Au cœur de l’hiver, Lens s’est habillé pour l’Europe

Le rideau est tombé sur le mercato hivernal, et à Lens, il s’est refermé avec une impression claire : celle d’être plus fort. Dans une saison où les Sang et Or jouent sur plusieurs tableaux et regardent toujours vers le haut, les mouvements de janvier traduisent une ambition assumée.

Entre stabilité et apport qualitatif

Au contact du PSG au sommet de la Ligue 1, le RC Lens n’avait ni l’urgence ni l’intérêt de bouleverser un collectif qui fonctionne. Les dirigeants ont donc avancé avec une ligne directrice claire : renforcer l’effectif de Pierre Sage sans nuire à l’harmonie qui règne au sein du groupe.

Trois joueurs ont quitté le navire pendant l’hiver. Ces mouvements ont une motivation commune : la quête de temps de jeu.

Deiver Machado a rejoint Nantes en décembre. Le piston colombien s’était rapidement blessé cette année et n’avait pas suffisamment de temps de jeu pour optimiser ses chances de participer à la Coupe du monde cet été. Hamzat Ojediran a ensuite été transféré aux Colorado Rapids. Le Nigérian n’aura pas disputé une seule minute en compétition cette saison.

Enfin Morgan Guilavogui a quitté l’Artois pour rejoindre lui aussi la MLS, et le Real Salt Lake. Parmi les partants, le Franco-Guinéen était le joueur le plus utilisé par Pierre Sage. À la recherche d’un projet où il pouvait s’installer comme titulaire, il avait déjà été tout proche de quitter l’Artois à la fin de l’été. Malgré son investissement, ses quelques bonnes entrées étaient souvent gâchées par ses difficultés à la finition.

Des arrivées de joueurs référencés et taillés pour le système

Avant même l’ouverture du mercato, le RC Lens officialisait un gros coup : le recrutement d’Amadou Haïdara en provenance du RB Leipzig. International qui a joué la CAN, rompu aux joutes européennes et habitué aux matchs à haute intensité, le Malien apporte une vraie densité athlétique, en plus de ses qualités techniques et son expérience, au milieu de terrain lensois. Rappelons que l’été dernier, son nom avait été associé à l’AS Rome pour un transfert d’environ 20 millions d’euros… Le fait que son contrat ne soit pas renouvelé et se termine en juin 2026 a permis son recrutement pour une indemnité similaire à celle évoquée pour le départ de Hamzat Ojediran. Une opportunité de marché saisie à merveille par les dirigeants lensois !

Le malheureux Régis Gurtner, doublure de Robin Risser, s’est gravement blessé à l’entraînement. Action réaction dans les bureaux du Racing ! Quelques jours plus tard, Lens officialisait l’arrivée de Mathieu Gorgelin, qui avait laissé plutôt une bonne impression dans les buts havrais, pour renforcer le pôle gardien jusqu’en fin de saison.

Si le club s’était montré conciliant en laissant partir Deiver (le dernier dinosaure), le départ du Colombien laissait un vide derrière lui. Celui-ci a été comblé par Arthur Masuaku, Congolais qui débarque en provenance de Sunderland. Passé par les équipes de jeunes du Racing, ce gaucher est tonique, fort au duel et dans le dribble. De plus, il dispose d’un vécu intéressant, notamment en Premier League. Enfin, il présente l’intérêt de pouvoir également jouer dans l’axe gauche d’une défense à trois.

Enfin, cerise sur le mergâteau ! Allan Saint-Maximin est arrivé à Lens juste avant la clôture du marché des transferts. Libre après avoir rompu son contrat avec Club América, l’ailier français est venu conclure le mercato lensois avec un parfum d’audace. Joueur qui a une solide expérience en Ligue 1, en Premier League et à l’international, Allan Saint‑Maximin est le joueur frisson par excellence. Imprévisible, explosif, doté d’une technique hors norme, il est capable de faire basculer un match sur une accélération.

un effectif plus épais, prêt pour le money time

C’est indéniable, l’effectif lensois s’est considérablement épaissi cet hiver. De quoi rester au chaud tout là-haut jusqu’au printemps ? Le RC Lens a en tout cas laissé partir des éléments qui jouaient peu voire pas du tout pour les remplacer par des joueurs encore fringants, qui ont déjà fait leurs preuves dans les deux compétitions les plus relevées du monde, la Ligue des Champions et la Premier League.

Au-delà du mercato, les absences de cet hiver ont permis à certains éléments de s’affirmer. Andrija Bulatović a prouvé qu’il était déjà prêt pour la Ligue 1. Ismaëlo Ganiou brille au moment de relayer Jonathan Gradit. Il s’est même montré convaincant face au Havre pour compenser l’absence de Samson Baidoo. Enfin, Kyllian Antonio a réalisé face aux Normands une prestation pleine dans le rôle d’axial droit, offrant une solution de rechange précieuse pour les mois à venir.

Les performances de la première partie de saison se sont construites essentiellement autour d’un onze type. Désormais, on peut imaginer un groupe de seize joueurs interchangeables, ce qui donne au Racing un effectif à l’allure européenne. Lens est donc, sur le papier, mieux armé pour durer qu’il ne le paraissait à la fin de l’été.

Gestion du groupe et place des jeunes

Si le gain d’expérience et de qualité saute aux yeux, une question demeure sur la gestion des temps de jeu, notamment pour les jeunes.

Fodé Sylla a eu quelques minutes en première partie de saison, passant devant Hamzat Ojediran dans la hiérarchie. L’arrivée de Haïdara dans l’entrejeu et la constance remarquable de Bulatović risquent de réduire encore ses chances d’être aligné. L’international U19 devra prendre son mal en patience et se tenir prêt en cas de pépin.

Le départ de Morgan Guilavogui, souvent dans les premiers à entrer en cours de match, laissait entrevoir davantage d’opportunités pour Anthony Bermont et Abdallah Sima. Mais la signature d’Allan Saint‑Maximin rebat les cartes sur les ailes. Les cas de ces deux joueurs talentueux, qui ont pour le moment eu peu de temps pour le démontrer, seront à surveiller. Pierre Sage et son staff devront trouver le bon équilibre entre le maintien de la cohésion tactique qui lui est chère et la gestion de groupe.

Il sera aussi déterminant de garder un maximum de joueurs engagés que de conserver un vestiaire à l’ambiance saine. Plusieurs interrogations ont été soulevées ces dernières heures avec le recrutement du fantasque Allan Saint-Maximin. Lens semble y avoir répondu en lui faisant signer un contrat court. Mais on peut aussi noter que ces mêmes questions avaient accompagné les recrutements de Florian Thauvin et Odsonne Edouard, qui se sont depuis parfaitement intégrés au collectif.

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