Lens-Marseille : clore une semaine en enfer

Dimanche, Lens accueille Marseille en Ligue 1 pour ce qui représente une belle affiche entre deux peuples qui se respectent. Pour les Sang et Or, l’urgence est de retrouver leur football, spectaculairement oublié mercredi. Préparation et analyse du match avec Nicolas du FC Marseille.

Un attaquant lensois qui marquait des buts sur une jambe
Photo CSO

Un mot sur la honte

Lens a sombré. Une défaite face au LOSC fait déjà très mal, et on pouvait difficilement imaginer pire apathie. Eh bien, c’était mal connaître le collectif lensois, prêt à défier les lois de la gravité, effacer l’ardoise et créer un exploit retentissant. Celui de la pire défaite de son histoire. 1-9 parfait face à l’ogre italien historique avec ses stars en pagaille et son budget hors norme. (C’est de l’ironie, pour ceux qui ont perdu tout second degré après cette semaine difficile.) Côme. Côme et son lac dont la profondeur a été largement sous-estimé par le Racing.

Alors, laissons un mot pour expier cette honte vertigineuse, aussi implacable qu’un maintien en Ligue 2 dans les dernières journées ou cette saison 2007-2008 avec une descente surprise dans l’antichambre. On ignore si cette saison se finira comme cette dernière. Une chose est pourtant certaine : l’issue, même positive, n’effacera pas cet affront. Ce match cauchemardesque aura réussi à mettre Lens sur la carte de l’Europe, d’abord tristement en tribune incandescente, ensuite par une prestation aussi piteuse qu’un cri de marmotte en pleine montagne.

Faisons bloc, encaissons ce résultat, parlons-en entre nous, organisons des funérailles de notre honneur. Cela passera avec le temps. Ou peut-être dès dimanche face à l’OM, une victoire qui signerait une première étape dans la réconciliation, dans la gloire et ici dans le malheur.

Deux équipes à la trajectoire similaire

Trêve de seum. « L’OM fait une présaison assez correcte, avec des résultats même si dans le jeu, c’était moyen. Paixão et André Gomes montrent un beau visage. Après, il y a eu l’imbroglio de fin de mercato avec aucune arrivée pour sept départs importants. Donc sur le papier, l’OM a commencé avec une équipe plus faible que celle de la saison passée », nous dit Nicolas en préambule. Par ailleurs, le départ avorté de Paixão a démobilisé le joueur, qui a entamé la saison de championnat très timidement.

Tout vient à point à qui sait attendre. « L’OM vient de faire un 4 sur 4 pour 12 points glanés après la trêve internationale et un début de championnat compliqué et une avant-dernière place. » Une trajectoire qui n’est pas sans rappeler celle du Racing de Toppmöller, remplacé par Yannick Cahuzac qui a su redresser l’équipe en Ligue 1 (mais pas lui faire prendre de points en Ligue de Champons, doit-on modestement rappeler).

Des intersaisons ratées, une remobilisation à l’automne, le RCL et l’OM ont deux trajectoires qui se ressemblent. Enfin, jusqu’à cette semaine où Lens vient de se faire taper à Villeneuve-d’Ascq et contre Côme, à Bollaert-Delelis, pour une valise historique. Réaction d’orgueil ou grave dépression ? Le match contre les Phocéens va être riche d’enseignement sur le mental lensois.

Renaissance ?

Cet adversaire se présente avec quelques failles. « L’OM n’a pas un physique incroyable, il a du mal à finir la deuxième mi-temps. En plus, on n’a pas de banc. Ce sont les deux gros points noirs de l’équipe. À l’inverse, l’équipe est dotée d’une belle attaque technique avec Gouiri, Paixão quand il le veut bien, Harit. Le pressing prôné par Genesio est aussi intéressant. » Côté artésien, on espère donc que la défense et le collectif plus généralement ont digéré ce match catastrophique en Ligue des Champions pour ne pas ouvrir des boulevards à un OM qui peut se montrer prolixe offensivement.

« Lens est un club que l’on aime bien à Marseille, avec une ferveur respectée ici. À parier, on aimerait bien que le RCL complète le podium avec l’OM»

Après avoir montré un véritable respect envers le Racing, Nicolas brosse un portrait du RCL cette saison tout à fait conforme à ce que l’on vit et à cette semaine catastrophique (interview réalisé avant le match de mercredi). « Lens a perdu ses meilleurs joueurs et ne semblent pas les avoir remplacés à leur juste valeur. Une saison où il faut confirmer en championnat en plus de disputer la Champion’s, ça va être très énergivore pour cette équipe. Une vraie épreuve mentale. » On ne peut que saluer la justesse de l’analyse avant même la bévue de proportions historiques de mercredi, où chaque décideur a sa part de culpabilité.

Une Thauvin-dépendance

« Lens semble dépendant de Thauvin, qui porte l’équipe et marche sur l’eau. On a forcément une affection particulière pour lui en tant que Marseillais.» Sportivement, nous pouvons aujourd’hui confirmer que Lens dépend de son numéro 10. Déjà, il a confirmé son leadership avec un brassard de capitaine qu’il porte fièrement (sauf cette semaine). Il est également le leader technique que l’on n’attendait plus (sauf cette semaine). À son meilleur niveau, il est exceptionnel, notamment contre le Paris FC, où il a simplement tout réussi et fait gagner l’équipe (pas comme cette semaine).

Quand Florian Thauvin prend l’eau, par contre, c’est toute l’équipe qui se noie malheureusement. Personne d’autre n’est capable de prendre le témoin offensif du RCL, et on oserait presque dire porter ce collectif, tout simplement. Chez les 9, beaucoup de blessés sont à déplorer, avec Odsonne Édouard qui trainait son spleen jusqu’ici, Abdallah Sima très en vue période Toppmöller mais blessé à l’issue de la période internationale, et maintenant Franjo Ivanović, qui n’a pas su convaincre grand monde jusqu’ici, pas même ses propres coéquipiers, et qui sera absent pour commotion cérébrale. Nous aussi, on a pris un coup sur la tête, Franjo, nous aussi. Il reste Thorgan Hazard, qui porte bien son nom et dont les performances sont aussi inégales qu’un lancer de dés.

La confiance manque au Racing. Nicolas (toujours avant la débâcle de mercredi) voit sans trop de conviction pour Marseille un match qui se terminerait sur le score de 2 à 2. Ne pas être totalement ridicule sera déjà une victoire pour un peuple lensois qui a dû se cacher toute la semaine sous un terril.

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Merci à Nicolas du FC Marseille pour la réactivité et la pertinence (et vista) de ses réponses. On souhaite une belle venue aux Marseillais dans notre antre. Mais que ce match soit celui de la rédemption pour le RC Lens, qui en a peut-être plus besoin.

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