Como Cup : veni, vidi, vici

Ce n’était qu’un tournoi de présaison, certes. Mais le Racing l’a gagné. Et c’est peut-être là l’essentiel : développer la culture de la gagne. Et espérer commencer d’un bon pied la saison 2026-2027.

Andrija Bulatović : et si c’était lui la révélation de la saison à venir ?
Photo Culture Sang et Or

Un tournoi relevé

À voir la liste des clubs invités, cette (inconnue) Como Cup est peut-être le tournoi de présaison le plus relevé auquel le Racing ait jamais participé. Lens a retrouvé Crystal Palace, tenant du titre en Ligue Conférence. Côme, l’hôte italien, a fini quatrième de Serie A devant notamment le Milan AC, la Juventus et l’Atalanta Bergame. Et en finale nos Lensois se sont imposés face à Villarreal, troisième de Liga derrière les intouchables Barça et Real. Enfin, plus modestement, Famalicão et Al-Ula faisaient le nombre. L’affiche était belle, et l’ambiance estivale sympathique, sur les rives du très télégénique lac de Côme.

Peu d’enseignements individuels

Difficile de tirer des enseignements sur les uns ou les autres. Certains manquent de rythme ou de repères, avec une préparation incomplète à la suite de leur transfert – on pense à Michał Skóraś, Maik Nawrocki, Thorgan Hazard ou Michaël Cuisance. Quelques-uns reviennent d’une blessure – Amadou Haidara à joué quelques minutes, contrairement à Jonathan Gradit. D’autres reprennent après la Coupe du Monde – Saud Abdulhamid a fait le déplacement en Italie, tandis que Robin Risser est resté au repos. Et des joueurs ont dû parfois dépanner à un poste qui n’était pas le leur dernièrement, comme Matthieu Udol en défense centrale, ou Abdallah Sima, assez convaincant en piston. A contrario, des éléments importants comme Florian Thauvin, Odsonne Édouard ou Andrija Bulatović sont déjà bien en jambes. Enfin, hélas, il faudra composer plusieurs mois sans Samson Baidoo, qui avait rechuté contre Charleroi.

Les produits de la Gaillette

Ce sont surtout les jeunes qui auront impressionné. L’on aura vu par moments une défense centrale formée au club très récemment, avec Souleymane Sagnan, Ismaëlo Ganiou et Kyllian Antonio. Peut-être sont-ils les trois meilleurs centraux lensois à ce stade de la « prép’Artois ». Et surtout, ce tournoi aura révélé trois jeunes de la Gaillette tous nés en 2009. Le défenseur central Noé Kemtchoum-Stasiowski – à vos souhaits – a montré force et maturité. Nathanaël Gane-Bernardino, milieu central, a fait étalage de sa technique. Et Mezian Mesloub, le plus connu des 2009, déjà vu en Ligue 1 avec son but contre Nantes, a régalé, avec notamment une passe décisive de l’extérieur du pied en finale pour Rayan Fofana – encore un produit de la Gaillette. Les trois ont par ailleurs réussi sans trembler leur tir au but dans la séance contre Famalicão. Dans une séance qui n’avait cependant aucun enjeu.

On remercie les Brésiliens d’UOL Esporte, qui auront été capables, contrairement à Ligue 1+ sur son application, de diffuser entièrement la finale

Un jeu bien en place

Collectivement, le Racing version Dino Toppmöller s’inscrit dans la continuité de Pierre Sage. Un 3-4-2-1 bien connu des supporters, un pressing agressif à la perte de balle, la recherche de la profondeur sur les ailes et des jeux en triangle pour se défaire de situations bouchées. Avec quelques nouveautés, comme la façon dont Sima ou Skóraś ont pu dézoner. Face à un Crystal Palace désordonné, le Racing s’est fait un plaisir d’éclater en mille pièces la défense anglaise. L’entraîneur de l’équipe anglaise semblait trahi par ses joueurs, dont il a dit qu’ils ne seraient pas ses titulaires de toute façon. Contre Famalicão venu plus regroupé, l’équipe bis du Racing a manqué de justesse technique pour être à la hauteur de l’ambition de jeu. Sans conséquence. Enfin contre Villarreal, le Racing a montré du caractère et de la solidarité défensive. Trois matchs qui ont permis de voir le Racing dans plusieurs configurations et scénarios. Jamais l’équipe n’a paniqué, au contraire des Espagnols, coupables en fin de match de vilains gestes.

La culture de la gagne

Ce tournoi entrera au palmarès lensois aux côtés des Coupes Drago ou de la Coupe de l’Amitié, dans ce coin obscur que seuls connaissent les passionnés. En réalité, l’essentiel dans cette victoire était la dynamique qu’elle insuffle et la confiance qu’elle procure pour la saison à venir. Nous voulons croire à ce groupe et à ce nouvel entraîneur, arrivé avec des idées neuves, et c’est probablement plus simple après avoir raflé la coupe. Il y a de quoi aborder la vraie première échéance, le 16 août, ce Trophée des Champions qui sera disputé contre le Paris SG, avec une certaine sérénité. Lens, face aux doubles champions d’Europe, a tout à gagner.

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