Pour un Lens cosmopolite, n’est-ce pas

La première salve de recrues indique un renouveau sous le signe du cosmopolitisme et de l’internationalisation de l’effectif. Gloubi-boulga ou RCL taillé pour l’Europe ?

Un cliché collector comme signe du destin
Photo CSO

Cosmopolitisme ou blanchardisation ?

Le 17 juillet 2026, Jocelyn Blanchard signe à l’ESTAC en tant que nouveau directeur sportif. Alors que le joueur nous rappelle les belles pages européennes lensoises dans années 2000, le directeur sportif nous laisse un sentiment mitigé, avec un recrutement à l’international, véritables coups de poker, parfois judicieux, à l’instar d’un Cristian López en 9 chouchou de Bollaert, mais qui a fini en eau de boudin avec des recrutements d’illustres inconnus devenus des flops de légende, trop lents, trop gros, trop petits pour un RCL qui visait l’accession en Ligue 1. On se souviendra en 2017 de Lemos, Tasoulis et Lendric, des échecs qui ont scellé l’avenir de la carrière de Blanchard au Racing.

En comparaison, alors que le RCL se doit de se renouveler encore et toujours, ce début de mercato est marqué par le départ de cadres (Thomasson et Sarr, en attendant d’autres peut-être) et l’arrivée du coach allemand Dino Toppmöller, de deux recrues polonaises, Michał Skóraś et Maik Nawrocki, du pari de l’éternel espoir venu d’Allemagne Michaël Cuisance et du retour de l’enfant prodige Thorgan Hazard, qui sort d’une belle saison à Anderlecht. D’autres pistes sortent ici ou là sur les réseaux pour renforcer les rangs du Racing, notamment du Curacien Armando Obispo. L’Histoire nous apprend que ce recrutement présente des risques : difficultés pour la cohésion du vestiaire, problèmes de communication, adaptation difficile au football pratiqué en France comme autant d’ingrédients qui ne prennent pas dans la mayonnaise lensoise. Du propre aveu de Joseph Oughourlian lors de la saison 2017-2018, « c’est les Nations-Unies dans le vestiaire de Lens. Avec des types qu’ils [sic] sont allés chercher en Espagne, au Brésil, etc. ». Alors, attention à ce que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets…

Confiance dans la stabilité en mouvement

Allez, on se pose, on se mouille la nuque, y’a rien qui va mal. La triplette Oughourlian – Parrot – Leca est toujours aux commandes et a tracé une feuille de route qui pare à toutes les éventualités. Le Racing a appris à encaisser les turbulences. Le directoire est parfois même à l’initiative des bouleversements, préférant récrire les pages d’un livre plutôt que de forcer le trait sur des individus qui ne semblent plus vouloir s’inscrire dans la durée au RCL. Merci Malang, Adrien et Pierre, et bonsoir.

La comparaison avec la période 2017 s’arrête également grâce au profil du staff et des joueurs fléchés. Lens ne recrute pas des inconnus, mais des éléments qui connaissent le haut niveau, même si c’est parfois dans des championnats hors du gratin européen, avec une certaine expérience des joutes continentales, à commencer par le coach polyglotte. Il y aura sûrement des réussites inégales, mais on peut parier, vu la minutie avec laquelle sont examinées les données, qu’on évitera le flop monumental qui coûte cher et provoque le désarroi en tribunes. Et il y aura éventuellement des pépites, comme un certain Mamadou Sangaré, arrivé discrètement l’an passé, et qui est devenu un joueur d’exception.

Le premier enjeu pour le Racing sera de construire un effectif complet pour les compétitions nationales et européennes. L’autre sera d’éviter le piège de la fuite en avant économique, avec des montants de salaires et de transferts trop élevés après une saison fantastique, connue notamment en 2023-2024. On se souviendra du recrutement d’un numéro 9 qui fut laborieux, pour aboutir à une sorte de « panic buy » d’Elye Wahi, pour un montant inhabituel. Faire signer des joueurs très convoités en France, ou des noms très connus en Europe, c’est l’assurance pour le Racing de se faire dépouiller (suivez notre regard) et de perdre tout le crédit, financier et sportif, accumulé par le club pour son intransigeance dans la négociation. Le recrutement cosmopolite sera alors un atout indéniable pour construire un effectif performant, tout cela, cherry on the cake, sans renier la mixité culturelle qui a fait la force du bassin minier.

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