Ce samedi, le Racing a l’occasion d’enchaîner un troisième succès en huit jours. Un exploit rarissime depuis la remontée en Ligue 1, réalisé une seule fois, en août 2024, lors de la série Angers – Panathinaïkos – Brest. La victoire ramenée de Troyes mercredi (2-4) a permis de conserver une dynamique presque insolente, pendant que Rennes continue d’alterner le bon et le moins bon. Alors, simple formalité à Bollaert ou match capable de rebattre quelques cartes dans la course européenne ?

Photo RC Lens
Une rotation, des recrues, une équipe prête pour samedi
Une semaine à trois rencontres n’est jamais simple à gérer, mais Pierre Sage nous montre qu’il a plus d’un tour dans son sac. À Troyes, l’attaque a été entièrement remaniée : Sima a signé un doublé, Sotoca a retrouvé le chemin des filets et Rayan Fofana a été lancé d’entrée. Derrière, Abdulhamid, Antonio ou encore Haïdara ont également été sollicités. Une prise de risque assumée qui a payé et qui permet d’aborder ce rendez-vous avec des forces fraîches.
Thauvin, suspendu mercredi, Édouard, Thomasson, Sangaré, Saïd ou Aguilar ont été préservés. Baidoo, de retour de blessure, devrait lui aussi être apte à démarrer. Allan Saint-Maximin, quant à lui, a pu jouer ses premières minutes, qui auraient d’ailleurs mérité d’être au moins récompensées par une passe décisive. Sur le papier, le Racing arrive avec une équipe presque neuve, dans un stade où, ces derniers mois, tout semble lui sourire. Autant dire que la sérénité n’est pas un luxe que les Bretons peuvent se permettre.

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Seul petit accroc de la soirée troyenne : Matthieu Udol a dû disputer l’intégralité du match, ce qui n’était pas prévu, comme l’a reconnu Pierre Sage. Le staff souhaitait lui offrir du repos et donner plus de temps de jeu à Masuaku, mais les crampes de Rayan Fofana en fin de rencontre ont changé leurs plans. Si le seul souci de ce huitième de finale de Coupe de France se résume à un détail de rotation, on ne va pas s’en plaindre.
Pour encore rajouter du positif, rappelons-nous de ce match aller, le 28 septembre 2025. Ce match où nous avions accroché le match nul et vierge au Roazhon Park malgré une infériorité numérique pendant toute la durée de la rencontre. Un match nul avec le goût d’une victoire, performance grâce à laquelle nous en sommes là aujourd’hui, selon Pierre Sage : « Le match aller venait confirmer l’état d’esprit affiché en début de saison. Il a resserré les liens entre les joueurs et construit un vécu sur lequel on surfe aujourd’hui. C’est un ciment important de ce qu’est ce groupe et de ce qu’il est capable de faire. »
Un club breton avec une lecture compliquée
Rennes, lui, était également sur le pont mardi soir au Vélodrome. Et comme le Racing il y a quelques semaines, les Bretons ont vite compris que Marseille n’est jamais une promenade de santé : défaite 3-0 et retour à la maison. Difficile, en revanche, de savoir qui a été réellement préservé. Depuis le début de saison, Habib Beye n’a quasiment jamais aligné deux fois le même onze. On notera tout de même que Rongier, Embolo et Blas ont débuté sur le banc, signe que le technicien rennais pense aussi à la gestion des efforts.

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Sur le plan sportif comme en coulisses, Rennes n’affiche pas une sérénité absolue. La sixième place en Ligue 1 reste correcte, mais l’enchaînement Lens puis Paris peut vite faire basculer une saison. Un mauvais passage, et les doutes de l’automne pourraient ressurgir au sujet de l’entraîneur rennais. Pour autant, il serait dangereux de croire que les Bretons viendront à Bollaert en victimes expiatoires. L’écart avec les places européennes est mince : un point seulement les sépare du voisin lillois, et derrière, la concurrence pousse. Autant dire que l’enjeu est réel.
Lens doit faire du Lens
Lens devra donc s’attendre à une équipe agressive, tournée vers l’avant, prête à jouer son va-tout. Les Rennais auront le couteau entre les dents, même si depuis septembre, beaucoup s’en sont cassées à Bollaert, des dents.

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Une victoire lensoise permettrait de repousser définitivement Rennes dans le rétroviseur, avec un écart qui pourrait grimper à des sommets presque irréels. Dix-huit points d’avance : en début de saison, personne n’aurait osé y croire. Et si les Sang et Or font leur part du travail, le Classique de dimanche soir pourrait bien lui aussi nous offrir une belle opération au classement.
En attendant, le destin reste entre les mains du Racing. Continuons à gagner, encore et encore, et tout deviendra possible. C’est peut-être naïf, c’est sans doute prématuré… mais à Lens, on a toujours aimé rêver les yeux grands ouverts.

