CULTURE SANG & OR

Édito

Calendrier 2024-25 : du déjà-vu en début de saison ?

Au vu du calendrier de la Ligue 1 dévoilé par la LFP, le Racing devra rapidement entrer dans le vif du sujet pour prendre des points face à ses rivaux dans la course à une qualification européenne. Car tel est bien l’objectif qui doit être fixé cette année pour Will Still et ses hommes. Photo RC Lens Tout juste promu, le SCO d’Angers sera le premier adversaire du RC Lens en championnat. Une mise en jambes abordable pour les Lensois. Dauphins de Ligue 2 la saison dernière, les hommes d’Alexandre Dujeux ont brillé à domicile avec 43 points sur 57 possibles (meilleur total de L2). Après une belle troisième place la saison dernière, le Stade Brestois, deuxième adversaire à domicile, défendra un tout nouveau statut : celui d’équipe de Ligue des champions. Les Lensois peuvent se souvenir de l’été 2023, où ils avaient bien démarré une saison exceptionnelle en disposant des Bretons à Bollaert-Delelis. Les statistiques sont en leur faveur, avec quatre victoires lors des cinq dernières confrontations contre Brest et Angers dans les mêmes configurations. Il ne va pas falloir laisser trop points en route. Le mois sera décisif pour la saison, avec un barrage de Ligue Conférence les 22 et 29 août. Si Lens passe, six matchs européens sont garantis à l’automne. Si ça casse, les plus pessimistes trouveront des raisons de douter. Le mois de septembre sera périlleux avec des confrontations contre Monaco, Lyon, Rennes puis Nice, concurrents pour une place qualificative européenne. Certains d’entre vous ont sans doute coché dans leur agenda le week-end de la possible revanche contre le Gym, seule équipe à avoir battu Lens à Bollaert ces deux dernières saisons. Franck Haise, désormais dans le camp adverse, poursuivra-t-il cette série ? Quoi qu’il arrive en août, il n’y aura pas de match européen au programme pour nos Lensois en septembre. Mais ce sera tout comme, car trois de ces équipes disputent la Ligue des champions ou l’Europa League cette saison. À ce moment-là, le mercato sera terminé, et on connaîtra le visage et la force de l’effectif. Pour les supporters, le menu du championnat est alléchant : après la réception de Strasbourg et une trêve internationale, ce mois s’achèvera par un voyage à Geoffroy-Guichard avant la réception du LOSC. Rappelons que Saint-Étienne est un déplacement qui réussit assez bien aux Artésiens, qui restent sur deux victoires et un nul dans le Forez. Puis l’on sait combien le derby compte dans une saison. Il ne reste plus qu’à se souvenir que la dernière victoire face à Lille remontera, à ce moment-là, à deux ans et demi déjà. Que Lens doute, trébuche, balbutie son football, et le parallèle avec la saison dernière sera vite fait.

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Les bienfaits d’un temps calme

Supporters lensois, pourquoi cet air si sérieux ? Il faut mettre un petit sourire sur ce visage. Reconnaissons que la santé mentale des Sang et Or a été mise à rude épreuve pendant plusieurs semaines. Et face à l’hystérie qui semble s’être emparée du pays tout entier, le retour à une certaine forme de temps calme, voire d’harmonie dans les couloirs de la Gaillette, même désertés, n’est pas pour nous déplaire. Photo RC Lens Le temps calme a ses vertus. Replongeons un instant en enfance, du temps de l’école maternelle. Nous sommes dans la salle d’éveil après le déjeuner (enfin, le dîner, comme on dit souvent chez nous) pour le temps de la sieste. Confortablement installés dans un petit matelas à même le sol, serrant contre nous notre doudou, peut-être une écharpe sang et or. Plus tard, lorsqu’on arrive dans la cour des grands, c’est directement sur notre pupitre d’écolier que nous somnolons quelques minutes la tête blottie entre nos mains. Certaines entreprises nous offrent, une fois devenus adultes, la petite sieste réparatrice, voire proposent des ateliers sophrologie. L’arrière-cuisine des Sang et Or, en ce printemps 2024, n’a pas particulièrement été embaumée par des effluves d’encens ou une ambiance feng shui. Le départ de Franck Haise pour les sunlights de la French Riviera a été suivie de celui d’Arnaud Pouille, l’enfant du pays. À cela s’est ajoutée l’arrivée de Pierre Dréossi, très fraîchement accueilli par les amoureux du club, et combinée à un serrage de ceinture financier du fait, entre autres, de la brillante réussite de Vincent Labrune dans le dossier des droits télé. Avec la météo ambiante, il ne faisait pas bon se promener au bord de la Souchez en écoutant le grand Jacques chanter : « Avec un ciel si bas qu’un canal s’est pendu ». C’était beaucoup, voire trop pour les nerfs du peuple sang et or, qui a pu le faire comprendre avec moult banderoles de contestation et lors d’échanges trahissant son inquiétude. Néanmoins, une éclaircie est apparue au milieu de la grisaille qui semblait s’être durablement installée dans le ciel d’Artois. L’arrivée de Will Still, jeune entraîneur offensif, nous a redonné le sourire. Au terme de cet enchaînement à vitesse grand V, c’est désormais une certaine forme d’accalmie qui semble revenue. On reprend le temps d’écouter notre respiration, de souffler. Bien aidé, il est vrai par l’actualité politique qui éclipse les aléas d’un club de football. Après l’incertitude, vient désormais le temps du ressourcement, l’occasion de renouer avec un équilibre, qui sera suivie du temps des projets. Effectif, schémas de jeu, recrues : un travail au temps long qui demande de l’apaisement et de la sérénité avant les retrouvailles avec le bruit et la fureur de la compétition. Celui du retour à Bollaert-Delelis que nous attendons tous, dès l’amical contre Leverkusen début août. Au diable les huiles essentielles, l’harmonie des notes du sitar et les saveurs d’un thé aux fleurs de Bach ! Rendez-nous l’odeur des frites, la mélodie d’un « Si tu ne chantes pas, alors reste chez toi ! » , et le goût du houblon sur la langue. Une nouvelle fois pour paraphraser Brel : « Ma mère arrête tes prières, ton Jacques retourne en enfer ! Le Racing est revenu ! »

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Jouez Messieurs !

Depuis trois semaines, on ne cesse de parler du Racing Club de Lens. Le problème, c’est que la saison est terminée. Malgré sa 7ème place, le RC Lens est en effet en passe de devenir le nouveau champion de France des coulisses. Les départs des dirigeants sont actés et une réorganisation sportive se dessine. Chaque minute qui passe nous rapproche désormais du terrain et du moment où nous pourrons enfin dire : jouez messieurs ! Photo FIFA 50 minutes inside la gaillette Il y a encore peu de temps, nous pouvions nous targuer d’être le club préféré des français. Depuis quelques mois, nous sommes devenus le club préféré des insiders. Chaque jour, des rumeurs fusent sur les réseaux sociaux. Et pour cause, l’actualité a été riche du côté de la Gaillette. Il y a d’abord eu les polémiques (Mike Mode, Kevin Danso). Puis « la révolution » avec une vague de départs parmi les dirigeants. (Frédéric Hébert, Arnaud Pouille et Franck Haise, pour ne citer qu’eux.) Ces épisodes, déjà éprouvants en eux-mêmes lorsqu’on supporte le RCL, sont encore plus difficiles à vivre lorsqu’ils virent au feuilleton sur la toile. Ces événements ont également mis en lumière un élément important : le club ne maîtrise plus sa communication. Depuis des mois, chacun des mouvements autour du RC Lens fuite bien avant qu’il n’y ait une communication officielle. Ces informations sont parfois déformées, interprétées, amplifiées par les personnes qui choisissent de les relayer. Cette perte de contrôle couplée à une recherche permanente d’exclusivité sur les réseaux sociaux contribue à fragiliser l’équilibre d’un club longtemps cité comme un modèle de stabilité. Changement de cap Même lorsque le club communique officiellement, il lui arrive de commettre des erreurs. La conférence de presse tenue par Joseph Oughourlian et Pierre Dréossi a eu le mérite de présenter une nouvelle organisation. L’actionnaire a aussi indiqué entrer dans une nouvelle ère, avec une politique de rationalisation financière et sportive. En off, il s’est aventuré à communiquer un objectif de vente chiffré à 111 millions d’euros. Celui-ci a été recontextualisé depuis, mais le mal était fait. Face aux requins du monde du football, était-il judicieux de communiquer un tel chiffre ? Une nouvelle fois, on peut se demander si la communication était maîtrisée. L’équipe dirigeante est donc constituée. Malgré sa volonté de serrer la ceinture, l’homme d’affaires arménien a affirmé viser le top 7 de la Ligue 1. Tous les regards se tournent désormais vers les choix sportifs. Et c’est à ce moment que semble enfin pointer une éclaircie. Elle porte le nom de Will Still. Place au jeu Le technicien anglo-belge n’a que 31 ans. Il est décrit comme proche de ses joueurs, et reconnu pour un mode de management « omniprésent ». Il intervient énormément pendant les séances et les matchs pour accompagner et guider ses ouailles. Des caractéristiques qui sont donc compatibles avec l’idée de lancer des jeunes dans le grand bain. Will Still aime s’adapter à ses adversaires mais fait le plus régulièrement évoluer ses équipes dans une défense à quatre. Son schéma préférentiel requiert des ailiers percutants, dribbleurs, provocateurs… Si on lit entre les lignes, on retrouve certains éléments qui ont pu être reprochés à l’encadrement sportif ces derniers mois. Même s’il est important de nuancer le propos : nous avons mangé du caviar sous Franck Haise. Depuis quatre années, nous avons vu évoluer l’une des meilleures versions de l’histoire du RC Lens, tant sur le plan du jeu que des résultats. Ceci étant dit, un peu de nouveauté ne ferait pas de mal et aiderait grandement les supporters à tourner la page. Certes le projet n’est plus aussi clinquant qu’à l’entame de la saison passée. Nous n’avons plus autant de moyens financiers. Pour autant, si les planètes s’alignent à nouveau, le RC Lens est en mesure de repartir sur des bases tout aussi saines qu’excitantes. Et qu’est-ce qui empêcherait alors Will Still de construire une équipe aussi enthousiasmante que le Reims de la première partie de saison ? En l’espace d’un mois, les supporters lensois sont tous tombés de plusieurs étages. Mais ces mauvais coups font malheureusement partie du football moderne. Et comme le joueur au sol après une intervention rugueuse, nous nous relèverons, et nous repartirons de plus belle. Jouez messieurs !

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Le RC Lens, un destin moderne

Les départs d’Arnaud Pouille et Franck Haise interpellent. Ils sont remplacés par Pierre Dréossi en attendant Will Still. Le RC Lens est finalement un club comme les autres, qui a aujourd’hui rendez-vous avec son destin. Photo So Foot Le RC Lens a embrassé la modernité et tout le monde s’en est réjoui. La preuve : depuis qu’il est remonté en L1, les résultats sportifs dépassent les projections les plus optimistes. Depuis la prise de pouvoir de Joseph Oughourlian, tout a toujours été savamment réfléchi, anticipé, tranché. Mais des décisions ont aussi parfois surpris, comme quand Philippe Montanier, entraîneur d’un RC Lens alors dans la course pour la montée, avait été remplacé par cet entraîneur anonyme qui n’avait eu pour expérience à la tête d’une équipe professionnelle qu’un court intérim sur le banc lorientais. Depuis, le RC Lens est redevenu ce club qui compte, et la présidence forte que souhaite incarner Joseph Oughourlian frappe désormais l’équipe qui a brillamment redoré le blason Sang et Or. Et cette fois, le coup de balai n’emporte pas uniquement le coach, mais une grande partie de la direction sportive. Frédéric Hébert, d’abord, dont les jours étaient comptés depuis de nombreuses semaines, puis Arnaud Pouille, en attendant l’officialisation du départ de l’entraîneur Franck Haise. Un raz-de-marée qui laisse l’ensemble des observateurs et une grande partie des supporters pantois. Le triumvirat gagnant du RC Lens avait déjà perdu un de ses artisans à l’automne 2022, quand Florent Ghisolfi s’engageait à Nice. Mais cette fois, que s’est-il passé à La Gaillette pour en arriver à un tel extrême ?  Dans cette affaire, il n’y a pas de gentils ni de méchants. Seulement des intérêts qui divergent désormais au point qu’une cohabitation semblait devenir impossible. Le duo Arnaud Pouille – Franck Haise avait dû « improviser » une nouvelle organisation lors du départ de Florent Ghisolfi, l’entraîneur devenant manager général, supervisant ainsi toutes les dimensions du sportif. Et si les résultats sportifs sont à mettre à son crédit, il est impossible de fermer les yeux sur l’instabilité chronique qui règne à la direction sportive, ainsi que les recrutements qui ont été réalisés dès lors. Et une dérive des charges qui a fortement irrité l’actionnaire majoritaire, qui a toujours fait de l’autofinancement du RC Lens une priorité absolue. Représentativité vs résultats Une instabilité couplée à un recrutement massif de joueurs difficilement valorisables et grassement payés, dont le rendement sportif s’est effrité au fur et à mesure que la saison 2023-24 avançait. Des renforts arrivés lors du mercato d’hiver 2022-23 à ceux de la dernière intersaison, tous imputables au bilan d’un Franck Haise qui aurait pu s’épargner certaines déclarations – notamment celle suivant la défaite à Lille visant assez explicitement le niveau de son effectif –, mais surtout l’intégration de son fils Maël au sein de la cellule de recrutement du RC Lens. Une anecdote assez peu relatée, comme si on désirait légitimement préserver le plus possible l’icône qui a tant incarné le retour lensois au très haut niveau. Et soigner la sortie d’un homme qui, à l’instar d’Arnaud Pouille, représente bien plus qu’une simple réussite sportive dans les tribunes de Bollaert-Delelis. Car c’est aussi de cela qu’il s’agit. La représentativité. Le fait de se reconnaître en des hommes. Suite aux récentes annonces, l’étonnement a rapidement été suivi d’une grosse colère. Les groupes de supporters, menés par les Red Tigers, ont ainsi dégainé un communiqué puis des banderoles, contestant vivement les prises de décisions de la gouvernance – à savoir nommer directement un responsable de recrutement à la sulfureuse réputation dans un procédé d’interventionnisme absolu, mais également remplacer un Directeur Général du cru qui connaissait le contexte RC Lens sur le bout des doigts par un homme de l’ancien monde qui a œuvré dans sa jeunesse pour le compte du rival honni, le Lille OSC. Joseph Oughourlian a donc porté sur choix sur Pierre Dréossi qui « managera le club avec une forte tonalité sportive et une ambition de rationalisation de ses moyens. » On parle ici de doutes quant aux méthodes de gouvernance, et d’une perte de ce sentiment de représentation, d’autant plus valorisé qu’il était accompagné d’excellents résultats. Il est toutefois bon de rappeler que cette situation qui avait tout d’un « âge d’or » ne se retrouve quasiment nulle part dans le paysage footballistique français. Et que le plaisir qui découle du fait d’avoir des gens du sérail n’assure en rien la pérennité économique d’un club encore traumatisé par la décennie passée en L2, conséquence directe de la folie des grandeurs de l’historique président Gervais Martel. Si la posture de contre-pouvoir des groupes de supporters est tout à fait légitime, elle tend à se confronter à une autre tendance grandissante dans les tribunes de Bollaert : la confiance aveugle en Joseph Oughourlian, pourvu que les résultats suivent. Et dans cette époque où la radicalité a dépassé la nuance, le risque qu’un schisme profond et sans compromis entre ces deux mouvements se produise est très important. La situation est explosive et la future direction devra très rapidement justifier ses décisions afin de contenir la défiance d’une partie de la communauté lensoise. Si les clubs de football sont aujourd’hui des entités privées, il serait incongru de les comparer à des entreprises de droit commun, tant ils sont profondément ancrés dans leur territoire et contribuent à leur rayonnement. La poursuite du dialogue sera une des clefs de voute de la poursuite du bon développement du RC Lens. Joseph Oughourlian et Pierre Dréossi ont prévu de rencontrer les responsables des groupes de supporters ce mercredi 5 juin.

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Le grand bazar 

La mue qu’opère le RC Lens ressemble à une crise qui ne dit pas son nom. Après la mise à pied d’Arnaud Pouille, c’est le coach emblématique de la remontée du Racing en Ligue 1 qui s’apprête à faire ses valises. Le brouillard qui stagne depuis de nombreuses semaines en devient étouffant. La crise couvait depuis des mois, la valse des « directeurs sportifs » n’étant que la partie émergée de l’iceberg. Aujourd’hui, la réalité nous explose au visage, d’autant plus que le Racing Club de Lens n’a jamais prétendu ressembler ni de près ni de loin à l’insubmersible Titanic. Le mercato de l’été dernier avait déjà soulevé de vraies questions, notamment lorsque Gregory Thil et Franck Haise semblaient s’obséder à vouloir signer Levi Garcia, attaquant de l’AEK Athènes qui aura fini par prolonger pour le club grec. C’est finalement Elye Wahi qui est arrivé, au prix d’un montant hors du commun pour le RC Lens, symbole à lui seul de cette dérive financière aujourd’hui reprochée par l’actionnaire principal. On pourrait aussi évoquer les cas Andy Diouf, ex-recrue la plus chère de l’histoire du club et mis au placard depuis plusieurs semaines, Stijn Spierings, Faitout Maouassa ou encore Morgan Guilavogui. Liste non exhaustive. Cette médiocre intersaison 2023 – de laquelle Franck Haise ne peut occulter ses responsabilités – relance cet interminable jeu des chaises musicales. Une situation ubuesque, incompatible avec un club qui se veut de haut niveau. Fréderic Hébert est arrivé, Franck Haise a délaissé ses prérogatives de manager général héritées après le départ de Florent Ghisolfi, Mike Mode a fait son entrée en catimini mais aurait « mitonné son CV », et le doute a fini par se répandre en dehors des murs de la Gaillette. Les résultats sportifs, bien que positifs, finissent par donner du corps à la théorie de perte de vitalité d’un projet qui aura tout de même réussi à perdurer quatre saisons. Comme un symbole, le match nul contre le Montpellier HSC condamne les Sang et Or à un barrage pour jouer la Conference League quand l’OL inscrit son pénalty décisif à la 95e minute. Sur le terrain, Franck Haise n’est pas le seul à montrer une mine abattue. Un besoin vital de clarté Table rase. Cela pourrait être le nom de code du projet qui est en train d’être mis à exécution à La Gaillette. Un tranchage de têtes qui ne laisse personne insensible. On le savait, la froideur est l’une des caractéristiques naturelles de Joseph Oughourlian. L’homme de la City a découvert le football lorsqu’il a été propulsé dans cet environnement très particulier et s’est pris au jeu. Mais il n’en reste pas moins expert en gestion d’actifs, ce que deviennent les clubs de football. S’il présente un bilan globalement très positif depuis sa prise de pouvoir, il est toujours vu comme un alien au pays des terrils. Sa gouvernance sera toujours accompagnée de méfiance par une partie du public lensois, et la révolution de palais qui est en train de s’opérer ne peut que démultiplier les doutes à son égard. À tort ? Si certains échos se veulent moins alarmistes, l’attente de la présentation de la nouvelle organisation devient difficilement supportable.  Au-delà du dogmatique rationalisme financier qui pourrait aussi prendre racine dans l’interminable attente des clubs français au regard des droits télévisuels, les premiers noms sortis du chapeau ont pour effet de catalyser les angoisses. La nature ayant horreur du vide, l’absence de communication – que l’on peut tout à fait comprendre – laisse place aux fantasmes les plus obscurs. On parle de Diego Lopez Gomez et de Pierre Dréossi, soit un responsable de recrutement du système Gérard Lopez propulsé par Joseph Oughourlian himself et un ancien Lillois qui sort de deux saisons sans relief au FC Metz et qui incarne ce que l’on pourrait appeler « le foot d’avant. » Ce changement d’hommes semble avoir des conséquences par ricochet. Outre le départ de Franck Haise plus ou moins subi, il apparaît maintenant que le fonds américain ISOS7 avait fait de la stabilité organisationnelle un prérequis en vue de son investissement. Il y a quelques mois, il fallait s’équiper d’un microscope pour détecter les éléments négatifs. Aujourd’hui, c’est à peu près tout l’inverse.

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Le rideau sur l’écran est tombé

« C’était la dernière séance et le rideau sur l’écran est tombé. » La saison du Racing Club de Lens s’est achevée hier sur la pelouse de Bollaert-Delelis. Les Sang et Or ont été à l’image de la partition générale de cette année. Brillants et dominateurs en première période, les jambes flageolantes en seconde. L’essentiel est néanmoins conservé avec une nouvelle qualification européenne. Il régnait une atmosphère particulière au coup de sifflet final dans les travées de Bollaert-Delelis. Un mélange paradoxal de déception et de satisfaction. Une envie de communion avec son équipe, mêlée d’une certaine retenue, comme deux êtres refusant le premier pas. La Fédération Française de la Loose avait cru bon de nous rappeler la fameuse 96ème et le coup de poignard amiénois. C’est encore une 96ème minute qui nous poignarde avec le pénalty d’Alexandre Lacazette à Décines qui nous prive d’Europa Ligue. Ce poignard n’est cependant pas une lame si tranchante, plutôt un léger canif. En effet, ce n’est pas tant la victoire lyonnaise qui nous crucifie que l’incompréhensible baisse de régime et les défaillances individuelles des cadres. Comme une copie de la partition en Forêt Noire. Heureusement, les matchs de championnat ne se terminent pas par des prolongations. On dit souvent que pour comprendre le présent et préparer l’avenir, il faut connaître son passé. Alors replongeons-nous dans la saison post-titre de 1998. Après l’euphorie d’une performance historique, le Racing doit composer avec le départ de son meilleur buteur Anto Drobjnak, comme cette saison avec Loïs Openda. Au milieu de terrain, nous sommes orphelin de notre leader technique Stéphane Ziani. Cette saison, on regrette l’absence de Seko Fofana. Les clés du jeu sont confiés à un jeune espoir venu de Châteauroux, Stéphane Dalmat, qui aura du mal à porter sur ses épaules le poids de la responsabilité et du montant de son transfert. Cela nous fait évidemment penser à la saison d’Andy Diouf et d’Elye Wahi. Malgré tout, les Sang et Or réussiront l’exploit de Wembley. L’Europe aura les yeux écarquillés devant les 8 000 supporters lensois plus bruyants que 70 000 anglais. Lens a redécouvert l’Europe après des décennies de pain noir, faisant chavirer Bollaert et les parcages européens dans une atmosphère incandescente. En 1999, le Racing a fini sixième, la frappe croisée de Daniel Moreira au Stade de France nous offrant le ticket européen. Cette année, la septième place nous permet de goûter à nouveau aux saveurs continentales. La vie est faite de plaisirs simples. Dans notre région encore plus qu’ailleurs. Bollaert, par ses plaisirs minuscules et le bonheur de notre routine au stade, est l’un de ces plaisirs. Aujourd’hui commence notre période de manque. Ces quelques mois sans la frite que l’on mange assis sur les gradins et l’embrassade que l’on donne à notre voisin inconnu lors d’un but. L’important dans cette intersaison sera de retrouver de la sérénité en coulisses, et surtout, de faire l’éloge de la simplicité. Avec quatre directeurs sportifs en trois ans, des rumeurs incessantes, des discours ambigus sous la forme de « je dois me poser et réfléchir », le club et les supporters naviguent dans un certain déséquilibre. L’être humain aime être équilibré, notre oreille interne veille constamment à nous maintenir debout et droit. Le Racing doit ménager son oreille interne et retrouver cette unité entre la direction, le secteur sportif et les supporters. Bonne trêve à tous et à toutes, et vive le Racing Club de Lens.

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Un destin européen qui s’échappe

À Rennes, le RC Lens est allé gratter un point au terme d’une rencontre où le courage s’est confondu avec le réalisme. C’était le minimum syndical pour pouvoir espérer encore décrocher l’Europe d’ici dimanche prochain. Mais cela pourrait ne plus être suffisant.  Photo Ouest France Après un début de saison catastrophique et une série d’invincibilité étendue de la J6 à la lourde défaite à domicile face à l’OGC Nice qui rappelait le faste de la saison dernière, le RC Lens est quelque peu rentré dans le rang. Le rythme a baissé, conséquence d’un probable coup de pompe généralisé, les rencontres s’accompagnant presque systématiquement d’erreurs individuelles punies par les adversaires. De Samba à Wahi, de Medina à Mendy en passant par Haïdara, tout le monde y est passé. La solidité du collectif s’est alors retrouvée mise à l’épreuve, et le décrochage au classement s’est opéré. À la veille de la dernière journée de Ligue 1, le RC Lens peut s’enorgueillir d’avoir encore quelque chose à jouer dans la partie haute du classement. Une habitude depuis le retour du club artésien dans l’élite qu’il faut prendre en compte au moment de dresser un bilan presque final. Les montagnes russes de la saison font que tous les sentiments sont présents dans nos têtes ; entre le soupir de soulagement après la sécheresse aoûtienne et l’inquiétude d’une potentielle absence de qualification européenne qui amènerait un goût de gâchis, tant la tendance semblait avoir été inversée. À date, selon Opta, le RC Lens a autour de 89% de chance de disputer une compétition européenne en cas de victoire contre Montpellier le weekend prochain. Cette probabilité pourrait fortement augmenter en cas de défaite marseillaise à Reims mercredi soir. Une place en Europa League ou en Conférence viendrait évidemment récompenser une des saisons les plus éprouvantes que le RC Lens ait connu depuis une éternité. Et récompenser un groupe qui, au-delà de ses imperfections et d’une sensation palpable de fin de cycle, n’a jamais triché. Il faudra faire le job face à Montpellier pour avoir le moins de regrets possible. Parce que le destin européen des Sang et Or se trouve désormais sous d’autres pieds.

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L’union fait la force

En s’imposant 2-0 face à Lorient, bête blessée qui n’aura finalement pas piégé les Sang et Or, le RC Lens a engrangé une victoire qui fait du bien au classement comme dans les têtes, et qui apaise l’ambiance quelque peu tendue de ces derniers temps. Tout le monde serait bien inspiré de maintenir cette communion jusqu’à la dernière minute de la saison. Lucidité Le premier ingrédient notable de la semaine dernière, c’est la lucidité. D’abord dans les mentalités. Franck Haise en témoigne lors de la conférence de presse tenue la veille du match : « On est bien conscients qu’il nous manque de l’efficacité offensive, défensive, ou une certaine justesse. » Jonathan Gradit reconnaît lui aussi que l’équipe a « manqué de certaines choses lors de certains matchs » et que tout n’a pas été parfait. Le lendemain, les Artésiens ont su montrer sur le terrain que cette lucidité n’était pas feinte. Après avoir beaucoup tenté, en vain, ils ont su profiter d’un moment de flottement de la défense des Merlus. Le but d’Elye Wahi inscrit à la 57e minute a été salutaire, sans doute autant pour le club que pour le joueur après les critiques virulentes qu’il a dû essuyer. Il se trouve que ce onzième but avec le Racing est aussi son quarantième en Ligue 1. Seuls Karim Benzema et Kylian Mbappé se sont montrés plus précoces que lui. Pour le célébrer, le jeune attaquant a brandi son maillot comme un étendard : il va falloir compter sur lui jusqu’au bout, quoi qu’en disent les mécontents. Un geste qui rappelle celui de Loïs Openda la saison passée, lui aussi décisif après un moment de doute. Cette lucidité s’est également vue chez ses camarades. Comme pour faire écho au superbe démarrage de l’année 2024, David Pereira Da Costa imite son acolyte une vingtaine de minutes plus tard, lui qui n’avait plus marqué depuis février. Notons également la belle inspiration de Nampalys Mendy et d’Adrien Thomasson, deux joueurs souffrant souvent – comme la plupart de l’effectif – d’un certain manque d’éclat cette saison, mais auteurs d’une passe décisive chacun lors de ce match. Communion S’il est un autre ingrédient dont les Sang et Or sont censés avoir le secret, c’est cette communion entre les joueurs et les supporters. En conférence de presse, Jonathan Gradit a su en souligner l’importance : « Je me rappelle du match contre Arsenal à domicile. Avec des supporters différents, nous n’aurions peut-être pas remporté ce match. » Sur la question de l’exigence de ces mêmes supporters, tout du moins une partie d’entre eux, il déclare : « Oui, il y a des réactions peut‑être disproportionnées par moment, mais […] on a besoin d’eux pour décrocher quelque chose de fantastique. » Nous retiendrons surtout de sa prise de parole cette dernière phrase, qui résume tout : « Il faut arriver à tous tirer dans le même sens. » Tirer dans le même sens, et initier une réciprocité dans cette volonté d’être unis, c’est ce que les joueurs ont eu l’intelligence de faire ce vendredi. À Bollaert-Delelis, les hommes de Franck Haise n’ont cette fois pas rechigné à célébrer leur victoire avec les supporters. Si cette célébration arrive un peu tard dans la saison, voyons tout de même le verre à moitié plein : elle a fait du bien au moral. Sur le terrain comme en tribunes. Ces ingrédients-ci seront-ils suffisants pour une fin du championnat réussie ? Le RC Lens doit encore affronter Rennes et Montpellier avant de clore une saison plus que mouvementée. On ne pourra hélas plus compter sur Neil El Aynaoui, ni sur Kevin Danso, dont le centième match sous les couleurs Sang et Or pourrait bien avoir été le dernier. Espérons que les joueurs restants et l’ensemble du staff lensois sauront s’inspirer de cette rencontre de vendredi, où tous ont mis du cœur à l’ouvrage, à l’entame du sprint final.

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Désespérance

Depuis son retour en L1, jamais le RC Lens n’avait été aussi peu bousculé au Vélodrome. Mais les deux énormes fautes individuelles ont irrémédiablement alourdi une facture que l’on ne peut s’habituer à recevoir tous les lundis. Photo Sport.fr Pour la troisième fois de suite, un match du RC Lens a connu un temps très fort dès la première minute. À Metz, les hommes de Franck Haise avaient concédé une énorme occasion. Contre Clermont, ils avaient obtenu un pénalty. Au 3 boulevard Michelet, ce fut un but. Il n’est pas nécessaire de rappeler que démarrer une rencontre au Vélodrome avec un handicap au score reste très rarement sans conséquence. Surtout dans une fin de saison où la tension est à son paroxysme. Face à un OM que l’on savait épuisé par son calendrier dantesque, la patience ainsi que le contrôle étaient les aspects clés à maîtriser, de bout en bout.  Immédiatement après l’ouverture du score – dès la deuxième minute donc – la réaction se fait ressentir. Ça va d’un but à l’autre, sans cohérence aucune. Les deux blocs défensifs sont aussi perméables qu’une maison sans toiture. Angelo Fulgini et Elye Wahi manquent tour à tour la cible, devant des buts plus ou moins vidés de présence humaine. La déficience dans la surface de vérité offensive n’est en fait que le corollaire de la fébrilité montrée dans la zone défensive. Le scénario s’écrit en gros sous nos yeux. ÇA PUE. Massadio Haidara, qui gagnerait à muscler son jeu, semble ailleurs. Pris par Aubameyang sur l’ouverture du score, il récidive dans la largesse de son marquage et laisse échapper le Franco-Gabonais pour un face-à-face qui aurait pu envoyer les Sang et Or dans les profondeurs des abysses. Nous jouons la 11e minute. Mais fort heureusement, cette période de houra football se calme rapidement.  Le RC Lens prend alors le match, fort d’une domination aussi nette que stérile. L’OM s’emploie quant à lui à respecter le plan de jeu minimaliste imaginé par Jean-Louis Gasset ; bloc médian, lignes resserrées, Aubameyang. Face au demi-finaliste de l’Europa League, on sent qu’il y a de la place, beaucoup de place. Et c’est peut-être au moment le plus inattendu que finit par surgir la lumière. Massadio Haidara, définitivement l’homme du match, dépose une délicieuse galette sur le crâne finisseur de Wesley Saïd. Le climatiseur des Bouches-du-Rhône a encore frappé et le momentum semble alors définitivement lensois. L’OM est pétri de crampes, Veretout et Murillo sont au bord du rupteur. Il reste un quart d’heure pour sécuriser la zone, et repartir à la maison avec ce point hyper important dans la course à l’Europe. Avant cette énième faute professionnelle.

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Sifflez en travaillant

Sifflez en travaillant,Et le balai paraît léger si vous pouvez siffler,Frotter en fredonnant,Le temps va vite quand la musique vous aide à travailler… Cet adage de Blanche Neige et les sept nains n’a pas eu la même saveur au moment du remplacement d’Elye Wahi samedi soir à Bollaert-Delelis. Cependant, il convient de prendre du recul face à cet évènement. Depuis samedi, les « Bollaert a changé » fusent. Les sifflets sont inhérents à la vie d’un stade de football. Bollaert a déjà sifflé ses joueurs après une victoire lors d’une saison où le Racing jouera le titre. Mais cet épiphénomène est surtout symptomatique d’une tension à tous les étages depuis un mois. Tension sur le terrain, matérialisée par une crise de résultats contre des adversaires pourtant à notre portée – rien de surprenant à voir des jambes qui flageolent lors du dernier geste quand le doute est dans les esprits ; tension dans les coulisses quand la direction sportive semble naviguer à vue depuis le drame Ghisolfi ; et enfin, tension chez les supporters. Ces derniers ont l’impression de ne plus reconnaître leur équipe et reprochent aux joueurs une certaine forme de nonchalance, voire de mépris. Une accumulation de frustrations qui aboutit à des sifflets malgré les trois points. Le meilleur remède pour retrouver la confiance ? Le goût de la victoire. C’est chose faite contre Clermont. Certes, pas de la plus belle des manières, mais l’essentiel est là. Ce succès acquis dans le doute permet au Racing d’avoir les cartes en mains dans ce sprint final. Comme dans la vie, le football est fait d’apprentissages et de leçons qui nous font grandir. Quand on est enfant, on apprend à faire du vélo, on tombe, on se relève, et nos blessures finissent par cicatriser. On apprend aussi à siffler. Au début, on se frustre en n’entendant pas le son attendu. Alors, on réessaie, on se concentre en répétant les conseils de notre père pour bien placer ses lèvres. Puis vient la délivrance, ce bruit strident et aigu. Hasard du calendrier, les Sang et Or se déplacent au temple du sifflet lors de la prochaine rencontre. Chaque supporter lensois espère entendre une bronca tomber des tribunes du Vélodrome : le signe d’une victoire artésienne en terre phocéenne avant un retour dans le Pas-de-Calais le cœur léger. Un retour en sifflotant.

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