Un point en deux matchs, de nombreux départs et un entraîneur qui s’étonne de voir que le budget de son équipe est inférieur à celui du promu Metz. Après une saison européenne qui aura mis des étoiles dans les yeux des supporters, dur retour à la réalité pour les Brestois. Face à des Lensois qui n’ont jamais que deux points de plus et sortent d’une victoire peu convaincante au Havre, les deux équipes cherchent leurs repères en ce début de saison. Présentation de Brest avec Fanch, un des trois copains du compte Brest on Air.

Photo RC Lens
CSO : Brest a un parcours similaire au Racing : une qualification en Champions League, et puis, la saison suivante, des difficultés financières. Les supporters comprennent-ils ce qu’il se passe dans les coulisses du club et pourquoi le budget est redescendu aussi bas – la presse évoque un budget de 35 millions d’euros pour la saison ?
Fanch de Brest On Air : Les supporters brestois ont accepté le fait que la situation financière du club était difficile, notamment en raison du contexte dans lequel se trouve le football français (baisse voire absence de revenus liés aux droits TV, nécessité de vendre des joueurs etc.). Pour autant, on se questionne encore sur la manière dont l’argent récolté lors de la campagne européenne a été utilisé. Le coach en personne s’est étonné hier d’avoir un budget inférieur à celui du FC Metz qui évoluait en Ligue 2 l’an dernier. Nous avions réalisé un podcast sur cette question, dans lequel on faisait le détail des dépenses.
C’est une question qui pourrait devenir explosive dans les semaines à venir. Ouest-France indique aujourd’hui que le club a équilibré ses comptes pour la saison 2025-26 mais également pour la prochaine. Nous verrons. Quoi qu’il en soit, nous espérions pouvoir surfer sur la qualification européenne pour passer un cap sur le plan économique également, et ça ne sera pas le cas.
« Grégory Lorenzi entretient des rapports souvent complexes avec les gens avec lesquels il travaille »
Eric Roy semble manifester un certain étonnement ou une frustration sur le budget du club. Est-ce qu’il y a des dissensions au sein du club entre la direction et son entraîneur ?
Oui, il y en a, même si publiquement ils n’en font pas (ou peu) écho. Eric Roy est un bon communicant mais a toujours montré beaucoup de déférence à l’égard du travail de Grégory Lorenzi [NDLR : le directeur sportif du Stade Brestois]. Il évoque assez peu le mercato devant la presse, redirigeant souvent les questions vers le directeur sportif. Pour autant, et pour avoir échangé avec Grégory Lorenzi en juin dernier, le discours que tenait ce dernier sur le coach semblait assez éloigné de celui tenu devant les micros. En réalité, les rapports sont tendus. De manière générale, Grégory Lorenzi entretient des rapports souvent complexes avec les gens avec lesquels il travaille.

Photo Stade Brestois
Après un beau parcours européen qui a fait vibrer toute la France, quelles sont les ambitions pour cette nouvelle saison qui démarre ?
Ma réponse au sujet des ambitions a évolué au cours de l’été. Si vous me l’aviez posée début août, j’aurais évoqué « la colonne de gauche » avec, pourquoi pas, la volonté de gratter une septième place européenne. Aujourd’hui, au regard du mercato (départs de Marco Bizot et Mahdi Camara, très certainement de Pierre Lees-Melou, et arrivée de Radoslaw Majecki dans les buts notamment…) le maintien semble être l’unique objectif sportif.
Mes camarades du podcast sont peut-être plus ambitieux que moi à l’heure actuelle, mais je sais qu’eux aussi commencent à avoir des doutes sur la capacité de cette équipe à accrocher un troisième top 10 d’affilée. Le début de saison, et surtout la défaite à Toulouse après un match fade, ne permet pas non plus d’envisager l’avenir avec beaucoup de sérénité.
« À date, le mercato est insuffisant et la seule recrue qui a joué ne nous rassure pas »
Qu’en est-il des recrues ? Après deux journées, avez-vous identifié une ou plusieurs recrues capables de faire progresser l’équipe ?
En ce qui concerne les recrues ça ira très vite. Joris Chotard est arrivé de Montpellier la semaine dernière. Si, sur le papier, cela semble être un coup intéressant, il lui faudra du temps pour intégrer l’équipe et se refaire une condition physique pour jouer 90 minutes. Il sera très certainement un renfort apprécié.
En défense, Junior Diaz est arrivé de Troyes en prêt avec beaucoup de promesses, mais n’a pas encore connu de titularisation en L1, malgré ses bonnes prestations en préparation. Il sera probablement aligné d’entrée à Bollaert.
Dans les buts, Marco Bizot étant parti vers les tropiques de Birmingham, Lorenzi s’est tourné vers Radoslaw Majecki. D’après mes infos, c’était une volonté de coach de boucler un gardien avant la reprise du championnat, alors que Grégory Lorenzi souhaitait encore patienter quelques semaines. Pour l’heure, c’est loin d’être une réussite et il souffre de la comparaison avec Marco Bizot – qui n’avait pas été grandiose l’an passé en Ligue 1. À date, le mercato est insuffisant et la seule recrue qui a joué ne nous rassure pas.
Le Racing doit dégraisser son effectif… vous ne pensez pas qu’un Angelo Fulgini, par exemple, ferait le plus grand bien à votre attaque brestoise ?
Dans la situation actuelle, j’ai presque envie de te dire que l’on prend tout le monde. Relancer un Angelo Fulgini pourrait être une bonne idée, mais son salaire risque de poser un problème. Grégory Lorenzi va devoir trouver des solutions rapidement, mais il n’y aura probablement pas de nouvelles recrues alignées vendredi à Lens.
Un grand merci à Fanch et à ses copains de Brest On Air pour leur réactivité. Bon match à vous !
