C’est quoi le problème ?

Dino Toppmöller est parti à la suite d’une séquence rapide où la communication officielle du club en a dit beaucoup, mais peut-être pas tout. Après le troisième départ de l’entraîneur principal du Racing en moins de 16 mois, tour des questions dont nous n’aurons peut-être jamais les réponses.

Topp départ pour Dino, qui reprend ses valises
Photo Culture Sang et Or

Benjamin Parrot a le goût des mots. Des mots emballants avaient servi à introniser Dino Toppmöller au Racing – rappelez-vous les fameuses « trajectoires ascendantes » du club et du coach allemand, présentées dans l’auditorium de la Gaillette. Et patatra, voilà le directeur général qui revient trois mois plus tard dans le même lieu pour annoncer, lors d’une conférence de presse d’avant-match, que ces fameuses trajectoires n’ont pas convergé. Oh comme c’est ballot !

Il y aura eu ces paroles conçues pour rassurer (tout est sous contrôle), ce beau communiqué de presse qui évoque un « commun accord » et salue la « sincère humanité et l’élégance dont Dino Toppmöller a constamment fait preuve », et la promesse unanime d’une unité retrouvée, d’une volonté de se remettre tous au travail… Drôle d’époque néanmoins que celle où l’on se sépare, vite fait bien fait, de personnes avec de si grandes qualités ! Toute léchée qu’elle soit, cette communication n’épuise pas la question centrale : comment en est-on arrivé à ce que le coach allemand batte le triste record de Guy Roux ?

Pourquoi un tel fiasco ?

Au commencement, le choix de ce technicien venu d’outre-Rhin. Benjamin Parrot nous a expliqué son « process » pour le faire signer. La procédure de recrutement des entraîneurs est-elle si carrée ? Depuis le départ de Franck Haise, Will Still et Pierre Sage sont partis au bout d’une saison, et Dino Toppmöler au bout, donc, de trois mois. Soit le RC Lens fait de mauvais choix, sources d’instabilité, au terme d’un process mal conçu, soit les entraîneurs sont mis en difficulté après leur arrivée au club. Le fait de n’accepter que le titulaire ne puisse venir qu’avec un ou deux adjoints, et d’imposer un staff local, n’est-ce finalement pas mettre l’entraîneur principal dans une position trop contraignante ? Ou peut-être cela place-t-il le staff français dans un confort exagéré, puisque les entraîneurs se succèdent mais certains adjoints restent, quoi qu’il arrive.

La deuxième sous-question qui vient, c’est celle des conditions mises en œuvres pour aider le coach allemand, une fois les difficultés apparues. Et Benjamin Parrot de nous jurer alors que Jean-Louis Leca a favorisé la parole, organisé des réunions et sans cesse cherché des solutions pour rapprocher les staffs international et local. Mais il se serait construit des murs et non des ponts, pour reprendre les termes du directeur général. Qui les a érigés ? Les uns, les autres, ou un peu tout le monde ?

Nelson Morgado (à droite), l’homme de la discorde
Photo Culture Sang et Or

Nelson Morgado, principal problème du Racing ?

Une autre question est celle des divers reproches lancés par les uns aux autres, qui auraient nui à la cohésion. La presse allemande évoque un Nelson Morgado qui relevait un manque d’engagement et de passion chez ses collègues. L’inverse a été écrit dans La Voix du Nord : les joueurs se seraient étonnés du contenu tactique et physique des entraînements, une hypothèse plutôt à charge pour Dino Toppmöller pour son adjoint. Dans ce cas, qu’est-ce qui ne leur convenait pas ? S’épuisaient-ils lors d’exercices mal adaptés, ou le curseur était-il placé trop bas ? Rien n’a filtré à ce sujet.

En partant de l’idée que tous les membres du staff sont a priori compétents (ce dont personne à l’extérieur n’a douté à aucun moment), qui ne faisait pas correctement son travail ? Qui ne répondait pas ou plus à l’exigence du haut niveau, au point que l’équipe livrait en Ligue 1 ces performances insuffisantes ? Les joueurs ? Le côté français ou allemand du staff ? Et d’ailleurs, pourquoi le RC Lens a-t-il proposé le départ de Nelson Morgado afin d’apaiser les tensions, et non celui d’un des membres français du staff ? Les supporters se perdent en conjectures.

Cahuzac comme solution clés en main

Aussi la communication menée de mains de maîtres par le duo Parrot/Leca doit-elle apaiser la situation, en propulsant au poste d’entraîneur un homme qui jouit de la confiance du public de Bollaert-Delelis, Yannick Cahuzac. Problème de cohésion ? Le RC Lens nous offre la solution, clés en main : promouvoir l’adjoint ! Il n’en reste pas moins que cette histoire de séparation d’avec le coach allemand, menée à la façon d’un divorce à l’amiable, avec comme recours providentiel un ancien cadre de l’équipe sang et or… est presque trop belle pour y croire. Le passage de témoin se serait fait en parfaite intelligence, nous dit-on. Il n’a en tout cas pas déjà permis, contre Monaco, d’encaisser moins de deux buts. Encore une fois.

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