Sans 12e homme mais avec 11 guerriers, Lens peut-il faire plier le LOSC ?

Le premier derby du Nord de la saison est programmé ce vendredi à 21h sur la pelouse de la Decathlon Arena Pierre-Mauroy. Trois points en jeu, deux clans en apnée et une question toute simple pour le commun des Lensois : va-t-on pouvoir passer Noël à chambrer son tonton relou supporter de Lille ?

Un derby sans sa bande-son classique…

Qui de Dogues aux crocs acérés ou de Sang et Or aux griffes aiguisées pour remporter le 124e derby ?… On avait commencé à sortir le dictionnaire à métaphores animales et guerrières pour vous présenter ce Lille-Lens, évoquer cette rivalité quasi antique, parler d’un match qui sent forcément la poudre, et patati et patata…

Mais de poudre, il a justement été un peu trop question mercredi 21, avec ces jets de fumigènes depuis le parcage lensois au stade Jan-Breydel de Bruges. Qu’on ne se méprenne pas : craquer un fumi ne constitue pas un crime en soi, cela fait partie du folklore si c’est maîtrisé ; le lancer en revanche en direction d’une tribune où les supporters adverses, eussent-ils des amitiés lilloises, sont venus en famille au match est en revanche délictuel.

Le fait de quelques abrutis dont le cerveau n’est, pour le coup, que très rarement allumé, a une incidence considérable pour des milliers d’autres, dotés de plus de discernement. Sans attendre le verdict de l’UEFA, qui en plus d’une grosse amende allait fatalement infliger une interdiction de déplacement des supporters en Ligue des Champions, le RC Lens a dégainé une première sanction, en privant (via la non-commercialisation des billets) les Sang et Or de parcage à Villeneuve-d’Ascq.

Avec un nouveau coup de foudre du dieu « Thor-vin » ?

C’est donc sans le soutien de leurs fidèles que les Lensois affronteront les Lillois. Comme si on n’avait pas à déplorer suffisamment d’absences comme ça. Rappelons qu’Ismaëlo Ganiou et Odsonne Édouard ont rejoint Abdallah Sima et Maik Nawrocki dans des lieux de convalescence, tandis que Jonathan Gradit, l’un des rares déjà venus gagner sur ce terrain, paraît encore incertain…

Pour son premier derby sur le banc en tant qu’entraîneur, Yannick Cahuzc pourra compter sur un groupe rasséréné par sa victoire face au Paris FC samedi (2-1), grâce au dieu du tonnerre Florian « Thor-vin » et à la faveur d’un « Thor-nade » Hazard ressuscité. La rencontre a aussi confirmé combien Lens peut compter sur ses cadres (Matthieu Udol, Ruben Aguilar, Saud Abdulhamid) et fait souffler un vent d’espoir avec la montée en puissance du duo central Mickaël Cuisance-Amadou Haïdara.

La victoire face au club de la capitale n’a ainsi pas levé toutes les inquiétudes, mais au moins dissipé quelques doutes. Notamment celui lié à la capacité des Lensois à savoir transformer une nette domination en succès, et s’épargner ainsi une indigestion de regrets. (Car comment ne pas en nourrir après les deux confrontations contre le Sporting et le Club Bruges ?…)

Des Dogues moins mordants

De quoi croire en une victoire de Lens à Pierre-Mauroy ? Les statistiques ne plaident pas en faveur de cette hypothèse, le LOSC ayant souvent su maîtriser l’appétit minier sur sa pelouse. Aucune victoire lensoise à Lille depuis 2022, soit une éternité. Et puis, on garde l’amer souvenir du Lille-Lens d’avril 2026 : les Sang et Or, qui tenaient jusqu’alors la dragée haute au PSG, avait sombré à la Decathlon Arena, laminés 3-0 par les Dogues.

Mais d’une part, un derby ne se gagne pas de manière probabiliste sur un tableur Excel. Et puis les Lillois, bien que pointant à la 3e place du classement, ne sont pas en ce mois d‘octobre au sommet de leur forme : ils restent en championnat sur deux nuls (1-1 à chaque fois, d’abord à domicile face à Brest puis sur la pelouse de Monaco). Ils pointent tout en bas du classement en Ligue des Champions, avec trois défaites consécutives, dont deux à domicile (2-3 face au Betis et 2-4 face à Galatasaray) et une à Arsenal (3-0). Notre voisin devra, qui plus est, composer avec plusieurs absences de taille : Tiago Santos, Ayase Ueda et Hamza Igamane sont blessés ; Tanguy Nianzou, expulsé à la 66e minute de Monaco-Lille, sera suspendu.

Parcage ou pas, les Sang et Or ont tout ce qu’il faut pour poser des problèmes à cet adversaire. À condition, bien sûr, de montrer les crocs, dès le coup d’envoi.

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