Au-delà de la coupe glanée ce dimanche par le Racing, ce match du Trophée des Champions nous donnait un avant-goût aigre-doux de Ligue 1. Avec des choses qu’on aime beaucoup, et d’autres moins.

Photo CSO
Un Bollaert 100% frisson et une retransmission 100% bidon
On oublie assez vite, le temps d’un été, ce que représente l’ambiance à Bollaert-Delelis. Comme le disait Dino Toppmöller après la rencontre, il faut le voir, le sentir pour le croire. La marmite lensoise a tourné à gros bouillons pour créer une atmosphère bouillante et électrique. Cet environnement humain et sonore vous donne une indication dès l’avant-match : il va se passer quelque chose de grand, quelque chose de beau, ce soir à Lens. Tout un club et des âmes à l’unisson. Ça nous manquait et, en ligue 1, ça promet.
Ambiance à rebours du stade, la retransmission faite par Ligue 1+ fut un échec cuisant(ce). Pour les abonnés de la plateforme web, des bugs au moment d’entrer identifiant et mot de passe ont empêché de voir la première demi-heure. Cadeau. Entre ça et le raté de la finale de la Como Cup, longtemps inaccessible à ces mêmes abonnés, la télé de la LFP n’a pas su répondre aux exigences des supporters de haut niveau que nous sommes. Côté réalisation et commentaires, là aussi, c’était de la bouillie. Adios BeinSport dans l’élite, voici que Ligue 1+ se décide d’êtres les nouveaux lécheurs boursiers du club qatari. Suiveurs lensois, si le douzième homme artésien était en tribunes, le douzième Parisien était en studio pour nous dire à quel point les joueurs de la capitale étaient beaux et qu’i fallait pas leur faire bobo. Ça aussi, ça promet.
Il est toujours aussi mignon Monsieur Pignard
À l’annonce de son nom et au regard de son attitude autoritariste, on se doutait que Monsieur Pignard allait nous pignarder dans le dos. Cela se sentait que l’arbitre professionnel avait oublié de regarder la Coupe du Monde, et de s’inspirer d’un arbitrage plus permissif et fluide, sans décision coup de tête, coup de sang.
Premier « fait de jeu » : 38e minute de jeu, Kyllian Antonio tacle avec autorité, touche le ballon en premier, mais non sans riper, hélas, sur la cheville d’Akliouche, qui, lui, ne touche pas le ballon. Une analyse vidéo et un temps de réflexion pourraient permettre de voir que le jeune Lensois joue la balle et essaie de retirer sa semelle. Que nenni pour un cowboy de la trempe de M. Pignard qui ne voit que le rouge, et qui, pour citer Jean-Louis Leca, a « un don pour tuer les matchs ».
Deuxième incident qui tend à prouver l’incapacité de l’homme en noir à prendre de la hauteur et la mesure des matchs, un but à la 89e est refusé à Matthieu Udol. En cause, une faute sur le remuant Skóraś sifflée à la seconde alors même qu’un avantage aux Sang et Or pouvait être laissé et allait profiter à Udol pour inscrire le but du break.
Jérémie Pignard n’a pas évolué dans sa carrière, toujours aussi impulsif, à l’image de la saison 2023/2024 et le match Brest-Lens, avec des penaltys litigieux à la pelle et un carton rouge à Adrien Thomasson, annulé a posteriori, et c’est très exceptionnel, par la commission de discipline. Allez, ces arbitres coqs à l’âme, c’est aussi ça le charme de la L1.
Paris outragé, Paris brisé, Paris déshonoré
Ce qui est bien avec le Paris Saint-Germain, c’est qu’ils sont fair-play, surtout quand ils gagnent. Les commentateurs Ligue 1+ peuvent toujours s’autopersuader du contraire au coup de sifflet final, il n’empêche que les Parisiens étaient protocolairement obligés d’applaudir les vainqueurs lensois. Le PSG a prouvé à d’autres moments de la soirée qu’il était simplement mauvais perdant.
À l’image de leur président actionnaire Prince omnipotent, Nasser Al-Khelaifi, le PSG n’aime, certes, pas perdre mais fait surtout preuve d’une mauvaise foi et d’une arrogance niveau Ligue des Champions. Luis Henrique, Vitinha, Hakimi ou Nuno Mendes ont montré de par leurs attitudes et discours, que cette équipe est aussi formidable à voir jouer qu’elle est détestable à voir perdre.
Pêle-mêle, si Lens a remporté ce Trophée des Champions, c’est que cette équipe eu de « la chance » de marquer alors « qu’elle n’a été supérieure dans aucun compartiment du jeu » et enfin qu’elle joue « à domicile » et c’est trop injuste. (Oublions que les dirigeants lensois avaient proposé de jouer à Bordeaux.) Pour une équipe à un milliard, capable de jouer des coudes pour s’extraire de la frustration, c’est un manque de classe saisissant.
Ce PSG-là, c’est aussi la Ligue 1. Un championnant « inique », comme le signalait une banderole.
Lens a rerefait du Lens
Pendant l’intersaison, Lens a encore dû changer de staff et faire face à de nombreux chamboulements dans son effectif. Alors bonnes ou mauvaises, les nouvelles recrues ? Il est encore trop tôt pour l’analyser. Mais de Dino Toppmöller, Michal Skóraś, Yacine Titraoui, Franjo Ivanović, on a pu apercevoir quelques qualités et surtout une chose essentielle : ils savent faire du Lens.
L’esprit de corps de tout un club pour y parvenir est remarquable à observer. Voir cette équipe jouer et s’arracher à 10 contre 11 pour remporter ce match est assez jouissif pour nous supporters. On pouvait avoir des doutes sur le remplacement d’un maître à penser, Pierre Sage, se montrer sceptique sur le double pivot new look improbable Titraoui/Cuisance, ou encore s’inquiéter de la solidité d’une défense très jeune. Quand on voit l’énergie dépensée des nouveaux pour avec les historiques et les jeunes pousses du Racing, on ne peut être que satisfait et fier. Quel travail !
Et c’est aussi ça la Ligue 1, à retrouver la semaine prochaine, loin des étoiles et des millions. Un vent de fraîcheur venu du Nord, quand Lens, toujours, fait du Lens.

