Défaite 3-0 contre Majorque, 1-1 face à Manchester United : on se gaussait il y a encore quelques jours de voir le PSG bafouiller sa préparation et rentrer quasi bredouille de ses matchs amicaux. Mais remporter ce Trophée des champions ne sera pas une partie de plaisir, face à une équipe qui veut tout rafler.

Le retour du mondialiste Robin Risser
Paris bousculé : de quoi allumer la mèche du fantasme dans les rangs des supporters lensois, se disant qu’on n’allait faire qu’une bouchée de ce champion de pacotille, et se mettant du coup à rêver de voir les Sang et Or soulever une coupe de plus dans un Bollaert en fusion… Mais d’abord, la déconvenue de Lens-Sunderland est passée par là, tempérant les espoirs nés du succès en Como Cup. Sans compter que l’on savait le premier bilan parisien biaisé, en ce que Luis Enrique devait jusqu’alors composer avec un effectif amputé de ses mondialistes (Vitinha, Neves, Mendes, Marquinhos, Dembélé, Doué, Barcola, Zaïre-Emery, Hernandez, Hakimi et Ruiz). Ces derniers sont depuis rentrés au bercail et figuraient pour la plupart au générique du back-to-back du PSG en Supercoupe, aux dépens d’Aston Villa (2-1).
Désiré Doué, au micro de Canal+ : « L’objectif de la saison, c’est de tout gagner cette année ». Sur la pelouse de la Red Bull Arena de Salzbourg, la victoire parisienne n’était certes pas si flamboyante que ça. Mais plusieurs joueurs, à commencer par les deux buteurs du jour, Kvaratskhelia et Doué, ont paru déjà très affûtés. Et si, à l’image d’une défense emmenée par le capitaine Marquinhos ayant parfois flirté avec l’à peu près, le PSG s’est montré encore perfectible, on se demande déjà qui pourra bien l’éclipser de l’affiche cette saison…
Où en est le mercato du PSG ?
Pas vraiment habitué à un club se faisant discret, on s’est inquiété cet été. Excepté la gestion de l’habituel ballet des retours de prêt, Paris était, jusqu’à la fin de semaine passée, demeuré étrangement apathique sur le marché estival des transferts, se contentant juste de régler le sort de joueurs n’entrant plus dans les plans d’Enrique.
Celui de Gonçalo Ramos était pour tout dire déjà scellé fin juin, alors que l’avant-centre portugais disputait la Coupe du Monde avec la Seleção (éliminée par l’Espagne en 1/8e de finale). Le Milan AC n’aura pas rechigné à débourser 74 millions d’euros – plus gros transfert de l’histoire des Rossoneri, s’il vous plaît – pour s’attacher les services de l’avant-centre lusitanien. Soit quasi la même somme versée à Benfica en 2023 pour le recruter. Trois saisons, 131 matchs, 45 buts et 12 trophées (dont 2 Ligue des champions) plus tard, Ramos ira à San Siro chercher plus de temps de jeu que ne lui en offrait le coach espagnol, qui l’avait cantonné au rang de « super sub ».
Autre joker de luxe en ayant eu assez de polir le cuir du banc : le remuant et polyvalent milieu offensif Kang-In Lee, arrivé lui aussi en 2023. L’international sud-coréen aura fini par céder aux appels du pied de l’Atlético Madrid, qui lui a même promis le n°7 laissé vacant par Antoine Griezman. Lee retrouvera donc une Liga où il avait déjà évolué sous les couleurs de Valence puis de Majorque.
Enfin, Randal Kolo Muani, prêté la saison passée à Tottenham, s’est envolé pour Turin. Comme durant la saison 2024/2025, il portera le maillot de la Juve. Un transfert estimé à 40 millions d’euros, soit la moitié de ce que le PSG avait payé à l’Eintracht Francfort pour recruter celui qui était l’une des révélations de la Bundesliga 2022/2023 et considéré comme un grand espoir du foot tricolore. Mais voilà, soumis à la pression d’une rude concurrence, Kolo Muani n’aura pas su s’imposer, laissant au PSG (comme chez les Bleus) le sentiment d’un immense gâchis.
Ramos, Lee, Kolo Muani. Trois gros départs, donc (en attendant celui d’Ibrahim Mbaye et de Bradley Barcola ?), et, jusqu’à début août, encore aucune arrivée de marque scellée à trois semaines de la reprise du championnat. Mais tout s’est accéléré depuis une dizaine de jours. Avec les signatures, d’abord, de Lucas Digne, en provenance d’Aston Villa (10 millions), et de Maghnes Akliouche, arraché du rocher monégasque pour 50 millions. Et si ce n’était là qu’un petit apéro. On nous annonce encore du très lourd dans les prochains jours, avec l’arrivée imminente de Mika Godts (Ajax, 60 millions) et Ferran Torres (Barcelone, 50 millions) ! Nous voilà donc rassurés quant à l’appétit de l’ogre parisien, jamais rassasié.
Une politique du trop-plein, contrastant avec celle d’un RC Lens qui joue la stratégie du tremplin, attirant à la fois les jeunes qui ont besoin de se montrer, les anciens qui veulent se relancer, et quelques étoiles que l’on n’espère pas trop filantes…
Et la morale, bordel !
« Ogre richissime à la tunique doublement étoilée,
Paris régnait sur le monde du football en maître invétéré.
Ses coffres remplis d’or, toutes les démesures lui permettaient,
Sûr d’être révéré, au mépris de clubs qu’il toisait (…) »
Treize ans d’actionnariat qatari. Treize ans qu’on nous rebat les oreilles avec ce qui tient quand même davantage d’une parodie que d’une fable. Avec en tout cas pour seule morale le sentiment que c’est… l’immoral qui triomphe. Le PSG, c’est pour beaucoup le vaniteux symbole d’un foot sans éthique, hyper-marketté et ultra-financiarisé, au gré de valeurs qui se comptent en nombre de zéros, mais qui ne font pas de ceux qui les alignent des héros. Bien au contraire…
Ainsi, à la veille d’un match contre Paris, se prend-on toujours à rêver de pouvoir remettre un peu de probité là-dedans. Sur le pré, à la loyale, en ne laissant parler que les tripes. Et qui mieux que le Racing pour incarner cette rébellion d’un foot vrai, généreux et authentique, reposant sur les fondements simples que sont le travail, l’humilité, la solidarité et la ferveur, face au cynisme et à la suffisance d’un foot (trop) business. Voilà sans doute le véritable enjeu de ce Trophée des Champions 2026. (Avec le fait qu’un seul club est parvenu à en priver le PSG depuis 2013, et que c’était le LOSC, en 2021… Faut vous faire un dessin ?) « Tant qu’on aura conscience de ce qu’on est, on continuera à avancer », martèle Benjamin Parrot dans la dernière livraison de la revue Sang et Or. On ne fait jamais mentir le patron !

