Retour à la réalité

Ils ne peuvent pas tout gagner. Ils sont humains. L’avenir nous dira si ce week-end était un accident ou un tournant dans la saison du RC Lens. Une chose est certaine, ce lundi, les supporters ont quelques peu la gueule de bois. Que s’est-il passé au juste ?

Peu de raisons d’être souriant après le match contre Monaco
Photo CSO

Rien de mal ne pouvait arriver

Samedi, à la soixantième minute du match contre Monaco, en menant 2-0, le Racing se dirigeait tranquillement vers une dix-huitième victoire en vingt-trois matchs. Les joueurs du Racing venaient d’en coller trois à Rennes après avoir concédé l’ouverture, puis cinq contre le Paris FC et donc deux contre Monaco. Le Racing avait donc marqué dix buts à la suite sans en concéder un seul. Il y avait quelque chose d’irréel. Tout était trop simple. Et quand bien même les Monégasques se montraient dangereux, Robin Risser était capable de sortir une parade de gardien de handball.

Et puis cette saison, après avoir ouvert le score, Lens n’avait jamais connu rien d’autre que la victoire. On ne craignait donc rien. En réalité, nous ne le savions pas — ou peut-être l’avions-nous oublié —, cette équipe n’avait pas de marge. Ce n’était pas faute d’avoir entendu Pierre Sage le répéter tout au long de la saison. Trois coups de butoir plus tard, les fragilités du Racing ressortent. Et les Sang et Or abandonnent la première place.

Une longue liste de blessés et des recrues pas prêtes

Si jusqu’à présent les blessés étaient remplacés avec brio, les nouvelles absences de Mamadou Sangaré et Wesley Saïd ont peut-être été de trop. Le Malien n’avait pas loupé un match depuis son retour de la CAN. En son absence, les Lensois n’ont pas semblé avoir la bonne agressivité, celle qui consiste à harceler les joueurs adverses, pas à contester les décisions arbitrales. De plus, il semble qu’Amadou Haïdara et Arthur Masuaku ne soient pas aujourd’hui jugés aptes pour être titularisés. Quant à la dernière recrue, Allan Saint-Maximin, il n’a peut-être pas le coffre pour tenir un match complet.

Une certaine suffisance

Des pertes de balles devant leur surface, un pressing défensif plus lâche, des espaces laissés dans le dos des défenseurs, des approximations dans le replacement, un redoublement de passes inutiles… les Artésiens ont semblé céder à la facilité. Symbolique est, durant la prolongation de la première mi-temps, l’enchainement de six passes consécutives entre Adrien Thomasson et Florian Thauvin. Les deux Lensois sont arrêtés, face à face, et font un remake des échanges Messi-Iniesta. Peut-être à ce moment-là peut-on se rendre compte que Lens ne fait plus du Lens. Sans doute les Monégasques ont-ils senti qu’ils étaient pris de haut. Mais comment ne pas tomber dans la suffisance quand tout vous sourit ?

Dorénavant, les joueurs savent ce qu’il leur reste à faire. S’entraîner sérieusement, puis aller à Strasbourg avec de meilleures intentions. Et espérer que les absents pourront revenir un par un. Les Lensois ont cette saison toujours gagné après avoir concédé une défaite. Attention, cependant : ils n’avaient jamais cédé un seul point après avoir mené.

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