Le réveil post-derby n’est pas facile. Et depuis la remontée, à une petite exception près, nous retrouvons quasi inlassablement le même scénario. Une équipe méconnaissable, qui joue manifestement avec la peur, peu importe les systèmes de jeu ou les entraîneurs. Le contraste est frappant quand on regarde le match de l’adversaire, conquérant, agressif et serein. Une soirée déjà vécue, mais toujours difficile à vivre et à accepter.

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Dès les premières minutes, le constat a été glaçant. Pas d’impact, pas d’agressivité, ni cette flamme qui transforme un match en combat. Lens a regardé le derby se jouer sans jamais vraiment y entrer. Comme tétanisés, paralysés par l’enjeu, les Sang et Or ont laissé leurs rivaux dicter le tempo, imposer leur rythme, gagner chaque duel. Un derby ne tolère pas la demi-mesure. Et quand on n’y met pas le cœur, il vous le fait payer cash.
Une fragilité défensive déroutante
Derrière, les fragilités ont explosé au grand jour. Celik a sombré, complètement dépassé par l’événement, accumulant les erreurs, les mauvais placements, les hésitations. Il n’est pas le seul coupable du naufrage, très loin de là, mais il en a été un acteur principal. Une prestation qui fait mal, parce qu’elle symbolise à elle seule le manque de solidité et de sérénité de cette équipe. Mais comment lui en vouloir totalement, quand on connaît les raisons de ses récentes titularisations ? L’absence de Baidoo pèse, encore et encore depuis maintenant des semaines.
Elle s’éternise, elle désorganise, elle oblige à bricoler. Et aujourd’hui, elle expose certains joueurs à des rôles qui ne sont pas les leurs. Pierre Sage lui-même semble dans le flou, incapable de donner une échéance claire. Et sur le terrain, ce manque devient un gouffre. Un apprentissage qui peut coûter cher…
Un manque de danger offensif
Devant, l’impuissance est tout aussi perturbante. Il y a bien eu cette occasion, ce face-à-face d’Edouard, celui qui doit relancer une équipe, faire basculer un match, raviver une flamme. Acte manqué, à l’image de cette soirée…Trop timide, trop imprécis, au point de voir Florian Thauvin désabusé. Et après ça ? Le néant ou presque . Pas d’occasions franches, énormément de pertes de balle sous la pression. Trop peu de situations, trop peu de danger, trop peu de révolte. Une attaque qui ne fait plus peur, qui peine à exister, qui donne le sentiment d’être à court d’idées comme d’énergie.

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Ce qui inquiète le plus, au fond, ce n’est pas seulement la défaite. C’est ce qu’elle raconte. Une équipe sans repères, sans certitudes, qui doute au pire des moments. Une équipe qui semble s’essouffler, s’effriter au fil des semaines, incapable de répondre quand l’intensité monte ou encore se relever face aux éléments contraires. Et pourtant, la saison est loin d’être terminée. Il reste des points à aller chercher, une dynamique à relancer, une Coupe de France à aller chercher. Mais au regard du visage affiché, c’est la peur qui s’installe progressivement. Oui, la peur.
Un derby loin d’être à la hauteur, comme souvent
Un sursaut est nécessaire. Un vrai. Salvateur. Retrouver les fondamentaux, ceux qui ont fait la force de Lens et forgé son identité : l’engagement total, la solidarité, le refus de lâcher. Parce que sans ces précieux ingrédients, les prochaines échéances risquent de ressembler à celles-ci : longues, douloureuses, impuissantes, frustrantes…
Mais au-delà de l’inquiétude, c’est la colère qui domine désormais. Parce que ce scénario, on ne le connaît que trop bien. Depuis la remontée, combien de fois l’a-t-on vu se dessiner dans les grands rendez-vous ? Une équipe qui subit, qui doute, qui s’efface au moment d’exister. Toujours cette même impression d’impuissance, toujours ce même sentiment de passer à côté. Et cela, ce n’est plus acceptable. Parce qu’un derby, ça ne doit jamais ressembler à ça, indépendamment du résultat. Pourtant, la recette n’a pas dû disparaître depuis le match aller, à moins qu’elle ne soit différente pour gagner chez l’ennemi.

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Désormais, il va falloir relever la tête. Avec force, conviction. Deux semaines sans jouer, deux semaines pour se regarder dans le miroir, pour corriger, pour retrouver ce qui fait notre identité. Car oui, derrière, ça va revenir. Certains vont croire que tout peut basculer au classement. Mais Lens n’a pas le droit de lâcher, ne va pas lâcher. On va résister. On va se battre. On va aller chercher ces points, un par un, avec les tripes qu’on n’a pas vues samedi. Et surtout, on va aller chercher cette Coupe de France. Parce que cette saison ne peut pas se terminer dans la frustration et l’impuissance.

