Les Artésiens ont vu leur série de victoire s’arrêter sur la Canebière. Nous n’étions tellement plus habitués à la défaite, la dernière remontant à octobre 2025, que nous nous posons tous une question simple : pourquoi ?

Photo RC Lens
Le football, ce sport injuste
Si l’OM et le Racing jouent dans le même championnat avec les mêmes règles, les moyens des deux clubs sont aux antipodes. Cette saison, le Racing se serre la ceinture et a baissé sa masse salariale sous les 40 millions d’euros. À l’opposé, la masse salariale du généreux Franck McCourt reste probablement au-dessus des 100 millions. L’on peut se réjouir des ressources que trouvent chaque jour l’équipe dirigeante et Pierre Sage pour aligner une équipe compétitive. Il n’en reste pas moins que les miracles ne peuvent être permanents. L’OM est ce club qui peut, dans la même semaine, récupérer Quinten Timber et Ethan Nwaneri, en leur proposant des salaires inimaginables à Lens. Est-ce juste ? Pas tant. Faut-il se montrer fataliste pour autant ? Ce n’est pas dans la mentalité de ce Racing.
Alors, ce week-end, les Sang et Or n’ont pas défié la logique. Comme rarement cette saison, la dure rationalité du sport s’est imposée. Les hommes de Pierre Sage n’ont pas réussi dans l’art de faire tourner en leur faveur la compétition déséquilibrée qu’est cette Ligue 1. Comment seulement leur en tenir rigueur alors qu’ils ont toujours cinq points d’avance sur les Phocéens ?
Le bricolage de Pierre Sage
Le deuxième élément de réponse pour expliquer la défaite à Marseille, c’est l’absence, inédite, de Samson Baidoo. Elle aura contraint le coach à décaler Malang Sarr dans l’axe de la défense. Par ricochet, il a également fait jouer Matthieu Udol et Ruben Aguilar à des postes inhabituels. Au coup d’envoi samedi, trois défenseurs sur cinq n’évoluaient pas à leur poste préférentiel. Et les deux derniers, Ismaëlo Ganiou et Saud Abdulhamid, n’étaient pas des titulaires au coup d’envoi de la saison. De la composition type de cette défense à cinq telle que conçue en début de saison, le Racing s’est retrouvé, face à un club niveau Ligue des champions, avec zéro joueur à sa place — ou un, si l’on se souvient que Matthieu Udol était vu comme le successeur de Facundo Medina, avant de se montrer brillant sur l’aile gauche.
En voyant le résultat à la fin du match, il est aisé de se dire qu’il y avait peut-être d’autres solutions pour laisser Ruben Aguilar côté droit. Et aussi laisser l’ex-Messin dans ce rôle de piston qui valorise ses qualités de percussion, de dribble et de centre. On ne saura jamais ce qu’il serait advenu si Kyllian Antonio avait été titularisé. Ou si Ruben Aguilar avait rejoint l’axe de la défense auprès d’Ismaëlo Ganiou et Malang Sarr. A posteriori, tout paraît toujours plus simple et évident. Avec des si…

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Une entame de match timorée
Enfin, comment ne pas mentionner ce début de match ? Et surtout ces quinze premières minutes, timorées. Après Toulouse et Auxerre, c’est le troisième match de suite en championnat où le Racing ne marque pas en première période. Dans son entame, ce Racing n’était pas sans rappeler celui de Franck Haise lors de la saison 2022-2023. Il semble ronronner parfois pendant les premières minutes, se questionner. Puis, presque toujours, il trouve les solutions au fil du match, souvent à la mi-temps avec les consignes du staff. Il impose ensuite en deuxième période son rythme et ses capacités athlétiques.
Encore faut-il, dans ce scénario qui se répète, espérer arriver à la mi-temps sans être mené. Cette équipe est-elle si sûr d’elle et de ses forces qu’elle en aurait oublié de mettre l’intensité défensive requise pendant les premières minutes d’un tel match ? Difficile de savoir.
Le quart d’heure en ouverture de la prochaine rencontre, face au Havre, sera déterminant. Il nous renseignera sur la capacité du Racing a démarrer un match avec les intentions exigées pour tenir le statut qui est devenu le sien. Par ailleurs, contre les Normands, le Racing ne jouera pas un adversaire qui peut dépenser des millions pour renforcer son effectif au mois de janvier. Marseille, qui affrontera aussi un mal classé, est désormais à l’affût des moindres tergiversations lensoises.
