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Angers – Lens : pour Jo’

Comment les Lensois vont réagir après la grave blessure de Gradit ? Comment l’équipe de Pierre Sage va se comporter face à une équipe qui développe du jeu mais n’aime pas posséder le ballon ? Qui est Alexandre Dujeux, probablement l’entraîneur le moins connu de Ligue 1 ? Et qui va remplacer Hervé Koffi ? Voilà quelques questions cruciales qui se posent avant ce déplacement en terres angevines.

C’est pour lui qu’il faudra gagner ce match !
Photo RC Lens
Le fait de la semaine : la blessure de Gradit

« Tout allait bien jusqu’à la séance qui vient de se passer. » Les premiers mots de Pierre Sage en conférence de presse ont donné le ton. Sa mine renfrognée en disait long sur sa tristesse. Et ses mots se voulaient rassembleurs : « On va gérer cette situation en famille. »

Les circonstances ont de quoi choquer les joueurs. Une fracture tibia-péroné à la suite d’un contact et une évacuation immédiate vers l’hôpital. De longs mois de doute attendent dorénavant la Perceuse. Mais nul doute que la solidarité entre les joueurs l’aidera à surmonter cela. Il n’y a plus qu’à souhaiter un résultat à Angers pour que le groupe puisse lui dédier cette performance. On veut que celui qui marquera le but de la victoire nous glisse aux micros de Ligue 1+ des mots comme « mon but est pour Jo’ ».

Avoir ou ne pas avoir la possession

Si Angers n’est pas réputé pour poser le bus devant sa surface, il est une statistique qui singularise cette équipe : la (non) possession de balle. Avec une moyenne de 39%, les Angevins sont derniers du classement de Ligue 1. Ils ont également la deuxième pire attaque de Ligue avec 11 buts marqués en 13 matchs.

Mais attention, ne pas avoir le ballon, ce n’est pas nécessairement se concentrer sur la défense. C’est signe que les joueurs d’Alexandre Dujeux cherchent à remonter vite le ballon, à développer un jeu plus vertical qu’horizontal. Les équipes qui ont le plus le ballon sont peut-être parfois celles qui ne savent pas quoi en faire. En face, nous savons aussi que nos Lensois ne sont pas non plus adeptes de la possession pour la possession : 46% de moyenne depuis le début de saison. Voilà qui promet des deux côtés un jeu rapide et direct.

Si les statistiques ne plaident pas en faveur des Angevins, les résultats, eux, oui. Avec des moyens modestes et un budget transfert de zéro euro, l’adversaire du jour est onzième de Ligue 1 et a obtenu trois victoires sur les cinq derniers matchs.

Hervé Koffi sera le deuxième absent le plus remarqué ce dimanche
Photo CSO
L’humble Dujeux

Derrière ces succès, difficile de ne pas voir le travail de l’entraîneur. À la tête de l’équipe, un nom mystérieux : Alexandre Dujeux. Joueur modeste passé notamment par Châteauroux, Le Havre, Troyes et Ajaccio, il finit sa carrière de footballeur à Tours et s’aguerrit au métier d’entraîneur dans ce même club en récupérant les U19 en tant qu’adjoint. Puis devient entraîneur principal de ces mêmes U19.

Il prend ensuite brièvement les rênes de l’équipe première de Tours après le départ d’Olivier Pantaloni. Faute de diplôme, il deviendra adjoint de ce dernier à Ajaccio, puis de Gérald Baticle à Angers, avant de le remplacer. Alexandre Dujeux est donc un coach qui a démarré au plus bas et gravi les échelons patiemment l’un après l’autre pour arriver en Ligue 1 à la veille de ses cinquante ans. C’est aussi un entraîneur reconnu pour son humilité et sa proximité avec les joueurs. Cela ne vous rappelle rien ?

Le SCO sans Koffi

Enfin, dernier élément à prendre en compte ce dimanche : le gardien titulaire du SCO, Hervé Koffi, prêté cette saison par Lens, ne jouera pas ce dimanche. Une clause a été rajouté au prêt pour interdire au gardien burkinabè de jouer contre son actuel propriétaire. À sa place, Alexandre Dujeux fera confiance à Melvin Zinga. Son surnom : le Kamikaze. En 2022, ce gardien avait connu deux fractures de la mâchoire. Voilà de quoi vous situer le personnage. Les Lensois sont prévenus ; s’il est contraint de sortir de ses cages, il ne fera pas l’aller-retour pour rien.

Il n’y a plus qu’à espérer que les Lensois ne feront pas également l’aller-retour dans le Maine-et-Loire pour rien.

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