Nos Lensois sont actuellement capables du meilleur, contre Toulouse, du pire, contre Lille, du pire et du meilleur au sein d’un même match, contre Brest, et aussi du moyen, contre Nice. Comment le comprendre et quoi en penser ?

Photo CSO
Ce qui détonne en cette fin de saison, ce sont sûrement les déclarations de Pierre Sage. Capable d’allumer ses joueurs après Brest puis quelques jours après de se tempérer et de leur faire une déclaration d’amour à la veille du match à Nice. À se demander s’il n’est pas parfois, un peu comme nous supporters, désemparé face aux performances de son équipe. Car encore une fois ce week-end, le Racing nous a offert un scénario inédit cette saison. Une seule fois ses adversaires avaient su prendre des points après avoir subi l’ouverture du score. Lens avait perdu, face à Monaco. Cette fois, il a partagé les points.
Un scénario de match inattendu
Ce samedi soir, Odsonne Édouard aurait pu marquer rapidement dès la quatrième minute. C’eût été probablement un autre match si la réussite n’avait pas fui le buteur sang et or. Pour une fois en L1, les hommes de Pierre Sage démarraient correctement leur match. Et Robin Risser, parfois fébrile ces derniers temps, réalisait une claquette face à l’ancien Lensois Juma Bah. Une formation solide, à défaut d’être flamboyante. Aussi, quand Allan Saint-Maximin ouvrait le score en deuxième mi-temps, on ne voyait pas bien ce qui pouvait nous arriver. Lens, sauf exception, sait tenir le score cette saison. Enfin… en temps normal. Face à des Niçois imprécis, jusqu’à l’expulsion de Saud Abdulhamid et au but digne d’une partie de flipper qui suivit, l’on n’imaginait pas le match prendre cette tournure.
Le Racing a soit gagné un point, soit en a perdu deux à l’Allianz Arena. Il ne suffira plus que d’une victoire face à Nantes pour accrocher la deuxième place du championnat. Peut-être encore une fois Lens a-t-il dit adieu au titre. Une première fois, nous l’avions pensé après la défaite à Lille. Une deuxième fois la semaine dernière après le nul à Brest. Et une troisième fois après celui à Nice. Trois occasions gâchées, comme autant de regrets à venir si la saison devait s’achever sans trophée.
Une bascule invisible ?
Y a-t-il eu un moment de bascule que nous n’avons pas vu, comme lors de cette défaite à domicile fin février contre Monaco, où tout s’est renversé en dix minutes ? Ou le tournant est-il la défaite lors du derby début mars ? Ou encore le feuilleton du report du match contre le PSG, qui a mangé trop d’influx ? Ou serait-ce encore la révélation des salaires par L’Équipe, le quiproquo sur le retour avorté de Samson Baidoo ou autre chose qui a fait perdre la sérénité aux joueurs lensois ? Ce n’est peut-être aussi que l’effet d’une fatigue nerveuse et physique des Lensois, après une longue saison, à tâcher de suivre le rythme d’une des meilleures équipes du continent.
Depuis ces quelques événements, Lens est sur courant alternatif. La défense, à commencer par son gardien, est dorénavant friable. Les attaquants montrent des états de forme très divers. Certains offensifs tiennent l’équipe à bout de bras, quand d’autres semblent avoir déjà la tête ailleurs. Ainsi les performances sont-elles devenues impossibles à anticiper. Quand on craint que cette formation alterne entre le meilleur et le pire à Nice… elle offre finalement une prestation moyenne.
Puisqu’il reste quatre matchs à jouer, l’on espère dorénavant que tous les joueurs sauront élever leur niveau ensemble pour cette finale de Coupe de France, et une fois en championnat, peu importe contre qui, pour assurer la place de dauphin. Même si les batteries sont de plus en plus difficiles à recharger, il est temps de récolter le fruit de tant d’efforts.

