoi que ce soit, je pense qu’il deviendra un très très bon joueur. » Allez, question piège pour finir. Si tu devais le comparer à un joueur connu ?« C’est un mélange entre Riquelme et Pogba (rires) » Un immense merci à Doudou Djigo pour ses réponses. Et un non-moins immense merci à Mansour et Saikou qui ont permis de réaliser cette interview. Retranscrit par Antoine

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Le RC Lens se donne des ailes

On minimise souvent les efforts nécessaires à la réalisation d’une bonne saison. Au RC Lens, on veut croire que l’exceptionnel cru de la saison 2020/2021 ne sera pas un feu de paille. Parce qu’on aimerait tant revoir le club de notre cœur retrouver sa superbe d’antan, mais aussi parce que l’on désire plus que tout revivre des émotions depuis les tribunes de Bollaert. Après avoir écrit “le choix des hommes” l’été dernier, on se penche de manière plus prospective sur ce que l’on croit être le début d’un cycle vertueux. Parce que les intérêts individuels ne priment plus sur l’intérêt unique de l’institution Sang et Or. Parce que la gouvernance est forte, et que la vision est claire. Le RC Lens se donne des ailes. Le sportif Schéma de jeu Atalanta ? Animation Ajax ? Recrutement RB Leipzig ? Inspiration OL ? Le RC Lens semble bien s’inspirer de ce qui se fait de mieux dans le football français, voire européen. Le club avance sereinement depuis son retour en L1. Des choix osés qui se sont avérés payants cette saison. De l’audace, de l’ambition mais toujours avec beaucoup d’humilité. La nomination de Haise avait surpris le microcosme lensois. Les recrues tout autant. De l’inconnu à la certitude, voilà le voyage que nous a proposé le Racing cette saison. Bien sûr, rien n’est acquis, et dans cette volonté de se remettre en question, l’homme central de cette réussite sportive, Franck Haise, le rappelait en clôture de cette magnifique saison de remontée en L1. Comme pour préparer les psychologies de ses hommes sur ce qu’allait être la reprise. Le recrutement Le RC Lens sait travailler dans l’ombre avec efficacité. Fausse piste ou plan C, aucune info ne fuite. Ou très peu. Les adeptes de la rumeur sont frustrés par la maestria de Florent Ghisolfi. La cellule de recrutement se développe et on peut imaginer qu’elle n’est encore qu’à une étape intermédiaire, en développement. Le triptyque de la vision sportive du RC Lens repose sur : La Gaillette, la cantera lensoise qu’on n’a plus besoin de présenter, Le recrutement de jeunes en post-formation, pour combler les manques de cette dernière sur certains profils, à certains moments, Le recrutement de joueurs confirmés, voire expérimentés Les journalistes qui suivent le Racing, ou le football en général, ne cessent de répéter que “tout est sous contrôle”. Le RC Lens sera dur en affaire cet été, et a déjà anticipé, en réalisant un coup dès la fin du mois de mai. L’arrivée de Christopher Wooh est l’illustration qu’au RC Lens, on ne se contente plus de réagir. La communication Le renouveau de la comm’ était également attendu, même s’il fût tout à fait normal que le club ait préféré concentrer ses efforts sur le sportif pour son retour dans l’élite. Bien que les dérives soient nombreuses dans le football moderne, et les derniers mois nous l’ont bien rappelé, il ne faut pas tout rejeter. Au contraire, la communication et le marketing sont indispensables, et ces disciplines peuvent être appliquées avec intelligence dans un club comme le RC Lens. L’arrivée de Benjamin Parrot va permettre au RC Lens de se doter d’une véritable force de frappe dans un exercice sensible et à l’équilibre toujours fragile. Faire du buzz, c’est un métier. Mais son rôle ne devrait pas se cantonner aux RT et likes des différentes plateformes des réseaux sociaux. Il lui faudra comprendre les supporters dans leur pluralité, leurs attentes, ce qu’ils rejettent, pour mieux les inscrire dans le projet du club. On parle d’inclusion. Mais aussi de marketing. Pour développer le chiffre d’affaires du RC Lens, tout en respectant les éléments de l’identité Sang et Or qui font notre fierté. La pelouse On a souvent vanté le jeu pratiqué par le RC Lens. Forcément, qui dit ballon pense pelouse. Et cette dernière est forcément un facteur décisif, bien que rarement évoqué. La société idverde est donc venue poser un nouveau rectangle vert hybride dans le courant de l’été dernier, et ce dans un anonymat assez relatif. Quand la majorité des suiveurs du club se concentraient sur les coulisses, peu payaient attention aux travaux surfaciques mais terriblement importants que opérait le club pour sa pelouse. Résultat, une deuxième place au classement des pelouses de L1, pour une équipe qui a toujours cherché à envoyer du jeu. On appelle cela l’approche systémique, ou globale. Le RC Lens ne laisse définitivement plus de place au hasard. Le futur Il en va de soit que le RC Lens a désormais fait le plus dur. Retrouver sa place dans l’Élite du football français, avec un premier exercice réussi. On pense souvent que la seconde saison en L1 est plus difficile que la précédente. Haise a récemment balayé cette croyance, affirmant qu’il pensait tout le contraire, statistiques à l’appui. Mais le RC Lens devra tout de même confirmer, car on ne peut pas non plus ignorer que le club sera attendu la saison prochaine, et que l’effet de surprise, bien qu’il ait déjà été complètement effacé au cours du précédent exercice, sera à partir de la première journée de la prochaine saison, nul. L’attente des supporters et des médias le sera également. Mais en interne, le sportif et l’extra-sportif semblent à ce point “zen” qu’il est permis de croire que l’exceptionnalité des performances de la saison dernière pourrait (re)devenir cette enchanteresse normalité que le club avait su jadis nous proposer. Écrit par Antoine

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L’histoire de la formation lensoise | Partie 3/4

Troisième Partie : les années 1980, l’avènement de la génération titrée La troisième partie de notre grand voyage à travers la formation lensoise démarre au début des années 1980. Le RC Lens, qui vit sa première grande épopée lors de la saison 1977/1978, se prend les pieds dans le tapis lors de la saison et descend en seconde division. Mais ponctuellement cette fois, puisque la saison suivante, les Sang et Or terminent deuxième de la poule B de la deuxième division, pour retrouver l’Élite du football français suite au barrage remporté face au Paris FC. Lors de la saison 1979/1980, le Racing termine d’ailleurs à une très honorable 9e place. A partir du milieu des années 1980, on voit poindre ceux qui constitueront le noyau dur du groupe qui remportera le premier titre de l’histoire du RC Lens. Mais aussi d’autres joueurs d’immense talent. C’est aussi une période qui voit se confirmer une tendance forte ; les joueurs formés au RC Lens sont proportionnellement de moins en moins originaires de la Région. Mais commençons par Jean-Pierre Tempet, successeur d’André Lannoy dans les cages artésiennes. Originaire de Humbercourt dans la Somme, sa carrière Sang et Or se fera en deux temps. D’abord, entre 1972 et 1978, où il participe notamment à la campagne européenne qui vit le RC Lens étriller la Lazio. Suite au recrutement de Hédoire, il quitte le RC Lens pour Laval, alors en D1. Son excellente saison 1982-83 lui permet d’être sélectionné à cinq reprises dans l’équipe de France de Michel Hidalgo. Jean-Pierre Tempet fera l’intermède entre Ettori et Bats en Bleus, et reviendra au RC Lens pour une dernière saison (1983-1984), poussé une nouvelle fois vers la sortie par l’éclosion de Gaëtan Huard. Deux jeunes Sang et Or aux noms résonnants vont également faire leurs débuts au RC Lens lors de la saison 1980/1981 ; il s’agit de Marc Westerloppe et Georges Tournay. Le premier, natif d’Arras, est plus connu pour sa carrière de dirigeant que de footballeur. En effet, il ne joue que 5 matchs au RC Lens, avant de revenir au club en tant que responsable de la formation. Georges Tournay a joué 19 matchs en professionnel au RC Lens avant de partir pour Abbeville, puis Louhans-Cuiseaux. Adjoint historique du club dans les années 1990, il prend avec brio l’intérim d’un certain Rolland Courbis lors de la saison 2000/2001. A la fin des années 1970, un autre joueur au patronyme nouvellement célèbre en Artois se fait une place au soleil dans l’effectif de l’équipe première. Il s’agit de Jean-Pierre Badé, originaire de Saint-Louis (la Réunion), et qui dispute son premier match au RC Lens à 18 ans. Passé un an par le Red Star, il joue 135 matchs en Artois au poste de … défenseur central ! On en a rapidement parlé il y a quelques lignes ; Gaëtan Huard, talentueux gardien de but, prend définitivement son envol ainsi que la place de Jean-Pierre Tempet lors de la saison 1984 – 1985. Originaire de Montargis, il joue 193 matchs avant de partir pour l’OM en 1988, puis de poursuivre sa carrière aux Girondins de Bordeaux, club dans lequel il atteint son meilleur niveau, et qui lui permet de détenir le record d’invincibilité en D1 pendant de nombreuses saisons, battu par la suite par Jérémie Janot. Philippe Vercruysse est un autre grand talent que le RC Lens a formé. Ayant grandi à Saumur, dans le Maine-et-Loire, il débute avec le RC Lens à 18 ans, jusqu’à son départ pour Bordeaux en 1986. Vercruysse, considéré alors comme un des milieux de terrain français les plus prometteurs, joue 249 matchs en Artois, pour 48 buts. Il compte également 12 sélections en Equipe de France, dont 6 durant sa période lensoise. Vercruysse aura fait en tout trois passages au RC Lens. Le RC Lens a toujours été perçu comme un club populaire et familial. Et la plus belle illustration nous vient de l’héritage laissé par la famille Oudjani.  Après le père, Ahmed Oudjani, voici le fils, Chérif Oudjani. Né à Lens, il reprend le flambeau du père en marquant lui aussi le club de son empreinte (112 matchs, 41 buts). Il est également l’oncle de Adam Oudjani, actuellement au centre de formation, et à qui on souhaite une carrière du même acabit. Au tournant des années 1990, le RC Lens se signale par des performances plus que prometteuses dans ses équipes de jeunes. Ainsi, la promotion 1991-1992 remporte sa troisième Coupe Gambardella après celles de 1957 et 1958. La saison suivante, les jeunes Sang et Or sont défaits par l’AJ Auxerre, qui détient encore aujourd’hui le record de victoires dans la compétition (7). Sur le front de l’attaque, on retrouve un certain Robert Malm. Le dunkerquois, buteur en finale contre l’Olympique Lyonnais, déclarait récemment dans notre émission qu’il avait un vrai goût d’inachevé avec le RC Lens, lui qui n’aura joué que 5 matchs avec son club formateur. Robert Malm bourlingue ensuite à travers la France, jouant dans 14 clubs dont Lorient et Toulouse. Il est aujourd’hui le consultant star du Multiplex L2 sur Beinsport. La légende du RC Lens. En lettres capitales. Le joueur qui est immédiatement associé au RC Lens. Eric Sikora, c’est un peu la synthèse de tout ce qui a été écrit dans cette. A savoir, l’origine polonaise, symbole indélébile du passé minier du bassin minier. La fidélité absolue, qui plus est dans un contexte de football moderne où les transferts sont devenus le quotidien des joueurs, surtout depuis l’arrêt Bosman. Comme on l’a vu dans le premier épisode, Eric Sikora est le second de la famille à être formé au RC Lens. Mais le latéral droit prolonge l’aventure jusqu’au bout, jouant 590 matchs au RC Lens entre 1985 et 2004, et remportant les deux seuls titres nationaux du club ; à savoir le titre de 1998 et la Coupe de la Ligue 1999, contre le FC Metz, et en prenant part aux belles épopées européennes de l’époque moderne du club. Eric Sikora prend ensuite les rênes des U19, puis

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“Smicer, le Lucky Man”

Vladimir Smicer. Un nom qui fait vibrer encore aujourd’hui frémir chaque supporter lensois. Une légende intergénérationnelle. Vladi, c’est l’un des plus beaux joueurs de l’histoire récente du RC Lens. Un joueur qui a toujours fait l’unanimité. Un homme à qui on s’identifie, on s’attache. Qu’on aime. Il n’y a qu’à voir et revoir la vidéo de sa sortie contre le Toulouse FC, pour sa dernière apparition sous la tunique Sang et Or. Bollaert l’ovationne, et Smicer, plein de modestie et de respect, s’en va offrir son maillot à son entraîneur d’alors, Daniel Leclercq. Deux légendes Sang et Or qui témoignent d’un respect mutuel. Les poils. Les larmes même. Pour rendre hommage à Vladimir Smicer, Culture Sang et Or va se parer des couleurs rouge et blanche pour vous raconter l’histoire de ce club légendaire qu’est le Slavia Prague. Tu aimes le football, l’histoire et la guerre froide ? Alors cette longue plongée praguoise est faite pour toi. Cela fait maintenant quelques semaines que l’on est sur les traces de Libor. Aujourd’hui dirigeant du Odbor přátel Slavia, groupe de supporters historique qui dans les années 1960 sauva le club de la disparition, Libor a accepté de répondre à nos questions Des réponses passionnantes. Pojďme* ! Salut Libor, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Comment tu vas ? Peux-tu te présenter à notre communauté ?« Salut Antoine, merci à toi ! Je suis un supporter du Slavia depuis toujours. J’ai aujourd’hui la quarantaine, ayant grandi à côté du stade dans lequel jouait le Slavia dans les années 1990. Vladimir Smicer, puisque c’est lui qui nous unit, était mon premier héros d’enfance. J’ai le Slavia dans le sang et c’est un héritage familial. Mon grand-père était déjà un grand supporter. D’ailleurs, la seule chose positive du Covid c’est qu’aujourd’hui je peux mater les matchs du Slavia avec lui à la télévision, tant qu’il est encore là (il a 91 ans). Il avait pour habitude de m’emmener au stade, dans les vieilles tribunes en bois du Stade Eden. » Le Slavia semble cartonner depuis quelques saisons !« Oui, et j’en profite chaque jour. Nous pensons tous que le Slavia le mérite, après tous les échecs et les problèmes internes qu’on a connus par le passé. Personne ne peut prédire le futur. Nos propriétaires actuels et dirigeants peuvent partir aussi rapidement qu’ils sont venus. Il n’y a pas de raison qui semble à mes yeux justifier qu’une entreprise comme Citic (ndlr : entreprise d’état chinoise) possède et fasse tourner un club de football. Quand ils partiront, un nouveau chapitre s’ouvrira. Sûrement très aventureux. En tant que fan du Slavia, je peux te garantir qu’on est habitué aux “ups and downs” comme personne ici (rires). » Est-ce que tu peux nous parler de Sinobo, qui est le nom du stade du Slavia ? Tu en as touché quelques mots juste avant. Quelles sont les relations du Slavia avec la Chine ?« Sinobo est une société chinoise qui était sur le point de prendre 50% des parts du Slavia, mais ça ne s’est finalement pas fait. Le Citic Group, entreprise d’état, chinoise également, possède aujourd’hui 99% du Slavia. Pour faire simple, le PCC (ndlr : parti communiste chinois) a acheté notre club. Le fait est que l’argent chinois a sauvé le Slavia de la banqueroute en 2015. On était dans un énorme merdier à l’époque, les actionnaires changeaient constamment, des gens peu recommandables étaient à la tête du club. Le Slavia était en difficulté depuis la construction du nouveau stade en 2008. Tous les problèmes ont été résolus avec l’arrivée d’investissements massifs de Chine. Ils ont soulagé le club en profondeur, acheté le stade et consolidé les assets. » « De par leur implication et l’argent investi dans le sportif, le club est revenu en haut du classement. C’est vrai. Le mec qui a amené les chinois au Slavia est un ancien homme politique socialiste tchèque, grand fan du club. L’objectif des propriétaires n’était pas clair. Il y a certainement un objectif de soft power en République Tchèque, et le club leur sert de levier de communication. L’un dans l’autre, le Slavia est bien géré en ce moment, et ils ont seulement besoin de contribuer à 10% du budget à la fin de chaque saison. Ce qui est dérisoire pour une entreprise d’état chinoise. En cette saison de Covid, le budget du Slavia Praha est d’environ 35M€. C’est un sujet très sensible autour de notre club, car historiquement les fans du Slavia n’aiment pas les communistes. Ces derniers ont fait beaucoup de mal au club. Peut-être que c’est leur façon (ndlr : au Parti Communiste Chinois) de “rembourser leur dette” (rires). » Quelles sont les origines du Slavia ?« L’histoire est riche et assez unique. Je vais essayer de condenser tout ça le plus possible parce qu’il y a tellement d’éléments à prendre en compte… Le club n’a pas été fondé comme un club d’un seul sport comme c’était le cas pour d’autres à l’époque. Le club de football était une branche d’une plus vaste société culturelle et politique appelée Slavia, qui rassemblait des étudiants tchèques et slaves. Le but de l’opération était d’apporter l’éducation aux étudiants tchèques au lycée et à l’université, les encourager à étudier en les supportant, et en faisant ce que l’on appelle aujourd’hui du “networking” (réseautage). L’objectif politique de cette société était de créer une nation tchèque indépendante de la monarchie austro-hongroise. Cette société a été d’abord créée en 1848, année de grandes révoltes. Les autorités austro-hongroises ont immédiatement dissous le Slavia après avoir maté le soulèvement. La situation s’est répétée en 1869 et le Slavia est devenu une organisation interdite en 1895. Pendant son existence, la société Slavia a rassemblé énormément d’œuvres littéraires et culturelles tchèques. » Et quid de l’arrivée du sport dans la société Slavia ?« Oui, ça c’était l’histoire, maintenant passons au sportif. Le sport est devenu populaire parmi la jeunesse tchèque autour des années 1880. Les premiers clubs sportifs qui émergent à Prague étaient des clubs d’aviron, et étaient allemands. Un tiers de la population qui vivait dans la République Tchèque d’alors était allemande, communauté présente dans

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L’histoire de la formation lensoise | Partie 2/4

Deuxième Partie : les années Trannin – le premier âge d’or de la formation lensoise Durant la décennie 1950, le RC Lens flirte avec la gloire. Finissant à deux reprises à la deuxième place du championnat de première division (1957, 1958), l’effectif Sang et Or est emmené par de nombreux joueurs issus de la formation. Le directeur sportif de l’époque, Henri Trannin, est la pierre angulaire de cette période faste. Subitement décédé en 1974, il donnera son nom à la tribune “ouest” du Stade Bollaert à partir de 1976. Henri Trannin peut véritablement être considéré comme l’un des pères fondateurs de la formation lensoise, même si ce dernier n’hésite pas à recruter des joueurs étrangers dès 1952, quand signent les brésiliens Severo et Martins. La période que nous allons couvrir dans cette deuxième partie peut être vue comme la première époque dorée de l’histoire du football Sang et Or. Et les performances sportives ont été rendues possibles grâce à un vivier extrêmement riche de joueurs issus du bassin minier. L’un des plus emblématiques, et dont nous souhaitons une nouvelle fois saluer la mémoire, est le gardien de but Arnold Sowinski. Originaire de Liévin, il prend la suite de Duffuler et joue 126 matchs pour le club. Outre ses deux places de vice-champion de France, le portier remporte la Coupe Drago en 1959, considérée comme l’ancêtre de la Coupe de la Ligue. Il entraînera par la suite le RC Lens à trois reprises, remportant notamment le championnat de deuxième division en 1973, perdant la finale de la Coupe de France 1975 contre l’ASSE (avec le fameux retourné acrobatique de Jean-Michel Larqué) et finissant une nouvelle fois vice-champion de France en 1977. Théodore Szkudlapski, dit Théo, est considéré comme l’un des meilleurs techniciens jouant en France à cette période. Originaire d’Avion, ce fils de mineur, qui descendit lui-même au fond jusqu’à ses quinze ans, rejoint le RC Lens en 1953 et s’impose très rapidement par sa grande technicité, qui compense sa relative lenteur. Théo rejoint ensuite le Stade Rennais et connaîtra la gloire à l’AS Monaco, remportant deux titres de champion de France en formant le “carré magique” avec Henri Biancheri et Michel Hidalgo. Boudé par le sélectionneur national de l’époque, il ne compte que deux sélections en Equipe de France, alors que beaucoup espéraient à l’époque le voir évoluer aux côtés de Raymond Kopa. En défense, sévit l’éternel Bernard Placzek. Natif de Libercourt, il débute au RC Lens en 1957 à l’âge de 21 ans, et joua 473 matchs pour le RC Lens. Seul Eric Sikora le dépassera près d’un demi-siècle plus tard. Aux côtés de Bernard Placzek évolue un autre grand nom du football français, Robert Budzynski. Natif de Calonne-Ricouart, comme un certain Maryan Wisniewski, il évolue au Racing entre 1958 et 1963, jouant 134 matchs, avant de partir pour le FC Nantes, où il jouera jusqu’en 1969, connaissant 11 capes en Bleus, toutes honorées lors de son époque “Canari”. Il deviendra un dirigeant majeur de l’histoire de La Maison Jaune. Le joueur offensif majeur de cette décennie 1950 est lui aussi d’origine polonaise. Il s’agit de Maryan Wisniewski, natif de Calonne-Ricouart et qui brillera sur l’aile droite de l’attaque lensoise pendant près de dix saisons. Il remporte la Coupe Gambardella avec les jeunes du RC Lens contre l’ASSE en 1958. Wisniewski aura marqué 105 buts en 304 matchs et comptera 33 sélections en équipe de France, pour 12 buts. Toutes ses sélections se sont jouées alors qu’il évoluait au RC Lens. Avec l’Équipe de France, Wisniewski remporte la médaille de bronze lors de la Coupe du Monde 1958, jouée en Suède. Lors de cette Coupe du Monde, il emmène l’attaque des Bleus en compagnie de Raymond Kopa, originaire de Noeux-les-Mines et considéré comme le plus grand acte manqué de l’histoire de la formation lensoise, et Just Fontaine. Deuxième meilleur buteur de l’histoire du club, il est encore aujourd’hui considéré comme un des plus grands joueurs de l’histoire du RC Lens. En attaque, c’est Michel Stievenard, lui aussi natif du bassin minier (Waziers), qui sévit. Il débute sous les couleurs du RC Lens à l’âge de 17 ans, et disputera 172 matchs entre 1954 et 1961, pour 43 buts inscrits. Stievenard connaîtra lui aussi les joies de la sélection, avec ses 2 sélections honorées pendant l’Euro 1960. Il rejoint le Angers SCO en 1961. Jean Deloffre arrive au RC Lens d’Abbeville en 1958. Il est âgé de 19 ans. Le milieu de terrain dispute 158 matchs (58 buts) avec les Sang et Or et, surtout, connaîtra lui aussi la joie d’avoir été sélectionné en Equipe de France. En 1963, un autre Abbevillois en la personne de Daniel Hédé rejoint le RC Lens pour y jouer 201 matchs. Un des plus grands joueurs de l’histoire du RC Lens, que l’on peut aujourd’hui considérer comme post-formé au RC Lens, si on suit une grille de lecture moderne, est celui qui détient encore aujourd’hui le record de buts inscrits au RC Lens avec Maryan Wisniewski. Il s’agit de Ahmed Oudjani, qui inscrit au total 118 buts pour le RC Lens. Oudjani découvre le football professionnel au RC Lens en 1958, après avoir passé une saison en CFA sous les couleurs de l’US Vendôme. Avec les Sang et Or, l’international algérien (5 sélections, 1 but) remporte trois fois la Coupe Drago en 1959, 1960 et 1965, et finit meilleur buteur du championnat de France 1964 avec 30 buts. Lors de la finale de la Coupe Drago 1959, alors que Lens et Toulon sont à égalité 2 à 2, Ahmed Oudjani se fait une entorse au genou. L’algérien refuse de sortir et retourne sur le terrain, pour s’en aller marquer le troisième but qui donnera la victoire finale au RC Lens. Après le coup de sifflet final, il s’évanouira sur le brancard le sortant du terrain. Le vivier lensois est riche. Quand Wisniewski quitte le RC Lens pour rejoindre la Sampdoria de Gênes, un autre franco-polonais émerge et reprend le flambeau. Il s’agit de Georges

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L’histoire de la formation lensoise | Partie 1/4

La formation fait partie intégrante de l’identité du RC Lens. Les grands succès historiques, titres ou places d’honneur, se sont construits sur une base de joueurs formés au club. Si on devait comparer le football à un environnement naturel, il apparaît évident que le RC Lens ne sera jamais au bout de la chaîne alimentaire. Comme de nombreux clubs, la capacité de reposer sur un réservoir de jeunes joueurs est essentielle pour exister. Former pour renforcer son groupe professionnel, et réaliser des transferts pour combler un déficit, ou investir pour l’avenir. Un double objectif, sportif et extra-sportif. Dans le contexte de la Ligue 2, la Gaillette aura permis au club de se maintenir à flot économiquement, quand l’apport sportif était plus éparse. Désormais en L1, le RC Lens peut se projeter avec plus d’aisance, pour enfin exploiter son potentiel immense dans un secteur qui a fait ses preuves depuis si longtemps. Cette série d’articles vise à vous faire découvrir les grands noms qu’a fait émerger le RC Lens. Première Partie : les premières étoiles de la formation lensoise Aux commencements du Racing Club de Lens, ou Racing Club Lensois, son nom originel, la majorité de l’effectif est issue des classes ouvrières et minières. Rien de surprenant, le football est encore un sport amateur, et loin de ce qu’il est aujourd’hui. Les mouvements de population liés à l’histoire font que, dans le bassin minier, on retrouve de très nombreux joueurs d’origine polonaise, issus de familles arrivées en Artois des régions polonaises de Posnanie ou Silésie. Deux noms ressortent, quand on se replonge dans les archives de la formation lensoise. Tout d’abord, il y a celui d’Edmond Novicki, dit Mickey. Novicki, né à Krapkowice en 1912, dans l’actuelle Pologne (ex-Empire Allemand) arrive en France et joue son premier match avec le RC Lens à 19 ans, en 1931. Attaquant, il aura l’honneur de jouer pour l’équipe de France à 2 reprises, inscrivant même 1 but. Avec Raymond François, il est le premier joueur du RC Lens à avoir disputé une rencontre avec la sélection nationale. Originaire de Aniche, Raymond François semble avoir démarré sa carrière à 16 ans. C’est dix ans plus tard, à l’âge de 26 ans, qu’il goûte aux joies de la sélection avec l’Équipe de France. Les deux comparses ont également fait partie de l’équipe qui a remporté le premier titre de l’histoire du club en 1937 (D2). Un autre joueur polonais démarre sa carrière avec le RC Lens à cette époque ; il s’agit d’Ignace Kowalczyk, né en Allemagne de parents polonais. Ignace Kowalczyk fut également sélectionné en Bleu après son départ du club en 1933, et joua la Coupe du Monde 1938 qui se déroula en France. Il portait alors les couleurs du FC Metz. Le début du professionnalisme C’est en 1934, sous la présidence de Louis Brossard, que le RC Lens accède au professionnalisme en intégrant la seconde division. Le club se structure, et déménage dans ce nouveau stade qui prendra le nom de Bollaert en 1936, à la mort de Félix Flavien Aimé Bollaert, président du Conseil d’Administration des mines de Lens. En deuxième division, Lens est alors emmené par deux joueurs, Ladislas Smid et Anton Marek, joueur autrichien qui donnera bien plus tard son nom au célèbre poumon de Bollaert. Ladislas Smid dit “Siklo”, milieu de terrain hongrois né à Budapest, n’a que 19 ans quand il arrive à Lens. Il peut être considéré comme le premier grand joueur post-formé par le RC Lens, bien que cela puisse paraître anachronique. L’une des premières légendes à avoir été formée par le RC Lens est encore aujourd’hui connue de beaucoup. Il s’agit de Stefan Dembicki, dit Stanis, aussi précédé de l’éloquent surnom de briseur de filets, tant sa frappe de balle était réputée surpuissante. Franco-polonais né dans la Ruhr, Stanis passe quasiment toute sa carrière au RC Lens. Son nom résonne encore dans les mémoires lensoises, près d’un siècle après sa première apparition pour le RC Lens. C’est lui qui détient le record de buts en un match : 16 inscrits lors d’une rencontre de Coupe de France contre le club amateur d’Auby-Asturies lors de la saison 1942-1943. Cette saison, qui se déroule sous occupation allemande, le RC Lens remporte d’ailleurs le Championnat de France Division  – Zone Nord. En 1948, évoluant alors en Ligue 2, le RC Lens réussit l’exploit d’atteindre la finale de la Coupe de France, éliminant tour à tour des pensionnaires de D1 comme Saint-Étienne, Rennes, le Stade Français, puis Colmar (D2) en demi-finale. Stanis se signalera par son doublé inscrit lors de la fameuse finale, perdue 3-2 contre le voisin Lillois. Un autre nom peut être sorti, il s’agit de Marcel Ourdouillé. Originaire d’Isbergues, il rejoint le RC Lens en 1938, âgé de 25 ans, en provenance de Dunkerque. Il connaîtra une seule sélection en équipe de France; lors d’un match Belgique – France à Bruxelles, remporté 2-1 par les Diables Rouges, et qui se déroule en décembre 1945, au sortir de la guerre. Marcel Ourdouillé faisait partie de l’équipe du RC Lens qui perdit la finale de la Coupe de France contre le LOSC en 1948. L’après-guerre Mineur de fond, et fils de mineur, Stanislas Golinski (1946-1948) est originaire de Montigny-en-Gohelle. En 1946, alors âgé de 22 ans, Golinski joue son premier matchs professionnel avec les Sang et Or, pour s’imposer comme le patron de la défense centrale. Il participe lui aussi à la finale de Coupe de France perdue contre le LOSC en 1948. Il fera ensuite les beaux jours du Nîmes Olympique. Karl Gunnar Andersson, meilleur buteur de l’histoire de l’OM (198 buts), dira qu’il lui était impossible de jouer contre Golinski, tant ce dernier était fort. Jean Levandowski, né à Loos-en-Gohelle, évolue au poste d’attaquant et débute au RC Lens en 1949. Décrit comme un joueur puissant, il est rapidement adoubé du surnom de Nouveau Stanis, comme quoi, déjà à l’époque, les parallèles entre joueurs existaient. Lors de sa seconde saison (1950-1951), Levandowski inscrit 21 buts en 32 matchs.

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Le match des Racings : Jetzt geht’s los !

Le match des Racings se profile dimanche. Celui de Lens, le nôtre, se prend à rêver d’une qualification en Coupe d’Europe. Celui de Strasbourg, le leur, souhaite valider un maintien qui ne devrait pour autant pas leur échapper. Lens et Strasbourg, une relation de respect assez surprenante, entre deux clubs historiques qui se ressemblent mais que tout oppose. Présentation de l’adversaire du week-end, club historique du football français, qui nous rappelle les grands Valérien Ismaël et Olivier Dacourt, venus faire le bonheur de Bollaert il y a une vingtaine d’années. Un grand merci à Maxime, du site racingstub.com pour avoir répondu à mes questions. Jetzt geht’s los (ndlr : “on y va” en Alsacien). Salut Maxime (@athor sur Twitter), peux-tu te présenter ?Maxime, 33 ans, supporter du RCS depuis le milieu des années 90, l’époque des Sauzée, Mostovoi, Zitelli, Vencel et consorts, avec quelques jolis parcours européens en prime. Je suis également l’un des responsables de racingstub.com, un site qui existe depuis 2003 et qui se veut être à la fois un lieu d’échanges entre supporters et une base de données la plus complète possible sur l’histoire du Racing. À ce titre, on dispose par exemple aujourd’hui de l’ensemble des fiches de matchs joués par le club depuis 1933, mais également des fiches sur les joueurs depuis cette période ainsi que des centaines d’articles historiques (donc certains ont été compilés dans un livre sorti récemment). Le site tient aujourd’hui avec une poignée de bénévoles, présents depuis pas mal d’années, mais on cherche toujours à se renouveler, avec de nouvelles personnes motivées et passionnées par le Racing et son histoire. Racing et 1906, ça fait deux sacrés points communs entre nos deux clubs (clubs fondés en 1906) ! Raconte-nous la création du RC Strasbourg !Le club a été fondé à l’automne 1906, alors que l’Alsace faisait partie intégrante de l’Empire allemand, depuis la défaite de 1870. À l’origine, il s’agit plus d’une bande de gamins de 13 ans qui jouent dans leur quartier du Neudorf (d’où le nom originel de 1. Fussbal club Neudorf), et qui participent à un championnat scolaire, avant de rejoindre la ligue d’Allemagne du sud en 1909. Un premier tournant a lieu en 1914 quand le club s’installe au jardin Haemmerlé, le site de l’actuel stade de la Meinau, en lieu et place du FC Frankonia, le club rival. Sur cette histoire, je ne saurais que conseiller de lire cet article (https://racingstub.com/articles/18509-aux-racines-du-racing) qui interroge et recontextualise cette période. À la sortie de la guerre, lorsque l’Alsace redevient française, les dirigeants du FC Neudorf décident de marquer leur attachement à la France en adoptant la couleur bleue et le nom du club le plus populaire d’alors, le Racing Club de Paris. Durant les années 20, le désormais RCS commence à s’imposer comme une place forte du football alsacien, avant d’être le premier à acquérir le statut professionnel en 1933 et de devenir réellement le club qui compte dans la ville (l’historique AS Strasbourg avait refusé le professionnalisme) et dans la région. Nos deux Racing se ressemblent autant qu’ils s’opposent. Deux ferveurs régionales, communautaires, et deux villes aux typologies complètement opposées. Il semble y avoir un fort respect entre nos deux clubs, et qui ne date pas d’hier. C’est lié à quoi selon toi ?Effectivement, on peut avoir l’impression qu’il y a un respect mutuel voire un lien entre les deux clubs. Ces dernières années, on voit même certains, notamment sur les réseaux sociaux, parler d’une amitié entre les supporters des deux clubs. Pour être honnête, cela me surprend un peu. Il n’y a certes jamais eu de rivalités sportives, Strasbourg et Lens n’ayant jamais été adversaires en finale de coupe et ne se sont jamais réellement tiré la bourre en championnat, ce qui n’a pas créé d’antagonisme (même si personnellement, je n’ai pas encore digéré le Lens-Boulogne de 2009 qui nous prive indirectement de montée), mais de là à y voir une source de rapprochement… On peut évoquer la similitude entre les publics, mais l’extraordinaire dynamique autour du public strasbourgeois est assez inédite et récente, alors que la ferveur lensoise est plus réputée. Par contre, sur l’aspect communautaire et de club représentatif de sa région, je te rejoins, les deux Racing sont réellement des emblèmes de leur environnement, le bassin minier pour Lens et l’Alsace pour Strasbourg. Supporter l’un de ces clubs, c’est aussi mettre en avant une culture propre à ce territoire et exprimer un attachement fort. De ce point de vue, effectivement, je pense que la comparaison est fondée. Club centenaire, le RC Strasbourg était en première ligne pendant la seconde guerre mondiale, et comme de nombreux alsaciens, a dû déménagé dans le sud-ouest, à Périgueux !Un peu comme durant ses premières années, le Racing est un témoin et un acteur de l’histoire de l’Alsace. En 1939, au moment où la région est annexée par l’Allemagne, une grande partie des activités et de la population est évacuée, principalement dans le sud-ouest. À l’époque, on assiste à un véritable choc des cultures, d’abord linguistique, entre des Alsaciens qui ne parlent, pour certains, qu’en dialecte, et des locaux s’exprimant avec un fort accent, mais également sportif, avec des amateurs de football au pays du rugby. C’est dans ce contexte qu’une poignée de jeunes vont relancer le Racing à Périgueux, avec l’aide de l’entraîneur de l’équipe. Durant cette courte période, le RCS délocalisé va réaliser un bel exploit en coupe de France, en éliminant Bordeaux, mais également devenir champion de Dordogne ! Un cas rare, voire unique, d’un club vainqueur d’un championnat dans une autre région que celle dont il est issu. A ce sujet, je renvoie vers cet article très complet sur cette période : https://racingstub.com/articles/18383-14-janvier-1940-premier-acte-de-resilience-du-racing Les années 1970, c’est l’âge d’or du RC Strasbourg avec notamment le titre en 1979 ! Quelques années plus tard, Arsène Wenger se fait remarquer au centre de formation du club, avant de partir pour Cannes, puis Nancy et Monaco. Peux-tu nous raconter cette période faste ?Si on peut considérer la période 1977-1980 comme un âge d’or du club, avec le

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Direction l’Italie, au Calcio Padova en Serie C, l’autre club de Joseph Oughourlian.

Après notre périple à Bogota pour partir à la rencontre des Millonarios, direction l’Italie et la Vénétie. Actuellement en Serie C, l’autre club de Joseph Oughourlian est globalement méconnu des suiveurs de football. Pourquoi ? Parce que depuis la fin des années 1990, le Calcio Padova a tout simplement disparu des radars. L’arrivée de Amber Capital a relancé les espoirs du peuple padouan qui rêve de retrouver l’élite du football italien. On part à la rencontre de Stefano Volpe, journaliste au Mattino di Padova, pour un entretien calcio e ristretto. Bonjour Stefano, merci d’avoir répondu à ma sollicitation. Est-ce que tu peux te présenter à notre communauté ? Je m’appelle Stefano Volpe, et je suis le club de Calcio Padova en tant que journaliste depuis 2008, écrivant sur les pages du grand journal local, le Mattino di Padova. Au cours de ma carrière, j’ai également travaillé à la télévision et fait quelques apparitions en tant que commentateur de matchs. Les gens ne le savent pas mais Calcio Padova est le premier club d’un certain Alessandro Del Piero ! D’autres joueurs italiens de prestige sont passés par le club, comme Angelo Di Livio, Antonio Benarrivo, Walter Zenga ou encore Stefano Fiore. On trouve également trace de Goran Vlaovic ou encore Nicola Amoruso pour les fins connaisseurs. Ça sent bon le football des années 1990 d’avant l’arrêt Bosman. Que s’est-il passé pour que le club descende aussi bas dans le football italien ? Comme tu le dis, Padoue a atteint l’apogée de son époque moderne au milieu des années 90. Dans la décennie 1986-1996, le club s’était vraiment structuré pour atteindre la Serie A, en développant le travail autour des jeunes via le centre de formation, d’où vient Alessandro Del Piero. D’autres talents en sont sortis, comme ceux que tu as listés. Une fois en Serie A, et après une bonne première saison (avec la présence d’Alexi Lalas, le premier joueur américain de l’histoire du championnat italien), le propriétaire a décidé de vendre le club à un groupe d’entrepreneurs milanais ayant une belle réputation. Malheureusement, en dépit de nombreux investissements financiers en vue d’améliorer l’effectif, le club n’a connu que des échecs jusqu’à la relégation en quatrième division ! Le bug de l’an 2000… ? Exactement, à compter des années 2000, à la seule exception de quelques années en Serie B où des joueurs désormais célèbres tels qu’El Shaarawy, Mattia Perin (gardien) et Darmian ont été lancés, le club a vécu dans les profondeurs du foot italien. Au cours des vingt dernières années, aucun propriétaire n’a jamais réussi à faire d’investissements sur le long terme et c’est pour cela que Calcio Padova n’a jamais été en mesure d’engager un nouveau cycle vertueux. Le club a ensuite navigué en Serie B, avant de quitter le monde professionnel et descendre en Lega Pro, puis d’être refondé en 2014. Raconte-nous cette période noire. Comme je te l’ai dit précédemment, le club a connu deux bonnes années en Serie B (2010-2012), durant lesquelles le propriétaire d’alors, qui disposait de moyens importants, a beaucoup investi pour aller chercher une promotion en Serie A. Mais sportivement le club n’a pas su accrocher cette promotion, ce qui a poussé le propriétaire à ne plus investir et in fine vendre. En 2013, un entrepreneur qui ne voulait que spéculer sur le montant que lui avait laissé l’ancien propriétaire a racheté le club. Vient alors la relégation en Serie C. A ce moment-là, ni l’ancien ni le nouveau propriétaire ne voulaient plus investir pour faire en sorte que le club puisse participer au championnat. En 2014, le club a dû repartir depuis le niveau amateur, a été repris par un entrepreneur local qui a réussi à raviver l’enthousiasme, jetant par la suite les bases de l’arrivée de Oughourlian. En faisant une recherche d’anciens joueurs du Calcio Padova, je suis tombé sur 3 entraîneurs prestigieux : Roberto De Zerbi, Massimiliano Allegri et Stefano Pioli. C’est plutôt classe ! Oui, tous les trois ont joué à Padoue même s’ils n’ont pas vraiment laissé de traces indélébiles. De Zerbi était très jeune alors que Pioli était à la fin de sa carrière de joueur. En ce qui concerne Allegri, il est un peu le symbole de la présidence Viganò, celle qui a fait passer Padoue de la Serie A à la quatrième division en l’espace de quatre saisons ! Allegri était arrivé en grand renfort pour le milieu de terrain mais en un an il n’aura jamais réussi à s’imposer, en partie à cause d’un caractère un peu particulier ! Puisque nous parlons d’entraîneurs, le plus grand entraîneur de l’histoire de Padoue était Nereo Rocco qui, en 1958, a permis à Calcio Padova d’atteindre la troisième place de Serie A, le meilleur résultat de l’histoire du club. Rocco, après d’excellentes saisons à Padoue, est parti entraîner le Milan où il est devenu le premier entraîneur italien à remporter une Ligue des champions en 1963. Il est aujourd’hui considéré comme le père du Catenaccio. Aujourd’hui, Joseph Oughourlian est actionnaire majoritaire du Calcio Padova à hauteur de 85% via sa holding J4A Holdings II S.à r.l. Comment s’est passée son arrivée au club et qui sont les autres actionnaires minoritaires ? Fin 2020, Joseph Oughourlian a augmenté sa participation dans le club de Padoue, il en possède aujourd’hui 96%. Les actionnaires minoritaires sont Luca Destro et Giampaolo Salot. Tous deux sont originaires de Padoue, le premier a rejoint le club en 2018, tandis que le second est présent depuis 2014, année durant laquelle le club est reparti depuis le niveau amateur. Oughourlian est arrivé à Padoue en tant qu’actionnaire minoritaire fin 2017. Il avait déjà investi en Vénétie dans la société énergétique de Daniele Boscolo Menguolo, qui, connaissant sa passion pour le football, lui présenta Roberto Bonetto, alors président du club. Oughourlian a vraiment pris le pouvoir au sein du club en devenant majoritaire à partir du printemps 2019. Il a par la suite nommé Boscolo Meneguolo à la présidence. Joseph Oughourlian est très présent au RC Lens, même si la gestion quotidienne du club

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Seko, le lanceur d’attaques

L’une des grandes forces du RC Lens, cette saison, c’est le milieu. On parle souvent des pistons (surtout le droit), mais l’impact que met le milieu de terrain est colossal. Pour des raisons de clarté, nous parlerons dans ce billet du trio Doucouré-Fofana-Kakuta, qui semble petit à petit s’imposer dans la hiérarchie. Tout en considérant qu’un joueur comme Cahuzac reste un titulaire en puissance. Dans cette démonstration, Cahuzac serait le remplaçant naturel de Doucouré dans le rôle de récupérateur, quand Doucouré prend le relais de Fofana en box-to-box. Mauricio est quant à lui le remplaçant naturel de Kakuta. Ici, le focus sera porté sur Seko Fofana, présenté comme recrue phare du mercato lensois, et qui ne cesse de monter en puissance depuis son entrée dans le onze de Franck Haise. Suite à son arrivée de l’Udinese, Fofana a dû d’abord soigner une blessure musculaire contractée en Italie, conséquence d’un restart très intense et durant lequel l’Udinese a dû croiser le fer jusqu’au bout afin de se maintenir en Serie A. Après une rechute contre Bordeaux à domicile, Fofana se lance véritablement dans le bain contre Reims (4-4) puis à Dijon (1ère titularisation) pour monter en puissance et s’imposer aujourd’hui comme un élément plus qu’important du système de jeu lensois. Se servant parfaitement d’un Cheick Doucouré brillantissime à la récupération, l’international ivoirien (4 sélections) est l’une des rampes de lancement dans le jeu. Ses courses permettent au bloc lensois de très vite se projeter vers l’avant, mais également d’effectuer des replis défensifs express. Parfois récupérateur, souvent perforateur, Fofana sait également éliminer dans les petits espaces par des subtils dribbles. On vulgarise souvent la composition de Franck Haise au 3-4-1-2 que tout le monde a en tête. La lecture ne peut se faire sans un regard porté aux mouvements des joueurs, et aux espaces sans cesse créés par les déplacements avec ou sans ballon. A la simple vue de la heatmap de Fofana, on se rend compte du rôle de ce dernier. Capable d’assurer les transitions attaque / défense, mais également les lancements défense / attaque. Il est présent sur environ 50%, couvrant de manière homogène les 2e et 3e quart du terrain (voir la heatmap moyenne de Fofana ci-après). Mais ce que l’on voit de plus en plus au fil des matchs, c’est la capacité de Fofana à se retrouver dans la surface de réparation, lancé à pleine vitesse pour finir son action dans un rôle de finisseur. Un peu à l’instar d’un pivot au basket qui arrive au dernier moment pour perforer la raquette adverse et claquer un énorme dunk in your face. Que ce soit contre Montpellier (à domicile), à Reims, et donc contre Dijon, Fofana se retrouve régulièrement à la finition. L’activité visible de Fofana est dantesque. Il apporte son soutien à Doucouré dans les tâches de récupération de ballon grâce à ses courses, et se projette très rapidement vers l’avant. En d’autres termes, Lens peut presque s’enorgueillir de jouer avec deux récupérateurs (Doucouré, Fofana) en phase défensive, et deux meneurs (Kakuta, Fofana) aux profils complémentaires en phase offensive. C’est un joueur qui assume un véritablement dépassement de fonction, comme peuvent le faire beaucoup de ses coéquipiers (difficile d’en sortir un autre du lot), et c’est aussi une des explications de la saison tonitruante du RC Lens. Comme dit précédemment, Fofana excelle dans le lancement des offensives. Il part généralement de plus loin de Kakuta, exploitant ses qualités athlétiques. Très régulièrement, le Franco-Ivoirien se retrouve à hauteur de Kakuta. L’axe du terrain fixe l’espace pour les pistons, qui eux même étirent le bloc adverse pour permettre au duo Kakuta-Fofana d’exploiter les demi-espaces. Les deux attaquants de pointe peuvent alors servir de point d’appui (quand l’action arrive de l’axe) ou de finisseur (sur les centres). A mesure que la saison progresse, le rôle de Fofana prend de l’épaisseur dans le collectif lensois. Match après match, il tend à se retrouver en position de finisseur, et c’est bien cela qui m’intéresse. La heatmap moyenne de Kakuta démontre que le Franco-Congolais a une tendance à dézoner dans le demi-espace droit, s’ouvrant ainsi un angle intéressant pour son pied gauche magique. L’alter-égo Fofana en profite pour exploiter le demi-espace gauche, et ainsi se retrouver lancé ou positionné dans une zone de tir que son pied droit devrait petit à petit exploiter, en atteste son but contre Dijon en J26 et ses passes décisives à Rennes ou à Monaco, ou encore ses frappes flirtant avec les poteaux à Reims ou à Saint-Etienne. L’hypothèse que je formule ici est la suivante : on parle souvent d’un jeu lensois qui penche à droite, via l’activité hypersonique de Jonathan Clauss. Effectivement, le profil de Haidara ne permet pas un rendement symétrique sur le côté gauche. Toutefois, j’ai le sentiment que la capacité de perce-muraille de Seko Fofana offre au RC Lens la possibilité d’exercer une pression forte sur le demi-espace gauche, ce qui amène un équilibre. On observe que Fofana démarre souvent ses actions perforatrices en se collant à la ligne de touche, côté gauche, très proche de son piston. Récemment, la question fut posée à Fofana afin de savoir si ce dernier pourrait à terme devenir une solution de substitution à Kakuta afin de pouvoir faire souffler ce dernier. La réponse du Franco-Ivoirien est limpide : il est et compte bien rester un pur box-to-box, rôle dans lequel ses courses lui permettent d’exploiter ses capacités naturelles. Fofana, c’est cette rampe de lancement qui permet au RC Lens de varier son jeu et de ne pas dépendre du seul circuit préférentiel “Gaël Kakuta”, comme beaucoup le craignaient en début de saison. Cette dimension est très prometteuse, et on peut tout à fait imaginer Fofana améliorer sa réussite dans la passe et devant le but dans les prochains mois. Un numéro 8 sang et or qui délivre et qui conclut, ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Ecrit par Antoine (@l2F_bm)

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Être radical dans la nuance

Le football est devenu un produit de consommation de masse, même si ce dernier traverse actuellement une crise existentielle majeure. Hormis dans quelques pays, le football est le sport roi. Sa consommation évolue. Les nouvelles générations le font avec leur smartphone à la main. Free propose de voir des actions en “presque direct”. Évolution, involution, là n’est pas le débat. C’est simplement une contextualisation. Avec l’avènement des réseaux sociaux, la démocratisation des jeux de simulation, des paris sportifs et autres fantasy leagues, tout le monde est à peu près devenu un entraîneur, un président, un directeur sportif, mais rares sont ceux qui ont eu la chance de côtoyer le football de haut niveau de près. L’analyse “café des sports” est visible de tous, et les algorithmes des réseaux sociaux font que les buzz prennent souvent, que dis-je, tout le temps, le pas sur les analyses pondérées. C’est drôle parfois, lourdingue souvent. Le seul point sur lequel je fais preuve de radicalisme, c’est sur la nécessité absolue de nuances. Dès que l’on veut parler sérieusement de football. Car ce sport ne s’analyse pas en 280 caractères. Jamais un fait footballistique ne s’est expliqué par le prisme d’un seul et même facteur. Tu en vois 3 ou 4 ? Il y en a en fait peut-être 10. A la fin de chaque rencontre, les Top/Flop pullulent sur les réseaux sociaux. On remet une pièce dans la machine. Pourquoi pas, puisque tout le monde le fait depuis des années. Dirigeants, journalistes, chroniqueurs, et aujourd’hui Twittos. Pourtant, je pense qu’il faut toujours essayer de se construire un avis sur des tendances de fond, et surtout de se poser des questions plutôt que d’affirmer quoique ce soit. Prenons le cas Fortes, qui est passé de soldat, à tocard, à bonhomme, et ce en l’espace de 24 mois. Le football est un peu tombé dans son propre piège. On analyse tout à court-terme, et on ne sait plus projeter des performances sur la durée. Le joueur de football doit être opérationnel dans la seconde où il revêt le maillot de son employeur. C’est pour cela qu’on le paye, et qu’on a déboursé des millions pour racheter son contrat de travail, diront certains. Mais ce n’est pas cela, le football. Le cycle est un long fleuve tranquille Personnellement, je suis partisan des dynamiques plutôt que de l’observation de performances ponctuelles. Je préfère les boussoles aux thermomètres. Les tendances aux évènements. Où va le joueur, le collectif, le club ? Parfois, il faut effectivement se retenir de lâcher une affirmation, et même si on a tous envie de partager notre sentiment, guidés que nous sommes par cette passion du ballon rond. Sur une période de 3 semaines, l’objectivité ne peut exister. Pour affirmer quelque chose, il faut attendre. Dans le football, ça peut être un an, voire plus ? Qui se rappelle du démarrage d’Antoine Sibierski sous le maillot du RC Lens ? Voire même de celui de Tony Vairelles ? Les carrières ne sont pas linéaires, au contraire. Les cycles kondratiev, le fait que le point bas du moment soit plus haut que le point bas précédent. La progression en gros. Quand tu apprends à conduire ou à parler allemand (pour les plus courageux), tu passes par un cycle de progression, puis de stagnation, avant de repartir de plus belle. La dimension physique ou athlétique est également à prendre en compte. Certains avancent même que “le football est en train de mourir”, laissant place à un sport d’athlètes. La vision de jeu de Franck Haise et de son staff est assurément basée sur une performance aérobique de très haut niveau. Début janvier, le RC Lens était battu à domicile par Nice et Strasbourg. Le manque de fraîcheur était évident, pourtant les joueurs n’ont pas souhaité l’évoquer. Sincérité, humilité, ou communication ? Nul n’a la réponse. Mais est-ce qu’il serait complètement fou d’émettre l’hypothèse que le RC Lens était effectivement bien dans une période de creux ? Qu’un travail foncier avait pu être réalisé pour être en phase ascendante quelques semaines plus tard ? En prévision d’une fin de saison qui ouvre le champ de tous les possibles ? La puissance dégagée face à Marseille (deux fois), Nantes et Reims semble valider l’idée que le pic de forme, élément clef dans l’analyse de la saison d’un effectif, n’était pas programmé pour être atteint en janvier. Et qu’on est actuellement en train de s’en approcher. L’analyse ne peut jamais vraiment être standardisée. C’est-à-dire qu’à mes yeux, il est absolument impossible de comparer des situations sans prendre en compte les mille et un facteurs qui les différencient. Au mieux c’est une vulgarisation simpliste, mais souvent on tombe dans le hors-sujet total. Chaque argument peut être contré, sans qu’aucun des débatteurs ne puisse affirmer, au moment où il est pris dans la joute verbale, qu’il a raison. Car même les protagonistes de ce sport vivent dans l’incertitude. La tactique c’est comme un iceberg L’analyse tactique d’une rencontre de football est un exercice délicat. Surtout de l’extérieur, et quand on est impliqué émotionnellement. Le livre “Comment regarder un match de foot ?” donne des clefs. Il est indispensable de prendre en compte des éléments invisibles comme les consignes du coach. La tactique, c’est comme un iceberg. On ne voit vraiment qu’une infime partie du travail réalisé par un groupe. Si je te pose la question suivante : « quelle est la différence entre le 3-4-3 de Montanier et le 3-4-1-2 de Haise, que me répondras-tu ? Que la question est hors-sujet, car le schéma tactique n’est rien sans l’animation des onze bonhommes sur le terrain. On croit savoir lire un dispositif tactique, mais en fait pas du tout. Le dispositif que vous lisez sur l’Équipe ou la Voix du Nord avant une rencontre n’est qu’une projection de ce qui se passe en phase défensive, ou passive. On le voit bien, à la récupération du ballon, on peut voir un Fortes remonter au milieu pour faciliter la relance au sol, un Kakuta descendre derrière Fofana et Doucouré pour se sortir d’un marquage individuel, un Médina

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