La fable de Cahu’ : quand le pot de terre renverse le pot de fer

En faisant tomber un Olympique lyonnais jusque-là invaincu et fort de la meilleure défense du championnat, le Racing Club de Lens a signé un coup d’éclat. Une victoire qui ressemble à celle du pot de terre contre le pot de fer, sauf que, cette fois, le plus fragile en apparence a fini par faire vaciller le plus solide. Maître Cahu grimé en maître Renard serait-il passé par là ?

Maître Cahu en action
Photo CSO

Une première à Bollaert en guise de nouveau départ

Pour sa première à Bollaert en qualité d’entraîneur principal, le technicien lensois a frappé fort. Difficile d’imaginer meilleure entrée en matière à domicile que de faire tomber cet Olympique lyonnais qui restait sur une éclatante victoire 4-0 face aux Rennais de son ancien mentor, Franck Haise. Le travail effectué durant les trois semaines de trêve internationale a permis semble-t-il de faire infuser une tout autre philosophie de jeu faite, entre autres, de percussion et de verticalité, avec plus d’équilibre défensif. Bollaert s’est régalé et s’est rassuré. Acte fondateur de la saison ? Il faudra encore de la patience pour le savoir. Mais ce match ressemble à s’y méprendre au derby de l’exercice précédent (3-0, un 20 septembre), qui avait lancé la saison des Sang et Or.

Des joueurs au diapason

Le Racing a réalisé un match d’équipe solide, où la victoire ne souffre d’aucune contestation. Et dans cette entreprise de reconstruction, des hommes ont su tirer leur épingle du jeu ou confirmer leur importance. À commencer par Florian Thauvin qui a une nouvelle fois sorti toute sa panoplie de champion du monde et surtout, ce leadership qui ne se décrète pas, mais se constate. Ses stats parlent pour lui et ne peuvent laisser insensibles les observateurs de notre championnat. Allô Zinédine ?

Michaël Cuisance a réalisé son match référence ce vendredi et montre peu à peu le visage que l’on attendait de lui, sûr techniquement, incisif. Il a offert du liant au milieu de terrain artésien et s’est imposé comme un visage du 11 de départ avec qui il faudra compter cette saison.

Et comment ne pas évoquer les deux grognards de la vielle garde de Yannick Cahuzac ? Les deux briscards qui ont, aux cotés de Cahu joueur, fait remonter le Racing dans les hautes sphères hexagonales, ont fait des misères à leurs homologues lyonnais. Leur expérience, leur tempérament et leur fidélité à l’esprit lensois constituent autant de points d’ancrage pour une troupe que le nouveau coach entend mener au combat. La titularisation surprise pour la première fois de la saison de « l’inusable, l’infatigable, l’intarissable » Florian Sotoca en a surpris plus d’un, à commencer par les membres CSO dans les débats internes. Maître Cahu nous a bluffés, tant son numéro 7 a réalisé un match abouti, avec son premier but lors de cet exercice, au terme d’un enchaînement chirurgical. Jonathan Gradit, quant à lui, s’est rappelé au bon souvenir de son ex coéquipier Loïs Openda, à qui il ne laissa que quelques miettes.

Florian Sotoca, représentant des valeurs artésiennnes
Photo CSO

Le Sporting en ligne de mire

Il reste du travail, bien sûr. Les Sang et Or se sont fait un peu peur en fin de rencontre, et cette victoire a exigé d’eux beaucoup de générosité dans l’effort, qu’il faudra réitérer à intervalles rapprochés. Nous voilà impatients désormais à savoir si cette soirée restera un exploit isolé, ou le premier chapitre d’une histoire plus ambitieuse. Cela commence par le rendez-vous européen de mardi soir face au Sporting Portugal. Les fables hexagonales pourront-elles s’exporter au niveau continental ? Le renard artésien trouvera-t-il les ressources pour contrer le football offensif lusitanien, fondé sur la maîtrise collective et le jeu en mouvement ?

Cela tombe bien, le symbole du Sporting est un lion. Nous l’avons muselé ce week-end. Nul besoin de tout réinventer. Lens a les cartes pour poursuivre avec ruse son parcours européen, commencé avec panache à Prague. Imaginons alors ensemble ce que pourrait être la prochaine fable de l’entraîneur corse. « Maître Cahu, dans son Bollaert adoré / Insufflait une dynamique jusque-là oubliée. / Face au Sporting et son jeu bien léché… »

Et récitons-la ensemble à l’unisson dans l’antre de Bollaert.

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