En dehors de la myriade de records et de chiffres époustouflants que les hommes de Pierre Sage enquillent, ce Racing est beau car il gagne sans tricher, sans dopage financier. Tout le contraire du Paris FC qui accumule les défaites malgré l’argent gratuit de la famille Arnault.

Photo CSO
Si la victoire contre le Paris FC peut sembler logique – encore que l’écart de cinq buts ne fût pas attendu – elle ne l’est pas nécessairement si on se projette dans le passé, en début de saison. Et pour cause, ce Paris FC se développe avec des injections massives de liquidités. Son budget de promu est déjà deux fois supérieur à celui de Lens. Les millions sont engloutis afin de recruter d’exotiques joueurs comme Rudy Matondo, Otavio et William Geubells pour respectivement 17, 17 et 9 millions d’euros. Tout ça pour un retour sur investissement décevant.
Clubs et entreprises de football
Ce que le match de samedi soir a démontré, c’est la cohérence du projet lensois. Au micro de l’After foot, Benjamin Parrot a rappelé ses idées clés. Il a répété que le Racing Club de Lens était un club de football, au contraire des entreprises de football. L’adversaire du week-end, le Paris LVMH Red Bull Club, ou l’adversaire pour le titre, le Qatar Saint-Germain, sont probablement dans l’autre catégorie. Nous soutenons un club qui joue contre de véritables firmes, capables de supporter de lourdes pertes comptables.
Parce que notre Racing n’est pas une entreprise de football, il n’a pas le robinet presque illimité de propriétaires pour combler les trous que provoquent les erreurs de gestion et la crise des droits télé. Joseph Oughourlian ne compte pas dilapider toute sa fortune pour payer les mêmes salaires que dans la capitale. La vente des joueurs lensois doit alors compenser l’absence de dopage financier. Et l’effectif, rester réduit en profondeur et références. C’est là que la stratégie mise en place par Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca entre en jeu. L’exercice est périlleux pour ne pas dépasser les 28 millions d’euros de masse salariale et garder un groupe suffisamment large et qualitatif. Ainsi dans les médias a souvent été distillée l’idée que le Racing décrocherait dès que les blessures décimeraient son onze titulaire. C’est maintenant.
La Gaillette enfin au soutien de l’équipe première
Le poste de défenseur axe-droit est celui qui est le plus touché par les absences. La saison du Racing commence avec un seul joueur confirmé à ce poste : Jonathan Gradit. Ce premier se blesse et oblige Pierre Sage à donner sa confiance à un produit de la Gaillette : Ismaëlo Ganiou, 20 ans. Après un match compliqué à Auxerre, le jeune Lensois révèle son potentiel, jusqu’à se demander s’il n’est pas devenu meilleur que « la Perceuse ».
Puis Samson Baidoo se retrouve également indisponible. Pierre Sage se voit alors contraint de décaler Ismaëlo Ganiou dans l’axe et donc de remplacer ce dernier par Kylian Antonio, qui n’a que 18 ans. Les supporters s’interrogent, mais un clean sheet contre Le Havre et une victoire en coupe contre Troyes nous rassurent. Puis ce dernier se blesse également, tandis que Samson Baidoo reste à l’infirmerie. C’est alors que Nidal Čelik sort de la cave. Le jeune Bosnien, recruté un an plus tôt par le tandem Dréossi-López, n’avait joué avec le Racing qu’en préparation estivale.
Et finalement, le jeune de Sarajévien de 19 ans, celui qui était quatrième dans la hiérarchie de ce poste, a réalisé contre le PFC un match sobre et propre, à l’image de ses coéquipiers. Clean sheet, 95% de passes réussies et cinq duels sur sept remportés. Son entraîneur disait à la mi-temps que le Paris FC insistait pour passer côté droit de la défense lensoise. Čelik est resté tout aussi concentré et infranchissable que Malang Sarr de l’autre côté, et a été dûment félicité par son gardien après avoir écarté tranquillement des ballons chauds.
Encore une (nouvelle) belle histoire.
Les joueurs changent, le collectif reste tout aussi solide : l’enchaînement de victoires n’en est que plus beau. À Lens, chaque semaine qui passe démontre que l’intelligence et les valeurs apportent autant de résultats que des dizaines de millions d’euros dépensés sans cohérence, sans idée directrice.

