Vous avez redonné vie à notre Racing !

Il y a dix ans, le Racing vivotait telle une âme en peine dans le foot professionnel. Une autre époque quand on sait qu’aujourd’hui, à l’approche du sprint final de cette saison, le RCL se donne l’opportunité de tutoyer le PSG et d’empocher, pourquoi pas, un ou deux titres. Bilan des forces vives.

Malang Sarr, digne représentant du renouveau lensois cette saison
Photo Culture Sang et Or

Lens a déjà tout gagné

Loin de nous l’idée de penser que Lens n’aurait rien à perdre en cette fin de saison – en somme, une non-qualification directe en Ligue des Champions et une défaite en demi-finale de Coupe de France. Cependant, souviens-toi de l’été dernier : l’objectif du Racing est alors bien modeste. Une année de transition dans la peau d’un outsider aux places européennes. Grosso modo, une équipe sportive et administrative revue de A à Z pour faire aussi bien que l’an passé.

Contrat largement rempli. Tout est au vert jusqu’ici. Lens talonne incroyablement le PSG, avec une deuxième place à dix points du premier poursuivant. La mécanique est bien huilée avec un Pierre Sage tacticien hors pair, qui sait aussi troquer ses lunettes de professeur pour sa casquette d’orateur quand il s’agit d’haranguer sa foule en short, comme en témoigne cette mythique mi-temps de Lens-Auxerre en janvier. L’équipe tourne bien, car les joueurs sont bien trouvés, avec une direction sportive menée à la baguette par la doublette Parrot-Leca. Le désormais Corsico-Ch’ti porte le costume à merveille en taillant un effectif complet et de qualité avec de la pépite qui dépote, des revanchards qui font chavirer, des anciens qui rajeunissent. Il se permet même quelques coups d’éclat de renom tels que Florian Thauvin, toujours aussi élégant, à deux doigts de retrouver les défilés de la Coupe du Monde, et Allan Saint-Maximin à l’intersaison, soliste d’exception qui manquait à la partition d’un collectif lensois un peu trop bien élevé.

N’en déplaise aux rageux des Olympiques, Lens ne doit quasiment rien à la chance. L’équipe survole et est reconnue dans le milieu pour son football. Certains résultats sont sans appel, comme les raclées distribuées à ses malheureux adversaires, le PFC à l’extérieur 0 à 5, Metz qui prend un 3 à 0, et tout dernièrement Angers qui s’incline 5 à 1 à Bollaert-Delelis. Le RCL imprime son sceau Faire du Lens fortement et durablement, venant rappeler voire supplanter la période lensoise sous Franck Haise. Lens est un bulldozer qui n’a, en plus, pas renié son identité de jeu et ses valeurs. Sauf cataclysme, inversion des pôles ou invasion des Saturniens, Lens est déjà qualifié en Champion’s pour la saison prochaine, saperlipopette.

Des jolis objectifs à réaliser qui font saliver

Pierre Sage dessine des objectifs évolutifs tout au long de l’année. Maintien assuré, Europe assurée, Ligue des champions assurée. Le coach en a sous la caboche et sous la semelle pour viser toujours plus haut, toujours plus loin. Plus rien n’arrête le Racing qui a pourtant déjà rempli des objectifs d’un club bâti à coups de centaines de millions. À Lens, on n’a pas de pétrole, plus de charbon, mais des idées en or pour côtoyer les sommets.

Les idées et les objectifs commencent sur le terrain. À chaque match sa vérité, avec une volonté de proposer toujours quelque chose, d’attaquer pour gagner les matchs. Le 3-4-3 (ou 3-4-2-1) lensois est désormais une version améliorée, et Sage n’est pas un adepte de l’adaptation du schéma, mais plutôt de l’animation. Il s’appuie sur les qualités, pour avoir toujours un temps d’avance sur l’adversaire, et ça marche. Dans certains matchs, l’équipe semble imprenable et impose un rythme destructeur.

Lens a plus que des objectifs, Lens a aujourd’hui des ambitions. Cette ambition nous amène à espérer un titre majeur. C’est simple, Lens n’a tellement plus rien gagné depuis des décennies que ses deux derniers trophées sont des compétions qui n’existent plus : la Coupe de la Ligue en 1999, et la Coupe Intertoto en 2003. Cette saison, le Racing reste en lice en Ligue 1 McDonald’s, même si suivre le rythme de l’équipe parisienne dopée par le Qatar relève de l’exploit. Le RCL est également bien placé pour tenter de remporter la Vieille Dame, alias la Coupe de France, qui manque tant à son palmarès. Il ne reste plus qu’un match pour atteindre la finale et espérer l’emporter. Les chances sont immenses, le PSG s’étant fait d’ores et déjà éliminer. On se met à rêver, bon sang de bonsoir !

La dernière ligne droite pied au plancher

Saison déjà réussie, ambitions affichées. Que nous indique le baromètre sang et or à l’approche de la dernière ligne droite fatidique ? D’abord, tout semble indiquer que le Racing retrouvera un effectif retapé et au complet. On peut espérer des retours de poids qui font figure de cadres cette saison, comme Samson Baidoo, la tour de contrôle en défense, Ruben Aguilar, l’infatigable piston, ou encore Wesley Saïd, qui réalise une de ses meilleures saisons, se montrant souvent inspiré avec une justesse rarement égalée.

Au delà de cet effectif fort du retour de ses éléments clés, ces absences nous ont apporté la certitude que le collectif est solide, très solide. En incorporant des jeunes joueurs à l’équipe, à l’image d’Ismaëlo Ganiou, explosif jeune défenseur, de Nidal Čelik, jeune défenseur un peu moins explosif mais détonnant, des retours d’Abdallah Sima ou de Saud Abdulhamid qui ont montré de belles choses, Pierre Sage maintient tout le monde concerné, chacun pouvant amener sa pierre à l’édifice. Poussé par un public qui se reconnaît dans ses idoles, le collectif peut tout (r)emporter.

Attention à ne pas s’enflammer, tout de même. Car si le Racing semble avoir prouvé une certaine aptitude à ne pas flancher, à toujours rebondir, avec une bonne dose de certitude saupoudrée d’humilité, il a tout de même reçu quatre gifles. Une sur le terrain du bon dernier, une autre au Vélodrome contre un Olympique à l’intensité supérieure, une autre à la maison contre la Principauté qui a renversé le score en dix minutes, et enfin une dernière chez les Merlus contre vents (manque d’efficacité) et marées (arbitrage). L’équipe aurait pu s’écrouler, entamer une mauvaise série. Jamais, que ce soit dans l’attitude ou dans les résultats. Ce Racing-là apprend de ses défaites, garde ce qu’il fait de bien, corrige les imperfections pour redresser la barre et revenir plus fort. C’est costaud.

Il fait bon d’être un suiveur du RC Lens en cette saison 2025-26. Tout le monde prend son pied, et on ne mesure sans doute pas encore la chance que l’on a de profiter de cette équipe qui nous offre du rêve et des émotions. Car c’est vrai que ce Lens est gai, c’est vrai que ce Lens est beau. Allez les Sang et Or !

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