Cette 24e journée est celle où Lens, en concédant deux points supplémentaires de retard sur le leader, a perdu la position où tout gagner lui garantissait le titre de champion de France. Mais c’est aussi celle où les Sang et Or ont fait mieux que tenir le choc à la Meinau, et creusé l’écart avec le troisième. Un beau défi les attend maintenant à Lyon.

Photo CSO
Petit exercice mathématique. Le 22 février à la Meinau, Strasbourg bat Lyon (3-1). Le 27 février, toujours à la Meinau, Strasbourg et Lens font match nul (1-1). Le 5 mars, Lyon reçoit Lens. Qui l’emporte ?… Hélas, le football se moque de la logique, d’une part. Et d’autre part, Lyon, à domicile, reste sur une série de neuf victoires consécutives, qu’il sera difficile de briser. Aux yeux des observateurs, ce quart de finale de Coupe de France de jeudi paraît très incertain. Mais pour nous, supporters, nos Sang et Or ont de multiples atouts pour se qualifier.
Après les résultats contrastés contre un Paris FC trop faible, et contre un Monaco trop en réussite, le déplacement en Alsace aura constitué un bon révélateur de ce que peut faire, face à une bonne attaque de Ligue 1, ce RC Lens avec sa défense new look, privée de Samson Baidoo et Ruben Aguilar. Réponse : il donne satisfaction. L’arrière-garde, qui a été cette saison un acteur essentiel pour emmener l’équipe aussi haut dans le classement, compose — on y pense presque tout le temps — avec l’inexpérience à ce niveau de trois de ses cinq éléments. Avant le coup d’envoi, Ismaelo Ganiou, Nidal Čelik et Saud Abdulhamid comptaient à trois une trentaine de matchs de Ligue 1 au total. Matthieu Udol, à lui seul, dépasse les 110 apparitions. Et Malang Sarr file vers les 160.
Ça n’a pas empêché les Blues alsaciens, si remuants et créatifs cette saison quand ils s’en donnent la peine, de peiner balle au pied. Ils ont tiré au but à huit reprises seulement — trois fois moins que leurs visiteurs. Après le but opportuniste qu’inscrit Joaquín Panichelli, les attaquants strasbourgeois ont manqué de solutions, tandis que de l’autre côté du terrain, ça chauffait devant les cages de Mike Penders. À l’issue de la rencontre, un avis répandu dans les médias : avec ce nul (1-1), Lens a été tenu en échec. Sous-entendu : il était près de l’emporter et de reprendre la première place.
Le Paris SG a gagné. Le classement a retrouvé une certaine normalité, avec les champions en titre provisoirement hors d’atteinte, comme d’habitude. Place à la Vieille Dame.
Hissez haut
Il faudra la même rigueur pour espérer un résultat dans le Rhône. Lyon a réussi lors de cette journée ce que Lens aurait bien aimé faire vendredi : marquer deux fois à l’extérieur. Cet OL, même privé d’un Pavel Šulc auteur de dix buts en L1 et deux en Coupe en France, détient dans ses rangs de redoutables finisseurs. L’un d’eux est prêté par le Real Madrid. Et sans forcément dominer ses matchs de la tête et des épaules, l’équipe de Paulo Fonseca peut engranger les victoires. Comme à Bollaert lors de la 1re journée, pour ne donner qu’un exemple.
Mais ces mêmes Lyonnais ont finalement plié face au mistral, encaissant trois buts au Vélodrome, comme nos Racingmen en janvier. Il y a des leçons à tirer des dix minutes où ils ont perdu le contrôle : la défense a ses trous et ses manquements, dans ce collectif globalement tourné vers l’offensive, et qui a peut-être joué contre nature à Marseille en voulant gagner du temps et tenir le score.
Pierre Sage prépare donc sûrement un plan, contre un Olympique lyonnais qu’il connaît particulièrement bien. Pas de surprise à attendre quant au onze de départ, qui a toutes les chances d’être le même qu’à Strasbourg. On est rassuré de pouvoir y compter sur le supersonique Mamadou Sangaré, déchaîné dans l’entrejeu, et auteur d’un but splendide à la Meinau. La nuance sera dans les consignes défensives et offensives, pour espérer revivre une demi-finale de Coupe. Lens n’en a connu qu’une au cours de ce siècle, et elle remonte… C’était en 2010, une époque où deux jeunes joueurs rhônalpins, Ruben Aguilar et Florian Thauvin, travaillaient dur, à Grenoble, pour passer pro.

