Risser, pour une première

Le gardien lensois est qualifié avec l’équipe de France pour les demi-finales de Coupe du monde. En cas de victoire des Bleus en finale, il deviendrait le premier Lensois à remporter la plus prestigieuse des compétitions. D’autres avant lui étaient passés plus ou moins près du même exploit. Retour sur leur parcours.

Robin Risser savait-il seulement en signant à Lens qu’il pourrait devenir champion du monde l’été suivant ?
Photo Culture Sang et Or

Le précurseur : Wisniewski en demi-finale

De la Coupe du Monde 1958, en Suède, l’on se rappelle le record de buts de Just Fontaine. Et éventuellement la présence de l’autre star de l’attaque française, née à Nœux-les-Mines : Raymond Kopa. À moins d’être supporter lensois, l’on oublie la présence du titulaire de l’aile droite : Maryan Wisniewski. Né non loin, à Calonne-Ricouart. Cet attaquant redoutable marquera contre le Paraguay en poule et face à l’Irlande du Nord en quart de finale. La marche fut cependant trop haute pour lui et ses coéquipiers français lors de la demi-finale face au Brésil. Une défaite 5-2 face aux Pelé, Garrincha, Didi et autres Zagallo. Ce Brésil était un meilleur cru que celui de 2026. Il s’imposera sur le même score en finale contre le pays hôte. La France ira quant à elle chercher la troisième place en battant l’Allemagne.

Cette belle Coupe du Monde vaudra pourtant à Wisniewski l’amère conséquence d’être envoyé en prison. En effet, à son retour de Suède en plein mois de juillet, il rentrera directement chez lui avec le sentiment du devoir accompli. Or, puisqu’il est militaire, au Bataillon de Joinville, en plus de footballeur international, il est considéré comme déserteur et donc incarcéré. Puis envoyé, pour punition, en Algérie.

Xuereb et Vercruysse : si proches, si loin

En 1986, deux Lensois sont appelés à disputer la Coupe du Monde : Philippe Vercruysse et Daniel Xuereb. Le premier, meneur de jeu qui peut suppléer Michel Platini, est parfois titulaire. Le second, buteur, aura joué quelques minutes du tournoi au Mexique. Les deux rentreront en cours de jeu lors de la demi-finale contre l’Allemagne. Ce n’est pas celle de Séville, qui avait vu Schumacher faire une sortie kamikaze contre Battiston. Non, c’est celle, moins marquante, quatre ans plus tard à Guadalajara. Mais le résultat sera le même : la France s’arrête aux portes de la finale. Battue 2-0, elle remportera ensuite contre la Belgique le match pour la troisième place, avec un Vercruysse titulaire.

Vairelles, Sikora et Warmuz : ils auraient pu en être

Nulle peine de rappeler que la France a été championne du monde en 1998, et que trois Lensois auraient pu en être.

Jamais vraiment envisagé par Aimé Jacquet, le gardien Guillaume Warmuz était peut-être pourtant supérieur en 1998 à l’Auxerrois Lionel Charbonnier. Derrière, l’on aurait pu imaginer Éric Sikora, plutôt que Vincent Candela. Mais Aimé Jacquet n’a sélectionné aucun arrière droit de métier, parmi seulement six défenseurs. Lilian Thuram, défenseur central, est décalé sur le flanc. Et son suppléant, qui jouera notamment le troisième match de poule contre le Danemark, sera Christian Karembeu, un milieu.

Et puis il y a le cas Tony Vairelles. Il intégrera l’équipe de France en août 1998 pour un amical contre l’Autriche. Rageant ! Surtout quand on sait que Jacquet lui avait préféré Bernard Diomède, attaquant aux statistiques faméliques en bleu et au talent pas éclatant. Cet ailier avait comme avantage d’avoir passé toute la saison à servir l’avant-centre des Bleus, Stéphane Guivarc’h, avec Auxerre. « Tonygoal », champion de France, dynamitait toutes les défenses possibles balle au pied. Certains se souviennent même de Bollaert qui scandait son nom lors de France-Paraguay…

Alou Diarra : pour un coup de boule

En 2006, Lens ratait la Ligue des Champions avec une défaite à Troyes lors de la dernière journée. Alou Diarra sortait d’une bonne saison et peut-être Raymond Domenech avait-il besoin d’un Gémeaux ascendant Capricorne aligné sur Mercure et Vénus. Trêve de plaisanterie : le Lensois entrera en jeu lors de la finale contre l’Italie, à la 56e minute, pour remplacer Patrick Vieira. Avec ce joueur serein en tour de contrôle, la France se montrera solide jusqu’au coup de boule de Zidane. Revient dans nos têtes la voix de Thierry Gilardi : « Pas ça Zinédine. Pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait. » Quelques minutes plus tard, lors de la séance de tirs au but fatidique, un raté de Trezeguet brisera les rêves de sacre d’Alou Diarra. Après cette finale, il signe à l’Olympique lyonnais, pour un premier titre de champion de France. Gervais Martel, en 2007, ira chercher Guy Roux pour entraîner le Racing. Trajectoires opposées…

Florian Thauvin est le premier champion du monde recruté par le Racing
Photo Culture Sang et Or

Varane, Aréola, Thauvin : champions passés par Lens

En 2018, Florian Thauvin est champion du monde, mais il ne signera qu’en 2025 à Lens. Il restera cependant le premier à être recruté par le Racing après avoir remporté le Graal. Quant à Raphaël Varane, il n’était plus Lensois, mais reste aussi le seul joueur formé à la Gaillette à avoir soulevé le trophée. Cette année-là, en Russie, on trouvait aussi Alphonse Aréola, un ancien gardien sang et or, parmi les 23 Bleus.

Concernant les autres sélections, on citera Facundo Medina qui aurait pu être champion du monde en 2022 avec l’Argentine. Si sa première sélection date des éliminatoires au Mondial qatari, en octobre 2021, il n’a malheureusement pas été retenu pour la phase finale. Il pourrait soulever la Coupe cet été, en tout cas cela reste son ambition à l’heure où nous écrivons ces lignes, mais il est dorénavant Marseillais.

Autant de destins très différents. Certains étaient Lensois mais ne sont pas devenus champion du monde. D’autres sont devenus champion du monde mais sans être Lensois à ce moment-là…

___

Ce que Robin Risser peut réussir — même si le destin des Bleus ne dépend guère des exploits de leur troisième gardien — resterait une première dans l’histoire du Racing. Cet international néophyte, a raconté L’Équipe, fait l’unanimité au sein du groupe de Didier Deschamps par sa bonne humeur et son envie à l’entraînement. Alors, pour une fois, en attendant la reprise de la Ligue 1, on lance sur Culture Sang et Or : allez les Bleus !

Partager cet article
Retour en haut