Lens en selle pour la conquête de Troyes

Samedi soir, le Racing se déplace dans l’Aube pour tenter d’entamer une série en championnat tout en montrant un visage toujours plus intéressant entrevu lors de la victoire face à Lyon. Ancien joueur du Racing et de l’Estac, Sébastien Dallet, nous livre son regard éclairé sur cette rencontre et ses anecdotes.

Au bon souvenir de Troyes– Photo CSO

Les ruines de Troyes

Le début de saison de Troyes est pour le moins maussade. Entre la Ligue 2 et la Ligue 1, l’effectif ne s’est pas beaucoup renforcé dans l’Aube. Le seul changement notable est celui de directeur sportif. Antoine Sibierski a vu Jocelyn Blanchard lui ravir le poste. Ce dernier est par ailleurs dans l’œil du cyclone après avoir été visé par une enquête interne à l’Estac pour comportement inapproprié et sexiste.

Outre cette intersaison, c’est toute la logique du club géré par le City Football Group qui est bancale. Les suiveurs troyens pouvaient légitimement espérer que quelques moyens soient mis en place pour cette saison en Ligue 1 afin de profiter de cette vitrine. Que nenni. Et cela pose la question de la politique de ce club. Y-a-t-il un capitaine à bord?

Le résultat est moribond : avec la perte de joueurs clés de la saison passée comme Mathys Detourbet non ou mal remplacés et un bilan en championnat maigrichon, Troyes n’a engrangé que 4 points pour une 17ème place synonyme de relégation.

Selon Sébastien Dallet, « il y a bien Antoine Mille qui est en bonne forme. Malheureusement, les autres bons joueurs du groupe sont blessés ou absents. Troyes est à l’image de beaucoup de clubs comme Lens ou Strasbourg, où le groupe est instable de saison en saison, qui s’appuie sur un bon centre de formation. »

La petite anecdote de Séb’

« A Troyes, j’ai passé quatre belles saisons, notamment la deuxième avec Jean-Marc Furlan en coach. J’ai un souvenir de but face au PSG. C’est un centre d’Alexandre Dujeu (actuel entraineur de Lorient) à mi-hauteur et je mets un joli coup de tête qui vient battre Lionel Letizi. Paganelli vient m’interviewer en fin de match, rigolant sur ma petite taille et le fait de marquer de la tête. Et malgré tout, j’en ai marqué pas mal de buts de la tête dans ma carrière. Et à ce moment là de la saison , je suis co-meilleur buteur avec Pauleta. »

Lens en renaissance

Lens a montré un visage un peu plus consistant depuis l’arrivée de Cahuzac en coach principal. Alors que le Racing « curry wurst » de Dino Toppmöller jouait au ballon comme on joue au Yam’s, le Lens de Yannick refait du Lens. Equilibré, avec un pressing coordonné et des pistons qui pistonnent, des doubles pivots qui double-pivotent et une défense qui bastonne. Le résultat n’est pas toujours au rendez-vous comme à Monaco ou face à un Sporting de standing européen. Néanmoins, on sent que la mayonnaise est en train de prendre et la victoire face à Lyon, un gros poisson là encore, est rassurante.

Dans ce contexte, le match à Troyes est un véritable test. Face à une équipe sur le papier plus faible, Lens doit à la fois montrer un visage conquérant mais surtout efficace. Marre d’être le champion d’Expected Goals et du CSC improbable. L’enjeu est donc de savoir si ce Racing est capable de dominer son adversaire dit plus faible et maitriser son match sur le terrain mais surtout au tableau d’affichage.

L’autre incidence de ce match se situe au niveau de la jauge confiance. Et cette fameuse jauge est aussi faible que la sécheresse des sols de l’été 2026 fut forte, avec un début de saison marqué par beaucoup d’incertitudes. Le changement de coach a naturellement généré de l’instabilité psychologique et influe sur le moral des troupes. Comment le novice Cahuzac et son coaching encaisseraient une défaite supplémentaire ? L’entraineur aurait-il alors la capacité à remobiliser les troupes après celle-ci ? Le risque de sinistrose en championnat dans ce contexte est grand. La mémoire d’une saison fac-similé à celle de 2007/2008 demeure dans toutes les têtes lensoises.

Sébastien, comme joli clin d’œil, a fini sa carrière sur le fameux Troyes-Lens, 0-3, dernier match de 2006-2007, synonyme de non-qualification en Champions League pour Lens. « J’ai le souvenir du parcage lensois très amer et frustré, il y avait de quoi. Côté pronos, Lens a les moyens de gagner à Troyes dans la continuité du contenu proposé récemment par l’équipe. Je vois quand même le Racing encaisser un but. Allez, victoire du RCL 2 à 1, voire 3 à 1 avec un but en fin de match.»

La petite anecdote de Séb’

« A Lens, j’ai évidemment énormément de souvenirs. J’ai un but que j’ai bien aimé pendant la saison 1996-1997, contre Rennes, sur une galette de Frédéric Meyrieu. Je contrôle de la cuisse, j’enrhume Mickaël Sylvestre sur un passement de jambes et j’enroule sous la barre. Après, je veux aller fêter avec la Marek et je me retourne. C’est Marc-Vivien Foé qui me soulève et je tends le bras vers la tribune du kop. J’ai un super souvenir aussi. C’est la demi-finale 1994 contre Montpellier, que l’on perd 2-0 à la maison. Il y avait une telle attente et une telle ambiance, ça a généré beaucoup d’émotions. Je fais un bon match, même si encore aujourd’hui, il y a beaucoup de déception.»

Merci à Sébastien Dallet pour sa disponibilité. On le retrouve évidemment avec plaisir et passion dans l’émission CSO. Bon match et allez Lens !

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