Parrot, le méthodique

Le nouveau directeur général du Racing, alors qu’il cultivait jusqu’à présent une certaine discrétion, apparait dorénavant davantage dans les médias. Et laisse découvrir ainsi ses idées et sa méthode.

Le trio magique
Photo RC Lens

Après le tirage au sort des 32es de finale de la Coupe de France, Benjamin Parrot avait déclaré : « Affronter l’Entente Feignies-Aulnoye, club de National 2, s’inscrit pleinement dans cette tradition : un duel régional, une belle atmosphère en perspective, et l’occasion de jouer un club respecté de notre territoire. Nous aborderons ce déplacement avec sérieux, humilité et respect pour notre adversaire. » Il ne s’est pas trompé, si ce n’est sur le déplacement prévu, devenu à la demande du club nordiste un match à Bollaert-Delelis. Ce vendredi, les Lensois auront été, comme l’avait demandé leur DG, sérieux et humbles. Ils ont facilement écarté les pensionnaires de National 2 (victoire 3-1).

Benjamin Parrot est un as de la communication, aussi sait-il trouver les bons mots. Diplômé dans cette matière, il a révolutionné la comm’ du Stade de Reims, puis façonné l’image de marque du Racing. Celle d’un club à fort héritage populaire et fonctionnement moderne.

Parrot au centre de l’attention médiatique

La semaine qui vient de s’écouler l’aura vu faire une pleine page dans le journal L’Équipe et d’être interviewé longuement pour le podcast de l’école ISG. L’occasion d’en savoir plus sur le Limougeaud du Racing.

Devenu numéro deux à la suite de Pierre Dréossi, le voilà maintenant en première ligne. Dans les colonnes de L’Équipe, Joseph Oughourlian indique d’ailleurs qu’à l’été 2024 Benjamin Parrot avait sa préférence pour succéder à Arnaud Pouille, mais qu’à même pas quarante ans, il ne se sentait pas prêt. Il se confirme que Pierre Dréossi n’était là que pour une passation, et le temps que Parrot prenne pleinement confiance.

Du nouveau directeur général on apprend surtout, dans le podcast, son chauvinisme et la revendication de son côté « terrien », qui tranche avec un environnement comme Lens. Il est Limousin, fier de l’être, fan du CSP Limoges où il a fait ses premières armes dans la communication sportive. Mais s’il a choisi de venir dans l’Artois, c’est qu’il a ressenti aussi une identité locale bien affirmée. Le Racing Club de Lens est pour lui un club de football. Ce qu’il distingue des « entreprises de football ». D’aucuns penseront à nos voisins lillois. « Un club créé des liens intimes », indique-t-il à l’ISG. Et il conclut qu’il travaille pour un blason.

Un process pour le recrutement

Celui qui est considéré par Jean-Louis Leca comme un DG « très méthodique » est lucide sur ses compétences. « Le fait est que [dans] le football, tout le monde pense pouvoir juger les joueurs. Moi je ne rentre pas là-dedans. En revanche ma force c’est de créer des process ». Et de détailler ensuite quel processus il a mis en place pour le recrutement de chaque nouveau footballeur. La garantie est de ne plus avoir les recrues du président, celles du directeur sportif et celles de l’entraîneur, avec à la fin un groupe trop hétéroclite.

La première demi-saison avec lui à la tête du Racing donne raison à sa méthode. Dès cet été dans le milieu du football, on entendait bruisser les compliments pour le tact et la maîtrise des dossiers de ce nouveau venu. Le club performe grâce aux arrivées signées de lui et de Jean-Louis Leca. On citera Sangaré, Thauvin, Risser, Baidoo, Udol, Édouard. Tandis qu’il cherche à se débarrasser des recrues attirées par le tandem Pierre Dréossi-Diego López. Dans le désordre : Agbonifo, Zaroury, Ojediran, Nzola, Chávez.

Plus globalement, ce qui transpire dans la communication de Benjamin Parrot, c’est l’idée suivante : je suis authentique, j’ai pris conscience de l’identité lensoise, de ses particularités et du devoir de transmission — et dans ce contexte je veux apporter de la méthode et des procédures. Dont acte. Le classement de la Ligue 1 donne raison à sa manière de travailler.

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